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Internet, politiquement neutre ?
La revue "Books" nous refait le coup du dossier sur Internet. Mais, autant le dossier précédent, paru l'été dernier et intitulé "Internet rend-il encore plus bête ?", était brillant, autant celui-ci, titré "Internet contre la démocratie?" sonne un peu creux. Il n'est constitué en fait que de deux copieux articles. Le premier, à propos de la façon dont les Etats totalitaires, notamment en Biélorussie et en Iran, retournent contre leurs opposants les nouvelles technologies, est confus. Le second, à propos de Wikipedia, est passionnant mais ambivalent. Il mérite tout de même d'être lu, comme les papiers à propos de Garcia Marquez, d'Aung San Suu Kyi ou sur l'Islam en France.

Seule véritable faute de ce numéro, une phrase de l'édito qui énonce qu' "Internet est comme toutes les nouvelles technologies : politiquement neutre". C'est vrai si la politique consiste à choisir entre le PS et l'UMP, les Démocrates et les Républicains, les Conservateurs et les Travaillistes. Mais, si on donne à ce mot un sens plus large, plus proche de son étymologie, c'est malheureusement faux : ces nouvelles technologies viennent clairement du camp de la société de consommation. Elles nous incitent à changer d'outils régulièrement, à voir le monde à travers leur écran, à écouter le monde à travers leurs bruits. C'est ce que je fais, je le reconnais. Mais je n'ai pas oublié qu'il existe ailleurs des sociétés qui vivent en contact direct avec la nature et pratiquent une certaine frugalité. Les nouvelles technologies ne leur sont pas favorables. Le rédacteur en chef de Books semble l'avoir oublié ...
Nom de code : THD
J'ai participé mardi dernier à un débat à propos de l'énigmatique "THD". Derrière ces trois lettres, se cache le "Très Haut Débit", une évolution d'Internet qui va à nouveau changer la donne pour l'industrie musicale, comme pour le reste de l'industrie culturelle (cinéma, littérature, ...). La vitesse de "téléchargement descendant" (action qui consiste à télécharger un fichier depuis le réseau) va être multipliée par 4 et la vitesse de "téléchargement ascendant" (action qui consiste à envoyer un fichier sur le réseau) par plus encore.
C'est là une chance à saisir pour les plates-formes de téléchargement légales, comme la nôtre, les sites de V.O.D. ("video on demand" : location temporaire de films sous la forme de fichiers numériques) ou de streaming (écoute ou visionnage en ligne). Mais l'opportunité est également belle pour les adeptes du partage et du téléchargement illicites : récupérer un album ou un film depuis un site tel que MegaUpload va devenir dans deux ou trois ans une simple formalité. Si, d'ici là, nous n'avons pas convaincu tous les mélomanes de préférer l'offre légale, le téléchargement illicite va encore gagner des points. Ce n'est malheureusement pas le moment de nous reposer !
L'internaute et le producteur
Spidart, le premier site web à proposer en France aux internautes de financer le travail de musiciens, vient de déposer le bilan. Depuis son lancement, et malgré l'intérêt d'un grand nombre d'internautes, il n'avait réussi à lancer que les albums de deux artistes. La fin de Spidart annone-t-elle à plus ou moins court terme la fin des sites participatifs de co-financement d'oeuvres ? Pas facile de trancher. Pas plus qu'il n'est facile de se faire une opinion à propos de ces sites. Certes, le principe d'un pré-financement par les consommateurs semble louable. Mais une transparence parfaite est nécessaire. Et l'internaute est-il par essence un bon producteur ?
Pour ou contre le streaming
Pour ou contre le streaming ? Le débat fait rage chaque fois que sont annoncés les revenus ridiculement bas que les sites de streaming gratuit du type Deezer ou Spotify génèrent pour les artistes ou les labels. Mais le débat peut également porter sur d'autres sujets, comme les problèmes de bande passante. Un article du Guardian (en anglais, désolé) élargit le débat. A lire ...



17.03.10 16:49:30,