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A MAN & A MACHINE vol.3 (Cd2)
par pat shanga
# Warm Side
< 01 >> suicide « Diamond, fur Coat, champagne ».jpeg)
Plus chaud, plus glamour, « Diamonds » est une croonerie electro-disco où Vega affirme toute sa superbe en déclinant les valeurs bling bling du yuppisme américain.
< 02 >> cabaret voltaire « warm ».jpeg)


Originaire de Sheffield, bastion sidérurgique du Nord de l’Angleterre, Cabaret Voltaire est composé de Richard H. Kirk et Stephen Mallinder. Empruntant son nom au café dadaïste de Zurich (1916), ce duo électronique s’inscrit dans la mouvance Cold Wave industrielle à l’instar d’autres groupes british comme SPK, Throbbing Gristle ou Test Department. Très actif entre 1978 et 1986, Cabaret Voltaire signe de nombreux albums et maxis qui résonnent comme de véritables manifestes politiques et artistiques.
Warm préfigure tout le son dance électronique, à la fois minimaliste, complexe et orgasmique, qui déferlera en Angleterre à l’aube des nineties, sous l’oriflamme des Rave Parties.
Révérés par la scène électronique actuelle, les deux protagonistes de Cabaret Voltaire, désormais séparés, s’affichent aujourd’hui dans de très rares prestations de Vjaying ou Djaying.
< 03 >> OMD « Bunker soldiers ».jpeg)


Dansant et dynamique, Bunker Soldiers s’inscrit dans la veine synthétique et enjouée des débuts (« Electricity », « No Lege »…). Of All The Things We’ve Made est extrait de l’album – éponyme - le plus expérimental d’OMD (sous-titré « A Cyberspace Tribute to OMD ») qui mixe sons digitaux et samples radio. Une pure merveille d’électro-pop mélancolique où une guitare chorus se fond sur un piano intimiste et larmoyant.
< 04 >> drinking electricity « discord dance »
(1982)


Trio post punk d’Edimbourg composé d’Anne-Marie Heighway (voix), David Rome (guitare, voix) et Paul Edgley (basse). Ce n’est pas par hasard si leur premier single fut une cover d’un des plus grands titres du rock : Shake Some Action, des légendaires Flamin’Groovies. Un hymne à l’action scandé plus tard par les punks. Mettant en application cette volonté d’agir, le trio écossais créera son propre label au nom évocateur « Survival Records » qui deviendra un des labels référents de la minimal techno des années 80 avec des artistes comme Richard Bone ou Tik and Tok.
Simplicité des mélodies et des lignes musicales, séquences épurées, les bottines noires peuvent frémir à nouveau sous les pantalons straight. Le sentier du rebelle mène à la piste de danse. Impossible de résister à la flamboyance pop-disco de cette Discord Dance contenue sur le premier et unique album de Drinking Electricity. Collector.
< 05 >> chris & cosey « driving blind »
(1984)


Emanation de Throbbing Gristle formé à Londres en 1981 composé d’un homme au nom d’espion - Chris Carter - et d’une femme aux yeux bleus immenses dont le nom est inspiré d’un opéra de Mozart « Cosi fan tutte » (Elles font toutes ainsi). Cosey Fanny Tutti quant à elle, ne fait rien comme les autres. Artiste polymorphe, transgressive et radicale, son art est sa vie et sa vie est son art.
Annie Lennox, Dave Stewart et le génial Robert Wyatt (Soft Machine) ont collaboré avec ces pionniers de l’électro-pop moderne et de la glaciation des sentiments. Un Soft Cell version hétéro-sado-maso.
< 06 >> E.M.A.K. (elektronische musik aus koln)« film music »
(1982)


Ce collectif fondé en 1981 autour de Matthias Becker et de son petit studio 8-pistes, se mue en un label qui va éditer les morceaux de l’E.M.A.K..
Ces artistes underground sont aujourd'hui considérés comme un chaînon entre la scène Allemande des années 70 et des groupes comme Tangerine Dream et l’Electro-Pop.
Les membres composant tous séparément, E.M.A.K. explore différents genres musicaux dans une totale indépendance vis-à-vis des modes.
< 07 >> neu « dänzig »
(1986)



Illustre groupe de rock allemand issu d’une scission de la première formation de Kraftwerk, Neu! fût particulièrement actif entre 1971 et 1975. Dans Neu! à l’inverse du futur Kraftwerk les bruits des machines sont faits par l’homme. Frappe hypnotique de Klaus Dinger à la batterie sur laquelle Michael Rother pose ses boucles de guitares séquentielles et ses envolées. Une musique véritablement expérimentale et futuriste fusionnant toutes les avant-gardes, adulée par les punks mais également idolâtrée par les pionniers de la musique électronique et industrielle. Définitivement inclassable…
Dänzig est une ode électro-pop dansante, incroyablement enjouée, qui devait faire partie du dernier album du groupe, enregistré en 1986 mais qui sortit plus de vingt ans plus tard, lorsque la mort de Klaus Dinger (2008) mit fin à une bataille judiciaire sans précédent opposant les membres du groupe au sujet de leurs droits d’auteur.
< 08 >> indoor life « voodoo »
(1981)


Formé en 1980, Indoor Life se fait connaître en évoluant dans la scène musicale avant-gardiste de San Francisco, animée principalement par les protagonistes du label Ralph Records (The Residents, Snakefinger, Tuxedomoon). Issus aussi du monde de l’art contemporain, les quatre membres du groupe décident de bousculer les codes en réduisant à néant le rôle de la guitare. Joe Sabella électronifie sa batterie et ses percussions ethniques, J.A Deane joue du trombone traité par des effets électroniques, et Bob Heffnar privilégie une basse fretless. Quant à Jorge Socarras, son approche du chant s’apparente à celle, obsédante et incantatoire, des gourous en transe.
Le titre Voodoo est la quintessence du langage musical singulier d’Indoor Life. Un long manifeste électro-dada de treize minutes où la voix de Jorge, fragile et envoûtante, à la limite de l’asphyxie, est transcendée par une rythmique élastique et des coups de cuivre déchaîné en rut. L’extase absolue.
Indoor Life - Voodoo by CelluloidRecords
< 09 >> los microwaves « tv in my eye »
(1981)


Des intonations de voix qui ne sont pas sans rappeler celles de B 52, de DEVO ou encore de Wall of Voodoo. Dissonances, bruits, fusion techno-punk et désarticulation du corps sur la piste de danse sont leur marque de fabrique.
Un groupe culte pour les groupes cultes. Un No Future version post punk ou new wave déjantée et des interrogations comme « Y’a-t-il une vie après le petit déjeuner ? ».
Dans l’enthousiasme économique des années 80, Los Microwaves ne voient qu’abrutissement des masses, aliénation par le travail et vies qui se consument à consommer.
< 10 >> the flying lizards « steam away »
(1981)
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Sous la houlette du producteur et ingénieur du son David Cunningham, le combo anglais électro-barjot The Flying Lizards se forme en 1979 autour d’un line-up à géométrie variable composé de Steve Beresford et David Toop pour la musique et de Patti Palladin, Deborah Evans et Vivien Goldman pour les voix.
Les deux premiers albums du groupe, l’éponyme The Flying Lizards (1979) et Fourth Wall (1980) affichent le même concept : un délicieux mélange de covers, de standards du rock et de la soul (Money, Summertime Blues d’Eddie Cochran, Move on up de Curtis Mayfield, etc…) et de titres originaux à dominante minimaliste et robotique.
Extrait du deuxième opus, Steam away est un instrumental entre bruitisme jovial et groove discoïd. The Flying Lizards se crashent en 1984.
< 11 >> Bene gesserit « kidnapping »
(1982)



Leur nom est un emprunt à l’ordre Bene Gesserit des cycles de romans Dune de Frank Herbert. Leur line-up est un couple à la ville comme à la scène : B.Ghola alias Alain Neffe (musique) et Benedict G., alias Nadine Bal (voix).
Leur style est singulier, inimitable : une electro-pop ludique et spontanée, laissant une grande place à l’improvisation et à l’humour, fabriquée à partir de petits synthés casios et de jouets.
Joyeux et dansant, Kidnapping s’inscrit dans la mouvance electro-hip-hop smurfisante new-yorkaise. C’est du Tom Tom Club au pays de la Leffe. BeNe GeSSeRiT est sans conteste une des grandes découvertes de ce troisième volume.
< 12 >> the dance « looking for the world »
(1982)



James White, devenu à la scène James Chance, avait décloisonné à la hache avec un titre comme « Contort Yourself », fusionnant No Wave/Funk/Free Jazz et Dance. Cette fusion ouvrira la voie à d’autres artistes et The Dance en fait incontestablement partie. Une chanteuse ultra-sexy, des rythmes provenant de différents genres musicaux, l’heure est à nouveau venue de se contorsionner sur la piste de danse.
Looking for the World fait partie de la bande son du film de Claire Danhier sur la No Wave, « Blank City ».
< 13 >> yukihiro takahashi « taxman »
(1994)


A la fin des années 70, le pays du soleil levant dévore économiquement l’hypermarché mondial en l’inondant d’électronique de loisirs.
A la froideur teutonne d’un Kraftwerk où les hommes deviennent des machines vient s’opposer une cinglante réponse japonaise : Yellow Magic Orchestra, réponse du pays de la technologie où les hommes aiment les machines.
De ce groupe émergera le génial Ryūichi Sakamoto mais également Yukihiro Takahashi qui nous rappelle ici son amour pour les Beatles. Cover de George Harisson, Taxman est publié sur l’album Mr YT en 1994.
!! pas de video - ni lien pour le titre "taxman", alors un petit titre de 1985 >> walk to the beat
< 14 >> the android sisters « robots are coming »
(1984)



Au début des années 80, des millions de personnes aux USA écoutent un petit feuilleton radiophonique de trois minutes diffusé quand les gens vont ou reviennent du travail. Ruby: Adventures of A Galactic Gumshoe est produit par une organisation à but non lucratif créée par Tom Lopez dont le but affiché est d’éveiller la conscience des auditeurs à travers un moment de divertissement laissant de vraies questions à méditer. Ruby sera diffusé dans plus de vingt-trois pays. Les Androïd Sisters, créatures musicales de Tom Lopez et Tim Clark, sont allées chercher leur nom dans la nouvelle de Philipp K. Dick qui inspira Blade Runner.
Les Android Sisters sont aussi avant-gardistes qu’une Laurie Anderson qui ne se serait pas prise au sérieux tout en délivrant une intelligente critique sociale. Star Trek épouse Groucho Marx. Avec Robots Are Coming, laissez-vous emmener par une des plus belles intro de la musique électronique. Un chaînon manquant entre Kraftwerk et Yellow Magic Orchestra.
< 15 >> moebius & plank « nordÖstliches gefühl »
(1981)


Conny Plank, mentor de Kraftwerk, et de Dieter Moebius, le co-fondateur de Kluster. L’apport de Conny Plank à la production musicale est colossal. Chef d’orchestre du studio capable de faire dialoguer les machines en intervenant manuellement de manière musicale. Bowie, Eno, Echo & the Bunnymen, Les Rita Mitsouko, Einstürzende Neubauten, Ástor Piazzolla, The Damned, Psychotic Tanks, DAF et Nina Hagen pour n’en citer que quelques uns feront appel à ses services. La musique de Moebius & Plank, joyau intemporel, atteint le sublime par son génie technologique absolu. Conny Plank est mort en 1987 à l’âge de quarante-quatre ans. Dieter Moebius continue sa carrière en solo.
MODE IDÉALE
par pat shanga
// Séduction éléctronique
# MODERNE


Moderne est un groupe Français fondée en 1979 à Tours
Pour le premier album "Moderne" en 1980, le groupe est formé de Gérard Lévy (compositeur et producteur), Thierry Teyssou (textes et producteur), Bernard Guimond (chanteur) et Patrick Millerioux (Artist vidéaste)

>> moderne "Vers l'Est" 1980 (Arabella)
Pour leur deuxième album "L'espionne aimait la musique" en 1981, Bernard Guimond est remplacé par Dominique Marchetti.


>> moderne "Switch on Bach" 1981 (Arabella)
>> moderne "Jodo-O-Dojo" 1981 (Arabella)
>> moderne "Jodo-O-Dojo" 1981 (Arabella)
MEN MACHINES IMAGES # 2
par pat shanga
/// A MAN & A MACHINE Vol.2 DISC2
Selected by Philippe Pierre-Adolphe & Stephane Ritzenthaler
No Futur, New Futur
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>> YELLO "Take It All" 1981
Trio avant que Carlos Perón ne décide de quitter Boris Blank et Dieter Meier au profit de sa carrière solo, Yello est un groupe suisse étonnant, qui donne dans l’avant-garde expérimentale comme dans les singles à succès. Maîtres d’un raffinement décalé qui est le leur, leur musique s’immisce dès les années 80 dans notre culture populaire, du cinéma à la publicité, en passant par les séries télévisées Miami Vice, Les Simpson ou encore le jeu vidéo Gran Turismo 4. À l’instar de l’ensemble de leur second album Claro Que Si, « Take It All » contient plusieurs des caractéristiques de l’identité sonore sculptée par Blank, à base de sons personnels récupérés, samplés et magnifiquement remodelés. N’ayant jamais véritablement mis un terme au projet, les deux zurichois viennent de signer Touch Yello, un nouvel album dont la sortie à la fin de l’année 2009 fut notamment accompagnée d’une expérience virtuelle représentant un concert du groupe en 3D.
Extrait de l'album "Claro Que si"
>> TALKING HEADS "Houses in Motion" 1980
Classé dans le courant générationnel étiqueté new-wave, Talking Head est l’un des plus éminents représentants de ces groupes mythiques mais bien réels issus d’un creuset new-yorkais où se côtoient à partir de la fin des seventies représailles punk, ivresse disco et avant-garde postmoderne. Ensemble comme à travers leurs projets parallèles ou en solo, David Byrne, Tina Weymouth, Jerry Harrison et Chris Frantz se sont efforcés de rendre hommage à leur manière à l’ensemble des musiques fondatrices de l’évolution de la musique pop du 20ème siècle, en raccordant guitares acoustiques, expérimentations électroniques, distorsions entêtantes, rythmiques funk et percussions africaines. Succédant au célèbre « Once In A Lifetime » sur la face b du LP Remain In Light sorti en 1980, « Houses In Motion » incarne cette nervosité jouissive et maîtrisée, au carrefour de nos pulsations urbaines, tribales et distinguées.
>> AUTUMN "Synthesize" 1981
Duo électro belge passionné, Autumn privilégie avant tout les spectacles multimédias, armés de murs d’effets à partir desquels ils improvisent des pièces variées. L’ensemble de ces performances sont enregistrées mais on doit leur seule et véritable sortie vinyle au single « Synthesize », qui avec sa face b « The Third Autumn » deviend un club-hit en 1982. Enregistré en seulement sept heures, cet exercice marque ainsi l’évolution de la démarche de Sen et Ense qui insuffleront jusqu’en 1984 un peu de new wave dans l’exigence de leur électronique expérimentale.
Face b // The Third Autumn
>> SHRIEKBACK "Lined Up" 1983
Formé par Barry Andrews (ex XTC), Carl Marsh et Dave Allen (ex Gang Of Four), Shriekback se complait avec goût et efficacité dans la fusion d’influences funks, tribales et électro. Un peu à l’instar des Talking Heads, un titre comme « Lined Up » révèle ainsi dans quelle mesure la musique des machines comme celle issue d’instruments plus classiques ont en commun une dynamique répétitive et hypnotique. Paru sur le mini LP Tench, « Accretions » témoigne de cette urgence des débuts, avant que leur groove froid modelé par une basse organique ne laisse plus tard la place à une pop surproduite et plus lyrique.
>> LOGIC SYSTEM "Talk Back" 1981
Parfois considéré comme le quatrième membre du Yellow Magic Orchestra, Hideki Matsutake prend notamment en charge la programmation des séquenceurs auprès du groupe de Sakamoto, Takahashi et Hosono. Président du Japan Synthesizer Programmers Association, il publie en 1981 avec le compositeur Ryo Kawakami le projet Logic System, le premier opus d’une série de dix albums qui verront le jour jusqu’en 2008 et dont la pop robotique de « Talk Back » est extraite. Un titre évoquant presque parfois la scansion de David Byrne et l’atmosphère de Brian Eno, prises dans une toile synthétique coupée de gimmicks de guitares électriques made in Japan.
>> CHRIS & COSEY "October Love Song" 1983
Membres essentiels de Throbbing Gristle, Chris Carter et Cosey Fanni Tutti n’ont jamais cessé leur activité depuis la séparation en 1981 du groupe pionnier de la musique industrielle. Rebaptisé Carter Tutti à partir des années 2000, on doit au duo une production régulière et riche dans sa quantité et son approche, articulant de concert anciennes et nouvelles technologies, pièces expérimentales rugueuses, hits dancefloors, et pièces mélodiques. Parmi leurs classiques des années 80 « October Love Song » fait partie de ces instants marqués par la grâce et orchestré ici de manière dépouillée, aux frontières d’une pop enfantine et sublimée par des motifs ambient et electronica.
SPECIAL DOC // The Throbbing Gristle section from BBC Four's Synth Britannia documentary featuring Chris Carter and Cosey Fanni Tutti being interviewed
>> UNKNOWNMIX "The Siren" 1989
Considérés comme l’une des premières formations multimédias, les Suisses de Unknownmix apparaissent sur la scène rock européenne en 1983 et se distinguent par la voix de Magda Vogel, les effets de Ernst Thoma, la rythmique de Mani Neumeier et la production visuelle de Hans-Rudolf Lutz. À partir d’influences musicales extrêmement variées, ils développent une approche de la musique synthétique qui privilégie notamment des structures rythmiques associées à un art de l’échantillonnage placé sous le signe de l’improvisation. Entre élans pop et industriels, et atmosphères iconoclastes, le titre « The Siren » propose quant à lui une version personnelle de l’esprit de la Neue Deutsche Welle de leurs voisins berlinois.
Petit plus.....
>> SUICIDE "Wild in blue" 1988
Duo d’artistes vénérés qui ont largement contribué à la redéfinition du champ de l’esthétique rock, Martin Rev et Alan Vega démarrent en 1971 dans la mouvance new-yorkaise bientôt entraînée par Patti Smith, New York Dolls, The Ramones, Television et Talking Heads. Mais c’est en 1977 que Suicide se fait connaître, subissant ainsi l’incompréhension de la presse et des publics en pleine effervescence punk. Véritable homme orchestre, Rev arbore sur scène un clavier froid et violent, impose une musique binaire, répétitive et syncopée, d’où émergent les cris et complaintes magnétiques d’Alan Vega, inspirées des faces b des 45 tours d’Elvis Presley. Le titre « Ghost Rider » qui date de cette année synthétise à lui-seul cette essence minimaliste animale. Dix ans plus tard, Suicide publie l’album A Way Of Life qui, grâce à la participation de Ric Ocasek (The Cars), se farde d’une production glamour et déchirée. « Wil In Blue » qui en est extrait est dominé par cette maîtrise absolue de la technologie signée Martin Rev et sublimée par la voix définitivement rocailleuse et orgastique de Vega. Combo inclassable et pluridisciplinaire, Suicide continuera de hanter encore longtemps les mémoires de nos révolutions technologiques.
Pas de vidéo de "Wild in Blue", alors des petits plus interressants.....
ALAN VEGA "Wipeout Beat" Live 1983
SUICIDE "Surrender" In France
ALAN VEGA/SUICIDE "Cheri Cheri" Live at Hurrah
ALAN VEGA "Show Me Your Care" Live in 1983
>> FRONT 242 "Geography II" 1982
Découvert par le laboratoire belge Himalaya Records, avant de bénéficier de la toute nouvelle force de frappe des labels PIAS et Wax Trax, le style « Front Two For Two » s’affiche dès Geography, un premier album où la mouvance coldwave et industrielle se voit traitée de manière encore plus frontale, minimaliste et hachée. « Geography II » est issu de cet opus martial et désormais presque introuvable. Parfois critiquée pour ses pratiques ambiguës d’ostentation paramilitaire, la formation connaîtra finalement que peu de modifications et se concentrera autour du talent de Daniel B, d’abord accompagné par Dirk Bergen, avant d’être rejoint par Jean-Luc De Meyer, Patrick Codenys, et Richard 23 qui remplacera le second membre du duo initial. Leur titre le plus remixé, « Headhunter », atteindra les sommets des charts alternatifs américains pendant l’année 1988, période pendant laquelle le succès du groupe en Europe symbolisera l’avènement de l’Electronic Body Music qu’ils auront au préalable initié.
Front 242 - Kampfbereit
>> KAS PRODUCT "Crash" 1990
Orchestré par l’exigence sonore de Spatsz et sublimé par le flot haletant à la limite de la rupture et de la syncope de Mona Soyoc, Kas Product est un autre duo français new wave pendant un temps injustement oublié. Très vite salué par la critique, le talent des Nancéiens, avec une dimension peut-être davantage européenne que française, n’est pourtant pas reconnu à sa mesure pendant leur période d’activité. Après une séparation en 1988 et une reformation éphémère au milieu des années 2000, on les retrouve sur diverses compilations et le duo gagne enfin ses lettres de noblesses pour devenir une référence définitive de l’histoire de la new wave. Réalisé pendant les années 80 « Crash » est finalement publié la première année de la décennie suivante, tandis que « Never Come Back », paru sur l’album Try Out (réédité par le label New Rose), est reconnu comme l’un des grands classiques de Kas Product.
Super Plus..!!!
>> POLYPHONIC SIZE "Je t'ai toujours Aimée" 1982
Entité musicale d’exception de la scène pop, new wave, et électro belge et européenne, Polyphonic Size est d’abord le projet solo de Roger-Marc Vande Voorde. Bientôt accompagné de Kloot Per W., Martine Bourlée, Ann Vandewalle, et France Lhermitte, le groupe est aussi connu pour ses nombreuses et déterminantes collaborations avec notamment Jean-Jacques Burnel des Stranglers, Daniel B. de Front 242, Luc Van Acker (artiste polymorphe qui a aussi participé aux aventures de Shriekback ou d’Arbeid Adelt !), Jean-Marc Lederman des Weathermen, ou encore Daniel Darc de Taxi Girl. « Space Rejection » est issu de Algorhythmic, leur tout premier EP remarqué par Jean-Jacques Burnel qui produira plusieurs de leurs prochains albums, et dont on entend justement la voix et la basse sur ce « Je T’ai Toujours Aimée » que Dominique A revisitera vingt ans plus tard avec brio et élégance.
Nagasaki mon amour 1980
Girlscout (Pili Pili Conjugale) 1981
>> JEFF & JANE HUDSON "Los Alamos" 1983
D’abord groupe punk bientôt affilié à la scène de New York, Jeff and Jane Hudson se font d’abord connaître sous le nom de The Rentals et assurent notamment la première partie de la première tournée américaine de The Clash en 1979. Bientôt renommés The Manhattan Project, ils accompagnent ensuite Suicide, influence majeure du couple qui officie désormais en duo à partir de 1981. Presque à la lisière des sombres paysages des Sisters of Mercy, « Los Alamos » évoque justement la dynamique électrique de Rev et Vega, deux ans avant que Jeff and Jane se retirent de la production phonographique pour se consacrer à la direction de projets vidéos ou encore à l’enseignement auprès de la School of the Museum of Fine Arts de Boston.
jeff & jane hudson - the girl from ipanema 1981
>> GOÛT DE LUXE "Last Train" 1989
Groupe français éphémère originaire de Bretagne et auteur de quelques malheureux singles, Goûts De Luxe connaît une carrière difficile. Contraints après un an d’existence à la formule du duo, Marianna Kliska et Jacques Le Honsec se font finalement remarquer par Karl Lagerfeld et illustrent ses défilés. Signés par WEA, leur premier single « Les Yeux De Laura » les propulse dans le Top 50 en 1986, mais ils font face à plusieurs désaccords avec la major, et optent très vite pour un contrat ponctuel auprès de EMI. Dernière irrévérence de cette formation chaotique, le titre « Last Train » est leur épitaphe glacée, comme un pied de nez à un show business français qu’ils préféreront abandonner.
Drôle de plus... "Omaha beach" disque d'or en 1987
>> HARUOMI HOSONO With FRIENDS OF EARTH "Strange Love" 1985
Membre fondateur du Yellow Magic Orchestra, Hosono est aussi à l’origine de nombreux autres projets antérieurs, parallèles ou en solo, parmi lesquels des bandes originales de films ou de jeux vidéos, en plus de ses nombreux albums d’ambient et d’électro. Sous l’entité Friends Of Earth il collabore à cet élan évoqué ailleurs, quand il concilie les visées de l’électro avec les vibrations du funk. À la fin des années 90, il crée le label Daisyworld avec pour ambition d’accompagner la création électronique et expérimentale d’artistes japonais et internationaux.
(pas trouvé "Strange Love" mais pour illustrer ce que fait Haruomi voici deux videos)
Haruomi Hosono "Platonic" 1982
Haruomi Hosono "Fire Cracker"
>> PAUL HAIG "World Raw" 1985
Originaire d’Edinburgh, Paul Haig crée en 1979 le groupe post-punk Joseph K. Après l’éphémère aventure de celui-ci (un album, deux maxis) et quelques collaborations avec Cabaret Voltaire, Durutti Column, et The Associates, il émigre à Bruxelles et entame une prolixe carrière solo sur le tout naissant label, chic et esthète, Les Disques du Crépuscule.
Paul Haig "Ghostrider"
>> TELEX "Rendez-Vous Dans l'Espace" 1988
Le groupe belge Telex fut créé en 1978 par Marc Moulin, Dan Lacksman et Michel Moers, à la manière d’un canular. Mélangeant l’esthétique du disco à celle du punk, l’ironie belge issue de la culture BD à la froideur de l’électronique, le trio se fait d’abord connaître en signant des reprises synthétiques et décalées de standards du rock ou de la soul (« Rock Around The Clock » de Bill Haley et « Dance To The Music » de Sly And The Family Stone) ou encore du déjà parodique « Ça Plane Pour Moi » de Plastic Bertrand. Mais c’est avec le titre « Moscow Disco » (1979) qu’il connaît une notoriété internationale. Enchaînant les albums studios, se refusant à toute performance live, Telex est comparé à un Kraftwerk, plus pop et plus fantaisiste. Alternant couplets en français et refrains en anglais, « Rendez-Vous Dans l’Espace » s’inscrit dans une veine électro-potache qui fait la griffe de ces trois oliblius Le groupe met sa carrière en pointillé dans les années nonante. Auteur de quelques albums solo sous son nom et aussi sous le nom de Placebo (Blue Note), Marc Moulin est mort en septembre 2008 à l’âge de 66 ans.



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