Catégorie: Non catégorisé
C'est un au revoir ...
Malgré tout : malgré la crise économique dans laquelle nous nous installons comme un poilu dans sa tranchée (l'avenir est à la décroissance, c'est sûr, mais le petit monde de la phynance n'en a retenu qu'un aspect : la décroissance de nos richesses publiques), malgré les manoeuvres politiques à venir, qui risquent d'être parmi les plus viles de l'histoire de notre République, ... Malgré tout, donc, je vous souhaite une excellente année 2011 !
Et je vous dis au revoir. Le devoir m'appelle en effet sur d'autres pages (quelques exemples récents : articles sur l'année de l'Outre-mer, sur l'Orchestre International du Vetex, sur les grandes expositions de 2011, sur Haïti, sur la musique hawaïenne, ...).
En guise de souvenir, et parce que la colère est à certaines époques bonne conseillère, je vous conseille d'écouter la chanson jouissivement perfide de Tante Hortense qui ouvre la compilation de Radio Grenouille ...
Adieu 2010 !
C'est ainsi que s'achève 2010 : sur la réussite quasiment miraculeuse de l'exposition de Mondomix à Dakar, malgré les problèmes de logistique les plus ahurissants que vous puissiez imaginer. L'inauguration par le président Wade a visiblement été un grand moment ...
Mais 2010 s'achève également par ce qu'on appellera pudiquement d'inquiétantes difficultés de trésorerie. Pour y faire face, Mondomix a créé un "Cercle des Amis de Mondomix". Si Mondomix compte pour vous, allez faire un tour sur la page de donation.
Viva la musica latina !
Le Ricaneur Masqué a la dent dure. Il y a certes quelques nullités parmi les oeuvres récompensées aux derniers Latin Grammy Awards. Mais des prix ont également été décernés à des artistes qui les méritent. Le génial Dominicain Juan Luis Guerra a décroché le prix du "meilleur album" et du "meilleur album tropical contemporain" avec son "A Son de Guerra". Buika a été recompensée dans la catégorie "Meilleur album tropical traditionnel", une catégorie qui semble pourtant bien mal adaptée à sa splendide collaboration avec le Cubain Chucho Valdés. Visiblement très en forme depuis qu’il a quitté son fauteuil de Ministre de la Culture, Gilberto Gil a réussi l’exploit de placer deux albums différents, "Banda Dois" et "Fé na Festa" dans le palmarès.
Pour finir sur l'air de "la musique latine nous surpendra toujours", je vous offre ces quatre minutes avec Ruben Blades, qui a remporté le prix du "Best Singer-Songwriter Album" et qui ressemble de plus en plus à Brassens (il n'y a pas que la moustache, écoutez les paroles !) ...
Les merveilles se ramassent à la pelle
Non, je ne vous oublie pas, je suis juste un peu débordé par le bouillonnement créatif de l'automne. Vous croyez que tout est foutu, qu'il ne se passe plus rien, que plus rien ne se crée ? Vous n'y êtes pas du tout, nous vivons une époque d'une créativité folle. Il lui manque juste une unité, un courant principal, qui rendrait cette créativité visible. Mais peut-être est-cela qui permet cette créativité : son éclatement, sa dispersion, son caractère composite et indéfinissable, ...
Mais, concrètement, me demanderez-vous, à quoi ai-je consacré ces dernières journées ? Réponse en forme d'inventaire à la Prévert : à la poignante Chavela Vargas, au délicieux Djavan, à du reggae (nouveaux albums de Prince Fatty et de Lyricson, Pama International dubbés par Mad Professor, ...), à la Nouvelle-Orléans encore et toujours (nouvel album de Kermit Ruffins), à la galicienne Mercedes Peon, au duo Corinne West & Kelly Joe Phelps, aux décoiffants Bad Shepherds, à l'ami Lapiro, au Kurde Ferhat Tunç, aux Oscars 2011 (je leur ai consacré un article amusant bourré de bandes-annonces de films rares), au beau projet anglo-syrien Syriana, ... Cet automne, les merveilles se ramassent à la pelle ... ou sur Radiomix !
Surtout pas !
N'allez surtout pas lire les billets de mon voisin de blog, l'anonyme "Ricaneur masqué" ! Sous aucun prétexte !
Un samedi soir au Womex (dernières notes)
J'ai peut-être trop traîné dans les bistrots de Barbès. Certainement, même. Du coup, j'ai bien du mal à apprécier le chaâbi algérois s'il n'est pas chanté pour le peuple bruyant et remuant qui l'écoute d'ordinaire (c'est ce que signifie "chaâbi" : "populaire"). Le spectacle du talentueux Kamel El Harrachi me semble perdre tout son charme dans l'atmosphère policée de la grande salle du Womex. C'est dommage. J'espère qu'il décrochera malgré tout des concerts ...
Au sous-sol, belle plongée dans le blues du Pays de Galles. D'une voix qui évoque celle de P.J. Harvey, une brune au teint pâle chante en gallois les histoires de jalousie et de déchéance les plus gothiques que l'on puisse trouver dans le répertoire traditionnel du Royaume-Uni. Derrière elle, une harpe et une guitare électrique s'entre-déchirent. C'est 9Bach et c'est une belle découverte ...

Je remonte à temps pour voir les Colombiens de Bomba Estereo entonner leur grand classique, "Fuego", dans une version encore plus énergique que celle de l'album. C'est jeunes gens sont de bienheureux fous, je les laisse à leur folie.
A l'année prochaine, Copenhague !
Un vendredi soir au Womex (d'autres notes)
Au sous-sol, la soirée québécoise commence de façon torride : Joaquin Diaz fait jaillir de son accordéon des merengues endiablées. A ses pieds, les spectateurs dansent un peu comme des pingouins mais ça devrait s'arranger au cours de la soirée ...
Difficile de savoir quoi penser de la malienne Fatoumata Diawara, qui semble noyée dans la foule, coincée qu'elle est sur la plus mauvaise scène du Womex. Une chose est sure : elle mériterait plus d'attentions.
Dans les étages, la danse s'est faite plus fluide, grâce aux rythmes indolents du Sexteto Tabala de Palenque. Avec leurs voix et leurs tambours, ces Colombiens (qui ne sont pas six mais sept) savent décoincer les hanches grippées.

Une stagiaire adepte de la facilité avait un jour traduit "slide guitar" par "guitare diapositive". Ce glissement sémantique ferait sans doute sourire V.M. Bhatt, qui clôture - en ce qui me concerne - cette soirée. Avec lui, ni cliché ni poses. Son nouveau projet, "Desert Slide", est pour paraphraser Robbe-Grillet, un "glissement progressif vers le plaisir". Sa slide guitare (pour être précis, une mohan veena à 19 cordes) sous les doigts, il entraîne cinq musiciens du Rajasthan vers des hauteurs que nous n'avions pas encore atteintes depuis le début de ce Womex.
Un jeudi soir au Womex (quelques notes)
C'est une question de fidélité; j'aurais bien du mal à ne pas aimer un concert de Liber Teran, la voix de Los De Abajo. Pourtant, sa présence ce soir sur la scène du Womex sous son seul nom est une mauvaise nouvelle. Elle sonne le glas de mon groupe de rock mexicain favori. La formation qui l'entoure désormais est tout aussi pléthorique mais le concert pâtit d'un public clairsemé et peu concerné. A la réflexion, outre un public à Copenhague, il manque peut-être à ce nouveau groupe la multiplicité des talents et des univers qui faisait la force des chansons à tiroir de Los De Abajo. A suivre pour en avoir le coeur net ...
A l'étage au dessus, Antonio Zambujo est, comme à son habitude, bon comme du bon vin. Un vrai Bordeaux, tout en rondeurs, disons un Sainte-Croix Du Mont. Parfois, la douleur pointe sous la douceur mais l'ivresse l'emporte toujours. Le fado nouveau est arrivé !

Petit coup de mou : je n'arrive pas à m'enthousiasmer pour le concert de Yom, l'auto-proclamé "nouveau roi de la clarinette klezmer", à qui je n'ai pourtant rien à reprocher ...
Tiens, il y a des pygmées à Madagascar ? Ah, non, c'est juste Damily qui joue sur la plus mauvaise scène du Womex. Les têtes des musiciens dépassent à peine de la foule massée près d'eux. Damily ? Un groove brisé, haché, qui ferait pourtant danser un unijambiste ...
Les habitués du Womex ne mesurent sans doute pas l'honneur qui leur est fait : Papa Wemba arrive sur scène à l'heure et achève la soirée par un concert plus que décent, ponctué de tubes des années RealWorld ("Yolele", "Show me the way", ... ah, quels souvenirs !) et pimenté par les interventions du guitariste congolais le plus sympathique de la nouvelle génération, Olivier Tshimanga.
L'ami Nibs
Le chanteur sud-africain Nibs Van Der Spuy est de passage à Paris pour un concert. Ce sera jeudi soir à 20h au Sunset. Si vous le ratez, je ne saurais trop vous conseiller d'écouter "Néo Géo" de Bintou Simpore dimanche prochain sur Nova : il achève la demi-heure qui lui est consacrée par un "Once I climbed a Lion Mountain" qui m'a mis des frissons partout. Dernière séance de rattrapage : dimanche toujours mais tard et sur France Inter, dans l'émission "Summertime". Ensuite, Nibs repartira chez lui ...
Dylan on my mind
Je dois l'avouer, je suis fasciné par Bob Dylan. C'est normal, explique Ben Sidran, puisque cet homme qui "ne porte pas son vrai nom" et "ne chante pas avec sa vraie voix" est "un écran sur lequel nous projetons tous nos propres images". C'est en tout cas la raison qu'invoque le pianiste et chanteur au début d'un concert donné au New Morning l'an dernier et consacré au répertoire de Dylan. Ce concert a été enregistré et c'est une chance parce que Rodolphe Burger et Erik Truffaz s'étaient joints à la fête. L'enregistrement sortira début novembre mais en voici déjà un avant-goût.



21.01.11 09:19:45,