Samarra


Catégorie: Affiches

Oakoak, le Street Art à St-Etienne

par died Email

 

L'artiste de Street Art Oakoak nous a accordé un peu de son temps pour répondre à quelques questions sur son travail. 

(Propos recueillis par Jean-Christophe Diedrich)

 

 
 
 
Vous êtes un artiste de ce qu’on appelle aujourd’hui du Street Art, souscrivez-vous à cette dénomination ? Comment définiriez-vous d’ailleurs ce « courant artistique » ?
 
Alors en considérant que 95% de mes réalisations sont créées à l'extérieur, je pense que la définition peut correspondre. Ma définition du Street Art serait celle de créer quelque chose à l'extérieur et s'approprier l'espace urbain, l'utiliser. Essayer de faire quelque chose qu'on ne peut pas faire sur une toile blanche.
 
 
Vous n’êtes pas le seul artiste à utiliser la rue comme espace d’exposition, quelles sont vos influences les plus marquantes. Puisez-vous vos sources d’inspiration ailleurs que dans le Street art ?
 
Beaucoup de mon inspiration ne vient pas du Street Art, mais d'autres domaines comme les bandes dessinées, les séries, les jeux vidéo etc etc. Je considère que des bd comme Calvin et hobbes ou une série comme les Simpsons m'ont autant inspiré que des artistes classiques.
En tant qu'artiste de rue, j'apprécie énormément des personnes comme Varini, SPY, Pao, Fra biancoshock. Je les ai d'ailleurs découverts après avoir commencé  à travailler dans la rue. Ce que j'aime avec eux, c'est qu'ils utilisent vraiment l'espace qui les entoure et jouent avec. C'est ce que j'aime dans le Street Art.
 
 
 
 
Parlons un peu de vous, vous signez vos œuvres sous un pseudo, que veut dire Oakoak et pourquoi garder une certaine forme d’anonymat ?
 
Désolé mais c'est personnel.  Par rapport à l'anonymat cela permet plus de liberté je trouve, je suis plus tranquille, et surtout ça permet aux autres de se concentrer sur mon travail et non sur la personne qui le fait.
 
 
Vous vous exprimez plutôt à St-Etienne : cette ville a-t-elle une spécificité particulière ? Son histoire influence-t-elle votre travail ? Les friches industrielles semblent être un terrain de jeu qui vous inspirent, pourquoi ?
 
Personnellement cette ville est parfaite pour le Street Art. Une ancienne ville industrielle et minière possède un terrain de jeu vraiment intéressant. Il suffit de se balader un peu pour découvrir de nombreux endroits qui peuvent être investis. Les villes anciennes ou médiévales sont plus difficiles pour mon travail. De plus, il y a beaucoup de friches industrielles et j'adore aller les découvrir avec des amis. Tout d'abord pour le coté historique, j'aime beaucoup me renseigner sur l'histoire industrielle de cette ville, Ensuite d'un point de vue Street Art on découvre des choses magnifiques car c'est un véritable terrain de jeu pour tous les graffeurs, et enfin on y trouve justement des endroits, du mobiliers particuliers pour pouvoir créer. L'ambiance de ces endroits joue énormément aussi.
 
 
 
A regardez votre travail, vous utilisez un peu toutes les techniques mais d’abord le collage ou la peinture, le graff semble plutôt réservé à votre signature : ce choix est-il guidé par la volonté de ne pas «dégrader » définitivement les murs de la ville ?
 
J'aime beaucoup ce principe éphémère. De plus, cela permet de toujours essayer de trouver de nouvelles choses à faire car les anciennes disparaissent. C'est donc une bonne source de motivation pour créer.
 
 
 
 
Beaucoup de vos travaux utilisent l’univers de la BD, des comics, pensez-vous avoir une spécificité française ou au contraire voulez-vous inscrire dans un art avec des références résolument  « mondialisées » ?
 
Mes références sont assez internationales je pense, les bd sont celles de mon enfance ou adolescence donc bande dessinée belge ou comics. Par rapport aux séries ce sont des séries comme futurama ou les simpson qui m'inspirent.
Je dirai donc qu'elles sont mondialisées.
 
 
 
 
Comment vivez-vous de votre art ? Avez-vous déjà obtenu des « commandes » de municipalités ?
 
Je ne vis pas de mon art, la vente d'oeuvres plus classiques ou de livres me permet de gagner de l'argent pour acheter des fournitures et un peu voyager mais je travaille à coté.
Je n'ai jamais cherché à obtenir des commandes de municipalités, ça ne m'intéresse pas vraiment. Peut être qu'un jour je changerais d'avis mais pour l'instant je m'amuse avec ce que je fais et ça me convient parfaitement.
 
 
 
 
 
Quelle question auriez-vous aimé que je vous pose ?
 
        Hum,  pas celle-ci en tout cas car je ne sais pas quoi répondre.....
 
 
      Merci beaucoup Oakoak et bravo encore pour vos travaux le plus souvent poétiques. Retrouvez son travail sur son blog

 
  merci :)

 
 

 

Les autres articles du dossier « Samarra squatte à Sainté ! »

 

 

"Exhibitions, l’invention du sauvage" au Musée du quai Branly.

par vservat Email

Rendre compte de 5 siècles de regards posés sur « l’autre » par des yeux européens (du continent ou installés Outre Atlantique), tel est le pari de l’exposition « Exhibitions, l’invention du sauvage », présentée depuis quelques jours et jus'au mois de juin, au Musée du Quai Branly. De l’altérité importée des terres découvertes au XVème siècle sur les rivages et dans les cours du vieux continent, aux zoos humains du XIX siècle finissant, c’est dans ce « théâtre du monde» que  se jouent aussi bien une mise en spectacle de la différence, qu’une volonté d’adosser la domination blanche à des théories « scientifiques » afin de mieux en délivrer une propagande légitimante.

 

En faisant une belle place à l’enchainement des regards portés sur l’autre, (monstruosité, sauvagerie, animalité, exotisme) l’exposition nous aide aussi bien à comprendre le monde d’hier que celui d’aujourd’hui, reprenant à leur source les préjugés et idées  racistes. Elle nous aide à saisir comment, par le biais du divertissement et du spectacle notamment, s’est construite, en 5 siècles, une image infériorisée et dégradée de l’autre d’autant plus acceptable qu’elle s’est introduite en douceur dans les consciences collectives.

Placée sous la tutelle de Lilian Thuram, commissaire de l’exposition, « Exhibitions » donne à voir à travers un nombre colossal de documents certains aspects du travail mené notamment au sein du laboratoire de recherche Achac (1) par Pascal Blanchard et ses équipes depuis 1989.

 

 

Puisqu’elle s’attache à nous faire découvrir le « théâtre du monde » dans lequel l’autre est mise en scène, l’exposition propose un parcours en 4 actes à la dramaturgie d’une inégale intensité mais présente de bout en bout. Elle se fixe également pour but de redonner une identité, une humanité à toutes ces personnes, hommes, femmes et enfants, qui furent utilisées de façon dégradante et exploitées pour mieux légitimer la puissance de cette partie du monde dans laquelle perdurentjusqu'à aujourd’hui des stéréotypes et des schémas de pensée datant de l’époque des « Exhibitions ».

 

Au cours de l’acte 1 intitulé « La découverte de l’autre : rapporter, collectionner, montrer », nous naviguons essentiellement dans les cours européennes du XV° au XVIII° siècle. Là sont « montrées » des personnes ramenées sur les rives du vieux continent par les explorateurs de retour de leurs expéditions autour du monde. Il en va ainsi des 4 Inuits du Groenland exhibés à la cour de Frédéric III de Prusse en 1664 ou d’Omai, originaire du Pacifique qui suscite l’engouement des anglais et satisfait leur soif d’exotisme (il sera reconduit sur ses terres natales par Cook en 1784). Au cours de cette période, en Europe, il y a également un attrait certain pour les « curiosités » qu’elles soient des objets exotiques collectionnés dans un cabinet ou qu’elles s’incarnent en des individus présentant des caractères extraordinaires. Il en va ainsi d’Antonietta Goncalves, affublée d’une pilosité envahissante sur le visage ou de Madeleine de la Martinique qui souffre, pour sa part, de dépigmentation. 

 



"Groenlandais" Thiob, Cabelou, Gunelle et Sigio. Attribué à S. Von Hager 1654.

[photo@vservat]







 

 

 

 

De la fin du XVIII° siècle au début du XIX° siècle, on voit s’opérer un glissement dans l’appréhension de l’altérité. Saartjie Baartman, que l’on connait désormais sous le nom de « la vénus noire », en est emblématique. Cette jeune Bochimane arrachée à ses parents et son pays à l’âge de 19 ans, suscite à la fois l’intérêt des européens pour son fessier proéminent (la « vénus noire » est en effet stéatopyge) mais aussi celui de scientifiques, en particulier de l’équipe du muséum d’histoire naturelle de Paris, qui l’étudie de son vivant, puis réalise des moulages de son corps et conserve certains de ses organes dans le formol.

 

 

 

Le céphalomètre de Dumoutier, 1842. (à gauche)

 

 

L'"Histoire naturelle du genre humain" de J-J Virey, 1801. (à droite)

 

 

[Photos@vservat]


 
 
 
 
 
 
 
 


 
 

Voici venu le temps de passer à l’acte 2 « Monstres et exotiques : observer, classer, hiérarchiser » dans lequel les scientifiques élaborent un discours sur la hiérarchie des races qui vient conforter les représentations sur la prétendue infériorité des non-européens.  A cette même époque, les « monstruosités » jusqu’alors souvent exposées à des groupes sociaux limités, se popularisent. Partout en Europe, et la vénus Hottentote, en est encore une fois un exemple représentatif (2), sont donnés à voir des spectacles mettant en scène des « freaks ». Londres en est la capitale, mais Paris ou d’autres grandes villes du continent participent à cette mondialisation de l’entertainment. Aux Etats-Unis, le cirque Barnum propose également ce type de « divertissements » dans lequel l’exposition  d’indigènes est, en fait, un sous genre. On y montre bien sûr, des personnes atteintes d’infirmités ou de particulairtés (géants, nains, siamois etc), mais aussi d’autres, comme Saartjie Baartman que l’onmet en scène en accuentuant leur animalité, leur sauvagerie. Cette façon particulière de regarder l’autre façonne l’esprit des européens et cela sert de façon très utile les intérêts des états qui se lancent alors dans l’expansion coloniale. 

 

 

Affiche de l'exhibition de l'homme lion, Maong Phoset. (à gauche).



A droite, le smagnifiques portraits des Sioux lakotas réalisés par Gertrude Kasebier. 

[photos@vservat]

 

 

 

 

L’acte 3 nous propulse dans une nouvelle ère, celle du « show ethnique ». Nous sommes désormais dans le dernier quart du XIX siècle. Les grandes villes d’Europe possèdent leurs salles réservées pour ce type de spectacle : les Zoulous se produisent aux Folies Bergères de Paris, l’Egyptian Hallde Londres ou le Panoptikum de Berlin, sont d’autres lieux clés en Europe. L’affiche joue un rôle déterminant dans la promotion de ces spectacles et l’exposition en propose un très grand nombre afin que le visiteur puisse en saisir les codes et les messages. Outre Atlantique, le show de Buffalo Bill, "Wild West", pour lequel 50 à 60 Sioux Lakotas sont embauchés et qui se produit de 1887 à 1906 est un autre exemple de ces shows ethniques, extrêmement populaires. (3)

 


Affiche du spectacle des Zoulous aux Folies Bergères. 

 

 

[Photo@vservat]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’acte 4 propose, en dernier lieu, au visiteur de faire plus ample connaissance avec les « Mises en scènes raciales et ethniques » qui prennent une dimension tout à fait inédite avec la multiplication des expositions coloniales, universelles ou les reconstitutions de villages dans les jardins d’acclimatation : c’est le temps des zoos humains. Ces mises en scène  viennent en appui de l’entreprise coloniale européenne. C’est là que se fabrique et qu’est exposé le négatif, le contre-exemple, l’antithèse de l’européen à l’échelle de la culture de masse. A la sauvagerie mise en scène dans un décorum qui convoque exotisme et dangerosité, peur et fascination, s’oppose le progrès et la modernité des nations européennes organisatrices.

 

 

 

 
Magnifique affiche d'A. Mucha pour l'exposition Universelle de Saint Louis en 1904.
 
 
 
[photo@vservat]
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

C’est donc une exposition très riche qui nous est proposée. Deux remarques toutefois. La profusion de documents (4) conduit parfois à une certaine lourdeur qui ne sert pas forcément la démonstration, la répétitivité ou l’empilement n’étant pas toujours plus efficace que le discernement. L’exposition comprend un « appendice » sur la mémoire des « exhibitions » qui prend la forme de 4 vitrines où sont présentés des documents parfois intimes (au sens où ils circulèrent dans les sphères privées), en très grand nombre, sans grande lisbilité. Etant donné la prétention de l’exposition à faire résonner les problématiques évoquées dans le présent,  il aurait peut être été intéressant de rationnaliser davantage le choix des documents exposés dans le cœur du parcours de façon à mieux en exploiter la toute dernière thématique, qui se trouve un peu sacrifiée.

 

En outre, on ressort avec l’impresssion que le regard des européens sur l’autre n’est jamais sorti des « modèles », des stéréotypes  véhiculés par les « exhibitions ». Il y a pourtant vraisemblablement eu des voix discordantes, on ne les entend que très peu. Il aurait été utile de réserver une partie de l’exposition ou d'ajouter un espace dédié à ces autres regards, à ces autres discours sur l’autre, peut être rares, atypiques, inaudibles ou simplement opposés aux « exhibitions ». Leur absence, à l’exception, notable, d’un citation de Léon Werth (5),  est un peu regrettable.

 

Le repas des Zoulous, exposition d'un

groupe de 13 Zoulous à Londres, 1853.

par N. Henneman. [photo@vservat]

 

 

 

 

 

 

notes : 

(1) Pascal Blanchard est chercheur associé au CNRS. Il a publié un certain nombre d'ouvrages sur le fait colonial et la culture coloniale. Le laboratoire ACHAC travaille sur la colonisation, l'immagratoion et le post-colonialisme.

(2) Avant son arrivée à Paris où  elle sera étudiée par l'équipe du museum d'histoire naturelle, Saartjie Baartmann est également une attraction dans la capitale britannique. Quand elle arrive à Paris, ses spectacles londoniens l'ont déjà rendue célèbre.

(3) Au même moment, les Indiens des Grandes Plaines sont repoussés vers l'Ouest et massacrés. Les Sioux lakotas du spectacle de Buffalo Bill, paradoxalement, sont préservés sous leur forme "mise en scène" dans leur tradition pendant que d'autres nations indiennes sont englouties avec leurs traditions par la domination que leur impose les européens.

(4) L'exposition a bâti un epartie de sa promotion sur le nombre exceptionnel de documents présentés ("500 pièces et documents")

(5) Léon Werth en 1912 parle de "Tous ces gens sur qui la civilisation n'a passé que comme un dressage ont des instincts de marchands d'esclaves" à propos des organisateurs de spectacles ethniques.

 

 

 

 

Samarra en 1968

par Aug Email

- L'atelier populaire et les affiches de mai 68 puis l'impact de ces affiches (Died)

 

Les musiques de 68 :

 

free music

 

- Hippies et Summer of Love (Blot)

 

Les festivals  (Blot) :

 

Les films de 68 :

 

Les livres de chevet d'une génération :

- Mai 68, histoire d'un printemps en BD (Aug)

 

Les photographies de 1968 :

 

Utopies :


- Evolution des mœurs : Sous les pavés, le sexe et le plaisir (Died)

 

Et pour ceux qui veulent en apprendre encore plus sur l'année 1968 en France et dans le monde, consultez le sommaire de notre dossier. Vietnam, Lorraine, Grenoble, Nanterre, Pologne, Prague, Japon, Etats-Unis, Jeux Olympiques....

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