Catégorie: Histgeobox
Dans les pas des cangaceiros...
Nous vous proposons sur l'histgeobox une plongée dans l'univers des cangaceiros brésiliens qui écumèrent et tinrent en coupe réglée le sertão dans la deuxième moitié du XIXème siècle et le premier tiers du suivant. Ces bandes aux moeurs violentes, dirigées par des chefs charismatiques se développent dans un milieu naturel et économique très contraignants. Très tôt, ils fascinent et suscitent l'intérêt des artistes dont les oeuvres contribuent à élever certains meneurs au rang de mythe (à l'instar de Lampião).
En complément de notre présentation de l'hymne des cangaceiros sur l'histgeobox, nous vous proposons ici une sélection de livre, films, musiques... ayant pour thème central les bandits nordestins.
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* L'aura dont jouit longtemps après sa mort Lampião auprès des populations brésiliennes s'explique en partie par l'image qu'en a donné le littérature de colportage. Cette "literatura de cordel" (cordel signifie corde en portugais), très populaire dans le Nordeste, doit son nom à la corde que tendait entre deux bâtons les marchands ambulants les jours de foire afin d'y suspendre les livrets (folhetos, imprimés sur du papier bon marché).

Apparu au XIXème siècle, le cordel s'inspire à l'origine des récits de chevalerie des troubadours du Moyen Age. Progressivement, les folhetos prennent pour thème l'actualité locale ou nationale. Aussi, dès les années 1930, Lampião y est dépeint sous les traits d'un personnage courageux, aux pouvoirs quasi-surnaturels, immunisé contre les balles de la police. Son épopée fut chantée dans les foires et les fêtes où s’improvisaient des poèmes comme celui qui raconte l’arrivée de Lampião en Enfer:
« Le garde s’en alla et dit à Satan dans le grand salon:
- Excellence je vous avertis que Lampião arrive à l’instant et veut absolument rentrer, alors je viens vous demander si je dois lui ouvrir ou non.
- Pas question ! – répondit Satan : va-t-en lui dire qu’il s’en aille, il ne vient que la canaille, je suis poursuivi par la poisse et finis par avoir envie de mettre plus de la moitié de ceux qui sont ici dehors. Ce Lampião est un scélérat, voleur qui ne respecte rien et ne vient que pour porter tort au bon renom de mon domaine. Et moi je ne vais pas chercher le bâton pour me faire battre si je n’y suis pas obligé. »
[Extrait de L’Arrivée de Lampião en enfer. Texte de José Pacheco, traduit par Idelette Muzart-Fonseca dos Santos dans "La littérature de Cordel au Brésil", éditions L’Harmattan, 1997.]
Si le cordel n'a pas totalement disparu aujourd'hui, il n'a toutefois plus le même succès qu'auparavant.
* Des romans et un essai.

- Eric Hobsbawm: "Les bandits". Le livre est en accès libre sur le Web (merci aux éditions Zones).
Très tôt Hobsbawm se passionne pour les rebelles qui défendent la cause des opprimés ou en tout cas refusent le sort, soumis, qui leur est promis. Dans "les bandits" (1969), l'historien britannique s'intéreesse à la figure du bandit social, « un paysan hors la loi que le seigneur et l'État considèrent comme un criminel, mais qui demeure à l'intérieur de la société paysanne, laquelle voit en lui un héros, un champion, un vengeur, un justicier, peut-être même un libérateur ». L'auteur mulitplie les éclairages comparatifs de banditisme social à travers le monde (bandits sardes, haïdouks, cangaceiros...). Le très grand intérêt de l'ouvrage, réside surtout dans l'analyse du banditisme "comme pratique et comme mythe, symbole de résistance et figure de ralliement."
L'ouvrage s'est imposé comme un classique (voir le compte rendu qu'en donne le magasine L'Histoire).
- Jean-Marie Blas de Roblès évoque fugacement dans son roman: "Là où les tigres sont chez eux."
Extraits:
"Nelson connaissait tout de l’histoire du cangaço et de ces hommes qu’on appelait cangaceiros, parce qu’ils portaient leur fusil sur l’échine comme les boeufs attelés portent le joug, le cangalho. Ceux-là s’étaient refusés à subir la cangue des opprimés pour vivre la vie libre du Sertão, et si leur winchester pesait sur leurs épaules, du moins était-ce pour la bonne cause, celle de la justice. Passionné par la figure de Lampião, comme tous les gosses du Nordeste, Nelson s’était efforcé de rassembler quelques documents relatifs à ce Robin des Bois des latifundia.
Dans sa tanière, à la favela de Pirambú, nombre de photos découpées dans Manchete ou dans Veja tapissaient les murs de tôle et de contreplaqué. On y voyait Lampião sous toutes les coutures et à tous les âges de sa carrière, mais aussi Maria Bonita, sa compagne d’aventures, et ses principaux lieutenants : Chico Pereira, Antônio Porcino, José Saturnino, Jararaca… autant de personnages dont Nelson savait par coeur les exploits, de saints martyrs dont il invoquait souvent la protection."
- Mario Vargas Llosa: "La guerre de la fin du monde", 1981, Folio Gallimard.
Avec son 8ème roman, l'auteur péruvien propose un récit très documenté et puissant sur l'expérience messianique de Canudos.
Parcourant les villages du Sertao, Antonio Conselheiro, un des nombreux béats qui sillonne la région, adopte des allures de prophète. Il répare les chapelles, nettoie les cimetières et fustige dans des prêches enflammés la République et la modernité (il rejette le mariage civil, les mesures laïques adoptées par le régime, le nouveau système de poids et mesures...). Ses harangues et son ascétisme en imposent aux dépossédés du Nordeste qui décident de le suivre. C'est cette petite bande qui décide de bâtir à Canudos une nouvelle Jérusalem.
L'afflux de nouveaux adeptes inquiètent les autorités provinciales puis fédérales, d'autant que Conselheiro s'est mis à brûler les avis d'imposition placardés sur les places des villages traversés. Dans ces conditions, la jeune République décide d'écraser le mouvement, mais il ne faudra pas moins de quatre expéditions pour venir à bout de la citadelle de terre battue.
La guerre de la fin du monde est un prodigieux roman, offrant une description saisissante de la société nordestine. Après avoir dressé les portraits savoureux des disciples de Conselheiro (vaqueiros anonymes, orphelins, cangaceiros repentis, prostituées...), il relate avec méticulosité la genèse, l'ascension et la destruction de Canudos. L'auteur alterne les récits parrallèles adoptant tour à tour des points de vue antinomyques (les insurgés, les militaires, un journaliste chargé de couvrir l'évènement). Ce dernier ressemble à s'y méprendre à Euclides da Cunha, principale source d'inspiration de Vargas Llosa et auteur d'un des classique des la littérature brésilienne, "Hautes Terres".

- Euclides da Cunha: "Hautes terres", (voir un excellent compte rendu de l'ouvrage).
A propos de ce classique, Gilles Lapouge écrivait dans Le Monde du 26 mars 1993. "Euclides Da Cunha a écrit un livre baroque et lumineux, qui captive et étonne tour à tour, qui hésite entre la bêtise et le génie. Républicain farouche, raide et dédaigneux, homme d'ordre et de progrès, amoureux des mathématiques, imbu enfin de la supériorité des races aryennes, il déteste les habitants du Sertao et les disciples de Conselheiro. Il vomit les nègres et les Indiens, mais plus encore les mélangés. Mais, au moment même où il raconte l'épopée de Canudos, il découvre la beauté des métis. Il admire leur habileté, leur générosité, leur dignité, leur gloire et leur belle espérance. Une violente métamorphose s'accomplit: son chant de haine devient un chant d'amour pour ceux qu'il croyait mépriser.
A l'inverse, les soldats de la République, qui avaient d'abord toutes ses faveurs, sont des infâmes. Da Cunha est écoeuré par la nullité et la cruauté des officiers blancs, et même par la vanié de ce combat douteux. "Cette guerre fut un crime", finit-il par avouer d'une voix désepérée. Le livre prend alors l'accent d'un Te Deum, tendre et ému, à la gloire des humiliés et des offensés. Le philosophe verbeux qu'était Da Cunha a été vaincu par le poète qu'il contenait au fond de lui et ce poète est immense. Le long récit de la guerre de Canudos est beau comme Jérôme Bosch, beau comme Goya."
- La très grande attention que les cangaceiros apportent à leur apparence vestimentaire, leurs algarades incessantes au coeur du sertão, ne pouvaient qu'inspirer les dessinateurs.
Ainsi, dans deux albums différents, Hugo Pratt met à l'honneur les bandits. L’Homme du Sertão revient sur l'agonie de la bande de Corisco. Sa vision est fortement inspirée de la mystique qui entoure les cangaceiros.
Dans Sous le signe du Capricorne, c'est Corto Maltese qui croise la route d'un cangaceiro, un certain "Tir fixe". (voir l'analyse qu'en donne Pif le chien).

* Cinéma.
Le fim Cangaceiro que ? réalise en 1953 s'inspire du personnage de Lampiao dont il narre l'épopée au cours des années 1930. Virgulino y est dépeint sou les traits d'un chef cruel et tyrannique, mais dont l'attitude est mue par son rejet de toutes les injustices. Les rivalités au sein du cangaços sont esquissées pusique le principal bras droit de Lampiao se sacrifie pour sauver une jeune femme dont il s'est épris.
Présenté au festival de Cannes, le film est salué par la critique. Sa bande sonore marque particulièrement les esprit et contribue à populariser "Mulher rendeira" hors de son pays d'origine. Le titre, repris par nombreux interprètes s'impose alors comme un véritable standard.
Figure tutélaire du cinéma novo, le réalisateur Glauber Rocha met en scène la révolte des déshérités, les bandits d'honneur, la cruauté sensuelles. Son oeuvre doit aussi être replacée dans le contexte d'affirmation du tiers-monde. Rocha théorise l'"esthétique de la faim". Deux de ses films, Le Dieu noir et le diable blond (1964), Antonio das mortes (1969) s'intéressent directement aux cangaceiros.
"Le Dieu noir et le diable blond." Ce film symbolise la naissance du cinema novo brésilien. Un couple de paysans croise la route de Sebastian (le "prophète", le dieu noir), puis celle du cangaceiro Corisco, le diable blond qui, dans sa rage, tue les pauvres pour qu'ils ne meurent pas de faim. Apparition du tueur à gages Antonio das Mortes qui sera le héros du troisième film de Rocha.Fable de fer et de sang dont la morale est chantée par un aveugle : "La terre est à l'homme, non à Dieu et au diable."
Dans Antonios das Mortes, le tueur de cangaceiros débarque dans un village pour exécuter une mission. Le réalisateur livre sa vision terrible de son pays, partagé entre mysticisme et corruption dans cette sorte de western brésilien
* Musique.
- De nombreuses chansons populaires, en particulier celles de capueira, prennent pour sujet les cangaceiros. Ainsi le collectif de percussionnistes bahianais d'Olodum consacre le puissant Revolta, célébration de quelques unes des grandes figures tutélaires du Nordeste (Zumbi, leader du Qilombo de Palmares, Antonio le Conseiller, Lampião).
- A tous ceux qui s'intéresse à la musique brésilienne en général, et nordestine en particulier, nous ne saurions trop conseiller la fréquentation des blogs de Boebis: la berceuse électrique et Bonjour Samba. Le premier est consacré aux musiques du monde, sud-américaines notamment, et permet de grandes découvertes, tout comme le second qui propose "chaque matin, un morceau de musique brésilienne". L'éclectisme et la qualité y sont de mises avec des classiques MPB, vieilles sambas, rap paulista...
Enfin, pour une présentation érudite de la Musique brésilienne derrière les clichés, c'est par là et c'est toujours Boebis qui nous sert de guide. Merci à lui.
Sélections de liens:
- Afro-sambas permet une plongée approfondie au coeur des musiques du Brésil.
- Enfin, une sélection, forcément suggestive mais tout de même très recommandable, des 200 meilleurs albums de musique populaire brésilienne.
- Accordéon et accordéonistes (excellent blog Mondomix) "Forro, la musique des 'vaqueiros' du Nordeste du Brésil."
"Searching For Sugar Man" un documentaire de M. Bendjelloul.

The wandering spirit of Detroit.
Detroit, entre aujourd’hui et hier. La brumeuse métropole de l’automobile triomphante, la capitale du travail à la chaine, l’antre des Big 3 (Ford, Chrysler et General Motors) n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle qui s’était enflammée aux rythmes de la Northern Soul, à jamais associée au label Motown, est devenue une cité fantôme anéantie par le chômage, la pauvreté, et la crise immobilière.
Il y a pourtant un brasero qui brûle encore dans une de ces bicoques à moitié bancales, une guitare et une voix qui entonne ces quelques rimes :
Sugar Man, won’t you hurry 'Cos I'm tired of these scenes For a blue coin won't you bring back All those colours to my dreams Silver magic ships you carry Jumpers, coke, sweet Mary Jane Ce que l’on entend a l’intensité et la noirceur d’un titre de Johnny Cash, la rondeur des productions soul de chez Motown. Caffey et Théodore, deux producteurs dont le carnet de bal ferait pâlir n’importe quelle lycéenne en route pour la soirée de fin d’année, racontent l’histoire de leur rencontre avec l’auteur interprète de « Sugar Man » en 1969. Dans le fond d’un bar enfumé baptisé « the sewer », près du fleuve, dans ces quartiers ouvriers peuplés de travailleurs du bâtiment ou de l’automobile qui oublient là leur dure journée de travail. Pour eux, c’est la révélation : ce type est plus fort que Dylan, aucun superlatif n’est assez fort pour dire ce qu’ils ont ressenti dès la 1ère écoute. C’est signé pour un album, « Cold Fact ». Un deuxième suivra « Coming From Reality ». La force et le génie de leur auteur, nous disent-ils, réside dans son authenticité bien supérieure à celle des chanteurs engagés des 70’s. L’écouter est une expérience quasi religieuse qui vous fait immédiatement plonger dans la réalité sociale de la ville. Il est l’inlassable arpenteur des rues de Detroit dont il a su capter l’âme en déambulant dans ses bars, ses terrains vagues, à la sorties des usines. L’homme partage le sort de ses habitants qu’ils soient manœuvres, ouvriers aux mains calleuses ou employés des chaines de montage. Il en couche sur le papier la vie ordinaire qu’il réenchante à l’aide de quelques accords de guitare. Ce « wandering spirit of Detroit » s’appelle Rodriguez. Ces deux albums ont été des échecs cuisants, ils n’ont eu aucun succès aux Etats Unis, Rodriguez est un nobody des charts, il n’a laissé qu’un trou noir dans l’univers de la musique. On dit qu’il s’est immolé par le feu sur scène de dépit suite à un concert raté et une carrière qui n’a jamais décollé. D’autres prétendent qu’il a préféré sortir une arme et se faire sauter la cervelle devant son public. Une 3ème version évoque l’overdose. Rodriguez laisse derrière lui deux albums, des éloges, des larmes et un grand mystère pour ceux qui ont cru pouvoir le lancer sur la route du succès. Restent de lui ce patronyme qui l’identifie comme mexicain et quelques photos floues. On en sait finalement si peu.
Music is a weapon. Cape town, Afrique du Sud. Au volant de sa voiture, Sugarman suit la route qui serpente le long de la côte. Etrange surnom pour un disquaire qui vit à l’autre bout de la terre, sous un climat beaucoup plus clément que celui de Detroit. Lui aussi veut nous parler de Rodriguez dont il a écouté et dupliqué les vinyles et dont il diffuse maintenant les cd. Nous sommes renvoyés dans les années 80. L’apartheid n’a jamais été aussi étouffant, et l’Afrique du Sud aussi isolée. P. Botha peut bien faire preuve d’autoritarisme à la tv, rayer les noires galettes gravées de musiques et surtout de textes subversifs pour en empêcher l’écoute, son mode de gouvernement raciste, ségrégationniste et meurtrier est dans l’impasse. Boycotts, manifestations, affrontements le prouvent. Des stades aux ambassades, l’apartheid se heurte à un mur de plus en plus épais et condamne l’Afrique du sud à l’enfermement. Au hasard d’un voyage des Etats Unis vers l’Afrique du Sud, le disque de Rodriguez arrive en terre d’apartheid. Les jeunes afrikaners sont subjugués par le pouvoir de contestation qui émane des textes, par la liberté de ton et de choix des sujets qui abordent la drogue ou le sexe, et la malhonnêteté des politiciens. Le disque est dupliqué, diffusé clandestinement. Il circule dans les milieux de la musique (disquaires et groupes amateurs qui jouent sur les campus s’en emparent). Une jeunesse désespérée par un projet politique qui ne leur offrant d’autre perspective que la haine se saisit des chansons de Sixto Rodriguez comme d’une arme, y puise la force de s’opposer à l’oppression. Rodriguez est alors plus célèbre que les Stones ! Lorsque l’apartheid disparait, l’œuvre de Sixto Rodriguez peut enfin être librement éditée. On est alors entré dans l’air du CD et notre disquaire Sugarman (de son vrai nom S. Segerman) écrit un petit texte pour le livret d’accompagnement de l’album « Cold Fact ». Il se rend alors compte qu’il ne sait rien de Rodriguez (même pas son prénom les crédits des chansons en mentionnant 3 différents). Craig Bartholomew-Strydom journaliste local qui se sent une âme de détective, l’aide à ouvrir un site internet et, tous deux se lancent à la recherche de l’auteur de Sugarman. On est au début de nos surprises… Working class hero. La suite du documentaire n’est pas sans évoquer Cendrillon. Sixto Rodriguez est vivant, sa fille l’atteste par un message sur le site internet de nos deux enquêteurs sud africains. Rencontre, découverte pudique du musicien père de 3 filles qui confirment son identité, départ pour l’Afrique du Sud, limousines à la descente de l’avion, concerts à guichets fermés devant des foules nombreuses, galvanisées, dont les visages expriment une béatitude totale. La citrouille s’est transformée en carrosse, on a trouvé à qui appartenait la pantoufle de vair. On en resterait là que cet émouvant et sincère travail relèverait de la mise en image d’un conte de fée sur fond de contexte politique et historique tendu. Ce ne serait d’ailleurs pas déshonorant, loin de là. Certains trouveront sans doute de quoi ironiser sur les turpitudes ridicules et la vanité de l’industrie musicale actuelle qui arrive à refourguer massivement et à bon prix des compositions formatées, aussi inanimées musicalement qu’aseptisées politiquement, tout en se plaignant du téléchargement illégal. Le documentaire, en creux, nous permet d’y réfléchir. D’autres vont frémir à l’idée que Sixto Rodriguez, désormais sous le feu des projecteurs, se retrouve subitement happé par la bête, devenant la proie d’une industrie musicale qui l’a spolié des fruits de son succès sud africain mais qui pourrait voir en lui, le storytelling fabuleux de son récent parcours aidant, la prochaine poule aux œufs d’or. C’est légitime. D’aucuns, à l’instar de Libération (1) dont il est toujours plaisant de noter les grandes préoccupations artistiques, vont aussi déplorer sur un ton acide que le documentaire ne pose pas les questions irrévérencieuses dont le quotidien français se serait sans aucun doute saisit : où sont passés les droits d’auteur de Sixto Rodriguez liés aux ventes sud africaines ? Il serait temps de s’en préoccuper non ? There’s no business like Show business. Pourtant, tout ceci peut être rapidement balayé d’un revers de la main. En effet, hormis la découverte musicale que constituent les superbes compositions de Sixto Rodriguez, c’est surtout lui, qui illumine le film. Pas grâce aux paillettes de ses costumes de scène, pas du clinquant des robinets en or de sa maison, et encore moins du reflet des pare chocs rutilants de sa voiture ; pas plus par son verbe d’ailleurs qui reste hésitant, discret, simple. Sixto Rodriguez vit dans une maison vétuste et inconfortable de Détroit, dans un quartier fantôme battu par les vents. Son bien le plus cher (en valeur monétaire autant qu’affective) est une guitare. Emmitouflé dans son manteau il peine à marcher dans les rues enneigées. Ombre qui déambule dans une ville fantomatique il est pour ses voisins un homme simple, de labeur, apprécié des maçons et travailleurs du bâtiment du quartier à qui il inspire respect et sympathie, admiré par ses filles pour son humilité, sa générosité, son abnégation dans le travail. Ce que le récent succès lui a apporté, il le redistribue. Son mode de vie frugal est resté aussi intact que son altruisme. S’il a rencontré tardivement le succès, il a déjoué tous les attendus du monde de l’industrie musicale. Il est resté cet âme errante de Detroit, porte parole des sans noms et des sans grades, et surtout l’un des leurs. Un working class hero, dont l’intégrité et l’humanité alimentent une création artistique troublante d’intensité. Une braise toujours incandescente dans une ville à l'agonie. Je dois remercier Olivier F. de m'avoir signalé ce documentaire qui lui a autant plus que moi et Laurence DC qui m'a persuadée d'aller user quelques kleenex dans une salle obscure. Notes : (1) Lire l'article du supplément Next du journal.
"Lorsque ma part algérienne s'exprime dans le micro de la vie"

Médine dans les rues d'Alger tel qu'il apparaît dans le clip
L'année 2012 a vu fleurir les publications et commémorations d'une guerre aux noms différents selon le regard porté : simples "évènements" ou "guerre sans nom" pour les uns, "guerre de libération nationale" ou "d'indépendance", "révolution", "jihad", "guerre d'indépendance des Algériens" pour les autres ou simplement "guerre d'Algérie". Nous avons voulu revisiter certains évènements de cette guerre tout en réfléchissant aux différentes mémoires qu'elles a engendrées.
Sur l'histgeobox, nous vous proposons de mener cette réflexion en suivant pas à pas le rappeur Médine.
L'Algérie et ses mémoires, de l'époque coloniale à la Guerre (1830-1962)


[Timbre français de l'époque coloniale et timbre algérien de 1995 commémorant les massacres de Sétif et Guelma, 8 mai 1945]
En cette année 2012, les Algériens, les Français et ceux dont l'histoire personnelle ou familiale est liée à l'histoire commune de l'Algérie et de la France se rappellent que la Guerre douloureuse qui a séparé les deux pays s'est achevée il y a 50 ans, en 1962.
Au programme d'histoire en Troisième et en Première, la colonisation de l'Algérie et la Guerre font depuis cette année l'objet d'une étude en Terminale intitulée "l’historien et les mémoires de la guerre d’Algérie". Il s'agit d'étudier l'historiographie de la Guerre en évoquant les différentes mémoires, souvent conflictuelles, qui sont apparues avant même la fin de celle-ci.
Pour aborder ces différents aspects, l'équipe de Samarra et de l'histgeobox a choisi d'utiliser, comme à son habitude, la musique et la BD :
- Slimane Azem: “Ffegh ay ajrad tamurt iw” (1955) Dans ce chant en kabyle, Slimane Azem choisit d'évoquer, un peu à la manière de La Fontaine, la question de la spoliation des terres par le colonisateur français.
- Serge Lama "L'Algérie" pour évoquer la mémoire des appelés
- Enrico Macias, "Mon beau pays" pour évoquer la mémoire des pieds-noirs
- Une chanson de Jean-Pax Méfret pour évoquer la mémoire des "ultras" de l'Algérie française
- Médine, "Alger pleure" sur les mémoires croisées de part et d'autre de la Méditerranée
- L'hymne algérien ("Kassaman", قَسَمًا) enfin pour aborder la mémoire officielle algérienne
Nous vous invitons par ailleurs à retrouver tous nos autres articles sur ce thème sur nos différents blogs :
- "L'abus de pouvoir" dans l'Algérie coloniale : entretien avec Didier Guignard
- 13 mai 1958 : coup de force gaulliste ? Un entretien avec l'historien Jérôme Pozzi sur les interprétations des évènements du 13 mai 1958 à Alger.
- 17 octobre 1961 : 50 ans déjà. Entretien avec Peggy Derder
- Retour sur le 17 octobre 1961 avec le rappeur Médine
- "Dans l'ombre de Charonne", un magnifique éclairage sur le 8 février 1962 (BD)
- "Dans l'ombre de Charonne" ou les lumières d'une restitution graphique. Entretien avec Désirée et Alain Frappier.
- "Retour à Saint Laurent des Arabes" de D. Blancou : un éclairage bienvenu sur un aspect méconnu de la guerre d'Algérie. (BD)
- "Des problèmes de mémoire" Une réflexion du rappeur Rocé sur les rapports entre mémoire officielle et histoire. Il y évoque entre autres, lui le fils d'une Algérienne et d'un Juif d'Europe centrale, la question de la Guerre d'Algérie.

- La colonisation et la Guerre d'Algérie en BD (1) : Carnets d'Orient de Ferrandez Un entretien vidéo avec Jacques Ferrandez
- La Guerre d'Algérie en BD (2) Tahya El-Djazaïr de Galandon et A. Dan
- La Guerre d'Algérie en BD (3) Entretien avec J. Howell
- La Guerre d'Algérie en BD (4) Là-Bas
- Entretien avec l'écrivain algérien Yasmina Khadra à propos de son roman Ce que le jour doit à la nuit
- Détournement d'hymnes 2: Lounès Matoub et un Portrait de Matoub Lounès
- Histoire de l'Algérie coloniale Compte-rendu de l'ouvrage de Benjamin Stora
- Un blog où sont publiés depuis plusieurs années des travaux d'élèves Tunisiens, Algériens et Français (Remiremont et Epinal) autour de l'histoire commune du Maghreb et de la France : Une histoire commune ?
Chansons et histoire: quelques ressources sur la toile
- En premier lieu, les conditions et le contexte d'élaboration, de diffusion, de réception d'un morceau s'avèrent particulièrement instructifs.
Exemples: les chansons Bou Dou Ba Da Bouh, Nénufar, la Tonkinoise nous en apprennent beaucoup sur le regard (tour à tour condescendant, paternaliste et concupiscent) que beaucoup d'Européens portent dans l'entre-deux-guerres sur les populations colonisées.
- En outre, la chanson représente un outil de légitimation, de propagande pour les pouvoirs en place. A l'inverse, elle incarne également bien souvent une puissante forme de contestation. Ainsi, "Maréchal nous voilà", hymne quasi-officiel du régime de Vichy s'inscrit dans la première catégorie, au moment ou Pierre Dac s'emploie sur la BBC à ridiculiser la propagande de l'Etat français. Il s'avère donc très intéressant de décrypter ces messages.
- D'autre part, les thèmes abordées dans certains morceaux servent de prétexte à leur étude. Dernièrement "le papier d'Arménie" du chanteur RWan, évocation sensible du génocide, permet d'aborder ces massacres d'une manière originale. Autre exemple, "la tondue" de Brassens, qui focalise l'attention sur la tonte des femmes accusées de "collaboration horizontale" à la Libération.
- Enfin, certains chants s'imposent même parfois comme des objets historiques à proprement parler (l'Internationale, la Marseillaise, les Freedom songs). Leur interprétation lors des manifestations ou des épisodes révolutionnaires galvanise les protagonistes. Entonnés en chœur, ils permettent de souder les troupes et parfois d'oublier la peur.

Les manifestants entonnant des freedom songs lors de la marche sur Washington le 28 août 1963.
Un passage de l'autobiographie de Martin Luther King s'avère à cet égard particulièrement édifiant:
" Une importante partie des réunions populaires était consacrée aux chants de libération [freedom songs]. Dans un certain sens, ces hymnes à la liberté sont l'âme du mouvement [des droits civiques]. Ils représentent autre chose que des incantations, ce ne sont pas seulement des formules intelligentes destinées à animer une campagne; ils sont aussi vieux que l'histoire du Noir en Amérique. Ce sont des adaptations de chansons que chantaient les esclaves: manifestations de chagrin, cris de joie, appels au combat, ou hymnes propres à notre mouvement. J'ai entendu des gens parler doctement de leur tempo et de leur rythme, mais pour nous, membres du mouvement, c'est leurs paroles qui nous inspirent. Quand je me dis "Woke up this morning with my mind stayed on freedom" -"Me suis réveillé ce matin avec mon esprit habité par la liberté" - c'est un vers qui n'a pas besoin de musique pour dire ce qu'il veut dire. Nous chantons es chants de libération pour les mêmes raisons que les esclaves les chantaient, parce que nous sommes enchaînés, nous aussi, et que ces chants ajoutent une note d'espoir à notre détermination et à notre conviction selon laquelle "We shall overcome, Black and White together, we shall overcome someday" ("nous l"emporterons, Noirs et Blancs ensemble, nous l'emporterons un jour"). Ces chants nous ont soudés les uns aux autres, ils nous ont donné du courage à tous, ensemble, ils nous ont incités à marcher ensemble. Ainsi, nous avons senti que nous pourrions aller au-devant de n'importe quelle Gestapo."
- Loca virosque cano qui a pour ambition de présenter des chansons qui évoquent, directement ou non, différents lieux dans le monde.
- Les hymnes ont une histoire.
- Enfin une google maps permet de répertorier et de localiser les différents morceaux présentés sur le blog.
Mentionnons d'abord deux très bons sites amis et complémentaires, tenus par des profs d'histoire-géo:

1 Le blog hgfun - Histoire, géo et musique en ligne.
Eric Rulier, son créateur, considère sur la page d'accueil que "L'histoire-géo au lycée, c'est un moyen de comprendre le monde qui nous entoure mais c'est parfois un peu lourd... pourtant c'est stratégique et quasi obligatoire pour le bac !
Pourquoi ne pas mettre tout ça en musique et profiter des ressources des sites de vidéos en ligne pour sortir du livre de classe et découvrir le programme à ingurgiter autrement. Demander un coup de main à Victor Jara, à Rammstein, à Asian Dub Foundation, et faire de l'histoire d'une façon originale, voilà un des buts de ce blog." Allez y faire un tour, vous ne serez pas déçus.
2 Les "chansons de la semaine", sélectionnées et décortiquées par les enseignants du lycée Vincent d'Indy (en particulier Jean-Pierre Trescol) constituent une autre ressource formidable, qu'il serait dommage d'ignorer. Laissons Jean-Pierre Trescol, cheville ouvrière de cette chronique, nous la présenter:
"Depuis novembre 2010, la chronique « la chanson de la semaine », hébergée sur le site du lycée Vincent d’Indy de Privas en Ardèche, présente chaque semaine une chanson en lien avec les programmes d’Histoire et de Géographie du lycée.
Sans doute à l’origine, quelques tentatives hasardeuses de chant collectif en classe, ont pu montrer la voie d’une autre approche de l’Histoire.
Dans le bombardement visuel et sonore dans lequel nous vivons, prendre le temps d’écouter une chanson, de retrouver ses paroles, de rechercher sa signification, son contexte, découvrir un auteur, un style, se représenter un espace sans s’interdire aucune époque, aucun style, aucun espace.
Créer sans cesse des liens entre la grande Histoire, les énoncés de programme parfois arides, les représentations souvent réductrices et l’immense richesse du patrimoine chanté, savant ou populaire, réaliste ou poétique, spontané ou réfléchi, tel est l’objectif de cette chronique.
Avec l’espoir de voir les regards disciplinaires se croiser le temps d’une chanson et d’amener les élèves à intervenir eux mêmes sur cet outil."
L'index des chansons chroniquées à ce jour est disponible ici. Là encore, l'éclectisme est de mise et les morceaux retenus vont du metal à la chanson à texte, en passant par l'afro beat.
* Pour compléter, citons deux belles ressources accessibles sur le net.
1. Le site Hall de la chanson s'articule autour de plusieurs thématiques.
- Les routes de la chanson
. = Une visite-découverte des salles de Paris en ligne avec documents d’archives sonores, iconographiques, audiovisuelles ; biographies et visite guidée par des historiens et des artistes… Le visiteur part à la découverte des artistes et des œuvres emblématiques de la culture musicale parisienne de cabaret, de music-hall, de théâtre musical depuis le XIXème siècle jusqu’à nos jours.
- On ne connait pas la chanson
. = "Anthologie de 200 chansons du Moyen- âge à nos jours, initiée en partenariat avec l’Education nationale, avec extraits audio de 30 secondes et extraits des paroles, le site est agrémenté de nombreuses illustrations et de notices biographiques (auteurs, compositeurs, interprètes)."
- En mai, chantons ce qu'il nous plaît.
= "Un site dossier sur mai 68 à travers l'histoire et la chanson, préparé par le Hall de la Chanson, en partenariat avec l'INA, l'exposition Bande son Mai 68 de la Mairie du 18e de Paris et le Centre d'Animation Abbesses."
- Du temps des cerises aux feuilles mortes. La chanson française de la fin du Second Empire aux années 1950. "Ce site est né du désir de son fondateur de faire connaître la chanson française, ses interprètes, sa petite histoire et surtout de mettre à la disposition d’un large public une partie de sa collection augmentée chemin faisant de celles de nombreux lecteurs qui ont eu la bonne idée de partager leurs trésors ou connaissances…"
2. Paris en chansons: les site de l'exposition (visible jusqu'au 29 juillet 2012) à la galerie des bibliothèques de la ville de Paris. La carte interactive est particulièrement réussie, pour la voir cliquez sur l'image ci-dessous. (dénichée par Vero, merci)
* Les réseaux sociaux en pleine expansion offrent également de nouvelles possibilités à tous ceux qui s'intéressent aux relations fructueuses entretenues par Euterpe et Clio. Les quatre groupes Facebook - dont les liens se trouvent ci-dessous- pilotés par Etienne Augris, Véronique Servat et Laurent Gayme en attestent:
Pour Véronique qui s'occupe plus particulièrement du groupe rock-pop, "c'est une page à l'esprit collaboratif. En fonction de l'actualité un thème est proposé généralement le lundi soir et les contributeurs de la page postent des vidéos, photos, liens qui s'y rattachent relatifs à des artistes ou groupes de rock et de pop. (...). Il est à signaler que la nouvelle interface facebook est très handicapante pour ce type de pages." Etienne Augris, grans manitou du groupe rap & hip-hop poursuit: "Explorer l'histoire et la géographie d'un genre musical en abordant des thèmes, des périodes, des lieux ou des artistes, cela permet également de se plonger, au-delà de la musique, dans l'histoire et la géographie en général. Le principe est simple, chacun peut proposer des sons, donner des informations en lien avec le thème du moment et commenter les choix des autres."
ROCK&POP-HISTOIRE-GÉOGRAPHIE
* Enfin, pour terminer, nous vous invitons chaudement à jeter une oreille aux choix musicaux pointus et éclairés de deux camarades hyperactifs:
- Sur sa Passerelle, Emmanuel Grange fait régulièrement partager ses coups de coeur musicaux dans sa rubrique jukebox.
- Pierre Raingeard consacre de nombreux posts à a musique sur son blog l'Astrolabe dont nous vous recommandons aussi l'astromix ou encore le P'tit Bazar Electro. Ce groupe facebook très actif doit son nom à "une émission cultissime du début des années 2000, diffusée sur Sun FM. (...) Aujourd'hui le P'tit Bazar revit sur Facebool. Son principe de base est siumple: un gigantesque kholkhoze musical libertaire (mise en commun de nos envies, goûts, passions, découvertes musicales sans limites et sans contrainte)."

Sources et contacts:
- Martin Luther King: "Autobiographie", textes réunis par Clayborne Carson, Bayard, 2008.
- Big up à Dame Servat et à Messieurs Augris, Gayme, Grange, Raingeard, Rulier et Trescol. Merci pour leur collaboration.
- Un grand merci à Jean-Pierre Meyniac pour sa veille documentaire toujours vigilante.
- Le scoop it "chansons et histoire" propose une sélection de liens actualisés.
- Enfin, vous pouvez nous suivre sur twitter (samarrablog ou bricabraque).
A lire sur l'histgeobox: printemps 2012.

Cartographie musicale de la planète 2.
Pour compléter un premier post consacré aux "cartes musicales de la planète". Voici quatre nouvelles cartes collaboratives:
*Télérama.fr est à l'origine de deux initiatives intéressantes:
1. La carte de France en chansons:
"Un coin de rue, un monument ou tout simplement une ville : on connaît tous une chanson qui raconte ou simplement mentionne un lieu. Dutronc, NTM, Nougaro, Zebda et de nombreux autres ont chanté leur région d'origine. Et si on les répertoriait ?" [passage tiré du site du magazine]
Une carte collaborative proposée par Télérama.fr. La carte de France des chansons
2. Mondo Sono- Télérama.fr
Afficher Mondo Sono - Télérama.fr sur une carte plus grande
* Enfin, en parallèle à l'histgeobox (dont la carte est consultable ici), nous nous avons inauguré une nouvelle rubrique intitulée Loca virosque cano. Nous vous y présentons des titres évoquant directement ou non, différents lieux dans le monde.
Afficher Loca virosque cano sur une carte plus grande
Déjà sur l'histgeobox :
- The Beatles : "Penny Lane" et "Strawberry Fields" (1967) pour Liverpool (Royaume-Uni) : par vservat
- Gilbert Bécaud : "Nathalie" (1964), la Place Rouge à Moscou par Aug
- David Bowie : "Heroes" (1977) pour Berlin (Allemagne) : par vservat
- Jay-Z (Feat. Alicia Keys) : "Empire State of Mind" (2009) pour New York (NY-Etats-Unis) par Aug
- U2 : "Where the streets have no name" (1987) pour Belfast (Irlande du Nord) par vservat
- Bruce Springsteen, "American Land", (2006), pour Ellis Island, (NY-Etats-Unis) par vservat
- The Clash, "Guns Of Brixton" (1979), pour Brixton (Londres, Royaume-Uni) par vservat.
- U2 : "Zoo Station" (1991) pour Berlin, Allemagne, par vservat.
- Jacques Douai : "Au port du Havre" (1978), pour le Havre, France, par vservat.
- Anis: "Cergy", pour Cergy (95), France, par Blot.
* Sans lien cette fois avec la musique, Pierre Sérisier propose sur son blog une carte des séries américaines.
"Où se passent vos séries favorites ? Dans les grandes villes pour la plupart. Avec une sur-représentation de Los Angeles et de New York, bien que depuis quelques années Chicago et Miami semblent attirer les scénaristes. Bien sûr, les fictions ne sont pas tournées in situ, mais il est intéressant de voir le choix des localités." [tiré du blog de PS]
Afficher La carte des séries américaines sur une carte plus grande
Une carte des séries américaines proposée par Pierre Sérisier sur son blog.





08.03.13 18:35:46, 
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