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L'innocent mariage entre l'histoire et la fiction autour du couple Marie-Antoinette- Louis XVI ? Un entretien avec Aurore Chery.

Depuis aujourd'hui, tous les écrans de cinéma de France donnent "Les adieux à la Reine" de Benoit Jacquot. Cette sortie est accompagnée d'un concert de louanges chez les "professionnels de la profession" depuis sa présentation en ouverture de la Berlinale 2012 (1).
Elle nous propose dit-on une nouvelle lecture du personnage de Martie Antoinette, interprété ici par Diane Kruger, et nous fera peut être envisager l'Autrichienne d'une façon bien différente de celle, très rock n' roll, qu'en donnait le duo Sofia Coppola et Kristen Dunst en 2006 (paire de Converses et Macarrons Ladurée inclus, voir la piqûre de rappel ci dessous).
Il y a quelques mois, France 2 , toujours soucieuse de l'édification du public aux heures de grande écoute, proposait en première partie de soirée un téléfilm intitulé "Louis XVI, l'homme qui ne voulait pas être roi". La bande annonce à voir ci dessous n'est guère équivoque quant à l'optique adoptée ...
On peut donc tenir pour certain que le couple royal qui fut balayé par la Révolution Française fait un retour en force sur les écrans, les ont -ils jamais quitté d'ailleurs ? A l'aide de l'expertise d'Aurore Chery, doctorante en histoire moderne à l'Université de Lyon III dont les recherches portent sur l'image des rois Louis XV et Louis XVI, et qui suit, par ailleurs d'un oeil averti ces récentes productions, nous vous proposons de passer dans l'envers du décor et de relire ces fictions avec le regard de l'historien Par ailleurs membre du CVUH (Comité de Vigilance face aux Usages Publics de l'Histoire), Aurore Chery peut doubler cette présentation historiographique et historique du sujet, d'un regard plus acéré sur les enjeux politiques actuels liés à l'histoire quel que soient les supports.
Quelles sont les origines et les étapes de cette fascination pour la reine de France ? Ces fictions disent -elles l'histoire ou la distordent-elles? Sur quels partis pris et quelle historiographie s'adossent ces créations ? Quelles finalités sont attribuées à ces oeuvres de façon plus ou moins assumée ? Quelles raisonnaces trouvent -elles avec notre époque et quels usages de l'histoire sont faits par leur biais?
C'est ce que nous tentons d'éclaircir dans cet entretien qui laisse entrevoir de nombrexu enjeux politques et historiographiques dans ces fictions pour mieux poursuivre, ensuite, cette réflexion dans les salles en visionnant "Les Adieux à la Reine".
• Il semble que ces dernières années soient marquées d'un regain d’intérêt dans la fiction cinématographique et télévisée pour le couple Louis XVI et Marie Antoinette, comme le montrent les récentes productions télésvisées et cinématographiques. Comment peut on l'expliquer ?
En fait, Marie-Antoinette a toujours été présente au cinéma et à la télévision, c’est l’un des personnages historiques les plus mis en fiction avec Napoléon et Jeanne d’Arc. Dès l’époque du muet elle envahit les écrans. C’est en fait un personnage qui devient très « glamour » à partir du Second Empire quand l’impératrice Eugénie s’en entiche. On lui attribue alors tout ce qui s’est fait dans le domaine des arts décoratifs et de la mode sous Louis XVI et on cherche également à en faire un modèle pour l’éducation des jeunes filles.
En conséquence, la Révolution et son parcours vers l’échafaud deviennent un nouveau chemin de croix. Elle a exactement la même fonction en Grande-Bretagne, on la retrouve ainsi dans certains romans victoriens pour enfants comme "A Little Princess" de Frances Hodgson Burnett. Avec tout ça, elle devient un personnage de choix pour le théâtre historique et pour le cinéma qui lui succède. On la voit apparaître à l’écran dès 1903, elle ne l’a plus vraiment quitté depuis. Ce n’est donc pas vraiment là que réside la nouveauté.
Ce qui est caractéristique de ces dernières années, en revanche, c’est la revalorisation du personnage de Louis XVI. Auparavant, la fiction le considérait essentiellement comme un gentil garçon mou et parfois un peu idiot. Il était le mari dont devait s’accommoder la jolie reine et il n’était en aucun cas un prince charmant. Il faut aussi remettre ça dans le contexte dont je parlais juste avant. La jeune mariée de bonne famille du Second Empire devait se contenter d’un mari qu’elle n’avait pas désiré et, si elle pouvait avoir un homme de cœur, à l’instar de la reine, ce devait rester une liaison platonique.
• Quelles figures du couple royal prévalent dans les dernières productions ?
C’est Louis XVI qui revient sur le devant de la scène dans les années 2000. C’est en partie la suite d’une historiographie anglo-saxonne qui, plutôt contre-révolutionnaire, n’a jamais vraiment été hostile à Louis XVI. La biographie que Jean-Christian Petitfils lui a consacrée en 2005 (2) reprenait pour la majeure partie les thèses développées par l’historien britannique John Hardman dans les années 1990. Cette biographie a créé de l’intérêt parce que la France a longtemps vécu sur un roman national inspiré de la IIIe République, emblématiquement représenté par le petit Lavisse. Destiné à affermir la République, la Révolution y tenait une grande place quitte à véhiculer une image très caricaturale du roi. Une certaine idéalisation de l’école de Jules Ferry a probablement fait qu’il a été difficile de toucher à ce pilier pendant longtemps, et les souvenirs scolaires de nombre de Français reposent encore sur cette caricature. Aussi, la biographie de Petitfils est apparue comme une révélation. On l’a présentée comme le travail qui rétablissait la vérité et on s’est mis à vouloir réhabiliter Louis XVI. A vrai dire, c’est plus complexe que cela, si le Louis XVI de Lavisse est évidemment une construction politique, celui de Petitfils ne l’est sans doute pas moins. De son vivant, Louis XVI a beaucoup travaillé à se donner une image de roi populaire et parfait, il a écrit sa propre légende dorée, et la plupart des affirmations de Petitfils ne font que prendre au pied de la lettre ce qui relève d’une sorte de politique de « communication » de Louis XVI. C’était tout de même un roi qui allait visiter les familles nécessiteuses de Versailles, prétendument incognito, mais qui s’arrangeait toujours pour le faire fuiter d’une manière ou d’une autre. Les recueils d’anecdotes, les journaux se faisaient ensuite l’écho d’un roi bienfaisant qui ajoutait la modestie à cette qualité.
Ce phénomène historiographique a rencontré la fiction parce que le climat y est favorable. D’un point de vue économique en premier lieu. La situation financière de la France actuellement n’est pas sans rappeler le déficit qui a eu un rôle si crucial sous Louis XVI. Aussi, une certaine idéologie libérale s’inspire de cet exemple pour faire valoir ses points de vue. On en vient ainsi à expliquer, c’est le cas de Petitfils (qui travaille régulièrement pour Le Figaro par ailleurs), que Louis XVI était le véritable réformateur (presque le seul vrai révolutionnaire), mais que la Révolution a eu lieu à cause de l’obstruction des privilégiés qui refusaient obstinément de renoncer à leurs acquis. Aujourd’hui, on n’hésite pas à mettre sur le même plan cette vision des privilégiés du XVIIIe siècle et tout ce qui entrave, dans la société contemporaine, le dogme ultra-libéral, comme les acquis sociaux mais pas seulement. Dans un entretien sur la Révolution accordé par Patrice Guéniffey au Point, au mois de décembre dernier, le journaliste n’hésite pas à lui parler de « boucliers fiscaux » pour le XVIIIe siècle. (http://www.lepoint.fr/culture/c-est-la-faute-a-louis-xvi-15-12-2011-1407989_3.php) Tout est dit ! Au nom d’une idée à véhiculer, on n’hésite pas à user d’anachronismes. Autrement dit : acceptez toutes les réformes, sinon voilà ce qui nous attend : la Révolution, la Terreur, le marasme.
Ce qui est particulièrement gênant c’est que ce parallèle anachronique est devenu un véritable lieu commun, et c’est en partie ce à quoi on doit de le retrouver dans les fictions : Louis XVI, l’homme qui ne voulait pas être roi, le docu-fiction de Thierry Binisti diffusé en novembre dernier sur France 2, en est un excellent exemple. On présente clairement Turgot comme celui qui aurait pu sauver la monarchie, celui qui a été sacrifié par Louis XVI par faiblesse, mais on ne prend pas en considération le fait que c’est peut-être aussi devant le constat d’échec de l’application de ses théories libérales qu’il a été renvoyé. On perd un peu de vue le fait que la libéralisation du commerce du grain impliquait des conséquences très concrètes à cette époque. Clairement, si c’était un échec, des gens pouvaient mourir de faim.
Est-il envisageable, en matière de fiction de sortir d'une image très patrimonialisée du couple et de la RF ?
Oui, incontestablement, c’est possible. Encore faut-il le vouloir. Il y a eu des tentatives en ce sens pour le XVIIIe siècle. La mini-série 1788 et demi, diffusée sur France 3 en février 2011, était vraiment prometteuse en ce sens. Le scénario était bien trop timide et plein de longueurs mais en faisant le choix de se situer à la période pré-révolutionnaire tout en ignorant totalement la Révolution, on sortait enfin de la téléologie habituelle. Du coup, il y avait une volonté d’embrasser une vision plus large de la société française du temps. La série laissait une vraie place aux avancées de l’histoire culturelle dans l’historiographie française. Elle permettait d’aborder l’histoire du genre aussi, et posait des questions intéressantes comme ce que c’était d’être noir ou juif dans le royaume de France. Elle abordait le tout sur le ton de l’humour et beaucoup de critiques ont cru, par-là même, qu’elle n’avait aucune prétention historique. En fait, c’est probablement l’une des séries françaises de ces dernières années qui était la plus proche des questionnements historiens actuels sur le siècle des Lumières.
Pour le couple royal, c’est possible également. Pour cela, il faut sans doute faire confiance aux scénaristes qui, quand ils sont doués, peuvent avoir de très bonnes intuitions. Par exemple, je trouve qu’Emmanuel Bézier a fait un très beau travail pour l’Evasion de Louis XVI. Ce téléfilm d’Arnaud Sélignac, diffusé sur France 2 en février 2009, a provoqué une polémique chez les historiens, à juste titre, mais il n’empêche que le scénariste a très bien cerné Louis XVI dans son côté séducteur de faux modeste. C’est bien comme ça qu’il s’est rendu populaire, il y avait été exercé dès l’enfance. En fait, la polémique était justifiée par le fait que ce téléfilm a contribué à écrire une nouvelle version du roman national. Le livre du CVUH, Comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France, a bien montré quel usage Nicolas Sarkozy avait fait de l’histoire pendant la campagne de 2007. Il s’agissait en grande partie de donner un récit linéaire, sans heurts, qui amenait à présenter le candidat comme un nouveau leader naturel pour la France, héritier des « grands hommes » qui l’avaient précédé. Or, évidemment, une telle vision a du mal à s’accommoder avec l’une des principales ruptures de l’histoire française : la Révolution et la mort du roi. C’est probablement la raison politique à laquelle on doit cette revalorisation de Louis XVI. En le présentant comme le chef d’Etat idéal que lui-même a prétendu être, responsable, bon, dévoué, on présente aussi la Révolution comme un phénomène intrinsèquement négatif, réduit à l’image sanglante de la guillotine qui a privé la France de l’un de ses meilleurs chefs d’Etat. L’historien Nicholas Hewlett explique que Nicolas Sarkozy a réactivé certain clichés négatifs sur mai 68 pour se présenter en sauveur, il est celui qui vient rétablir l’ordre quarante ans après. En cela, je pense que l’on peut pousser l’analyse plus loin : mai 68 est sa révolution, de sorte qu’il se pose en nouveau Napoléon.
Outre la polémique liée à L’Evasion de Louis XVI, il est intéressant d’étudier la série dans laquelle cet épisode s’inscrit : « Ce jour-là, tout a changé ». Quatre épisodes ont été produits, trois ont été diffusés. L’épisode non diffusé traitait de Charlemagne et en faisait le père de l’Europe. Les autres épisodes ont concerné respectivement Henri IV, Louis XVI et Charles de Gaulle. Trois figures emblématiques du roman national, trois figures populaires dont les épisodes regrettent que l’œuvre politique se soit arrêtée aussi brutalement. Ce qui est intéressant c’est que la musique des deux derniers épisodes était signée Laurent Ferlet, le même Laurent Ferlet qui, aujourd’hui, signe la musique de campagne de Nicolas Sarkozy. Vous la voyez la belle continuité ? Louis XVI, Charles de Gaulle, Nicolas Sarkozy. Bref, on peut grandement soupçonner cette série d’avoir servi la vision de l’histoire du discours présidentiel, peut-être pour accompagner le projet de Maison de l’histoire de France. C’est d’autant plus patent que Boréales, la maison de production, produisait, en même temps que Louis XVI, La voie de Carla, un documentaire plus que complaisant sur Carla Bruni-Sarkozy qui a été diffusé sur France 3. « Ce jour-là, tout a changé » a également été l’un des quelques programmes phares mis en avant au moment de la suppression de la publicité sur France télévisions. Nicolas Sarkozy est allé jusqu’à en assurer la publicité lui-même en déclarant, lors de ses vœux à la culture en 2009 : « On n’a pas besoin d’un service public qui ressemble aux chaînes privées. Si c’est pour faire les mêmes programmes, ce n’est pas la peine ; franchement, je me réjouis ce soir de voir Henri IV sur France 2 à 20h35. Voilà, je l’ai dit. » Le 18 janvier suivant, il confiait à des journalistes : « J’ai beaucoup aimé Henri IV par exemple : 4,6 millions de téléspectateurs, ce n’est pas rien. La BBC, c’est un exemple à suivre. »
Cela peut faire sourire qu’un président s’inquiète autant des fictions historiques diffusées à la télévision, mais le phénomène me semble plus qu’anodin si on le replace dans son contexte. Il s’accompagne d’une volonté de formater le discours du chercheur. Evidemment, c’est moins visible pour Louis XVI parce que les enjeux immédiats sont moins importants, mais pour travailler aussi en histoire de l’immigration, je trouve la dérive très inquiétante. Quand c’est le directeur d’un musée, nommé par le pouvoir exécutif, qui dicte à une revue scientifique ce qu’elle doit publier alors qu’il n’est nullement compétent pour le faire, il y a dérive. Or, c’est bien ce qui s’est passé avec la revue Hommes et migrations (http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article4462). Quand, en février 2011, le ministère des affaires étrangères exigeait de certains chercheurs qu’ils ne s’expriment pas sur la situation en Egypte, c’est dérangeant. Enfin, quand l’historien Guy Pervillé signale que son texte sur la guerre d’Algérie, destiné à la publication Commémorations nationales du ministère de la culture, a été, à dessein, largement amputé, il y a un problème.
• En 1989, on célébrait en grande pompe le bicentenaire de la RF. Le couple royal semblait alors tenir une place moins centrale que d'autres acteurs, y compris collectifs. Le changement de focale dans la fiction (qui braque son regard plus vers l'individu et le couple royal), épouse-t-il les évolutions historiographiques ou suit il une autre logique ?
Oui, autant on se souvient de la prestation de Jean-François Balmer en Louis XVI dans la grande saga cinématographique du bicentenaire, autant le roi était un peu l’oublié de l’historiographie. Clairement, ce n’était pas à ce niveau-là que se situait le débat Furet-Vovelle. Furet l’avoue, il se heurte à un mur et ne cherche donc pas à aller plus loin : « entre l’héritier du trône et le souverain martyr, les historiens ont de la peine à cerner la part qui revient au dernier monarque absolu de notre histoire dans la suite d’événements qui emporte l’Ancien Régime et la plus vieille monarchie de l’Europe » (3). On en est longtemps resté là. Les seuls historiens qui ont essayé de creuser, les Girault de Coursac, ont vite dérivé et ont fini par confondre leurs recherches avec un combat pour faire béatifier Louis XVI. La biographie de Joël Félix, publiée en 2006, a été la seule à ouvrir véritablement des pistes nouvelles et pertinentes, la première à questionner la légende dorée. Malheureusement, elle est passée relativement inaperçue, les raisons évoquées précédemment expliquant qu’on lui ait préféré celle de Petitfils.
Un grand merci à Aurore Chery pour cet entretien !
Notes :
(1) La Berlinale est le festival du film de Berlin. Cette année la 62° Berlinale s'ouvrait donc avec "Les Adieux à la Reine" de B. Jacquot.
(2) Jean Christian Petitfils, Louis XVI, 2005.
(3) François FURET et Mona OZOUF, Dictionnaire critique de la Révolution française, Acteurs, Champs Flammarion, 1992, p. 163.
Cartographie musicale de la planète 2.
Pour compléter un premier post consacré aux "cartes musicales de la planète". Voici quatre nouvelles cartes collaboratives:
*Télérama.fr est à l'origine de deux initiatives intéressantes:
1. La carte de France en chansons:
"Un coin de rue, un monument ou tout simplement une ville : on connaît tous une chanson qui raconte ou simplement mentionne un lieu. Dutronc, NTM, Nougaro, Zebda et de nombreux autres ont chanté leur région d'origine. Et si on les répertoriait ?" [passage tiré du site du magazine]
Une carte collaborative proposée par Télérama.fr. La carte de France des chansons
2. Mondo Sono- Télérama.fr
Afficher Mondo Sono - Télérama.fr sur une carte plus grande
* Enfin, en parallèle à l'histgeobox (dont la carte est consultable ici), nous nous avons inauguré une nouvelle rubrique intitulée Loca virosque cano. Nous vous y présentons des titres évoquant directement ou non, différents lieux dans le monde.
Afficher Loca virosque cano sur une carte plus grande
Déjà sur l'histgeobox :
- The Beatles : "Penny Lane" et "Strawberry Fields" (1967) pour Liverpool (Royaume-Uni) : par vservat
- Gilbert Bécaud : "Nathalie" (1964), la Place Rouge à Moscou par Aug
- David Bowie : "Heroes" (1977) pour Berlin (Allemagne) : par vservat
- Jay-Z (Feat. Alicia Keys) : "Empire State of Mind" (2009) pour New York (NY-Etats-Unis) par Aug
- U2 : "Where the streets have no name" (1987) pour Belfast (Irlande du Nord) par vservat
- Bruce Springsteen, "American Land", (2006), pour Ellis Island, (NY-Etats-Unis) par vservat
- The Clash, "Guns Of Brixton" (1979), pour Brixton (Londres, Royaume-Uni) par vservat.
- U2 : "Zoo Station" (1991) pour Berlin, Allemagne, par vservat.
- Jacques Douai : "Au port du Havre" (1978), pour le Havre, France, par vservat.
- Anis: "Cergy", pour Cergy (95), France, par Blot.
* Sans lien cette fois avec la musique, Pierre Sérisier propose sur son blog une carte des séries américaines.
"Où se passent vos séries favorites ? Dans les grandes villes pour la plupart. Avec une sur-représentation de Los Angeles et de New York, bien que depuis quelques années Chicago et Miami semblent attirer les scénaristes. Bien sûr, les fictions ne sont pas tournées in situ, mais il est intéressant de voir le choix des localités." [tiré du blog de PS]
Afficher La carte des séries américaines sur une carte plus grande
Une carte des séries américaines proposée par Pierre Sérisier sur son blog.
The Hour, la série sur l'Angleterre des années 50
Il ne faut plus s'étonner aujourd'hui, les séries TV sont devenues en une décennie un genre cinématographique à part entière....où les scénaristes mettent en place dans la longueur des personnages complexes et des intrigues haletantes. The Hour est l'exemple de la série réussie.

Bien plus encore, elle est une série estampillée "qualité supérieure" et "appellation d'origine contrôlée"production BBC à consommer sans modération. Cela tombe bien, il n'y a que 6 épisodes pour cette première saison. Aussi a-t-elle tout de suite attiré mon attention. Non seulement parce qu'elle a l'originalité de nous emmener dans une époque peu explorée par les séries mais parce que la photographie est soignée.
En un clin d'oeil, les décors, les costumes nous plongent dans ll'Angleterre du début de la Guerre froide avec un rare sens du détail (voir les illustrations). L'histoire nous conduit successivement dans les rues de Londres, les appartements au confort limité ou dans un manoir de l'aristocratie britannique. Mais l'essentiel de l'intrigue se déroule dans les bureaux et les studios de la BBC. Le décor s'inscrit plus largement dans une toile de fond historique, l'affaire du canal de Suez en octobre-nov 1956 et la répression soviétique en Hongrie.

Deux jeunes journalistes se voient confier une nouvelle émission d'information à la BBC. Bel Rowley (Romola Garaï qui a déjà tourné pour les plus grands : Woody Allen, Kenneth Branagh ou François Ozon) est la principale héroïne et vient de se voir attribuer le poste, très convoité de productrice de l'émission : ce qui est assez rare pour un époque plus marquée encore qu'aujourd'hui par la mysoginie. Jeune mais aussi jolie, elle entraîne dans son aventure son camarade, Dominic West qui est de la trempe des journalistes incorruptibles qui ne lâchent jamais leur enquête contre vents et marées : un vrai pitbull (tout le contraire de Claire Chazal) qui cherche la vérité sur une sombre histoire. Mais revenons à l'émission !

The Hour diffusée à la BBC semble jouer sur la nouveauté. Son présentateur, un bellâtre séducteur, ambitieux peine à trouver ses marques mais il emballe quand même la belle productrice. The Hour rencontre alors le succès tant espérer car l'émission sait parler d'actualité tout en essayant (sans jamais y arriver complètement) de s'extraire de la contrainte de la censure du pouvoir politique....C'est là tout l'intérêt de la série : comment les démocraties (déjà anciennes) gèrent la liberté de l'information à la télévision dans les années 50 ? A l'instar du Ministère de l'information dans la France gaullienne, les Britanniques de la BBC doivent aussi apprendre à composer avec les maîtres censeurs qui traînent dans les couloirs et les bureaux de la BBC.

Enfin, il y a une enquête policière : des morts, des assassinats.....et un truc plus grave qui rime avec espionnage. Mais je n'en dis pas plus !
Un article dans un autre blog compare cette série à Mad Men, il y a des liens, c'est sûr mais pas tant que cela. Et comme dans Mad Men, le générique est extraordinairement réussi.
Enfin, voici la bande annonce sur la BBC two !
Jean-Christophe Diedrich
Regards sur l'Italie des années de plomb. (1)
Simonetta Greggio écrit ici une chronique très singulière de l’Italie contemporaine. Dans « Dolce Vita, 1959-1979 », elle louvoie, en effet, entre fiction et reconstitution historique pour livrer une œuvre poignante, originale et savante sur ces 20 ans d’une Italie qui bascule subitement dans la violence aveugle, le terrorisme et laisse ses démons (mafias, corruption, nostalgiques du Duce) tracer, en sous main, l'autoroute qu'empruntera le cavaliere S. Berlusconi, très récemment déchu.
Son livre est une broderie impressionniste autour d’un dialogue entre un homme aux portes de la mort et son confesseur. Sur Ischia, une des trois îles de la sublime baie de Naples, le prince Malo, aristocrate aussi flamboyant que décadent, livre à son confesseur Saverio, homme aux sentiments torturés, les secrets de sa vie dissolue. La vie du prince se mêle intimement à l’histoire de son pays, aux évolutions politiques, révélant la face sombre et les intrigues qui se trament dans l’ombre de la toute puissante Démocratie Chrétienne.
De tous les grands moments de la vie publique et surtout culturelle de l’Italie d’après guerre, homme à femmes, on le découvre à la première romaine de la « Dolce Vita » de Fellini. Le film marque un tournant dans l’histoire culturelle et cinématographique du pays ; il donne le la aux années qui vont suivre : un parfum de scandale, d’insouciance, une libération certaine des mœurs, un art de vivre aussi qui font qu’on se tourne vers l’Italie comme vers une référence qui donne le tempo, permet de sentir l’air du temps. La carrière du film jusqu'à son triomphe à Cannes, (marquée de quelques soubresauts et surprises) est un des fils rouges du récit de S. Greggio. Grace à lui elle nous emmène dans une Italie entrant, non sans tensions, dans la modernité avec des transformations sociales fortes, se traduisant par l’adoption de la loi autorisant le divorce, ou par des épisodes plus symboliques telle l’apparition de la mini jupe.
Autour de ce dialogue et de la « Dolce Vita » de Fellini, l’auteure, par touches successives et alternées, nous plonge également dans les affres d’une démocratie fragilisée, dans laquelle les pouvoirs traditionnels (l’Eglise) sentent le vent tourner et œuvrent en sous main pour récupérer la part d’influence qui leur échappe. On découvre également la lente décadence du pouvoir en place, qui sclérosé et usé cherche son salut dans les compromissions, la corruption et les scandales de mœurs, les financements douteux. Une Italie dans laquelle les forces politiques donnent naissanceà des mouvements violents (terrorisme noir des nostalgiques du fascisme, terrorisme rouge des organisations d’extrême gauche) qui plongent le pays dans un bain de sang jusqu’à l’épisode hautement traumatique de l’exécution d’Aldo Moro.
L’auteure par ce procédé un peu particulier, arrive à dépeindre la décomposition intérieure du monde politique italien, gangréné, gagné par la putréfaction, et s’en sert comme élément explicatif de l’Italie d’aujourd’hui dans laquelle le monde politique se vautre dans les scandales sexuels, financiers, et judicaires. Entre la lumière de la baie de Naples, les dialogues prononcés par Mastroianni, les errements des responsables politiques, Simonetta Greggio réveille nos mémoires, convoque des images familières, ravive nos imaginaires, suscite leur mise en réseau, en cohérence dans un exercice d’équilibriste qu’il est très méritant de tenir jusqu’au bout. Si celui-ci donne une vision des faits dont on peut discuter (comme pour tout travail historique), il restitue une atmosphère mi nostalgique, mi terrifiante en ce qu’elle porte d’éléments de compréhension du présent.
Pour qui souhaiterait une approche plus scientifique, on peut se procurer le très bon ouvrage de Philippe Foro édité chez les non moins remarquables éditions Vendémiaire. Professeur à l’université de Toulouse Le Mirail celui-ci propose «Une longue saison de douleur et de mort : l’affaire Aldo Moro ». En quelques 200 pages, il donne un récit aussi clair que passionnant et documenté sur cette période tourmentée de l’histoire de l’Italie contemporaine.

PS : Un remerciement appuyé, amical et chaleureux à Genevieve R. qui m'a conseillé le livre de S. Greggio et qui a mis ainsi ma curiosité en éveil sur ce sujet.
This is England
Jeudi 24 novembre, Arte diffuse This is England, réalisé par Shane Meadows en 2006.
Nous sommes en 1983 dans une ville côtière du Nord de l'Angleterre en prise avec les difficultés économiques que traverse alors le pays. Shaun, 12 ans, est un garçon solitaire lorsqu'il rencontre au début des vacances d'été un groupe de skinheads qui l'adopte comme mascotte. Le jeune garçon découvre alors un autre univers, dans lequel il semble s'épanouir, tout au moins jusqu'à l'arrivée de Combo, un skinhead raciste et plus âgé, fraîchement sorti de prison...
Sans être un chef d'oeuvre, le film a le mérite de nous plonger au Royaume Uni, à un moment essentiel de son histoire. Sur fond de guerre des Malouines, le pays, alors dirigé par la dame de fer, connaît de graves tensions raciales. Or ici, le réalisateur se focalise sur les milieux skinheads alors en pleine mutations.
* Mais d'où viennent les skinheads?
A la fin des années 60, des Mods qui fréquentent les clubs de reggae de Londres découvrent les musiques noires américaines, en particulier le ska. C'est de ces groupes que sont issus les premiers skinheads, des adolescents originaires des milieux ouvriers anglo-jamaïcains britanniques. Ils se dotent progressivement de valeurs communes et de répères identitaires: passion pour les musiques jamaïcaines, adoption d'un style vestimentaire spécifique...

Groupes de Skinhead première génération sur Piccadily. Cheveux courts voire rasés, ils arborent chemises blanches, bretelles, parfois des costumes. Ces tenues martiales rappellent les difficultés de l'existence et la nécessité de se battre pour s'en sortir.
Au cours des années 1980, le mouvement se divise. Si beaucoup de skins restent peu politisés, on voit néanmoins se développer une mouvance extrémiste de droite. Influencés par les discours xénophobes du National front, ses adeptes s'en prennent violemment aux communautés immigrées, en particulier pakistanaises. Ces skins racistes au crâne rasé (Skinehead), chaussés de Dr Martens, arborent désormais des tenues paramilitaires et adoptent la Oï, sorte de punk rock dont le nom vient de l'argot anglais, contraction de "Hey you!" . Par réaction, les redskins - skins anti-fascistes qui écoutent du ska, la musique originelle du mouvement- s'organis et se livrent à des batailles rangées avec leurs adversaires.
L'intérêt du film réside enfin dans sa bande originale avec des extraits de titres reggae et surtout le sublime "Dark end of the street", sommet de deep soul interprété par James Carr. A écouter ici.
Bref, un film à ne pas manquer.
Sources:
- Esther Benbassa (dir): Dictionnaire du racisme, de l'exclusion et des discriminations, Larousse, 2010.
- Maison des images: "This is England" (PDF)
- Zéro de conduite: "âge tendre et tête de skin."
- La critique du film sur Télérama.fr par l'excellente Mathilde Blottière (bise soeurette).
Liens:
Abdelkrim et la guerre du Rif.
Samedi 1er octobre, Arte diffuse (après un premier passage mercredi 21 septembre) un documentaire sur "Abdelkrim et la guerre du Rif". La clarté du propos permet de s'intéresser à ce conflit colonial aujourd'hui un peu oublié. Le réalisateur Daniel Cling s'attache tout particulièrement à la personnalité fascinante d'Albdelkrim. " On a cherché à me faire passer pour un rebelle sanguinaire, un esprit retors, alors qu'il ne s'agissait pour nous que de défendre nos droits en faisant valoir la légitimité de notre cause. Nous l'avions fait savoir à l'Espagne [...]. Nous avions déclaré la même chose à la France, au maréchal Lyautey et au sultan. Nous l'avons clamé à Londres et à la Société des nations. Personne ne voulait entendre que nous désirions la paix, l'ordre, le commerce et l'alliance avec le monde entier. Mais puisque les Espagnols voulaient notre extermination, qui peut nous reprocher d'avoir défendu notre liberté et notre religion [...]" se demande-t-il, perplexe.
Le Maroc est le dernier pays du Maghreb à être colonisé. Or, dès les années 1920, les tribus berbères du Rif se rebellent contre leurs colonisateurs espagnols et françaissous la conduite d’Abdelkrim El Khattabi.
En 1921, les Espagnols emmenés par le général Manuel Fernandez Silvestre subissent la terrible défaite d’Anoual, à l’ouest de Melilla. Au cours des combats, ils perdent plusieurs milliers d’hommes et une grande partie de leur artillerie légère.
Cette victoire des Rifains connaît un retentissement exceptionnel puisqu’elle démontre qu’un groupe mobile connaissant les théâtres d’opérations peut battre une armée conventionnelle (même en situation d’infériorité numérique et logistique). Cette guérilla fera d’ailleurs de nombreux émules lors des guerres de décolonisation (le Vietminh au cours de la guerre d’Indochine, le FLN en Algérie).
Fort de ce succès retentissant, Abdelkrim étend son autorité sur l’ensemble du Rif. En février 1922, il proclame la République rifaine, un Etat indépendant axé autour d’un projet politique novateur : faire du Rif une République moderne, en développant l’économie et l’éducation tout en étant reconnu, sur la scène internationale, par la jeune Société des Nations (SDN). Ce projet politique et le désastre d’Anoual inquiètent la France qui possède d’importants territoires au sud du Maroc. A partir de 1925, la confrontation avec la France devient inévitable et un conflit très violent s’engage. Lyautey, résident général à Rabat, favorable à une solution politique qui passe par la reconnaissance de l’autonomie du Rif, est remplacé par Pétain, partisan d’une solution militaire. Paris envoie de très nombreux renforts aussitôt engagés dans une guerre totale dans le Rif insurgé.
Les villages rifains sont rasés par l’artillerie et l’aviation, l’utilisation du gaz moutarde se généralise. Avec l’appui des troupes espagnoles dirigées par le dictateur Miguel Primo de Rivera (au pouvoir en Espagne depuis 1923), les troupes coloniales composées de 400 000 hommes défont les 75 000 Rifains. Abdelkrim est encerclé à Targust puis battu à Alhucemas. Il se rend à l’état-major français en mai 1926.
D'abord plutôt favorable à l'instllation occidentale dans le Rif, les positions d'Abdelkrim se radicalisent à mesure que les Espagnols s'embourbent dans le conflit. Emprisonné en 1917 pour s'être déclaré favorable à l'indépendance, il mène bientôt la lutte à la tête des tribus rifaines. En 1922, il cherche à faire reconnaître la République du Rif par la SDN. En vain. Pris en tenaille par les troupes espagnoles et française, il capitule en 1926. Réfugié au Caire en 1947, il devient, jusqu'à sa mort en 1963, un symbole de la lutte anticoloniale.
Cette reddition met fin à la guerre du Rif mais non à l’extraordinaire espoir qu’il a suscité dans le monde colonisé. Abdelkrim devient alors un des symboles de la lutte anticoloniale. Exilé à la Réunion, il parvient à s’évader lors d’un transfert en 1947 et s’installe en Egypte où il participe au Comité de Libération pour le Maghreb arabe.
La guerre a aussi de fortes répercussions dans la métropole. En effet, les communistes, conformément aux objectifs de la IIIème Internationale, mènent une campagne anti-impérialiste et milite pour la reconnaissance d’une République indépendante du Rif. Le conflit provoque aussi l’éclatement du Cartel des gauches.
Abdelkrim et la guerre du Rif par figra
Sources :
- L'Histoire n°367, septembre 2011. Olivier Thomas: "Abdelkrim et l'indépendance du Rif".
- E. Melmoux, D. Mitzinmacker : « Dictionnaire d’histoire contemporaine », Nathan, 2008.
- C. Taraud : « La colonisation », collection idées reçues, le Cavalier bleu, 2008.
Liens:
- La video encore visible quelques jours ici.
- La vie des idées: "une guerre coloniale oubliée: le Rif, 1921-1926." (Romain Ducoulombier)
Treme : NOLA après Katrina

Le dieu des séries existe. Vous l'avez peut être déjà rencontré en visionnant sa création sise à Baltimore, intitulée "The Wire". Cinq saisons, 60 épisodes pour disséquer avec la précision d'un chirurgien ou nouer, avec celle d'une dentellière, les complexes relations entre les flics, les gangs, les dockers, les journalistes et les politiciens de cette grande métropole de l'est des Etats-Unis. Et autant pour faire naître, sous les yeux d'un spectateur ébahi, le quotidien sans concession, organique, poisseux des habitants de Baltimore avec lequel on se familiarise, dans lequel on sombre parfois, tant il est dénué d'angélisme et de manichéisme.

Autant dire, que "Tremé" (s'écrit "Treme" ou "Tremé" et se prononce "twemay") , nouvelle série de David Simon, qui donna vie à "The Wire", était attendue avec une certaine impatience...Saison 1 visionnée, le plus difficile maintenant est de patienter jusqu'à la deuxième et d'aller brûler un cierge pour que toutes celles qui suivront soient de la même facture.




[Albert Lambreaux dirige avec d'autres indiens une cérémonie funéraire.]

- "Katrina 2005, l'ouragan, l'état, et les pauvres aux Etats-Unis", EHESS, 2010
- "L'Amérique pauvre" , editions Thierry Magnier, 2010
- et sa contribution à "La riche histoire des pauvres", Institut de recherche de la FSu, éditions Syllepses, 2007
- Un article de la revue Vertigo : http://vertigo.revues.org/2096
- Un des derniers numéros du "Dessous des cartes" datant du 12/12/2010 : "Risques natrels, tous inégaux"
- Le site de l'office du tourisme de la ville
- Le site de la ville.
- Les dossiers du Times Picayune sur le site Nola.com en tapant Katrina das la barre de recherche.
- Site officiel de la série sur HBO
- Wendell Pierce, acteur emblématique de The WIre et de Treme, parle de son quartier natal de Treme à La Nouvelle-Orléans qu'il nous fait visiter. A voir absolument !
- Site officiel de la série sur HBO
- et sur l'Histgeoblog, un article que j'avais consacré à la série "The Wire, les territoires urbains des Etats-Unis"

- Blacksad : un privé à la Nouvelle Orléans
- Katrina, 2005 : Entretien avec Romain Huret
- Le rap de La Nouvelle-Orléans : Entretien avec Jean-Pierre Labarthe
- Faire de la musique après Katrina (à venir)
- La Nouvelle-Orléans dans la BD francophone
- Le Funk de la Nouvelle-Orléans (à venir)
- Petite histoire de la Nouvelle-Orléans :
- La fondation (1718-1763)
- De l'ère espagnole à la vente (1763-1803)
- Le XIXème siècle (1803-1865)
- Reconstruction et ségrégation (1865-1965)
- Entre déclin et catastrophes (1965-2011)
et pour finir quelques morceaux choisis, bonne écoute !





20.03.12 19:40:38,
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