Samarra


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« ITINÉRAIRES CROISÉS Vosges Algérie / Algérie Vosges – 1830 → 1970 » : Expo à Epinal

par Aug Email

 

 

A l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie, les Archives départementales des Vosges organisent jusqu'au 23 février une exposition exploitant ses propres archives et des documents ou objets prêtés par des particuliers. Saluons cette initiative qui permet d'explorer les relations entre le département et l'Algérie, depuis l'époque de la conquête par les Français jusqu'aux années 1970.

 

Un des organisateurs de l'exposition, Alexandre Laumond, a accepté de répondre aux questions d'élèves de Terminale. Je vous propose de voir cet interview sur le Blog Maghreb-France.

"Lorsque ma part algérienne s'exprime dans le micro de la vie"

par Aug Email

 Médine dans les rues d'Alger tel qu'il apparaît dans le clip

 

L'année 2012 a vu fleurir les publications et commémorations d'une guerre aux noms différents selon le regard porté : simples "évènements" ou "guerre sans nom" pour les uns, "guerre de libération nationale" ou "d'indépendance", "révolution", "jihad", "guerre d'indépendance des Algériens" pour les autres  ou simplement "guerre d'Algérie". Nous avons voulu revisiter certains évènements de cette guerre tout en réfléchissant aux différentes mémoires qu'elles a engendrées.

 Sur l'histgeobox, nous vous proposons de mener cette réflexion en suivant pas à pas le rappeur Médine.

 


Retrouvez le sommaire de notre dossier sur l'Algérie et ses mémoires de l'époque coloniale à la Guerre (1830-1962)

L'Algérie et ses mémoires, de l'époque coloniale à la Guerre (1830-1962)

par Aug Email

 

[Timbre français de l'époque coloniale et timbre algérien de 1995 commémorant les massacres de Sétif et Guelma, 8 mai 1945]

 

En cette année 2012, les Algériens, les Français et ceux dont l'histoire personnelle ou familiale est liée à l'histoire commune de l'Algérie et de la France se rappellent que la Guerre douloureuse qui a séparé les deux pays s'est achevée il y a 50 ans, en 1962.

Au programme d'histoire en Troisième et en Première, la colonisation de l'Algérie et la Guerre font depuis cette année l'objet d'une étude en Terminale intitulée "l’historien et les mémoires de la guerre d’Algérie". Il s'agit d'étudier l'historiographie de la Guerre en évoquant les différentes mémoires, souvent conflictuelles, qui sont apparues avant même la fin de celle-ci.

Pour aborder ces différents aspects, l'équipe de Samarra et de l'histgeobox a choisi d'utiliser, comme à son habitude, la musique et la BD :

 

  

 

 

Nous vous invitons par ailleurs à retrouver tous nos autres articles sur ce thème sur nos différents blogs :

 

"Dans l'ombre de Charonne", un magnifique éclairage sur le 8 février 1962.

par vservat Email

Paris, 8 février 1962. Bravant l'interdiction posée par la préfecture de police alors aux mains de Maurice Papon, des cortèges nombreux, répondent à l'appel du parti communiste et de syndicats ouvriers, étudiants et enseignants, et convergent vers la place de la Bastille, certains empruntant le boulevard Voltaire. Les manifestants souhaitent dénoncer la violence exercée par l'OAS qui, la veille, a fait exploser une bombe au domicile d'André Malraux, défigurant la petite D. Renard âgée de 4 ans atteinte par des éclats de vitre, et la privant d'un oeil. Plus largement au terme de presque 8 années d'une guerre sanglante, les militants qui battent ce soir là le pavé parisien souhaitent se prononcer contre la guerre que mène la France contre les partisans de l'indépendance algérienne.

 

 

 

Alors que les cortèges s'apprêtent à se disperser, les forces de police armées de leur terrible bidule (1)chargent violemment les manifestants, l'interdiction de défiler légitimant d'autant plus le déchainement des violences. Tentant de fuir, une foule dense et paniquée s'engouffre dans la station de métro Charonne : chutes en série, entassement des corps, puis intervention des forces de police qui loin de porter secours aux personnes désarmées et dans l'incapacité de nuire, leur jettent grilles d'arbres métalliques, tables de café et assènent de violents coup de bidules. On dénombrera 9 morts (dont un qui décède à l'hôpital des suites de ses blessures), le plus jeune d'entre eux, Daniel Fery a tout juste 16 ans.

 

 

5 jours plus tard, le 13 février 1962, une marée humaine participe aux obsèques des victimes qui se terminent au Père Lachaise. Aujourd'huiune plaque discrète rappelle ce drame à l'intérieur de la station de métro Charonne. Le carrefour lui même est baptisé de la date et du nom de l'évènement  en mémoire de cette funeste soirée : ceux qui en voiture quittent le boulevard Voltaire pour remonter la rue de Bagnolet ont tout juste le temps de la lire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charonne c'était il y a 50 ans. Depuis les historiens ont fait leur travail les uns sur les mémoires de la guerre, leur concurrence et l'impossible cicatrisation des blessures engendrées, les autres sur les violences perpétrées durant la guerre d'Algérie (2). Et puis sur Charonne, il y eut cet ouvrage presque indépassable d'A. Dewerpe (3)qui présente la somme de ses recherches, éclaircit les circonstances du drame (non les grilles du métro n'étaient pas fermées), pointe les responsabilités (non les exactions commises ne sont pas le fait des Compagnies Républicianes de Sécurité), dénonce les défaillances qui laissent les plaies à vif (ce qui concerne la mascarade de suites judiciaires notamment) pour étayer une conclusion : Charonne comme le 17 octobre 1961(4) est un massacre d'état.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrivé là, on se dit que l'examen est fait et le dossier est bouclé. Le paysage politique s'étant recomposé, on sait qu'il est aujourd'hui difficile de faire vivre la mémoire de cet évènement portée pendant longtemps par le parti communiste. Les manuels scolaires (parfois avec des versions fantaisistes qui ne plaident pas pour le sérieux des éditeurs) ne consacrent guère que quelques lignes à Charonne, évènement victime de la surenchère encyclopédiste des programmes scolaires. Une mention furtive aux actualités au moment des "anniversaires" pour rappeler sommairement les faits doit nous contenter.

 

 

Mais c'est sans compter sur la ressource que constitue le 9ème art pour parler d'histoire et le talent autant que la rigueur scientifique de l'ouvrage dont il va être maintenant question. "Dans l'ombre de Charonne" de Désirée et Alain Frappier réussit le tour de force de s'appuyer sur des connaissances historiques solides pour délivrer un récit humaniste et haletant des évènements, d'articuler intelligemmenttrajectoire individuelle et engagement collectif, d'utiliser aussi l'oeil du témoin allié la fibre militante pour travailler le contexte et la mémoire de l'époque afin de délivrer un récit graphique d'une très grande justesse sur le sujet abordé.

 

 

 

 

 

Un témoin longtemps muet pour amorcer le récit :

 

"Dans l'ombre de Charonne" existe parce que Maryse Douek épouse Tripier a accepté, après des années de silence, de replonger dans ses souvenirs. Pendant longtemps elle a souffert dans l'ombre de Charonne, luttant contre ses angoisses, sa claustrophobie. Le 8 février 62, elle avait 17 ans. Lycéenne, elle a répondu à l'appel de la manifestation. Comme d'autres elle a chuté dans les escaliers de la bouche de métro et s'en est sortie miraculeusement. Elle n'a accepté de livrer son témoignage qu'après une hospitalisation. Les auteurs se sont appuyés sur ses souvenirs pour nous emmener au coeur des évènements, et avec Maryse, aucun doute, nous sommes au premières loges.

 

 

Si les auteurs en étaient restés à la trajectoire singulière de leur témoin, il est à parier que la portée de leur travail aurait été moindre. Mais étayée par de solides compléments historiques et par une contextualisation autant politique que sociale, leur restitution nous permet de saisir l'évènement dans sa genèse, dans son déroulement et dans les questionnements qu'il ne manque pas de déclencher.

 

 

 

Maryse est donc une jeune lycéenne de 17 ans scolarisée à Sèvres dans un établissement expérimental. Ses origines égyptiennes et son arrivée récente en France lui confèrent un regard peut être différent sur la situation de la France. Dans son lycée atypique de l'ouest parisien dans lequel elle se lie d'amitié avec le fils du grand Jean Vilar, la guerre d'indépendance algérienne est un sujet de controverses entre les élèves. Entre ceux qui s'affichent pour l'Algérie Française, et les camarades de Maryse plus sensibles à la cause des indépendantistes algériens, il y a Saïd, le Kabyle qui rappelle sans cesse que cette guerre concerne la France et un territoire devenu français par la conquête coloniale depuis 1830, faisant de l'Algérie trois départements français dont la population a été humiliée dans ses droits par le code de l'indigénat(5),blessée dans sa chair par une puissance coloniale qui maintient sa domination par la violence extrême et le bruit des armes. Au milieu des lectures du conflit et de ses enjeux ainsi présentés par les dires des lycéens, affleurent les préoccupations plus banales d'adolescents qui s'éveillent inévitablement à la vie politique dans un quotidien rythmé par les prises de position des uns et des autres et les attentats aveugles de l'OAS.(6)

 

 

 

 

 

Dans la nuit du 8 février 1962 :


Vient le temps de relater la manifestation. La force des images s'allie alors à la justesse des mots pour rendre compte des espoirs et l'indignation qui portent ces jeunes vers l'action et qui leur fait toucher du doigt le pouvoir thaumaturgique et la force électrisante de l'engagement collectif : "En haut de la rue du Chemin-Vert, happés par une foule immense déferlant sur le boulevard Voltaire, nous nous fondons dans le flot des manifestants. Nombre d'émotions contraires se bousculent en moi.  La peur de l'interdit. Des forces de l'ordre. L'inquiétude qui me serre le ventre depuis notre départ. Les cirés noirs et luisants s'arrachant subitement à la nuit pour s'abattre sur nous. La joie aussi. Une joie qui se respire dans l'air humide et froid qui nous entoure. Notre conviction. Notre multitude. Rien ne pourra nous arriver. Nous sommes comme une forêt qui marche."

 

 

 

 

Rien n'échappe aux crayons et au verbe des auteurs pour ensuite nous conduire avec Maryse dans la bouche de métro. La panique qui s'empare subitement de la foule. Les cris, les courses poursuites, les bruits évocateurs de dangers à venir. La fuite, la chute, le noir, la conscience plus ou moins forte de ce qui se déroule, les ténèbres totales et le retour à la vie sur un banc du métro. Il faut alors alterner habilement la transcription des faits par la voix de Maryse, et par une narration surplombante de façon à donner au lecteur les éléments de compréhension de la situation dans et autour de la station de métro. Ainsi, bien que notre "héroïne" soit enfouie sous les corps entassés dans les escaliers, le lecteur comprend comment la dangerosité a atteint son acmé avec le déchainement aveugle des violences policières sur le parcours du cortège.

 

 

 

 

 

 

Sortir de l'ombre, un très long chemin :

 

Dans l'ombre de Charonne, pose enfin la question de l'après, du traumatisme, de la mémoire de l'évènement, et de la résilience. Cela permet aussi d'aborder certains aspects de la réalité historique de l'époque, en particulier celui de la censure, qui s'opère via la presse sur la restitution des évènements (7)(c'est l'occasion de revenir sur le mythe de la fermeture des grilles) mais aussi de jauger la portée de ce qui s'est joué à Charonne le 8 février 1962 en évoquant par exemple les obsèques des victimes et leur cortège en forme de marée humaine.

 

 

 

 

 

 

La foule aux obsèques des victimes de la manifestation.(Archives municipales d'Ivry)

 

 

 

 

 

 

 

 

Se relever d'un tel traumatisme supposerait de pouvoir obtenir sa reconnaissance par la justice. Or, le problème avec les crimes de Charonne c'est que les responsables traduits devant les tribunaux ont bénéficié d'une protection. Cette protection octroyée aux bourreaux est comme une double peine pour les victimes (8)Par conséquent, il faut chercher d'autres voies qui ne sont pas simples à emprunter chacun, selon sa sensibilité et la nature du traumatisme subi, ayant plus ou moins la faculté  d'affronter la douleur. A. Dewerpe a choisi le mausolée de papier, fruit d'une enquête magistrale pour parler de la manifestation qui l’a tragiquement privé de sa mère Fanny qui compte parmi les victimes. D'autres n'ont pu se livrer à cet exorcisme démesuré dans sa forme mais ô combien remarquable dans le fond, et ont subi un long calvaire lié à cette soirée du 8 février. C'est un peu le cas de Maryse qui confesse avoir bien vite oublié la guerre mais qui a souffert de nombreuses années de claustrophobie et d'angoisses. Un peu à mi chemin, il y a ceux qui finissent par se saisir de l'espace public pour interpeler les responsables politiques : c'est le cas de Yves Bernard qui en 1992 adressa à la presse un Pourquoi? destiné à comprendre la mort de son père (9).

 

 

 

Mais ce que nous disent peut être  Alain et Désirée Frappier pour conclure "Dans l'ombre de Charonne" c'est qu'au delà des parcours individuels,l'échange et le partage permettent de revenir de Charonne. C'est de nouveau du collectif que la lumière jaillit, de ces débats, de ces projections, de ces rencontres entre ceux qui ont vécu les faits et ceux à qui ils les racontent. Là, le dialogue tisse un lien vivace et sensible qui permet de questionner l'histoire et les mémoires pour mieux déjouer les insuffisances volontaires ou partiellement contraintes de la connaissance de ce que fut le 8 février 1962.

 

 

 

 

 


Notes :

(1) Le bidule est un très long bâton de bois (plus d’un mètre) qui équipe les compagnies de police de district parisiennes.

(2) Les ouvrages historiques sur la Guerre d’Algérie sont nombreux : on connaît surtout ceux de B. Stora, il faut également lire ceux de S. Thénault et ou R. Branche. On peut également aborder le sujet par le biais des mémoires d’historiens (celles de Vidal- Naquet) ou encore par le biais d’expositions (voir le catalogue de l’exposition récente du musée de l’armée).

 

 

(3) Alain Dewerpe, Charonne : 8 février 1962, anthropologie historique d’un massacre d’état, folio histoire, 2006.

 

 

(4) Le 17 octobre 1961 des milliers d’algériens répondent à l’appel à la manifestation lancé par le FLN afin de protester contre le couvre feu instauré par cette même préfecture de police. Contrôlés par l’organisation, les manifestants s’y rendent désarmés et subissent de nombreuses violences policières (coups, mise en rétention, assassinat par noyade). On dénombre au moins une centaine de morts.

(5) Le code de l’indigénat instaure dans les colonies françaises comme l’Algérie une citoyenneté dénaturée et dépréciée pour les colonisés. Pour en connaître les développements sur le plan juridique consulter le site de la LDH Toulon.

(6) Rappelons que l’OAS (organisation de l’Armée Secrète) nait de l’échec du putsch des généraux en 61. Une partie de l’armée devenue clandestine organise des attentats aveugles en France et en Algérie imposant un climat de terreur généralisé visant à freiner le processus qui doit conduire l’Algérie vers son indépendance.

(7) L’article de J. Derogy dans l’Express, considéré par Dewerpe comme l’un des rares papiers à donner une transcription acceptable de l’événement est produit en annexe.

(8) Il faut rappeler qu’au procès civil, dernier de la série, les responsabilités du drame sont imputées à la ville de Paris et aux victimes elles mêmes !.

(9) Le texte est également reproduit en annexe

 

 

 

 

"Retour à Saint Laurent des Arabes" de D. Blancou : un éclairage bienvenu sur un aspect méconnu de la guerre d'Algérie.

par vservat Email

La guerre d’indépendance algérienne ne fut pas qu’un conflit à distance. Sa présence dans le débat public français au moment des évènements qu’on la mesure aux titres de la presse, aux dommages collatéraux dans le monde politique, aux manifestations, aux actes de violence ou en ce qu’elle bouleversa la vie des hommes et des femmes de l’époque n’est pas négligeable. Elle a également laissé des traces et des traumatismes dans la société française a posteriori. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans "Retour à Saint Laurent des Arabes" D. Blancou nous emmène entre Avignon et Bagnols sur Cèze,  juste après 68. La mère de l’auteur y est nommée institutrice dans un endroit assez particulier  appelé cité d’accueil de Saint Maurice L’Ardoise, sur la commune de Saint Laurent des Arbres. C’est son tout premier poste. Le lieu n’est autre qu’un site contrôlé depuis longtemps par l’armée. Chargé d’histoire, il a d’abord servi de camp d’internement pour les réfugiés espagnols en France après la Retirada (1).

 

Puis, pendant la guerre,  l’occupant nazi  y incarcère des prisonniers polonais ou russes  avant d’y être enfermés à leur tour, la paix revenue. Ensuite l’armée utilise le site comme lieu de préparation pour les soldats partant en Indochine. Pendant la guerre d’Algérie y sont assignés à résidence  des membres du FLN et de l’OAS… 

 

 

 

En 1962, l’afflux de population quittant l’Algérie pour la France dépasse les prévisions des autorités. Un camp est construit dans le Larzac pour les Harkis (2) mais devant l’impossibilité d’y loger tout le monde, une partie d’entre eux est détournée vers ce camp militaire du sud est de la France à Saint Maurice l’Ardoise.

 

 

Le père de D. Blancou y est affecté, lui,  en 1967. L’auteur prend donc ses parents à témoin pour conter à la fois une histoire intime, celle  de sa famille, et l’histoire de ce camp et de ses "habitants". Les lieux sont évoqués en image autant par le souvenir que dans leur état actuel (évidemment il n’en reste que d’infimes traces). En effet, Blancou et son père s’y rendent pour mieux réactiver la mémoire de l’ancien instituteur.

 

 

De prime abord, les deux parents n’ont pas eu la même perception des lieux. La maman de l’auteur semble davantage préoccupée par les enjeux pédagogiques relatifs à la prise en main de son premier poste que par les particularités de l’endroit où elle est affectée. Ainsi, les souvenirs qui lui reviennent sont ceux des difficultés à communiquer avec des enfants qui parlent peu français, son souci de les faire progresser en lecture par exemple, ou de leur faire la classe. Le père de D. Blancou a déjà enseigné un an quand il arrive à St Maurice. Il fuit en fait son poste précédent situé au village de Saint Laurent des Arbres où le racisme ordinaire et quotidien pèse sur son travail (il enseigne à des classes où les élèves venus d’Algérie sont mélangés aux enfants du village) et heurte ses convictions. C’est d’ailleurs l’expression de ce racisme qui transforme le nom du village en "Saint Laurent des Arabes" donnant son titre à la BD.

 

La BD retrace donc cette expérience d’enseignement et cette tranche de vie familiale jusqu’au démantèlement du camp en 1976.  

 

 

 

 

 

La démarche adoptée par l’auteur s’apparente beaucoup à ce qu’à fait Etienne Davodeau avec "Les mauvaises gens". Mais là où Davodeau réussit à faire surgir l’émotion par l’hommage qu’il rend au parcours de ses parents, Blancou cherche davantage à imbriquer les parcours de son père et sa mère avec celui des Harkis dans l’espace du camp.  

 

Il n’y parvient que partiellement car si le récit n’est pas avare des rencontres riches et multiples entre les deux instituteurs et la population du camp, dans le cadre professionnel ou personnel, il ne donne jamais la parole directement aux internés. Ce choix d’une narration qui ne s’exprime que par la voie parentale, s’il ne peut être reproché à l’auteur, contribue à créer une distance entre les deux mondes qui vivent à l’ombre des barbelés et des miradors, même si elle fut sans doute moins grande qu’il n’y parait dans la restitution qui en est faite ici. C’est dommage car la partie historique du récit est tout à fait intéressante, documentée  et donne envie d’en savoir davantage (3). Autre bémol, le fait de procéder par réactivation de la mémoire parentale conduit ponctuellement à une restitution un peu angélique des faits : ainsi, les enfants ont bien entendu tous soif d’apprendre, la générosité et l’hospitalité sont généralisées etc. 

 

 

 

Mes ces quelques réserves sont bien compensées par l’intérêt suscité par le sujet abordé. Les Harkis, on le sait, ayant une histoire au cours du conflit mais aussi après, terriblement douloureuse et souvent méconnue, on doit reconnaître le mérite de l’auteur d’avoir choisi d’en parler avec une grande honnêteté sous couvert des souvenirs familiaux qui autorisent quelques embellissements nostalgiques attestant pudiquement d’un attachement, d’un investissement affectiuf et militant dans le projet à l’époque et aujourd’hui.

 

Notes : 

(1) La retirada est un épisode de la guerre d’Espagne qui voit l’exil massif de réfugiés républicains en 39 via les Pyrénées après la prise de Barcelone par les troupes de Franco.

(2)Le mot "harki" est un dérivé colonial du terme harka qui désigne un groupe de combattants menant une expédition guerrière. Durant la guerre d’indépendance algérienne, l’armée française fit appel à des Algériens pour combattre les indépendantistes à ses côtés. Le terme "Harki" désigne alors ces personnes et prend un sens péjoratif encore plus accentué à la fin de la guerre d’indépendance algérienne. Considérés comme des traitres (alors que leur recrutement était loin de se faire sur la base du volontariat), les harkis fuient massivement l’Algérie et se réfugient en France où ils sont fort mal acceuillis comme l’atteste le récit des parents de D. Blancou dans la BD.

(3) Sur cette page se trouvent les références d’un certain nombre d’études scientifiques sur le camp de Saint Laurent des Arbres.

 

 

"L'abus de pouvoir" dans l'Algérie coloniale : entretien avec Didier Guignard

par Aug Email

Au moment du 50ème anniversaire de la fin de la Guerre d'Algérie (entre mars et juillet 1962), nous avons voulu mieux comprendre les origines de la situation coloniale. La France a en effet pris progressivement le contrôle de l'Algérie à partir de 1830 mais sa politique a évolué au cours du XIXème siècle. Nous avons demandé à l'historien Didier Guignard de nous parler des changements qui interviennent entre la fin du Second Empire et l'installation de la IIIème République, régime qui relance la colonisation, en Algérie comme ailleurs, sous l'impulsion de Jules Ferry. Didier Guignard a soutenu en 2008 une thèse sur « L’abus de pouvoir en Algérie coloniale, 1880-1914 – Visibilité et singularité ». Les idées essentielles de cette thèse ont été publiées en 2010 dans un ouvrage paru aux Presses universitaires de Paris-Ouest. Il revient sur le système électoral mis en place, sur la question de la citoyenneté, sur la dépossession de la terre et sur l'instrumentalisation de l'antisémitisme.

 

1. Qu’est-ce qui change dans la situation administrative et politique de l’Algérie entre les années 1860 et les années 1880 ?

 

2. Qui possède la terre en Algérie à cette époque ?

 

3. Pourquoi parlez-vous « d’abus de pouvoir » ?

 

4. Pourquoi ces abus n’ont-ils pas été remis en cause ? Ont-ils été dénoncés en Algérie ou en Métropole ?

 

5. Finalement, quel est le lien entre les "scandales algériens" et la question de l'antisémitisme ?

 

Voici les questions auxquelles Didier Guignard a bien voulu répondre. Pour lire ses réponses, rendez-vous sur le blog Maghreb-France sur lequel travaillent des élèves tunisiens et français.

 

 

 

17 octobre 1961 : 50 ans déjà. Entretien avec Peggy Derder.

par vservat Email

Le 17 octobre 2011, c'était il y a quelques semaines, à peine, et l'occasion de revenir sur un journée restée dans l'ombre de l'histoire de France et de la guerre d'Algérie. A cette même date, le 17 octobre 1961, les algériens de France répondent à l'appel à manifester du FLN. Désarmés, car préalablement contrôlées à cette fin, des hommes, des femmes se retrouvent dans Paris qu'ils n'atteignent pas tous, pour protester contre le couvre feu qui leur est imposé par la préfecture de Police aux ordres de Maurice Papon. Il s'ensuivra une nuit d'horreur rythmée par les arrestations arbitraires, les tabassages en règle, les enfermements dans les centres de Vincennes notamment, et pour un grand nombre aussi la Seine comme seule sépulture offerte par les forces de l'ordre. 

 

Paris, 17/10/61, Photo Elie Kagan.

Avec Peggy Derder (1), historienne, dont les travaux de recherche portent sur l'immigration algérienne et la guerre d'indépendance de l'Algérie, nous revenons sur cet évènement pour en comprendre les enjeux hier et aujourd'hui aussi bien pour les victimes, les historiens que dans le débat public.

 

Les 50 ans de l'évènement n'ont pas permis de lever toutes les zones d'ombre mais il ont montré la volonté de plus en large que la lumière soit faite, les torts établis, et les victimes reconnues. Signalons que la sénatrice E. Benbassa, par ailleurs directrice de l'EHESS, a déposé à cette fin il y a quelques jours (le 27 octobre), , une proposition de loi au Sénat "visant à la reconnaissance de la responsabilité de la République française dans le massacredu 17 octobre 1961". 


 

 

  • La journée du 17/10/1961 s’inscrit dans la dernière partie de la guerre d’Algérie qui est un sujet vif dans le débat public et scientifique français. De quelle manière les avancées faites sur l’histoire de la guerre d’Algérie peuvent elles faire avancer la connaissance autour du 17 octobre 1961 ?

 

Les travaux sur la guerre d’Algérie se sont effet multipliés ces dernières années et ont rencontré un intérêt de la part du grand public, avec une accélération au tournant des années 2000 à la faveur des débats et polémiques autour de la torture. Les recherches n’ont cessé d’avancer, creusent dans des directions différentes et enrichissent notre connaissance d’une période encore souvent perçue comme taboue.

 

Les récentes recherches dirigées par Raphaëlle Branche et Sylvie Thénault qui ont donné lieu à un ouvrage intitulé « La France en guerre 1954-1962. Expériences métropolitaines de la guerre d’indépendance algérienne » (éditions Autrement, 2008) nous donnent à voir des aspects méconnus du vécu des populations ou de l’impact (ou de l’absence d’impact) de la guerre d’indépendance dans les différentes régions de l’Hexagone. Je pense aussi aux travaux de Linda Amiri sur la fédération de France du FLN et la guerre d’indépendance en métropole. La thèse d’Emmanuel Blanchard sur la police et les immigrés algériens qui vient de paraître restitue les méthodes et les violences policières et permet de mieux appréhender le contexte du 17 octobre 1961.Les historiens anglo-saxons s’intéressent également à ce pan de notre histoire, dans le cadre de leurs post-colonial studies. Ainsi le dernier ouvrage important sur le 17 octobre 1961 est le fruit des travaux de Jim House et Neil MacMaster .

 

 

 

  • Le 17/10/1961 est-il encore aujourd’hui un vrai chantier d’études pour les historiens ? (je ne sais pas s’il est utile de garder la forme interrogative dans cette partie car j’imagine que la réponse est un oui ferme !) Finalement où en est l’état de la recherche, de l’accès aux archives, du bilan humain de cette journée et de ses suites 50 ans après les faits ?

 

 

La recherche avance comme le prouvent les recherches récentes sur la guerre d’indépendance algérienne aussi bien en métropole que sur le territoire algérien. L’accès aux archives a longtemps été problématique pour les chercheurs, en raison des délais de non communicabilité des archives. Les dérogations ont été accordées très ponctuellement et de manière a priori aléatoire. Les déboires rencontrés par Jean-Luc Einaudi le confirment : il n’a jamais eu accès aux archives demandées. Aujourd’hui avec la nouvelle loi sur les archives de 2008 et l’expiration du délai de cinquante ans ; les choses s’annoncent normalement plus simples. Seulement, précisément sur la nuit du 17 octobre 1961, des archives ont mystérieusement disparu comme celles de la Brigade fluviale. Surtout il y a fort à parier que les violences policières de cette nuit-là et des suivantes dans les centres de détention (Vincennes, Palais des Sports, stade de Coubertin etc) n’ont pas laissé de traces dans les archives. Mais les blessures, les morts, le racket et toutes les brutalités policières ont été couvertes par le préfet de police Maurice Papon et le gouvernement de l’époque, dirigé par le gaulliste Michel Debré. Lorsque des parlementaires, Eugène Claudius-Petit et Gaston Defferre, ont réclamé une commission d’enquête, ils se sont vus opposer un refus systématique. Le bilan officiel est resté inchangé : trois morts.

 

2 journaux dans les jours qui suivent le 17/10/61 [@arret sur images]

Aujourd’hui si on se base sur l’investigation menée par Jim House et Neil MacMaster, qui ont fouillé quantité d’archives et repris des témoignages, on peut avancer un chiffre d’au moins une centaine de morts pour la nuit du 17 octobre 1961. Il s’agit d’un paroxysme. Ces morts s’inscrivent dans une longue lignée de victimes de la répression policière, de type coloniale, en plein cœur de la métropole.

 

 

  • En France, cette journée n’appartient pas qu’aux historiens, elle est en question dans l’espace public. Longtemps victime de la censure et de l’omerta (de nombrexu documents d'époque films, photos, témoignages, livres ont été censurés, détruits) ou de l’ombre faite par d’autres journées tragiques de la guerre d’Algérie (celle de Charonne, par exemple), elle a ressurgi à la faveur du procès Papon.(1) Comment l’histoire et la mémoire de cette journée ont-elles réussi à « survivre » à ces obstacles ?

 

 

L’histoire et la mémoire de ces événements sont en effet restées longtemps souterraines. Elles ont été portées par des militants et des intellectuels qui ont multiplié les efforts pour que la vérité surgisse. C’est le cas de Jacques Panijel avec son film « Octobre à Paris » qui vient de sortir en salles… cinquante ans après son interdiction ! Pierre Vidal-Naquet dans son ouvrage « La torture dans la République » (1972) en parle également. On peut citer bien entendu Jean-Luc Einaudi dont la pugnacité et le travail, en particulier avec son ouvrage « La Bataille de Paris » en 1991, ont énormément contribué à l’émergence de cette mémoire. De nombreuses autres personnes seraient encore à citer comme Didier Daeninckx, Daniel Mermet, Olivier Lecour Grandmaison ou encore Mehdi Lallaoui et Samia Messaoudi au sein de leur association « Au nom de la mémoire » et bien d’autres encore.

 

 

  • L’Algérie vient d’éditer un timbre commémorant les 50 ans du 17/10/61. Peux tu nous expliquer quelle façon l’histoire et la mémoire de cette journée sont abordées de l’autre côté de la Méditerranée, du point de vue des historiens, des politiques, avec quels enjeux dans le débat public ?

 

 

En Algérie, l’histoire de la fédération de France du FLN et du rôle central de l’immigration dans la « guerre de libération », a été reléguée aux marges de la mémoire collective. L’histoire officielle a valorisé l’action des moudjahidine (combattants) et des chahid (martyrs) de la révolution, souvent sur le mode épique. Les raisons sont essentiellement politiques et relèvent de clivages internes au sein du FLN. Lorsque Ben Bella accède au pouvoir à l’indépendance, il ostracise les cadres de la fédération de France. Le récit national privilégie les combats de libération du territoire algérien et quelques figures dites héroïques du FLN. Les immigrés et les cadres de la Fédération de France sont écartés de ce récit au même titre que les femmes, les communistes ou les Kabyles… Cependant, quelques initiatives visent à inverser la tendance. En 1968, le 17 octobre est devenu en Algérie une date commémorée officiellement comme la « Journée nationale de l’émigration ». Le timbre émis cette année par Algérie Poste montre des hommes battant à mort et jetant dans la Seine des manifestants, en arrière-plan le drapeau algérien est hissé sur la Tour Eiffel.

 

 

  • La date des 50 ans du 17/10/1961 vient de passer, et l’évènement revient quelque peu sous les lumières de l’actualité. Un des mots d’ordre de la manifestation autour du Grand Rex était de demander que cette journée soit reconnue comme un « crime d’état ». Quels sont les enjeux d’une telle reconnaissance pour les victimes, les associations, les chercheurs etc ?

 

 

Le 17 octobre 2011 a été le plus médiatisé à ce jour. De multiples initiatives ont permis de réactiver les mémoires individuelles et collectives de cet événement, de laisser la parole aux témoins, aux militants et aux mouvements associatifs mais aussi de faire un véritable travail d’histoire, notamment lors de deux grands colloques à Nanterre et à l’Assemblée nationale. L’aspect purement commémoratif était également présent en particulier dans des communes de proche banlieue comme Nanterre qui a inauguré un « boulevard du 17 octobre 1961 » et Clichy, sur le pont où de nombreux manifestants ont été victimes de la police. Aujourd’hui une vingtaine de villes de proche banlieue parisienne commémore le 17 octobre dans l’espace public grâce à une plaque ou un nom de rue. Il s’agit de marques visibles et publiques essentielles. Le point d’orgue de ce cinquantième anniversaire fut l’organisation d’une manifestation dans la capitale entre le cinéma Le Rex et le pont St-Michel, deux lieux emblématiques du drame. Elle a réuni 5 000 personnes selon les organisateurs, moitié moins selon la police. Dans les rangs de cette très belle manifestation, on a entendu différents slogans comme « ouverture des archives ! », « vérité et justice ! » et en effet « reconnaissance du crime d’Etat ».

 

Manifestation du 17/10/2011 [@afp]

 

 

Une parole officielle est essentielle pour les victimes et leurs descendants qui verraient ainsi reconnaître leurs souffrances, refoulées voire niées jusqu’à présent. Plus largement pour l’ensemble de la société française, même si la vérité est désormais accessible grâce aux médias, à des films, aux publications dont quelques manuels scolaires, une reconnaissance officielle permettrait de cheminer vers une histoire apaisée de la guerre d’Algérie. Mais n’oublions pas que la reconnaissance de la guerre d’Algérie est elle-même très récente : il a fallu attendre la loi du 18 octobre 1999 pour parler officiellement de guerre alors qu’auparavant on parlait uniquement d’ « événements en Algérie », d’ « opérations de pacification » ou de « maintien de l’ordre ». Le 17 octobre 1961 est un tabou officiel et parfois objet de conflits mémoriels au même titre que de nombreuses pages douloureuses ou crimes de la guerre d’Algérie.

 

 

  • On dispose désormais de davantage de travaux scientifiques mais aussi de vulgarisation sur cette journée sous la forme de BD, de romans, films et même de chansons. Nous donneriez-vous quelques coups de cœur ou recommandations y compris dans le domaine scientifique ?  

 

Pour les ouvrages scientifiques, j’ai déjà parlé des travaux de Jim House et Neil MacMaster dont l’ouvrage me semble essentiel ; et de ceux d’Emmanuel Blanchard, Linda Amiri ou Sylvie Thénault. D’une autre manière les recherches de Naïma Yahi sur l’histoire culturelle des immigrés maghrébins offre un autre éclairage très intéressant sur cette période. Sur le plan musical, Les Têtes Raides ont mis en chanson le magnifique poème de Kateb Yacine « Dans la gueule du loup ». La Tordue et Médine ont également signé deux très beaux morceaux.

 

Du côté littéraire, quelques ouvrages évoquent cette période et la manifestation. A noter, le témoignage de Brahim Benaïcha « Vivre au paradis, d’une oasis à un bidonville » (éd. Desclée de Brouwer, 1999) qui a ensuite été adapté au cinéma par Bourlem Guerdjou. J’aime beaucoup les romans « Le porteur de cartable » (Pocket, 2003) d’Akli Tadjer, « Le sourire de Brahim » de Nacer Kettane (éd. Denoël, 1985) et « De grâce » d’Hamid Aït Taleb (éd. JC Lattès, 2008).

 

De plus, l’association « Au nom de la mémoire » vient d’éditer un recueil de nouvelles « 17 octobre 1961, 17 écrivains se souviennent ». Ces titres complètent le fameux « Meurtres pour mémoire » (Gallimard, 1984) de Didier Daeninckx qui est d’ailleurs le co-auteur d’une BD sortie récemment sur le 17 octobre « Octobre noir » (avec Mako, aux éditions Ad Libris, 2011). Pour les films, j’ai signalé la sortie au cinéma du film de Jacques Panijel réalisé à l’époque. Le téléfilm de fiction « Nuit noire » d’Alain Tasma est intéressant et juste historiquement. Enfin, Yasmina Adi a réalisé un superbe film documentaire « Ici on noie les Algériens » qui est sorti en salles le 19 octobre.

 

On y ajoutera le podcast d'une récente conférence de Jim House, donnée à la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration, accessible par ce lien : http://www.histoire-immigration.fr/histoire-de-l-immigration/les-podcasts-de-l-univercite/saison-2011-2012 et qui est accompagné en bas de page d'un dossier documentaire.

 

Un très grand merci à Peggy Derder d'avoir bien voulu nous accorder cet entretienpour Samarra ! 

Retrouvez aussi le 17/10/1961 sur l'Histgeobox :

http://lhistgeobox.blogspot.com/2011/04/medine-17-octobre-1961-2007.html

http://lhistgeobox.blogspot.com/2008/06/la-tordue-paris-oct-61.html

 

(1) Peggy Derder a publié "L'immigration algérienne et le spouvoirs publics dans le département de la Seine 1954-1962" chez L'Harmattan.

(2) JL Einaudi est amené à témoigner lors du procès Papon au cours duquel il évoque le rôle de l'accusé en octobre 61 lors de la répression de la manifestation. Il confirme ses propos dans le monde en 1998 ce qui mlui vaut un dépôt de plainte de Papon en diffamtion. L'année Maurice Papon est débouté. Cette passe d'arme a contribué à mettre l'évènement sous les feux des médias.

 

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