Rio Loco 2012


Catégorie: Non catégorisé

L'Afrique lusophone au Rio Loco

par Moriane et Benjamin Email

Samedi 15 juin, Rio Loco a célébré l’Afrique lusophone. Né de l’indépendance de la Guinée Bissau, Super Mama Djambo a chanté fort la liberté retrouvée à coup de guitares funky et d’enthousiasme rock, appliqués aux airs et rythmes traditionnels. Durant les années 70 et 80. Disparus des scènes internationales, ils réapparaissent en ce début de soirée pour nous faire profiter de leur belle énergie. Dansant autant qu’émouvant leur concert ouvre nos sens de jolie manière.

 

 

 

Super Mama Djambo

 

 

D’Angola, l’Europe connaît surtout la voix de Bonga, un peu celle de Waldemar Bastos et pas assez le chant de Paulo Flores. Pourtant, il tutoie le cœur et l’âme de qui peut l’entendre. L’élégance de ses vers et le raffinement de ses mélodies sont, sur la grande scène de la Prairie des Filtres, renforcés par l’intervention du violoniste et arrangeur brésilien Jaques Morelenbaum, invité d’honneur de cette soirée impeccable. 

 

 

 

Paulo Flores

 
 
L’auteur compositeur sensible est suivi par un vent révolutionnaire nommé rythme. Batida n’a pas pris la vague Kuduro à la légère. Si l’Angola a retrouvé la paix il y a dix ans, le pays n’est pas pour autant réellement apaisé, la liberté n’y est pas entièrement acquise. Luaty Beirão, MC du groupe en a fait plusieurs fois les frais. Tabassé pour avoir tenté de manifester pacifiquement à Luanda, inquiété lors de ses déplacements à l’étranger, on a même introduit de la cocaïne dans ses bagages lors du voyage qu’il a effectué pour rejoindre la tournée du groupe. Sur le qui vive, il a déjoué l’embrouille, mais n’est pas décidé à se taire. Pedro Coquenaő,  l’architecte de Batida vit près de Lisbonne, mais il est concerné par l’évolution politique du pays de sa mère. Il a épousé une des musiques urbaines les plus excitantes du moment et l’aborde avec une conscience politique et une véritable ambition artistique qui le place au premier rang des activistes du style. Devant les vidéos inventives sur l’écran de fond de scène, danseurs, musiciens et MCs avancent masqués et costumés pour asséner un show tribal et futuriste qui secoue le public des pieds à la tête.
 
 
 
 
 
Batida
 
 
 
Souvent galvaudé, le terme virtuose, s’applique ici trois fois sans hésiter. Le trio qui se produit ici pour la première fois en France additionne les talents de trois des plus grands instrumentistes porté par la pourtant fertile terre brésilienne. Le violoncelliste Jaques Morelenbaum est entré depuis longtemps dans le panthéon de la musique lusophone en signant les arrangements d’œuvres décisives de Tom Jobim, Caetano Veloso, de Mariza et bientôt Antonio Zambujo. Il manie ce soir son archet avec un sourire complice et gourmand. A l’autre bout de la scène Marcos Suzano, sorcier du pandeiro frappe et cadence avec une vigueur aérienne son armada percussif. Au centre le joueur de Bandolim (mandoline brésilienne), égrène des notes cristallines et espiègles. Le trio nous emmène bien au-delà des nuages vers les étoiles comme nous l’avait promis Remy Kolpa Kopul en présentant ce spectacle. Une heure et quart de magie pure appliquée à des compositions originales ou des standards manipulés avec adresse et defraîchi avec tendresse.
 
 
 
 
Morelenbaum - Suzano - De Holanda
 
 
 
 
Le séjour toulousain de Mondomix s’achève ici pourtant la soirée de clôture est pleine de promesses. Le rappeur journaliste Zé Brown va certainement mettre le feu que ses compatriotes de Bombas Dois n’éteindront pas avec leur cocktail jamaïcanisé. J’ai eu la chance de me faufiler pendant la répétition de la création Balajo Rio et mon plus grand regret est de ne pas avoir assisté au concert de choro-musette de ses musiciens d’excellence. Sous la direction du violoncelliste universaliste Vincent Segal, les acrobaties des brésiliens Fernando Cavaco et Sergio Krakowski, respectivement joueur de cavaquinho et de pandeiro du Terça Feira Trio, du guitariste Dominique Cravic (primitifs du futur) et de l’accordéoniste Lionel Suarez sont malicieusement chantés par l’inclassable André Minvielle et l’espiègle Juliette. Humour groove et élégance font bon ménage. Il reste a espérer que les protagonistes auront à cœur de réiterer leur association de bienfaiteurs.
 
 
 
 
 
La création Balajo Rio
 
 
 
 
Une fois ces miracles accomplis la prairie des Filtres va retrouver son calme tout en rêvant aux belles surprise qui nous attendent pour l’édition 2013, vouée aux musiques Caraïbes.
 
 
 
 
Texte et photos : Benjamin MiNiMuM
 

 

Arte Live Web: Ghorwane

par Moriane et Benjamin Email

Le groupe Ghorwane, créé par Tchika Fernando pendant la guerre civile, fait vivre la scène musicale du Mozambique, haute en couleurs...

 

 

 

 

Le Rio Loco sous le signe du fado

par Moriane et Benjamin Email

Qui dit lusophonie, dit forcément Portugal. Qui dit Portugal, dit forcément fado…Même si l’âme d’Amalia Rodrigues vit encore dans le cœur des Portugais, la nouvelle génération de fadistes se fait un plaisir de renouveler le genre …
 
 
 
Antonio Zambujo, aussi décontracté qu’il est talentueux, a séduit le public avec son charisme incontestable. La maîtrise de sa voix est impeccable et le portugais s’épanouit aussi bien dans la retenue que dans son utilisation puissante. Alors que la scène du fado est dominée par les voix féminines, Antonio Zambujo s’est construit un style aux frontières du bossa nova et a su imposer sa relecture d’un fado en désuétude. Accompagné de Luis Guerreiro à la guitare portugaise, de Ricardo Cruz à la contrebasse, de Joao Moreira à la clarinette et du capverdien Jon Luz au cavaquinho, sa prestation avait goût de trop peu…
 
 
 
 
 
Antonio Zambujo
 
 
 
 
Deuxième fadiste de la soirée, l’excentrique Mariza. La Betty Boop du fado, ou Marylin selon les points de vue. Vêtue d’une longue robe aux paillettes couleur chocolat, la sirène portugaise a réchauffé les corps et les cœurs du Rio Loco par son coffre et sa présence hypnotique de femme fatale. La diva fait preuve d’inventivité dans un répertoire construit autour des grands classiques du genre et apporte une nouveauté dans l’expression du fado : c’est l’une des seules fadistes qui est accompagnée d’une batterie sur scène.
 
 
 
 
 
 
 
La diva Mariza
 
 
 
 
Place à la guitare portugaise de l’un des maîtres du genre, Antonio Chainho. Son instrument de prédilection, il le pratique depuis l’âge de 8 ans sur la guitare qui trainait dans le café de son père. Grâce à son oreille impeccable, l’élève virtuose a rapidement dépassé les talents de son professeur, recevant les acclamations des habitués et la jalousie de son père... Alors que les esprits du public s’échauffent, les quatre musiciens du groupe d’Antonio Chainho se concentrent sur chaque note, sur chaque changement de cadence et impressionnent le public de la Prairie des Filtres par la virtuosité de leur jeu. Cette formation instrumentale composée de Ciro Bertini à la basse et l’accordéon, du guitariste Tiago Oliveira et du percussionniste Ruca Rebordão est d’ailleurs uniquement présentée dans le cadre du festival toulousain. 
 
 
 
 
 
 
Antonio Chainho sur sa guitare portugaise
 
 
 
 
 
 
Antonio Zambujo change les idées reçues, Mariza répand son fado métissé, Antonio Chainho sauve la guitare portugaise de l’oubli : au Rio Loco, c’est mission réussie !
 
 
 
 
 
Texte : Moriane Morellec
Photo : Benjamin MiNiMum

Arte Live Web: Conjunto Angola 70

par Moriane et Benjamin Email

Inédit en France, le groupe Conjunto Angola 70 a ravi le public du Rio Loco en revisitant les classiques des années 70, alors interdits dans leur pays. Rebita, kazucuta, semba et merengue se succèdent dans une ambiance conviviale et festive...

 

L’Afrique à l’honneur au Rio Loco

par Moriane et Benjamin Email

27 degrés sur Toulouse, un ciel bleu clair et dégagé, la deuxième journée du Rio Loco est de bonne augure, qu’elle soit météorologique ou artistique…
 
 
 
« Regardez » dit le poète et militant Tcheka en levant les yeux vers le ciel, « le soleil capverdien est venu jusqu’à nous ! » avant que son timbre chaud et sa présence charmeuse ne contamine la foule. Loin d’être classique, le chanteur et guitariste revisite et modernise la morna propre à son pays et montre l’étendue impressionnante de ses cordes vocales. Seul manquait à l’appel dans cette soirée capverdienne, l’accordéoniste malgache Régis Gizavo, qu’un problème de santé a empêché de rejoindre son ami sur scène.
 
 
 
 
 
Le Capverdien Tcheka
 
 
 
Quelques centaines de kilomètres plus bas, vers la pointe sud du continent africain, les rythmes du Conjunto Angola 70 résonnent jusqu’à la Garonne.  Mené par un chanteur excentrique, à la casquette et au t-shirt pailletés, dont le déhanché n’a rien à envier à Mick Jagger,  le Conjunto Angola 70 séduit immédiatement le public. Même si la semba est sans surprises, le Conjunto Angola 70 revisite les chansons de l’Angola des années 70 : un répertoire alors interdit en Angola et méconnu en France. 
 
 
 
 
 
Le groupe angolais Conjunto Angola 70
 
 
 
Le brésilien Lenine prend ensuite la parole sur la scène du Pont-Neuf et présente les titres de son nouvel album Chão, suite de chansons où les bruits du quotidien se mêlent gracieusement aux compositions virtuoses du guitariste. Avec son fils Bruno Giorgi et son fidèle guitariste Junior Tostoi, Lenine a entièrement corrigé son répertoire dans cette lignée bruitiste et inspirée, si une partie du public est perplexe devant tant d’inventivité, le jeu et la présence scénique du trio brésilien irradie la Prairie des Filtres. 
 
 
 
 
 
Le Brésilien Lenine
 
 
 
Deuxième tour du monde réussi au Rio Loco 2012, en attendant la prochaine escale, le Portugal…
 
 
 
 
Texte: Benjamin MiNiMuM et Moriane Morellec
Photos: Benjamin MiNiMuM

 

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