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Une histoire du rap en France (2) Années 2000 : Entretien avec Karim Hammou
Dans une première partie de cet entretien, Karim Hammou nous a
retracé dans quelles conditions le rap avait réussi à devenir un genre musical à part entière en France à partir des années 1980. Dans cette deuxième partie, nous lui avons demandé de nous éclairer sur l'évolution du rap au début du XXIe siècle. Son regard de sociologue et le travail historique qu'il a mené lui permettent de cerner les évolutions récentes du rap, notamment les rapports entre rap et politique, la place de la rue dans le Hip Hop.
Comme d'habitude, l'entretien se termine par un playlist. Karim Hammou a sélectionné pour nous 26 titres emblématiques des années 2000.
Comment la vision du rap par les politiques a-t-elle évolué depuis les années 1980 ?
La première rencontre entre la classe politique et le rap se joue au début des années 1990, lorsque Jack Lang, à la fois ministre de la culture et porte-parole du gouvernement Mitterrand, affiche son soutien à la culture hip hop. Cette reconnaissance est ostentatoire, et s'inscrit dans une démarche plus vaste de valorisation symbolique de la jeunesse des banlieues, dans un contexte où la crise économique qui affecte les quartiers populaires s'approfondit. La culture en général, et la culture « métissée » de la jeunesse populaire en
particulier jouent en quelque sorte un rôle de palliatif face à des problèmes sociaux croissants (animation socioculturelle, dénonciation du racisme dans ses formes les plus explicites, rhétorique de l'intégration...). La mise en exergue du hip hop comme symbole de la jeunesse populaire issue de l'immigration par la gauche entraîne, presque mécaniquement, une critique virulente de la part de la droite et de l'extrême-droite, critique oscillant entre dénonciation de la démagogie du gouvernement et dévalorisation explicite du hip hop et du rap.
A partir de 1993, et de l'alternance politique, le hip hop n'est plus au cœur de l'agenda politique, jusqu'à l'affaire NTM en 1996. Cette affaire illustre alors l'indifférence mutuelle dans laquelle le monde du rap et la classe politique se tiennent. Si une majorité d'hommes politiques critiquent le verdict du tribunal imposant au groupe une interdiction d'exercer leur métier de chanteur, ils prennent également soin de marquer leur distance vis-à-vis du groupe et, plus largement, du rap. De leur côté, les NTM ignorent ou s'opposent aux initiatives politisant explicitement leur procès par le biais de pétitions ou de manifestation.
Le vrai tournant dans le regard que le monde politique porte sur le rap intervient au début des années 2000. Nicolas Sarkozy y joue un rôle de premier plan, via les procès intentés à La Rumeur et Sniper, dans un contexte plus vaste de droitisation du paysage politique et de criminalisation de la jeunesse masculine des classes populaires. Tout au long des années 2000, un large front politique articulant groupuscules d'extrême-droite et députés UMP défendra, parfois avec succès, un durcissement de la législation vis-à-vis de la critique de l'Etat ou des symboles de la Nation, et la condamnation en justice de ceux qui les attaquent, au premier rang desquels des rappeurs. La campagne du député François Grosdidier, en 2005-2006, en est l'un des points culminants, qui aboutit à une proposition de loi « tendant à renforcer le contrôle des provocations à la discrimination, à la haine ou à la violence », dirigée explicitement contre des rappeurs. Dans la continuité du sort réservé à la jeunesse populaire racisée, les accusations de racisme, de sexisme ou d'homophobie servent souvent de cache-sexe à une lutte contre la critique radicale ou les provocations vis-à-vis de l'État et de la Nation.

Couverture d'une mixtape de Honers l'infame [source]
Quel rôle joue « la rue » dans le rap français des années 2000 ?
La rue joue plusieurs rôles à la fois. Elle est à la fois source d’inspiration, thème d’écriture, argument marchand et symbole honorifique pour une part importante de la scène rap. C’est ce dernier rôle auquel je m’intéresse plus particulièrement dans le livre. Je montre notamment que l’invocation de la rue sert à rappeler des normes, des valeurs et des mécanismes qui régissent moins l’univers de la petite délinquance ou les espaces publics urbains que des situations professionnelles caractéristiques d’un milieu artistique underground : désintéressement dans les collaborations, engagement non opportuniste dans le rap, asymétrie entre les petites structures indépendantes spécialisées et les grandes firmes des industries musicales, etc. Comme le chantait Doc Gyneco dans "Affaire de famille", « y a pas d’gangster dans les studios y a qu’des grandes gueules / il m’manque une phrase en –eul –eul –eul ».
Comme expérience, source d’inspiration et comme thème, « la rue », avec toute sa polysémie, a contribué aux innovations esthétiques et politiques qui caractérisent le rap en France depuis vingt ans. L’entrelacement de la rue comme symbole honorifique professionnel et comme argument marchand en fait aussi une dimension profondément ambivalente, que ressassent les discours sans fin, dans et hors du rap, autour de la « street crédibilité » et de la « récupération » de tel ou tel artiste ou du genre dans son ensemble. Dans la majorité de ses mises en scène publiques, « la rue » renvoie à une forme d’exotisme co-produit par les industries musicales et médiatiques qui offre à la fois une légitimité partielle à l’existence du rap et une base permanente pour sa dévalorisation.
Le rap en France devient un objet d’histoire, est-ce le signe de son essoufflement ? Croyez-vous au discours très en vogue du « c’était mieux avant » ?
Comment voyez-vous le rap dans un avenir proche ?
Le rap en France est un objet d'histoire quasiment depuis ses débuts – un objet d’histoire où il a souvent été question de cerner « âges d’or » et « décadences ». Ces périodes ont d’ailleurs été découpées de
façon assez variables, selon en fait les enjeux du présent : le New York City Rap Tour a pu incarner un âge d’or par opposition à l’année 1984 et l’émission H.I.P. H.O.P., puis le terrain vague de La Chapelle par opposition au tournant des années 1990 ; au milieu des années 1990 la période d’H.I.P. H.O.P. ou celle de l’émission « Le Deenastyle » sur Radio Nova ont à leur tour été vues comme « un âge d’or », et au tournant des années 2000 ce sont les années 1994-1996 qui ont été portées au pinacle…
L’une des originalités de mon travail est moins de proposer une histoire du rap que de délaisser ce type de questionnements qui reposent sur l’idée d’une essence du rap (perdue ou à venir), pour décrire aussi précisément que possible les possibles et les arbitrages qui se sont ouverts, au présent, à la pratique du rap depuis trente ans. De ce point de vue, le discours du « c’était mieux avant » tend trop souvent, à mes yeux, à mesurer l’actualité superficielle du rap à l’aune d’un passé idéalisé. Je comprends la nostalgie qu’il exprime de la part de générations d’amateurs vieillissantes, mais c’est un mauvais guide pour écrire une histoire sensible aux déplacements spectaculaires ou imperceptibles du rap en France. Et c’est aussi parfois une ficelle grossière pour dévaloriser toute la scène rap actuelle en l’uniformisant. Hier, certains louaient tel ou tel rappeur comme l’exception salutaire confirmant la médiocrité du reste de la scène rap. Aujourd’hui, c’est parfois en renvoyant d’un même mouvement tous les artistes actuels à la supposée grandeur du passé qu’on dévalorise l’ensemble d’un genre musical.
Le rap dans un avenir proche ? Je le vois durablement inscrit dans la dynamique actuelle, celle de l'arbre des stars du « marketing de la marge » qui cachent la forêt de créativité des disciplines du hip-hop, et leur infusion sans tambour ni trompette dans l'ensemble des univers culturels et médiatiques contemporains.
Les titres importants dans l’histoire du rap en France (années 2000)
La aussi, la sélection est trop difficile – et j’ajoute que le recul fait défaut pour les dernières années de la décennie. Je me contenterai donc d’une liste subjective de quelques morceaux qui ont retenu mon attention à un titre ou un autre :

Booba, "Repose en paix" (2001) ; Salif, "Notre vie s'résume en seule phrase" (2001) ; La Rumeur, "Je connais tes cauchemars" (2002) ; Princess Aniès, "Si j’étais un homme" (2002) ; MC Jean Gab'1, J't'emmerde (2003) ; Mafia K'1 Fry, "Pour ceux" (2003), Médine, 11 Septembre (2004), Al Peco, "On a pas le même groove" (2004) ; Disiz La Peste, Inspecteur Disiz (2005) ; Svinkels & TTC, Association de gens normal (2005) ; Diam’s, Petite banlieusarde (2006) ; Joeystarr, "Métèque" (2006) ; Keny Arkana, "Sans terre d’asile" (2006) ; Lino, "Mille et une vies" (2007) ; Kalash L'Afro, "Juste un homme" (2007) ; Kery James, "Le combat continue part. 3" (2007) ; Sefyu, "Molotov 4" (2008) ; Baloji, "Tout ceci ne vous rendra pas le Congo" (2008) ; Youssoupha, "Calmement" (2009) ; Casey vs Zone Libre, "Purger ma peine" (2009) ; Orelsan, "Pour le pire" (2009) ; Rocé, "Si peu comprennent" (2010) ; Mokless, "Besoin de" (2011) ; Demi Portion & REDK, "En restant vrais" (2011) ; Ahmad et Dany Dan, "Mastermindzz" (2012) ; Scylla, "BX Vibes" (2012)…
Propos recueillis par Aug
Un grand merci à Karim Hammou !
Voici la playlist des titres sélectionnés ci-dessus pour nous par Karim Hammou :
Pour prolonger :
- Une histoire du rap en France (1) Années 1980-1990 : Entretien avec Karim Hammou
- Le très riche et très pertinent blog de Karim Hammou et ses autres publications.
- Notre dossier sur Samara : Histoire et géographie du Rap
- La carte du Rap et du Hip Hop dans le monde
- Un compte-rendu du bouquin sur La vie des idées
Noires histoires...(et géographies).
Il est des lectures qui s'enchaînent de façon aléatoire, et qui, une fois terminées, forment de façon inattendue, un ensemble cohérent. C'est le cas de ces trois romans lus récemment. Noirs, puisque deux d'entre eux sont des polars, noirs aussi en raison de leurs personnages, sombres dans leurs intrigues, qui distillent, au fil des pages en format de poche, les parfums mêlés de l'histoire et de la géographie.

On ne présente plus vraiment Dennis Lehane, écrivain américain d'origine irlandaise, vivant près de Boston. Ses romans connaissent généralement un franc succès, certains d'entre eux ayant été adaptés avec la même réussite au cinéma ("Gone Baby Gone", "Mystic River", et "Shutter Island" plus récemment).
Boston, 1918, la guerre se termine en Europe, on attend le retour des soldats. Pour l'heure, il faut encore faire tourner la machine économique et la population noire a été mise à contribution. La ville doit faire face à de nombreuses difficultés : pauvreté, criminalité, inflation, corruption. Et puis, il y a ce vent rouge qui souffle depuis la Russie vouée, depuis octobre 1917, au bolchevisme et qui gagne Boston, alimentant aussi bien la Red Scare chez les tenants de l'ordre établi et immuable, que l'enthousiasme d'un prolétariat urbain qui se tourne vers la lutte syndicale ou la lutte armée terroriste.
Dans ce paysage troublé et instable, on suit les pérégrinations d'un flic irlandais pris entre sa famille, incarnation de l'establishment, son boulot de policier, qui le conduit à infiltrer les milieux rouges de Boston et son amitié grandissante pour un jeune noir entré au service domestique de son père. Rattrapé par le vent de l'Histoire et par l'injustice sociale, il accompagne la plongée de sa ville dans le chaos, lorsque les policiers se mettent en grève et s'allient à la centrale syndicale de l'AFL.
Tiraillé en permanence entre tensions sociales et tensions raciales, "Un pays à l'aube", décrit une ville emblématique des Etats-Unis à un moment d'incertitude de son histoire. Socialement, nous sommes encore au XIXème siècle, et le roman place le lecteur dans l'horizon des possibles du XXème siècle qui n'est pas encore né autrement que par la chronologie. Parfois un peu guimauve dans la love story, le livre restitue une ambiance qui oscille sans arrêt entre espoir et chaos, au fil des luttes, du rythme de la rue qui s'abandonne à l'anarchie et tente de retourner la peau du destin.

Restons aux Etats-Unis mais presque un siècle plus tard avec "Ville noire, ville blanche" de Richard Price, un des grands romanciers américains actuels. Il s'agit d'un polar, tout autant que d'une monographie ou d'une étude sociologique d'un territoire urbain.
Nous sommes à New York. Au coeur du quartier défavorisé d'Armstrong, une étincelle suffit à raviver des tensions anciennes et ancrées entre afro-américains et blancs. Lorsque Brenda, la mère du petit Cody arrive, hébétée à l'hôpital suite à l'enlèvement de son fils, les soupçons et l'enquête de la police se dirigent immédiatement en direction du ghetto noir. Confiée pour partie à Lorenzo, une figure de la police locale, la quête de la vérité s'avère très difficile, entre les intrigues des journalistes, les bavures des équipes de police et de maintien de l'ordre, et la fragilité du seul témoin, la très paumée Brenda.
Le livre de Richard Price vous met très rapidement la tête sous l'eau, en totale immersion dans un quartier dont l'air est chargé d'électricité, sur le fil du rasoir, au bord du précipice, chaque pas est compté, chaque faux pas est fatal. C'est une plongée dans la ville américaine des ségrégations socio-spatiales, des inégalités et du déclassement dans une atmosphère très lourde, dense, parfois étouffante mais qu'on sent très en prise avec la réalité. New York : l'envers du décor.
Trieste est un bout d'Europe sans doute idéal pour y situer un polar. C'est une ville chargée d'histoire (ancien débouché maritime de l'empire austro-hongrois), un territoire carrefour (entre l'Italie, la Slovénie, la Croatie), cosmopolite, fortement chargé culturellement (James Joyce y séjourna) qui s'ouvre sur une baie magnifique, parfois baignée par une lumière écrasante, parfois balayée par un vent glacial appelé la bora nera.
C'est justement un jour de bora nera que la maison des Gubian explose dans un petit village aux alentours de Trieste. Dans le sillage de ce meurtre resurgissent les haines d'un passé encore douloureux lorsque la ville, au terme du deuxième conflit mondial dût passer des mains des fascistes italiens à celles des partisans communistes yougoslaves de Tito. Bien des vies ont alors fini dans les failles du karst, les foibe, sur les hauteurs de la ville, jetées au fond de ses crevasses taillées dans le calcaire. De nombreux fascistes italiens y terminèrent leurs vies, à Trieste mais aussi dans d'autres villes du nord de l'Italie.
Les tensions du passé ayant des échos dans le présent, on découvre avec Proteo Laurenti, le commissaire qui mène l'enquête, une ville en proie aux doutes et aux tensions héritées de son histoire et de sa situation géographique. Une ville d'immigration, dans laquelle se côtoient italien, slovènes, croates et de nouveaux migrants venus d'autres continents dans une cohabitation parfois difficile ; une ville livrée à l'influence grandissante des partis de l'extrême droite italienne ; une ville également sujette aux trafics qui s'opèrent avec une certaine quiétude au large des côtes de l'Adriatique.
Peut être moins flamboyant que les deux précédents, "Les morts du Karst", est un polar très efficace, et intéressant moins pour la densité de son intrigue que par l'environnement qui lui sert d'écrin. Trieste est une ville singulière et magnifique, c'est l'occasion de la découvrir ou de se la remémorer.
"Clandestino" : migrations dans l'espace mondial.

Les migrations font partie de l'histoire de l'humanité depuis ses tout premiers temps, des déplacements des peuples de l'Antiquité aux grands départs européens vers l'Amérique.
Aujourd'hui, elles sont au coeur des débats politiques et sociétaux des pays du Nord reflétant l'importance de ces flux dans le paysage d'une planète aux mobilités mondialisées.
Et pourtant, a-t-on jamais vécu avec des frontières aussi surveillées ? A certains endroits, les dispositifs sécuritaires dissuasifs s'empilent et sont relayés par des politiques de coopération anti-migratoires, pour ne pas dire anti-migrants.
En 1998, Manu Chao sortait son premier titre en solo "Clandestino". Il nous sert de guide dans cette planète où les flux de capitaux, de marchandises et d'informations sont massifs pendant que la libre circulation des hommes et les solidarités sont entravées, renvoyant ainsi l'image d'un monde toujours plus inégal.
L'article complet se lit sur l'histgeobox.
Katrina, 2005 : Entretien avec Romain Huret

[La Nouvelle-Orléans après le passage de l'ouragan Katrina]
Ce mois-ci sur Samarra, nous vous invitons à mieux découvrir le passé et le présent de la ville de la Nouvelle-Orléans, notamment au travers de la musique, du cinéma et des livres. Au programme, des articles sur la série Treme, sur l'histoire de la musique à la Nouvelle-Orléans (du blues au rap en passant par le jazz), sur la ville dans la BD, le cinéma et la littérature.
La ville occupe en effet une place à part dans l'imaginaire américain. Considérée par certains comme une ville de débauche (la "nouvelle Sodome" y aurait pour quelques-uns reçu son juste châtiment en 2005...), elle est un des berceaux de la musique américaine, du blues au jazz. Elle a conservé un héritage architectural et culturel de la période coloniale française, ce qui en fait une ville unique dans le pays. L'histoire de la ville est marquée par la récurrence des catastrophes naturelles (ou non, pensons à la fuite de pétrole de 2010...), en particulier au XXème siècle et en ce début de XXIème siècle, Katrina ayant même entrainé la baisse de la population de la ville. C'est une ville majoritairement peuplée d'Afro-Américains, en particulier dans le quartier déshérité du Ninth Ward, l'un des plus touchés par Katrina. L'identité de la ville et sa mémoire est d'ailleurs au coeur des enjeux de la reconstruction. Cela rend essentiel la compréhension dans le temps long de ce qui s'est passé au début du mois de septembre 2005.
Pour entamer cette série, nous avons donc demandé à l'historien Romain Huret (EHESS et Lyon 2) de nous parler de ces travaux sur l'ouragan Katrina qui a ravagé la ville à la fin de l'été 2005. A la fin de cet entretien, nous vous proposons une playlist de quelques titres sur la ville et les catastrophes naturelles et des vidéos de films.
Dans Katrina, 2005-L'ouragan, l'Etat et les pauvres aux Etats-Unis (éditions EHESS-collection Cas de figure), Romain Huret replace l'évènement dans le temps long de la perception de la pauvreté, de la question raciale, du rôle de l'Etat et de la définition de son périmètre d'action lors des catstrophes.
Dans ce livre, au-delà des évènements qu'il retrace précisément dans une première partie, l'historien s'intéresse aux interprétations de la catastrophe par les différents groupes qui composent la société américaine, qu'ils se définissent par des critères ethniques, sociaux, politques ou religieux. Il écrit ainsi : "La construction conservatrice puise dans la tradition américaine pour proposer une interprétation rationnelle à l'évènement : la décadence morale et les effets pervers de l'Etat-providence, deux thèmes récurrents du discours conservateur, seraient à l'origine de l'ampleur de la catastrophe. (p. 72)". De l'autre côté, beaucoup d'Afro-Américains constatent la permanence d'un racisme culturel qui a amplifié les effets de la catastrophe.
Dans la lignée de ses travaux sur la pauvreté, sur la reconquête conservatrice par la base depuis les années 1960 et sur Richard Nixon, il analyse donc avec brio ce que révèle la catastrophe des fractures de la société américaine.
1. N’est-il pas difficile pour les historiens d’étudier un évènement aussi récent que Katrina ?
Bien sûr, c’est un exercice délicat pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la catastrophe a effacé beaucoup de traces matérielles et a provoqué une désorganisation des institutions. Dès lors, il fut difficile de savoir combien de personnes sont mortes dans le Superdome ou le Convention Center, combien de prisonniers se sont échappés, les registres pénitentiaires ayant disparu etc. Ensuite, l’administration du président George W. Bush a fortement protégé l’accès aux documents officiels et a refusé de transmettre des transcriptions des discussions entre les principaux dirigeants aux élus du Congrès. L’historien devra donc attendre quelques années encore ! Enfin, l’émotion née de l’évènement, et la violence de la réaction des contemporains, comme le rappeur Kanye West (photo ci-contre) déclarant que « George W. Bush n’aime pas les Noirs », oblige à une prise de recul critique plus forte qu’à l’accoutumée.
Il y a eu de brillants pamphlets contre Bush et son administration. Dans ce livre, je voulais sortir du registre de l’indignation et du scandale pour comprendre la rationalité bureaucratique à l’œuvre au cours de la longue semaine des évènements.
2. Qu’a révélé la gestion de la catastrophe sur la perception de la pauvreté et de la question raciale aux Etats-Unis ?
Pour les populations noires de la ville, la catastrophe a révélé qu’elles étaient bien peu de choses, des « réfugiés » -- et le terme fut utilisé sans cesse dans les médias et par les hommes politiques-- dans leur propre pays. Plus encore, il fut frappant de constater que les pauvres ne furent pas considérés comme des victimes d’une catastrophe, les conservateurs les accusant d’être responsables de leur sort. Le commentateur conservateur Bill O’Reilly y vit un exemplum pour les plus jeunes à montrer dans les salles de classe pour leur expliquer ce qu’il allait leur arriver s’ils ne travaillaient pas en classe ! Enfin, la catastrophe a démontré les conséquences du délitement de l’assistance sociale dans le pays. Les pauvres et les plus vulnérables sont restés faute de mieux. Le « peu » qu’ils possèdent dans le 9th Ward est « tout » ce qu’il possède. Pour partir, il faut avoir un réseau social et familial. Beaucoup vivaient de petits boulots, plus ou moins licites, et ne pouvaient pas quitter la ville sans prendre le risque de tout perdre.

[La crue de 1927 fait des ravages dans toute la Louisiane]
3. Que nous apprend la comparaison avec les précédentes catastrophes ayant frappé la Nouvelle-Orléans en 1927 et 1965 ?
En 1927 et 1965, les catastrophes ont suscité des réactions inédites de l’Etat. En 1927, le ministre du Commerce, Herbert Hoover, utilise la catastrophe pour promouvoir ce qu’il appelle un Etat associatif dont le rôle est de coordonner le travail entre les institutions locales et les associations. Pour Hoover, les catastrophes sont le moment idéal pour développer ce cadre associatif. Ce fut un succès : Hoover en tira profit l’année suivante en étant élu président des Etats-Unis. Quarante ans plus tard, le président démocrate Lyndon Johnson ira plus loin en cherchant à créer un statut législatif des victimes des catastrophes et à développer les aides dans le cadre de son programme de Grande Société (Great Society).
4. Comment comprendre les félicitations de Georges W. Bush au patron de la FEMA, l’agence chargée des situations d’urgence ? L’histoire de la FEMA ne symbolise-t-elle pas l’évolution du rôle de l’Etat depuis plusieurs décennies?
Vous avez raison. Cette agence a toujours un double visage : d’un côté, elle doit venir en aide aux victimes des catastrophes ; de l’autre, elle fut utilisée, notamment par les républicains, pour faire face aux risques politiques. Cette dernière option se développa dans les années 1980. L’agence devint très opaque, multipliant les opérations secrètes. Son chef, Louis Giuffrida, servit même de modèle au fameux « homme à la cigarette » de la série X-Files ! Au lendemain du 11 septembre 2001, l’agence fut intégrée au Department of Homeland Security et renoua avec cette tradition militaire. Sans surprise donc, au lendemain du passage de l’ouragan, elle dut attendre que la zone soit sous contrôle militaire pour aider les populations. Ce retard à l’allumage n’en fut pas un du point de vue des dirigeants. C’est en ce sens que la FEMA fit un sacré boulot (« Heck of a job »), selon la formule désormais célèbre de George W. Bush
5. Terminons par une question qui nous intéresse particulièrement sur Samarra : Comment ces catastrophes sont-elles abordées dans la musique, au cinéma, dans les séries, dans la littérature ?
La catastrophe a imprégné la production culturelle après 2005. N’oubliez pas que la ville est un berceau culturel du pays, et que l’ouragan entraina la disparition de nombreux contrats pour les musiciens et les artistes. La belle série Treme d’HBO raconte cela très bien. Des réalisateurs comme Spike Lee (When the Levees Broke) ont filmé le désarroi des populations noires et des pauvres. La rancœur contre les conservateurs, qui veulent se débarrasser de cette Sodome américaine, affleure dans les chansons. La plus emblématique est celle de Randy Newman, qui rechanta les larmes aux yeux, son célèbre "Louisiana, 1927", au cours d’un concert de soutien. Originaire de la ville, Harry Connick Jr se mobilisa également fortement pour aider les musiciens. Bob Dylan y fait une allusion
dans sa chanson "When the Levees Broke", écrite en 2007. Dylan adore cette ville, comme tous les musiciens. Il y signa avec Daniel Lanois (autre habitué de la ville) le magnifique Oh, Mercy en 1989. Plutôt que d’énumérer tous les témoignages très nombreux dans le rap et le hip-hop, je me contenterai d’une remarque et de deux coups de cœur personnels. Tout d’abord, les musiciens de la ville, en particulier les jeunes, ont redécouvert leurs racines à cause de la catastrophe. Les brass-bands, tradition ancestrale de la ville, qui jouent spontanément dans les rues et demandent le soutien du public, ont renoué avec leur propre héritage en comprenant à quel point ils se devaient de transmettre la mémoire musicale de la ville. Ensuite, je me permets deux coups de cœur personnels. Le magnifique film de Bertrand Tavernier, adapté du livre de James Lee Burke, Dans la brume électrique. Avec finesse, Tavernier transpose le récit dans la ville post-Katrina. L’ambiance lancinante et « électrique », où les morts flottent et renvoient aux horreurs du passé, offre une formidable retranscription des récits et des malheurs de la ville. Et puis Steve Forbert, l’un des folk-singers les plus brillants et sous-estimés aux Etats-Unis, qui a écrit comme toujours une chanson très subtile sur la catastrophe ("Song for Katrina"), dont l’optimisme doux-amer renvoie à « l’optimisme de la catastrophe » dont l’Amérique s’est fait une spécialité. Bref, comme tous les évènements inattendus et incompréhensibles, Katrina est une veine inépuisable pour les artistes.
Propos recueillis par Aug. Un grand merci à Romain Huret
Retrouvez sur l'histgeobox, deux titres qui nous permettent de faire le récit des inondations de 1927 et de l'ouragan Katrina :
- l'histgeobox: 137. Randy Newman:"Louisiana 1927" (1974)
- l'histgeobox: 147. Emmanuel Jal : "Ninth Ward" (2008)
Voici une playlist de quelques titres qui évoquent la Nouvelle-Orléans, les ouragans et inondations qui ont frappé la ville (1927, 1965 et 2005) :
Un extrait du film de Spike Lee dans lequel il mêle des images de la Nouvelle-Orléans à différentes époques, avant et après Katrina :
La bande-annonce du documentaire Trouble The Water, réalisé à partir d'images fimées par des habitants du Ninth Ward :
La bande-annonce du film de Bertrand Tavernier Dans la brume électrique :

- Blacksad : un privé à la Nouvelle Orléans
- Katrina, 2005 : Entretien avec Romain Huret
- Treme, Nola après Katrina
- Le rap de La Nouvelle-Orléans : Entretien avec Jean-Pierre Labarthe
- Faire de la musique après Katrina (à venir)
- La Nouvelle-Orléans dans la BD francophone
- Le Funk de la Nouvelle-Orléans (à venir)
- Petite histoire de la Nouvelle-Orléans :
- La fondation (1718-1763)
- De l'ère espagnole à la vente (1763-1803)
- Le XIXème siècle (1803-1865)
- Reconstruction et ségrégation (1865-1965)
- Entre déclin et catastrophes (1965-2011)
Un monde de Rap (1-II) Royaume-Uni

Article à lire, voir et écouter en cliquant sur le lecteur ci-dessous ou en podcast. Playlist complète, carte, sources et liens à la fin.
Retrouvez la première partie sur les années 1980 et 1990 en cliquant ici.
- De Roots Manuva à Dizzee Rascal
J'ai terminé la première partie de la présentation de la scène rap britannique par Roots Manuva qui émerge à la fin des années 1990. Entamons cette deuxième partie sur les années 2000 par le même Roots Manuva puisqu'il est toujours, en ce début de deuxième décennie du XXIème siècle, l'une des locomotives du rap made in UK. Je vous fait écouter deux extraits de titres issus de son dernier album Slime & Reason, sorti en 2008. Observez-le d'abord dans "Again and Again" jouer une partie de cricket très originale puis dans le mystique et magnifique "Let The Spirit".

L'autre tête d'affiche du rap britannique, c'est donc Dizzee Rascal. S'il vit aujourd'hui dans la douce quiétude de la campagne anglaise au coeur du Kent, il a grandi à Bow, au nord-ouest de Londres. Son père est Nigérian et sa mère Ghanéenne.
A 19 ans en 2003, il a obtenu le Mercury Prize (prix annuel décerné depuis 1992 au meilleur album britannique ou irlandais) pour Boy in Da Corner, une première pour un rappeur. Il a depuis enchainé trois autres albums et autant de succès jusqu'à Tongue N' Cheek sorti en 2009. Son tube le plus connu, c'est "Bonkers" c'est-à-dire cinglé... "Certains pensent que je suis cinglé mais je suis juste libre !"
- Le "Grime", émergence du style UK ?
Dizzee Rascal est souvent annoncé comme le meilleur représentant du style "grime" c'est-à-dire "sale". Sale par l'univers décrit par les MC, par la rythmique plutôt violente inspirée du dancehall jamaïcain, par la rapidité du flow, les phrases courtes, les mots répétés. Mais le grime c'est aussi une décomplexion à rapper sans dissimuler son accent, le langage et les sujets de tous les jours. C'est le moment décisif où les rappeurs vont cesser d'imiter le rap américain. Wiley est sans doute celui qui marque la rupture, il est le "parrain" du grime. Le grime se développe donc à la fin des années 1990, au sein d'une riche scène underground (entre rave, jungle et style garage) dans le quartier de Bow au Nord-Est de Londres. C'est l'épicentre du MCing britannique.

Dizzee Rascal est celui qui va faire émerger cette scène au grand jour. Il fait alors partie d'un collectif créé en 2002 : Roll Deep. Ce collectif compte également Wiley (Photo ci-contre) et Tinchy Stryder. Si Roll Deep continue son chemin sous l'impulsion de Wiley, c'est sans Dizzee et Tinchy Stryder qui ont entamé avec succès une carrière solo. Rascal rejette d'ailleurs le terme grime qu'il considère comme une invention de toutes pièces par des journalistes. Wiley préfère lui parler d'Eskibeat. Sur les traces de Rascal, de nombreux artistes prennent le micro et connaissent le succès. Le grime a même sa série télé interactive : Dubplate Drama.
Inspirée par le grime et par les disques de Salt-N-Pepa qu'écoutaient sa mère, la jeune rappeuse Lady Sovereign a grandi dans un HLM à Wembley. Son ascencion est très rapide puisqu'elle a signé un contrat avec Def Jam après avoir bluffé Jay-Z qui lui demandait un freestyle...
Toujours dans la mouvance Grime, le très jeune Chipmunk (né en 1990, de Tottenham) a été consacré meilleur artiste Hip-Hop en 2009 aux MOBO awards (MOBO signifie Music of Black Origin). Dans le même temps, le trio N-Dubz (de Camden Town au nord de Londres) était sacré meilleur groupe. Le groupe, créé en 2000, a produit deux albums en 2008 (Uncle B) et 2009 (Against All Odds). Chipmunk et N-Dubz ont été, avec Tinchy Stryder, les plus gros vendeurs de disques Hip-hop en 2009 au Royame-Uni.
Même si certains comme Dappy de N-Dubz se distinguent souvent dans la rubrique des faits divers, ils savent aussi se mobiliser pour des bonnes causes comme pour ce titre de 2009 "I Got Soul" qui dénonce l'utilisation des enfants-soldats. Le collectif Young Soul Rebels rassemble entre autres Chipmunk, Tinchy Stryder et N-Dubz.
De nombreux rappeurs comme Professor Green (vidéo ci-dessous), Jammer et Tinie Tempah s'inscrivent également dans ce courant. Le rap britannique ne se limite pas au grime, nous allons le voir. D'ailleurs il y a aussi quelques gangstas comme Giggs.
- Diversité
Dans un autre style, le rappeur The Streets (de son vrain nom Mike Skinner), originaire de West Heath à Birmingham, a déja sorti quatre albums depuis 2002 et est un des rappeurs les plus connus du pays.

Autre lauréate du Mercury Prize, cette fois-ci en 2009, la jeune Speech Debelle, récompensée pour Speech Therapy. De son vrai nom Corynne Eliott, elle est née en 1983 à Londres. Elle grandit sans père avec sa mère jusqu'à l'âge de 19 ans (écoutez la très belle chanson qu'elle écrit à ce père qu'elle n'a jamais connu "Daddy's Little Girl"). Elle quitte alors sa mère et va vivre quelques années dans la précarité. Une expérience qui constitue en grande partie la toile de fond de son premier album Speech Therapy (Le mot signifie également orthophonie en anglais). Speech Debelle est en effet une jeune rappeuse qui croit aux vertus de la parole. L'album est sorti en 2009 sur le label Big Dada et est produit en partie par Wayne Lotek qui produit également les disques de Roots Manuva. Manuva que l'on retrouve en featuring sur "Wheels In Motion". L'ensemble de l'album est une petite merveille qui mêle sonorités jazz et folk.
Malheureusement, le succès commercial n'a pas été au rendez-vous, des concerts ont été annulés (dont un à Nancy...) et Speech Debelle a décidé de rompre avec son label. Aux dernières nouvelles, les choses se seraient arrangées... Elle travaille en ce moment sur un nouvel album annoncé pour bientôt, ça s'appellera The Art of Speech.
Enfin pour terminer évoquons un personnage inclassable et détonnant, que l'on ne peut bien sûr enfermer dans le seul Hip-hop : M.I.A. Elle est née à Londres, mais a vécu une partie de son enfance au Sri-Lanka, d'où ses parents sont originaires. Elle fait partie de la communauté tamoule, minoritaire au Sri-Lanka. Elle revendique fièrement cette origine et n'hésite pas à parler d'un "génocide" pratiqué par la majorité cinghalaise de l'île. Cela lui a valu de nombreuses menaces, y compris de l'armée srilankaise. Elle est davantage inspirée par le rap américain. Elle a connu la célebrité grâce au titre "Paper planes" qui figure dans la B.O. de Slumdog Millionnaire et dans lequel elle sample "Straight to Hell" des Clash ("Paper Planes" a lui même été samplé par Kanye West, voir ici). Elle vient de sortir son troisième album : Maya.
Voilà, tout ceci n'est qu'un aperçu subjectif. N'hésitez pas à me signaler erreurs, omissions et suggestions. Hope you enjoyed the vibe !
Retrouvez tous les artistes évoqués dans la carte du hip-hop ci-dessous :
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Sources et liens :
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Pour commencer : Thomas Blondeau, "Angleterre : U.K. Resistance", Muziq n°4, mars-avril 2009
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Lisez le très bon article que Joël Vacheron consacrait à Speech Debelle, il est paru dans le numéro 115 de Vibrations. Et du même journaliste : Grime: Wiley, la récréation est terminée.
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Heroes of UK Hip-Hop : Un très bon site sur les pionniers du Hip-Hop au Royaume-Uni.
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Le quotidien The Guardian et son supplément dominical The Observer sont une mine pour la musique du Royaume-Uni en général et le rap en particulier. Parmi les articles les plus récents : Rosie Swash, "Label of love : Big Dada", The Guardian, 8 june 2009; Simon Hattenstone, "Dizzee Rascal : Fight to the top", The Guardian magazine, 31 july 2010; Alexandra Topping, "First Dizzee Rascal, now the British urban scene is getting crowded"; "Tinchy Stryder: 'Jay-Z liked what he saw in me. I reminded him of him'"; "Are you ready for the British MCs?"; "N-Dubz and the second coming of Brit pop"; "Jammer: who needs a record deal?".
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Sur Mondomix : "M.I.A. repousse les frontières", et un entretien avec l'artiste.
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Mine d'or : le site Grimepedia pour tout savoir sur les artistes, les mixtapes, les albums.
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Votre dose quotidienne de Grime sur Grimedaily
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Notre dossier sur l'histoire et la géographie du Rap et du Hip-Hop
Des séries pour comprendre le monde
Voici les articles que nous avons consacré à des séries plus ou moins connues qui offrent un regard intéressant sur le monde tel qu'il va... ou pas :
- The Wire : les territoires urbains des Etats-Unis.
- Mad Men : une élégante immersion dans la société américaine des années 60
- Tudor or not Tudors ?
- La fin de Urgences
- Le Prisonnier, une série hors norme
- Habiter la ville : le New York de Tony Soprano
- La guerre du Pacifique : du petit au grand écran. (1) à propos de la série The Pacific
- Life on Mars : Manchester, 1973.
A lire et écouter sur la toile :
- Gérald Billard et Arnaud Brennetot, "Le huis clos ou l’exaltation du localisme communautaire dans les séries américaines", in Sarah Hatchuel et Monica Michlin, Les pièges des nouvelles séries télévisées américaines: mécanismes narratifs et idéologiques, GRAAT On-Line, ISSUE #6, DECEMBER 2009. Un article passionnant écrit par des géographes sur l'espace vécu de quelques séries américaines.
- Pour réécouter les émissions « Séries Télé : l'Amérique en 24 épisodes » diffusées à l'été 2008 sur France Culture. C'est par ici.





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