Accordéon & Accordéonistes


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MADAGASCAR ALL STARS

par Philippe Krümm

Madagascar , la grande ile est un "continent de musiques" malheureusement les temps ne sont pas les plus beaux pour les malgaches . Leurs vies étaient déjà très difficiles avant cette lutte "des chefs" pour la tête du pays qui fait des morts et destabilise encore plus un pays déjà très fatigué.

Au milieu de ce chao, des musiciens viennent de produirent un disque qui parle de Madagascar, des femmes, des hommes, de la faune, de la flore, de l'écologie, simplement de ce que pourrait être la vie heureuse d'un peuple.

 

Bertrand Lavaine nous presente L'ALBUM !

MADAGASCAR ALL STARS

- Un album Cinq planètes

- Distribution : L'Autre Distribution -





Avec les Madagascar All Stars, la Grande Île de l’océan Indien peut désormais compter sur une véritable dream team pour défendre ses couleurs sur les scènes du monde entier. Au sein de ce Cinq majeur, chacun possède déjà un sacré palmarès individuel : Régis Gizavo, Justin Vali, Fenoamby, Erick Manana et Dama du groupe Mahaleo font depuis longtemps partie des musiciens malgaches les plus réputés.


Madagascar All Stars est “une aventure humaine et musicale” qui a débuté en février 2003, lors d’une grande soirée destinée à promouvoir la destination Madagascar. L’agence de voyages organisatrice de l’événement avait eu l’idée de solliciter plusieurs chanteurs malgaches pour qu’ils représentent leur pays. S’il leur était arrivé de jouer les uns avec les autres au gré de leurs projets individuels, jamais les cinq artistes n’avaient été réunis pour une même performance. Ce soir-là, le plaisir qu’ils ont pris à s’accompagner “à la manière d’un groupe” était tel qu’ils sont tous tombés d’accord pour prolonger cette expérience, conscients à la fois du potentiel de la formule et que le moment était venu pour eux de se fédérer au nom de la terre de leurs ancêtres. Comme les enfants qui, une fois adultes, ont des adidy (“devoirs”, en malgache) envers leurs parents, il leur tenait à coeur de mettre au profit de leur patrie la notoriété qu’ils avaient acquises à l’étranger où ils sont devenus, chacun avec leur style, des ambassadeurs de Madagascar. L’envie aussi de donner une image positive de leur pays, de montrer qu’ils peuvent se respecter malgré leurs différences, trouver du temps pour collaborer malgré leurs engagements parallèles.

Pour être en phase avec leur démarche, les cinq Malgaches ont choisi d’aller enregistrer leur album à Antananarivo, la capitale de la Grande Île. Dans la chaleur lourde, humide du mois de janvier, ils se sont installés au studio Mars, une institution locale, aidés par l’ingé-son Emmanuel Gallet qui s’est chargé des prises et du mixage. Si le rythme de travail fut intense pendant ces dix jours, le programme n’était pas défini à l’avance, pour laisser de l’espace à la spontanéité et préserver cette ambiance bon enfant au sein du groupe, sans autre pression que leur propre motivation à donner le meilleur d’eux-mêmes. Chaque matin, ils décidaient des chansons à jouer. La plupart des titres, issus de leurs répertoires personnels, ont été réinventés afin que chacun puisse intervenir avec son instrument et sa voix. Au-delà de cette signature collective, il leur fallait également trouver un langage commun car ils viennent du sud, du nord et des hauts plateaux malgaches, trois régions aux identités culturelles très marquées, à l’image de ce vaste pays riche par sa diversité. Ils ont donc laissé leurs ego aux vestiaires et se sont attachés à rester fidèles à l’esprit de cet album, tourné vers leur pays. Les textes évoquent tour à tour les voleurs de zébus (Malaso), la forêt primaire en danger (Masoala) et plus généralement les ravages que l’homme cause à la nature (Tsunami, Tsy Miraharaha). Profitant de leur présence sur le sol malgache, les cinq chanteurs-musiciens ont invité leur compatriote Olombelo Ricky à interpréter sa chanson Soanali. Une façon de rappeler que Madagascar All Stars n’est en rien leur propriété mais un groupe ouvert, dont les effectifs pourraient tout naturellement évoluer à l’avenir.




Madagascar All Stars, l’équipe, de gauche à droite : Dama, Fenoamby, Justin Vali, Erick Manana, Régis Gizavo

Dama (chant, guitare, harmonica) :
Son groupe Mahaleo (“indépendant”, en malgache) est un phénomène transgénérationnel à Madagascar : depuis plus de 35 ans, pas un feu de camp sans que l’on fredonne ses chansons ! Si leur image reste liée à la grève de 1972 qui aboutit à la chute du régime pro-français en place depuis l’indépendance, ces songwriters influencés par le courant folk américain doivent aussi leur popularité à leurs textes socio-politiques. Ancien député, Dama a notamment enregistré en 1994 aux Etats-Unis un album avec son compatriote D’Gary, guitariste virtuose.

Fenoamby (chant, kabosy, percussions) :
Originaire de Diego Suarez, à l’extrême nord de Madagascar, Marius “Fenoamby” Fontaine monte son groupe en 1990 sur l’île voisine de La Réunion où il était parti étudier. Avec sa musique nourrie au salegy et au sega, il devient vite une sensation locale. Invité en 1995 au festival Africolor à Paris, Fenoamby démarre alors une carrière internationale. Vivant en France métropolitaine depuis onze ans, cet “ambianceur” sans pareil qui a publié cinq albums intervient très régulièrement lors des concerts et des fêtes de la communauté malgache.

Régis Gizavo (chant, accordéon) :
Aujourd’hui avec Christophe Maé ou Mano Solo, hier avec I Muvrini ou Cesaria Evora, l’accordéoniste natif de Tuléar (sud de Madagascar) est un sideman au talent reconnu mais aussi un artiste qui enregistre régulièrement sous son nom, avec son complice percussionniste David Mirandon et l’ingénieur du son Emmanuel Gallet qu’il a tous deux invités sur l’album des Madagascar All Stars. Après avoir obtenu le prix Découvertes de RFI en 1990 et s’être installé à Paris, Régis Gizavo avait déjà fait partie d’un “All stars” avec l’éphémère groupe Bohé Combo qui comptait dans ses rangs… Richard Bona, Sally Nyolo, Jean-Michel Pilc et Francis Lassus !

Erick Manana (chant, guitare) :
Marqué dans son enfance par les spectacles traditionnels malgaches, Erick Manana se fait d’abord connaître de ses compatriotes comme membre fondateur du groupe Lolo sy ny Tariny à la fin des années 70. Cet amateur de folk songs devient ensuite guitariste de Graeme Allwright, avant de créer Feo Gasy autour de Rakoto Frah, maître de la flûte traditionnelle. Prix Media Adami du concours Découvertes de RFI en 1994, Erick Manana a également été récompensé en 1997 par le Grand Prix du disque de l’académie Charles Cros 1997 pour son album Vakova.

Justin Vali (chant, valiha) :

Instrument emblématique des hauts plateaux de Madagascar, la valiha se fabrique et se joue de longue date dans la famille de Justin Vali dont les ancêtres étaient musiciens auprès de la cour royale malgache. Avec son trio fondé en 1991, il est devenu à son tour l’ambassadeur de cette harpe en bambou aux sonorités cristallines qu’il a pu faire entendre sur les scènes du monde entier. Après avoir enregistré notamment pour le label Real World de Peter Gabriel et le producteur Paddy Bush, Justin Vali a reçu en 2006 le Grand Prix de la musique traditionnelle décerné par la Sacem.

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