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Un jeudi soir au Womex (quelques notes)
C'est une question de fidélité; j'aurais bien du mal à ne pas aimer un concert de Liber Teran, la voix de Los De Abajo. Pourtant, sa présence ce soir sur la scène du Womex sous son seul nom est une mauvaise nouvelle. Elle sonne le glas de mon groupe de rock mexicain favori. La formation qui l'entoure désormais est tout aussi pléthorique mais le concert pâtit d'un public clairsemé et peu concerné. A la réflexion, outre un public à Copenhague, il manque peut-être à ce nouveau groupe la multiplicité des talents et des univers qui faisait la force des chansons à tiroir de Los De Abajo. A suivre pour en avoir le coeur net ...
A l'étage au dessus, Antonio Zambujo est, comme à son habitude, bon comme du bon vin. Un vrai Bordeaux, tout en rondeurs, disons un Sainte-Croix Du Mont. Parfois, la douleur pointe sous la douceur mais l'ivresse l'emporte toujours. Le fado nouveau est arrivé !

Petit coup de mou : je n'arrive pas à m'enthousiasmer pour le concert de Yom, l'auto-proclamé "nouveau roi de la clarinette klezmer", à qui je n'ai pourtant rien à reprocher ...
Tiens, il y a des pygmées à Madagascar ? Ah, non, c'est juste Damily qui joue sur la plus mauvaise scène du Womex. Les têtes des musiciens dépassent à peine de la foule massée près d'eux. Damily ? Un groove brisé, haché, qui ferait pourtant danser un unijambiste ...
Les habitués du Womex ne mesurent sans doute pas l'honneur qui leur est fait : Papa Wemba arrive sur scène à l'heure et achève la soirée par un concert plus que décent, ponctué de tubes des années RealWorld ("Yolele", "Show me the way", ... ah, quels souvenirs !) et pimenté par les interventions du guitariste congolais le plus sympathique de la nouvelle génération, Olivier Tshimanga.
Une bien belle semaine ...
Décidément, j'aime la rentrée. Enfant, l'idée de reprendre le travail me gâchait les fins de vacances ou les dimanches soirs. Mais, lorsque reprendre le travail signifie se pencher sur des disques merveilleux, tout change. Depuis les premiers jours de septembre, nous sommes gâtés : un Chucho Valdés gigantesque, "Chucho's steps", dont je n'ai pas encore fait le tour, un double Danyel Waro, qui est probablement son plus beau à ce jour, un Magnifico survolté, un Roky Erickson miraculeux et, cette semaine, à la fois un Natacha Atlas classieux, un Moussu T revigorant et une découverte : Syriana. Tout cela - et plus encore : Papa Wemba, Lee Scratch Perry, Hermeto Pascoal, Oki Dub Ainu Band, "Folk against Fascism", ... - est à écouter sur Radiomix, la petite radio que vous trouverez sur notre homepage et dont j'assure désormais la programmation.



29.10.10 09:36:02,