Le bloc-notes du disquaire (numérique)


Tags: esperanzah

Les trésors de Radio Esperanzah

par François Email

Comme des poupées russes, un festival se cache au coeur du festival Esperanzah, un festival de rencontres radiophoniques qu'on ne vit pas en direct mais en différé, de retour chez soi, pour prolonger le rêve. Sur le site de Radio Esperanzah, on peut ainsi entendre de grands moments musicaux, comme une carte blanche à Hocus Pocus, qui est venu démontrer qu'en formation acoustique (chant + guitare) ils ont autant de grâce qu'ils ont de puissance en formation complète, la playlist d'Arnold, le chanteur de The Ex, ces punks hollandais fous de musique éthiopienne, ...

Radio Esperanzah

Il y a tant d'émissions étonnantes à écouter, comme celles qui accueillent Socalled, que je signale qu'en passant que vous y trouverez également, sous le titre "La bourse ou la zic", trois petites chroniques que j'ai consacrées, dans l'ordre, à l'économie de la musique, à l'impact des technologies sur la musique et, enfin, à la place des femmes dans les musiques populaires. Bonne écoute !

Dimanche à Esperanzah : Dobet Gnahoré

par François Email

Je le regrette mais il n’est pas toujours possible d’être exhaustif. Parmi la vingtaine d’alléchants concerts que proposait Esperanzah cette année (Daara J Family, Le Peuple de l’Herbe, Abraham Inc. (feat. David Krakauer, Fred Wesley & Socalled), Chico Trujillo, Mouss & Hakim, Klezmic Zirkus, Ojos de Brujo, Tricycle, Muyayo Rif, Jaqee, Getatchew Mekuria & The Ex, Bauchklang, Goran Bregovic, ...), nous avons choisi de n’en voir qu’une demie-douzaine mais de n’en pas rater une miette.

Dobet Gnahoré
Ce dimanche, notre choix s’était d’avance porté sur la prestation de Dobet Gnahoré. Bonne pioche ! Excellente, même ! La chanteuse ivoirienne était entourée de trois virtuoses : Colin, son fidèle complice, enchaînait des arpèges de guitare pan-africains, tandis que Clive Govinden faisait vrombir d’élégantes lignes de basse et que Boris Tchango, à la batterie, multipliait les tours de force sans jamais perdre le tempo. Portée par leur groove chaleureux, la jeune (28 ans) mais expérimentée (plus de 500 concerts à son actif) disciple du Ki Yi M’Bock a pu alterner avec grâce danses décoiffantes et chansons émouvantes. Dans un monde moins sourd, l’une d’elles, « Samahani », serait un tube dans le monde entier. A défaut, ce sera l’un de mes tubes de l’été.

(Photo de Hugues Thibaut)

Samedi à Esperanzah : le Staff Benda Bilili

par François Email

Staff Benda Bilili

Ce qu’il y a de pratique avec le Staff Benda Bilili, c’est qu’ils résument régulièrement ce qu’on pense de leurs concerts : leur slogan, « Très très fort », colle parfaitement à leur rumba congolaise chantée avec une ferveur et une foi qui n’habitent plus qu’eux. Foi en quoi ? Les membres du staff croient au pouvoir de la musique et ils ont bien raison : elle les en a remerciés en leur offrant une reconnaissance internationale. Ils croient également que leur art a de l’avenir s’il fait le lien entre les générations. En témoigne la présence à leurs côtés d’un très jeune joueur d’arc musical électrifié aux accents hendrixiens. Là, c’est le public d’Esperanzah qui leur a donné raison …

Staff Benda Bilili

(Photos de Thierry Matthy)

Samedi à Esperanzah : Totó la Momposina

par François Email

Grand frisson : la Colombienne Totó la Momposina se présente seule face au public d’Esperanzah, en chantant a capella à genoux au centre de la grande scène. Lentement, ses nombreux musiciens la rejoignent et se mettent à jouer des percussions. Peu à peu, certains troquent leurs maracas ou leurs tambours contre d’autres instruments. Ce sont d’abord les gaitas, les longues flûtes indiennes, qui émergent, puis une guitare et une basse, et enfin des cuivres. En un quart d’heure, Totó reconstitue ainsi l’histoire des musiques de la côte colombienne, avant de se lancer dans un tour de chant littéralement historique, son big band ne s’étant pas produit en Belgique – et encore moins en France – depuis des années.

Toto la Momposina
Le groupe de Totó fait preuve d’une savoureuse intelligence rythmique. En frappant ou en agitant chacun dans leur coin leur instrument, ils bâtissent une magnifique cathédrale de rythmes. Leurs somptueuses polyrythmies ponctuées de riffs de cuivre constituent la musique classique de la Colombie. Historique, je vous le disais, historique !

Toto la Momposina

(Photos de Thierry Matthy et Christelle Anceau)

Vendredi à Esperanzah ! : Baloji & Hocus Pocus

par François Email

Quelle joie ! Au moment où nous arrivons au festival en ce premier jour, Baloji se lance dans l’adaptation d’ « Indépendance Cha Cha » que j’appelais de mes vœux dans un billet de mai.

Mais, si ce slammeur belgo-congolais ne manque pas de bonnes idées, son groupe peine à incarner le groove africain qu’il invoque lorsqu’il cite « Soul Makossa » ou Miriam Makeba. Espérons qu’ils trouveront la formule magique – peut-être leur manque-t-il seulement un guitariste plus flamboyant, à la congolaise – avant la tournée qui devrait suivre la parution du nouvel album.

Hocus Pocus

La comparaison avec Hocus Pocus, qui leur a succédé sur la grande scène d’Esperanzah, n’est pas flatteuse pour Baloji. La formation hip hop nantaise assure ! Elle s’est longuement préparée et cela s’entend. Le public s’enflamme dès les premiers morceaux et le groupe attise savamment le feu pendant plus d’une heure. Chapeau !

(Photo de Thierry Matthy)

Radio Esperanzah : les podcasts

par François Email

A quelques jours de sa nouvelle édition, le festival Esperanzah vous propose d'écouter les archives de sa radio ... et, en particulier mes chroniques pédagogiques sur l'économie de la musique.
Suivez les liens ...
Radio Esperanzah 1
Qu'est-ce qu'un producteur de disques ?

Qu'est-ce qu'un producteur de disques ? Et quelle est la différence entre un producteur artistique et un producteur tout court ?

Qu'est-ce qu'une "major" ?
Qu'est-ce qu'une "major company" ? Pourquoi ces quatre sociétés - Universal, Sony, EMI et Warner - ont-elles un tel pouvoir ?

Est-ce que ça rend sourd ?
Est-ce que ça rend sourd ? Non, il ne s'agit pas dans cette chronique de masturbation mais de la façon dont nos oreilles s'adaptent ou ne s'adaptent pas à la musique ...

A quoi sert un manager ?
Est-il nécessaire d'avoir un manager pour réussir ? Et à quoi sert un manager ?

Quels contrats pour votre disque ?
Imaginons que vous êtes musicien. Quel type de contrat l'industrie du disque peut-elle vous proposer ? Quelle est la différence entre un contrat de distribution, un contrat de licence et un contrat d'artiste ?

Où va l'argent du disque ?
Quand vous achetez un disque (ou quand vous achetiez un disque si pour vous cette pratique fait partie du passé), quelle somme va finalement au producteur et à l'artiste ?

Le spectacle vivant est-il l'avenir de la musique ?

Le concert va-t-il permettre aux musiciens de continuer à vivre de leur métier ? Si le spectacle vivant génère aujourd'hui un chiffre d'affaire jamais vu, n'est-ce pas parce que les prix des billets ont flambé ? Et le succès de très gros spectacles et de très gros festivals ne cache-t-il pas les difficultés des plus petites salles ?

Que reste-t-il de nos disquaires ?
Qu'est-ce qui a provoqué la disparition presque totale des disquaires indépendants ? Et est-ce que cela change quelque chose d'acheter un disque chez un disquaire indépendant plutôt que dans un supermarché ?

Le "360 degrés", c'est quoi ?
Qu'est-ce que c'est que cette histoire de "360 degrés" ? Quand Madonna signe un contrat de ce type avec Live Nation, qu'est-ce que cela signifie ?

Pourquoi l'industrie musicale a-t-elle raté le virage du numérique ?
D'où sort le mp3 ? Est-ce que l'industrie musicale l'avait vu venir ?

La musique pollue-t-elle ?
La musique pollue-t-elle ? Comme toute activité humaine, la pratique et l'écoute de la musique ont-elles un impact sur l'environnement ?

Les droits d'auteur et vous
Qui doit payer des droits d'auteur ? Les radios ? Les télévisions ? Les producteurs de disque ou de concert ? Et vous ?

Petit bonus
Une petite plaisanterie pour finir ...

Esperanzah fait fort !

par François Email

Le festival belge frappe un grand coup pour sa neuvième édition, qui aura lieu du 6 au 8 août à l'abbaye de Floreffe. Je vous laisse juger de la qualité de l'affiche : Daara J Family, le Peuple de l'Herbe, Baloji, Hocus Pocus, Abraham Inc. (feat. David Krakauer, Fred Wesley & Socalled), Mouss & Hakim, Staff Benda Bilili, Ojos de Brujo, Dobet Gnahoré, Goran Bregovic, Jaqee, Getatchew Mekuria & the Ex ... et surtout Toto La Momposina (ce dont je ne suis pas peu fier, ayant milité depuis des années pour que mes amis belges la programment). Alors, à cet été sur les pelouses de l'abbaye ?