Catégorie: Podcasts
Les présidents de la République en chansons.
Zebda:"Le bruit et l'odeur". A partir de la sortie raciste de Jacques Chirac (pas encore président à l'époque), Zebda s'interroge sur la place des populations immigrées dans la France actuelle.
L'hommage de Bécaud à de Gaulle: "Tu le regretteras" (ou pas).
* Sur France Info, dans le cadre de son émission "Ces chansons qui font l'histoire, Bertrand Dicale consacre une série de chroniques intitulée la chanson du président. Les trois premiers présidents de la Vème ont déjà eu droit à leur épisode:
- de Gaulle (1958-1969).
- Pompidou (1969-1974).
- Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981).
Quelques liens intéressants sur les usages de la musique et des chansons par les candidats:
- "Chansons de campagne" sur les présidentielles passées.
- 30 ans de chansons de campagne. Amis mélomanes fuyez, sauf si vous avez envie de vous détendre avec par exemple, le détournement d'une chansons de Kamaro [qui a des nouvelles?] vantant les mérites de Bayrou qui vaut son pesant de cachuètes.
Sur le site de la Nouvelle République:
- Rétrospective des chansons de campagne.
- Des musiques de meeting aux clivages prononcés.
- Fluctuat.net: "Quels morceaux pour quels messages? La playlist de Sarkozy vs celle de Hollande."
* Le blog A la recherche des sons perdus propose une sélection de titres pour les différentes personnlaités politiques qui se présentent en avril/mai 2012 à la candidature suprême:

Nicolas Sarkozy, l’Homme Pressé
François Hollande, Alone Together
François Bayrou, Béarn to Be Wild
Jean-Luc Mélenchon, A Tsar is Born
* Le 26 mars, Hondelatte présente un divertissement intitulé "les Présidentielles en chansons" sur France 3.
L'année politique s'avère également très chargée aux Etats-Unis, terminons donc par deux liens sur les choix musicaux des candidats:
* Les choix musicaux des candidats à l'élection présidentielle américaine.
* La playlist d'Obama sur Spotify.
Les indépendances africaines: internet, radio, TV.
* Des podcast et émissions de radio:
- L'émission "archives d'Afrique" présentée par Alain Foka sur RFI s'intéresse à l'histoire contemporaine de l'Afrique à travers ses grands hommes: Mamadou Dia, Amilcar Cabral, Modibo Keïta.
- "50 ans 50 émissions" consacrées aux indépendances africaines sur Africa N°1.
* Page web que France Inter consacre à l'événement. On y trouve d'anciennes émissions de la radio consacrées à l'histoire de l'Afrique contemporaine ("Afrique enchantée", "et pourtant elle tourne", "2000 ans d'histoire").
* Des émissions TV:
France Télévision, jusque là très discrète en cette année de commémoration des indépendances africaines, propose à partir du dimanche 10 octobre, une série de documentaires intitulée "Afrique(s), une autre histoire du XXe siècle." Réalisés par Alain Ferrari et Jean-Baptiste Péretié, ils ont été écrit avec Elilikia M'Bokolo et Philippe Sainteny, éminents spécialistes de l'histoire de l'Afrique contemporaine. A voir sur France 5 tous les dimanches en prime time pendant 4 semaines.
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- UNE AUTRE HISTOIRE DU 20E SIECLE : Episode 1 (1885 - 1944) LE CREPUSCULE DE L'HOMME BLANC Dimanche 10 Octobre 2010 à 20:36
- Episode 2 : L’Ouragan africain (1945-1964).
- Episode 3 : Les Aventures chaotiques de la démocratie (1964-1989).
- Episode 4 : La Longue Marche vers l’unité (1989-2010).
Présntation ici
- Des débats sur la chaîne France 24: "Afrique, le défi démocratique"/ "France-Afrique, que reste-t-il de nos amours?" ...
* Des sites web consacrés aux 50 ans d'indépendances:
- Dossier complet du CNDP.
- Le Monde.fr: Diaporama animé sur l'histoire de la décolonisation française.
- Sur France 24 (à compléter avec le site Facebook).
-RFI: "il y a 50 ans les indépendances".
- Sur la section Toulon de la LDH: "cinquantenaire des indépendances : y a-t-il vraiment quoi que ce soit à commémorer ?"
- "Cinquante ans de décolonisation africaine" par Achille Mbembe que le site du quotidien Le Messager.
- Un site de l'ONU dédié à la décolonisation.
* Musiques et indépendances africaines.
Pour les lecteurs de Mediapart: "Afrique: la bande-son des indépendances".
- Un dossier passionnant sur le site de RFI.
Un monde de Rap (1-II) Royaume-Uni

Article à lire, voir et écouter en cliquant sur le lecteur ci-dessous ou en podcast. Playlist complète, carte, sources et liens à la fin.
Retrouvez la première partie sur les années 1980 et 1990 en cliquant ici.
- De Roots Manuva à Dizzee Rascal
J'ai terminé la première partie de la présentation de la scène rap britannique par Roots Manuva qui émerge à la fin des années 1990. Entamons cette deuxième partie sur les années 2000 par le même Roots Manuva puisqu'il est toujours, en ce début de deuxième décennie du XXIème siècle, l'une des locomotives du rap made in UK. Je vous fait écouter deux extraits de titres issus de son dernier album Slime & Reason, sorti en 2008. Observez-le d'abord dans "Again and Again" jouer une partie de cricket très originale puis dans le mystique et magnifique "Let The Spirit".

L'autre tête d'affiche du rap britannique, c'est donc Dizzee Rascal. S'il vit aujourd'hui dans la douce quiétude de la campagne anglaise au coeur du Kent, il a grandi à Bow, au nord-ouest de Londres. Son père est Nigérian et sa mère Ghanéenne.
A 19 ans en 2003, il a obtenu le Mercury Prize (prix annuel décerné depuis 1992 au meilleur album britannique ou irlandais) pour Boy in Da Corner, une première pour un rappeur. Il a depuis enchainé trois autres albums et autant de succès jusqu'à Tongue N' Cheek sorti en 2009. Son tube le plus connu, c'est "Bonkers" c'est-à-dire cinglé... "Certains pensent que je suis cinglé mais je suis juste libre !"
- Le "Grime", émergence du style UK ?
Dizzee Rascal est souvent annoncé comme le meilleur représentant du style "grime" c'est-à-dire "sale". Sale par l'univers décrit par les MC, par la rythmique plutôt violente inspirée du dancehall jamaïcain, par la rapidité du flow, les phrases courtes, les mots répétés. Mais le grime c'est aussi une décomplexion à rapper sans dissimuler son accent, le langage et les sujets de tous les jours. C'est le moment décisif où les rappeurs vont cesser d'imiter le rap américain. Wiley est sans doute celui qui marque la rupture, il est le "parrain" du grime. Le grime se développe donc à la fin des années 1990, au sein d'une riche scène underground (entre rave, jungle et style garage) dans le quartier de Bow au Nord-Est de Londres. C'est l'épicentre du MCing britannique.

Dizzee Rascal est celui qui va faire émerger cette scène au grand jour. Il fait alors partie d'un collectif créé en 2002 : Roll Deep. Ce collectif compte également Wiley (Photo ci-contre) et Tinchy Stryder. Si Roll Deep continue son chemin sous l'impulsion de Wiley, c'est sans Dizzee et Tinchy Stryder qui ont entamé avec succès une carrière solo. Rascal rejette d'ailleurs le terme grime qu'il considère comme une invention de toutes pièces par des journalistes. Wiley préfère lui parler d'Eskibeat. Sur les traces de Rascal, de nombreux artistes prennent le micro et connaissent le succès. Le grime a même sa série télé interactive : Dubplate Drama.
Inspirée par le grime et par les disques de Salt-N-Pepa qu'écoutaient sa mère, la jeune rappeuse Lady Sovereign a grandi dans un HLM à Wembley. Son ascencion est très rapide puisqu'elle a signé un contrat avec Def Jam après avoir bluffé Jay-Z qui lui demandait un freestyle...
Toujours dans la mouvance Grime, le très jeune Chipmunk (né en 1990, de Tottenham) a été consacré meilleur artiste Hip-Hop en 2009 aux MOBO awards (MOBO signifie Music of Black Origin). Dans le même temps, le trio N-Dubz (de Camden Town au nord de Londres) était sacré meilleur groupe. Le groupe, créé en 2000, a produit deux albums en 2008 (Uncle B) et 2009 (Against All Odds). Chipmunk et N-Dubz ont été, avec Tinchy Stryder, les plus gros vendeurs de disques Hip-hop en 2009 au Royame-Uni.
Même si certains comme Dappy de N-Dubz se distinguent souvent dans la rubrique des faits divers, ils savent aussi se mobiliser pour des bonnes causes comme pour ce titre de 2009 "I Got Soul" qui dénonce l'utilisation des enfants-soldats. Le collectif Young Soul Rebels rassemble entre autres Chipmunk, Tinchy Stryder et N-Dubz.
De nombreux rappeurs comme Professor Green (vidéo ci-dessous), Jammer et Tinie Tempah s'inscrivent également dans ce courant. Le rap britannique ne se limite pas au grime, nous allons le voir. D'ailleurs il y a aussi quelques gangstas comme Giggs.
- Diversité
Dans un autre style, le rappeur The Streets (de son vrain nom Mike Skinner), originaire de West Heath à Birmingham, a déja sorti quatre albums depuis 2002 et est un des rappeurs les plus connus du pays.

Autre lauréate du Mercury Prize, cette fois-ci en 2009, la jeune Speech Debelle, récompensée pour Speech Therapy. De son vrai nom Corynne Eliott, elle est née en 1983 à Londres. Elle grandit sans père avec sa mère jusqu'à l'âge de 19 ans (écoutez la très belle chanson qu'elle écrit à ce père qu'elle n'a jamais connu "Daddy's Little Girl"). Elle quitte alors sa mère et va vivre quelques années dans la précarité. Une expérience qui constitue en grande partie la toile de fond de son premier album Speech Therapy (Le mot signifie également orthophonie en anglais). Speech Debelle est en effet une jeune rappeuse qui croit aux vertus de la parole. L'album est sorti en 2009 sur le label Big Dada et est produit en partie par Wayne Lotek qui produit également les disques de Roots Manuva. Manuva que l'on retrouve en featuring sur "Wheels In Motion". L'ensemble de l'album est une petite merveille qui mêle sonorités jazz et folk.
Malheureusement, le succès commercial n'a pas été au rendez-vous, des concerts ont été annulés (dont un à Nancy...) et Speech Debelle a décidé de rompre avec son label. Aux dernières nouvelles, les choses se seraient arrangées... Elle travaille en ce moment sur un nouvel album annoncé pour bientôt, ça s'appellera The Art of Speech.
Enfin pour terminer évoquons un personnage inclassable et détonnant, que l'on ne peut bien sûr enfermer dans le seul Hip-hop : M.I.A. Elle est née à Londres, mais a vécu une partie de son enfance au Sri-Lanka, d'où ses parents sont originaires. Elle fait partie de la communauté tamoule, minoritaire au Sri-Lanka. Elle revendique fièrement cette origine et n'hésite pas à parler d'un "génocide" pratiqué par la majorité cinghalaise de l'île. Cela lui a valu de nombreuses menaces, y compris de l'armée srilankaise. Elle est davantage inspirée par le rap américain. Elle a connu la célebrité grâce au titre "Paper planes" qui figure dans la B.O. de Slumdog Millionnaire et dans lequel elle sample "Straight to Hell" des Clash ("Paper Planes" a lui même été samplé par Kanye West, voir ici). Elle vient de sortir son troisième album : Maya.
Voilà, tout ceci n'est qu'un aperçu subjectif. N'hésitez pas à me signaler erreurs, omissions et suggestions. Hope you enjoyed the vibe !
Retrouvez tous les artistes évoqués dans la carte du hip-hop ci-dessous :
Afficher Géographie du Rap et du Hip-Hop sur une carte plus grande
Sources et liens :
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Pour commencer : Thomas Blondeau, "Angleterre : U.K. Resistance", Muziq n°4, mars-avril 2009
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Lisez le très bon article que Joël Vacheron consacrait à Speech Debelle, il est paru dans le numéro 115 de Vibrations. Et du même journaliste : Grime: Wiley, la récréation est terminée.
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Heroes of UK Hip-Hop : Un très bon site sur les pionniers du Hip-Hop au Royaume-Uni.
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Le quotidien The Guardian et son supplément dominical The Observer sont une mine pour la musique du Royaume-Uni en général et le rap en particulier. Parmi les articles les plus récents : Rosie Swash, "Label of love : Big Dada", The Guardian, 8 june 2009; Simon Hattenstone, "Dizzee Rascal : Fight to the top", The Guardian magazine, 31 july 2010; Alexandra Topping, "First Dizzee Rascal, now the British urban scene is getting crowded"; "Tinchy Stryder: 'Jay-Z liked what he saw in me. I reminded him of him'"; "Are you ready for the British MCs?"; "N-Dubz and the second coming of Brit pop"; "Jammer: who needs a record deal?".
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Sur Mondomix : "M.I.A. repousse les frontières", et un entretien avec l'artiste.
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Mine d'or : le site Grimepedia pour tout savoir sur les artistes, les mixtapes, les albums.
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Votre dose quotidienne de Grime sur Grimedaily
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Notre dossier sur l'histoire et la géographie du Rap et du Hip-Hop
Un monde de Rap (1-I) Royaume-Uni

Inaugurons cette nouvelle série évolutive sur le rap dans le monde par une scène plutôt méconnue, celle du Royaume-Uni. Dans une première partie, nous évoquerons les années 1980 et 1990 avant d'aborder les années 2000 la semaine prochaine. Nous poursuivrons ensuite notre tour du monde par des pays comme l'Afrique du Sud, le Sénégal, le Canada et bien d'autres. Cet article est disponible en podcast, vous pouvez donc l'écouter avec le lecteur ci-dessous ou le télécharger en vous abonnant au flux des podcasts de Samarra. Vous trouverez au fil de cet article des vidéos et à la fin une playlist et de nombreux liens pour écouter les titres évoqués en entier. ENJOY !
A l'heure d'entamer cet aperçu du paysage rapologique du Royaume-Uni, posons-nous cette question : le rap britannique est-il un rap de seconde catégorie qui n'aurait jamais pu se développer à l'ombre du grand frère américain ? En juillet, le nouveau Premier Ministre britannique David Cameron a reconnu lors de sa visite à Washington que le Royaume-Uni était le "junior partner" (partenaire de rang inférieur) dans la relation spéciale entre les deux pays. Est-ce également vrai pour le rap ? Quelques éléments de réponse.
Il est vrai que le rap britannique est longtemps resté embryonnaire, mais il semble avoir pris son envol depuis les années 1990. Les amateurs de rap d'Outre-Manche ont longtemps assouvi leur passion en écoutant le rap américain, d'autant plus qu'il n'y avait pas la barrière de la langue (seulement celle du slang....). Depuis les années 1990, ce n'est plus tout à fait vrai grâce à quelques pionniers. Essayons d'y voir un peu plus clair et de voir ce qui fait la spécificité du rap made in UK.
- Qui et où ?
Comme aux Etats-Unis et en France, les rappeurs sont souvent mais pas exclusivement issus des minorités, en particulier les immigrés ou descendants d'immigrés des anciennes colonies britanniques comme les West Indies (Jamaïque, Caraïbes), l'Afrique (Nigeria, Ghana) et le sous-continent indien (Sri Lanka, Inde, Pakistan). Mais précisons, et c'est sans doute une spécificité , que la scène Hip-Hop a toujours mêlé des rappeurs de toutes origines.
Nous allons essentiellement ici parler du rap anglais et principalement de ce qui se passe à Londres. Je ne suis pas suffisamment pointu pour vous parler du rap écossais, gallois ou nord-irlandais, pour autant qu'il existe véritablement !
A la question posée par le magazine Start Up en septembre 2008 : "Pourquoi le Hip-Hop n'a-t-il jamais vraiment percé au Royaume-Uni ?", Roots Manuva répondait : "Commercialement, c'est vrai. Mais philosophiquement, il a pris. La scène est simplement plus petite. Je crois que le multiculturalisme est spécifique à Londres et Birmingham [La deuxième ville anglaise avec plus d'un million d'habitants, 3,8 avec l'Aire urbaine]. Les régions sont lentes à s'adapter. Il y a des petites scènes hip-hop originales comme à Cambridge, Leeds, mais ça reste petit."
Si on regarde la carte du Hip-Hop au Royaume-Uni, Londres est donc surreprésentée, en particulier ses quartiers péricentraux de l'Est (Bow en particlier) et du Sud.
Afficher Géographie du Rap et du Hip-Hop sur une carte plus grande
Mais revenons un peu en arrière et précisément aux années 1980.
- Les pionniers : Tim Simenon et Bomb The Bass

[Tim Simenon au milieu des années 1980; source]
En 1987, Tim Simenon, crée le groupe Bomb The Bass. Il est originaire de Brixton, un quartier multiethnique du sud de Londres qui compte une forte communauté caribéenne. Ce quartier a connu des émeutes retentissantes en 1981 suite à la multiplication excessive des contrôles de police, puis de nouveau en 1985 et 1995.
Dans sa musique, Simenon recourt massivement au sampling. En 1988, assisté de Pascal Gabriel, il se lance dans la réalisation du titre "Beat Dis", présenté au départ comme une production underground newyorkaise. Il est très inspiré par le son de New York. A l'image du "mur du son" du Bomb Squad (les producteurs de Public Enemy), Bomb The Bass empile les samples, pas moins de 72 pour le titre "Beat Dis" qui est un gros succès (2ème au Box-office britannique). Public Enemy est d'ailleurs samplé ainsi que de nombreux artistes hip-hop (Bambaataa, EPMD, Funky 4+1, Scholly D). L'inévitable Funky Drummer de James Brown et Prince sont également de la partie (La liste complète ici). Même si la direction prise ensuite par Simenon et le Bomb The Bass les emmènent davantage vers la dance et la house, preuve est faite que le hip-hop peut s'enraciner en terre anglaise. Pendant une dizaine d'années, de nombreux rappeurs se lancent dans le game, avec plus ou moins de réussite. Les maisons de disque, au départ enthousiastes, retirent peu à peu leurs billes du hip-hop qui continue pourtant en mode underground. Signalons Three Wize Men, Hijack, London Posse, Silver Bullet, Black Prophetz, Gunshot, Rodney P ou The Creators qui font partie de la première génération du hip-hop au Royaume-Uni. Au milieu des années 1990, beaucoup de chemin reste encore à parcourir...

- Le rôle de Big Dada
En 1997, le label Ninja Tune lance Big Dada, sa branche consacrée au Hip-Hop. A l'origine de cette
initiative, le journaliste Will Ashon (ci-contre photo trouvée sur son blog). Ashon était frustré car personne ne pouvait se procurer les titres obscurs dont il parlait dans ses articles. Au mariage d'un de ses amis, il croise Peter Quicke du label Ninja Tune. Il le convainc de sortir un premier single pour voir. Il s'agit de "Misanthropic" du duo Alpha Phryme (voyez ici la version originale). Il faut alors un nom au nouveau label. En hommage au rappeur du Bronx Kool Keith, qu'Ashon surnomme Mac Dada, ce sera Big Dada. Au début, seuls des singles sortent sur le label.
Puis, un peu comme en France, une compilation va mettre sur orbite quelques artistes. En 1998, Big Dada sort donc la compil Black Whole Styles. Elle rassemble le meilleur du rap britannique dont Roots Manuva et l'Américain Saul Williams. C'est en 1999 que Big Dada décolle vraiment en signant le prometteur Roots Manuva. Celui-ci pose comme condition la production d'un album entier. En parallèle, plusieurs rappeurs américains trouvent, de manière fugace ou plus durable, un refuge musical propice à leurs créations au Royaume-Uni, à l'image de MF Doom ou de Saul Williams.
- Roots Manuva : la locomotive
Avec Brand New Second Hand en 1999 (signifiant quelque chose comme "Une occasion toute neuve"), Roots Manuva obtient la reconnaissance. De son vrai nom Rodney Hilton Smith, il est né en 1972. Ses parents sont venus de Jamaïque mais il grandit à Stockwell au Sud de Londres. La musique sur laquelle il rappe
est très inspirée par l'univers sonore jamaïcain (dub, ragga, reggae). Pourtant la musique profane n'était pas la bienvenue dans sa famille. Son père est un pasteur pentecôtiste qui lui a donné une éducation très stricte. Mais comme le dit Roots lui-même, c'est finalement la rue qui l'a emporté. Influence jamaïcaine donc pour la musique. Ajoutez à cela beaucoup d'humour et un délicieux accent cockney (l'accent des quartiers populaires de l'Est et du Sud de Londres). Pour vous donner un petit aperçu de l'humour à la Roots Manuva, regardez ces trois clips que je vous ai choisis. Le premier c'est celui de "Witness (1 hope)", son plus grand tube, issu de son deuxième album (Run Come Save Me). N'ayant rien gagné lors des jeux auxquels il participait à l'école primaire, il revient dans celle-ci vingt ans plus tard pour se rattraper...
Voici donc la playlist des titres évoqués cette semaine et de nombreux autres :
Sources et liens dans l'article qui couvre la deuxième époque, celle des années 2000.
Ces chansons qui font l'histoire.
A écouter sur France info cet été, une excellente série consacrée aux chansons qui font l'histoire. Au cours des sept semaines de l'été, Bertrand Dical propose une chronique quotidienne sur Ces chansons qui font l'histoire. Les morceaux retenus brillent par leur éclectisme, tant au point de vue des genres musicaux, des thèmes ou encore des époques. Asimbonanga de Johnny Clegg, Les Divorcés de Michel Delpech, La Marseillaise, Le Régiment de Sambre et Meuse, Lili Marleen, Wannabe des Spice Girls, Amazing Grace… Le podcast de l'émission ici.
Un complément passionnant aux titres del'histgeobox. (213 morceaux au compteur et des projets dont nous vous reparlerons bientôt).

Bertrand Dical présente le projet sur son blog.
Le 25 août, le livre Ces chansons qui font l’histoire devrait sortir (coédition France Info-Textuel, la couverture ci-contre) avec onze chansons de plus.
Les horaires de l'émission : du lundi au vendredi à 9h47, 11h47, 13h37, 17h37 et 21h37, le samedi à 9h49, 11h40, 13h47, 15h47, 17h17, 18h40, 21h17, 23h17 et 0h40, le dimanche à 10h17, 13h37, 17h37, 21h47 et 23h07."
1960-2010: ressources sur les indépendances africaines (web, radio, magazines...).
Alors que dix-sept pays du continent fêtent en 2010 les 50 ans de leur indépendance, les ressources intéressantes fleurissent sur la toile. Petit tour d'horizon:
A tout seigneur tout honneur...
... sur Samarra nous consacrons une série d'articles au processus de décolonisation et à l'accession des Etats d'Afrique subsaharienne aux indépendances avec la musique comme fil directeur.
- Les décolonisations africaines en musique. Premier volet (1957-1960).
- Les décolonisations africaines en musique. Deuxième volet (1960-1990).
- L’Afrique du sud : ultime décolonisation africaine.
A suivre dans les prochaines semaines avec d'autres volets (sur les "pères des nations africaines", "le panafricanisme et ses aléas", "les espoirs déçus du Tiers Monde")...
Tous les articles consacrés à l'Afrique sur Samarra et l'Histgeobox sont répertoriés par Etienne Augris dans un dossier plutôt copieux.
1. Des magazines:
* le numéro 39 de Mondomix consacre un dossier spécial aux indépendances. Les responsables de la revue ont eu la gentillesse de nous solliciter pour rédiger une courte présentation du processus de décolonisation qui conduit aux indépendances. Le numéro est téléchargeable ici ou consultable en lecture seule.

* Le magazine jeune Afrique revient tout au long de l'année sur cette "marche vers les indépendances".
* "La fin des colonies. Afrique 1960", à la une du magazine l'Histoire n°350, février 2010.
* Le numéro 15 d'Afriscope revient sur le cinquantenaire écoulé.
2. Sur le Web:
* Jeune Afrique a choisi de revenir sur les enjeux et les symboles culturels:
- "il était une fois les indépendances ... de 1960".
* France 24: "ils sont devenus indépendants en 1960".
* Le panafricanisme:
- "que reste-t-il des Etats-Unis d'Afrique?" (France 24).
- "Le rêve brisé de l'unité africaine" (RFI).
* Le site TV5 Monde consacre un dossier très complet sur les indépendances africaine: “Afrique 1960, un continent en marche vers son indépendance“.
* Rue 89: "l'Afrique a rendez-vous avec l'histoire."
* Les jeunes Etats se dotent d'hymnes. Sur le sujet, voir les synthèses de Jeune Afrique: "Un pays, une musique, un hymne" et de RFI: "L'histoire méconnue des hymnes nationaux africains". Enfin, les analyses détaillées que RFI proposent de quelques hymnes: Guinée "Horoya"; Sénégal: "Pincez tous vos koras, frappez vos balafons"; Cameroun: "le chant du ralliement".
- Musiques et indépendances africaines sur le site de RFI.
* De très nombreuses pistes et liens sur ce blog (Anniversaire des indépendances africaines) consacré aux commémorations du cinquantenaire des indépendances.
3. Des photos:
- Un Diaporama sur le site de RFI propose un retour en photos sur les temps forts de la décolonisation. Un autre réalisé par trois photographes français en 1963 propose une série de très belles photos au sein des jeunes Etats d'Afrique de l'ouest.
4. Des émissions de radio:
Les radios francophones publiques (la première chaîne de Radio-Canada, la Première de la Radio Télévision Belge Francophone, Espace 2 pour la Radio Suisse Romande et France Culture pour Radio France) se sont associées afin de réaliser une série documentaire sur les indépendances africaines. Ces 8 émissions ont pour objectif de comparer différents types de décolonisation et d'accès à l'indépendance. Ainsi, elles s'intéressent à trois anciennes colonies françaises (la Guinée Conakry, le Mali), une belge (le Congo), deux britanniques (la Zambie et le Kenya) et deux portugaises (la Guinée Bissau et l'Angola). Elles sont toujours disponibles en écoute sur le site de la RTBF.
Sur RFI:
- "Archives d'Afrique" présentée par Alain Foka s'intéresse à "l'histoire contemporaine de l'Afrique à travers ses grands hommes (les dernières furent consacrées à Ahmadou Ahidjo et David Dacko).
- "L'atelier de l'histoire, mémoire d'un continent" présentée par l'historien Elikia M'Bokolo.
Sur france Inter: l'émission "l'Afrique enchantée" dont nous vous parlions récemment.
5. Des videos ou des émissions de télé:
- Arte consacre un dossier très complet aux indépendances à travers un web-documentaire interactif.
- Geopolis sur France.
Quelques ouvrages pour approfondir:
- Marc Michel: "Décolonisations et émergence du Tiers-Monde, Carré histoire, Hachette supérieur, 2005.
- Marc Michel: "Essai sur la colonisation positive. Affrontements et accomodements en Afrique noire, 1830-1930", Perrin, 2009.
- H. d'Almeida-Topor: "Naissance des Etats africains, XXème siècle", Casterman, 1996 (très clair).
- Bernard Droz: "Histoire de la décolonisation au XXème siècle", Seuil, 2006 (l'ouvrage de référence sur le sujet).
- Bernard Droz: "la fin des colonies françaises", Gallimard, "découvertes", 2009.
- Bernard Droz, "La décolonisation", Documentation photographique n°8062, mars-avril 2008.
- "Afrique, une histoire sonore". Présenté et commenté par E. M'Bokolo et Ph. Sainteny, Frémeaux, 2002.
- J.P. Gourévitch: "la France en Afrique. Cinq siècles de présence: vérités et mensonges", Acropole, 2008.
N'hésitez pas à nous signaler des ressources intéressantes (toile, magazines, radio...) sur ce thème.
Remontez le boulevard des indépendances avec la Fabrique de l'Histoire.

L'émission La Fabrique de l'Histoire, diffusée du lundi au vendredi sur France culture de 9h05 à 10h, consacre une série documentaire aux indépendances africaines (du 21 septembre au 2 octobre 2009). Les radios francophones publiques se sont associées afin de mener à bien ce projet (coordonné par Emmanuel Laurentin et réalisé par Charlotte Roux de Radio France). Les différentes radios partenaires (la première chaîne de Radio-Canada, la Première de la Radio Télévision Belge Francophone, Espace 2 pour la Radio Suisse Romande et France Culture pour Radio France) ont délégué un journaliste ou un producteur et ont pris en charge les reportages dans deux pays.
Ces 8 émissions ont pour objectif de comparer différents types de décolonisation et d'accès à l'indépendance. Ainsi, elles s'intéressent à trois anciennes colonies françaises (la Guinée Conakry, le Mali), une belge (le Congo), deux britanniques (la Zambie et le Kenya) et deux portugaises (la Guinée Bissau et l'Angola).
Carte de la décolonisation en Afrique. Cliquez sur la carte afin de l'agrandir (la cartothèque du Monde diplomatique).
Voici le programme
1. La Guinée Conakry, par Anik Schuin, réalisation : Didier Rossat
2. Le Congo, par Emmanuel Laurentin, réalisation : Charlotte Roux
3. Le Mali, par André Zaleski, réalisation : J.-M Vierset
4. Le Kenya, par François Bugingo
5. Le Togo, par André Zaleski, réalisation : J.-M Vierset
6.La Zambie, par François Bugingo, réalisation
7. La Guinée Bissau, par Anik Schuin, réalisation : Didier Rossat
8. L'Angola, par Emmanuel Laurentin, réalisation : Charlotte Roux
A ne pas rater donc...
Liens :
* Anik Schuin a produit pour l'émission "Les temps qui courent", sur Espace 2-La RSR, une série de cinq émissions consacrées à la Guinée Bissau et à la Guinée-Conakry. La RSR les met en écoute libre jusqu'au 31 octobre 2009.
1. Après le coup d'Etat, la Guinée aujourd'hui
2. Au sujet de Camp Boiro
3. Sanderval à Conakry
4. Guinée-Bissau : la difficile réconciliation
5. Eradiquer le paludisme.
A écouter sur ce site (volet gauche).
* Dossier consacré à cette série "Boulevard des indépendances" sur France Culture. L'émission est disponible en podcast pendant une semaine environ.





05.03.12 09:04:31, 
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