Samarra


Tags: blues

L'affaire de Scottsboro.

par blot Email

Le retentissant procès de Scottsboro s'inscrit dans le contexte de la Grande dépression. En 1931, la situation économique et sociale des Etats-Unis reste très préoccupante: des millions de chômeurs, faim... Tous les Américains subissent les conséquences de la crise, mais les Noirs sont les premiers à être licenciés, chassés de leurs logements et contraints d'errer sur les routes en quête d'une source de revenu ou d'une maigre pitance. En 1934, 17% des Blancs et 38% des Noirs sont incapables de subvenir à leurs besoins.



Caricature sur le procès de Scottsboro (source: Library of Congress).

 

 

"Les États Désunis" de Vladimir Pozner, extraordinaire chronique sur l'Amérique de la Grande Dépression écrite en 1936-37, offre de nombreux témoignages d'un racisme encore exacerbé par la misère ambiante. Extrait: "Le Noir souffre en tant que travailleur (...). Il souffre en tant que chômeur. Il souffre aussi en tant que Noir. Il paie davantage pour tout ce qu'il achète, il reçoit moins pour tout ce qu'il offre. Il est le premier à être licencié, le dernier à être embauché. Il n'est pas admis dans la plupart des hôtels et restaurants hors de Harlem. Pour un juge, un accusé noir est coupable d'avance. Mais les jurés noirs sont extrêmement rares. Même dans les prisons de New York, les Noirs sont enfermés à part. Il n'y a qu'au cimetière qu'ils sont enterrés avec les Blancs, les Blancs pauvres, bien entendu."

 

 

Lire la suite sur l'histgeobox.

Augmix # 12

par Aug Email

  • Commençons par une jeune canadienne à la voix incomparable. Coeur de Pirate (c'est son nom de scène) compose elle-même ses chansons. Ecoutez, c'est très agréable !
  • Retour en arrière avec Manau et un titre des années 1990 (la préhistoire !) que nous a choisi Anne lors de sa revue de l'actualité. Il s'agit de "L'avenir est un long passé" qui évoque un poilu de la Grande Guerre, un résistant et la montée de l'extrême droite à la fin du XXème siècle.
  • Quel est le rapport entre Queen et Léo Ferré ? Je sens que vous ne trouverez pas... Il s'agit du film L'affaire Farewell sorti cette année (je vous en reparle sur ce blog prochainement, c'est promis). Le film est basé sur une histoire vraie, celle d'un agent du KGB qui choisit de livrer des secrets à la France au début des années 1980. En échange, il ne demande pas d'argent mais juste des cassettes de Léo Ferré pou lui (en particulier ce "Mélancolie") et de Queen pour son fils.
  • Un peu de negro-spiritual maintenant avec un titre bien connu "Didn't My Lord Deliver Daniel". Comme souvent, en évoquant des passages bibliques, les esclaves du XIXème siècle faisaient allusion à leur propre situation, Julien Blottière nous en parlé sur l'histgeobox à propos de "Go Down, Moses". Ici, l'évocation de Daniel dans la fosse aux lions est une invitation à l'espoir. Si Daniel a été délivré par Dieu, Il pourra aussi délivrer les noirs de l'esclavage. J'ai entendu l'an dernier à Chicago la chorale de l'université Trinity (dirigée par Paul Satre) près de Chicago interpréter ce titre en répétition. J'en ai filmé un extrait :

 

 
  • Après les spirituals, le blues et ce morceau de Bessie Smith de 1927 "Back Water Blues" qui décrit les ravages causés par les inondations dans la vallée du Mississippi. Retrouvez l'article de Blot sur l'histgeobox à propos de la chanson de Randy Newman sur ce même sujet.
  • Crosby, Stills, Nash & Young avaient dénoncés les actions de Nixon après le massacre de Kent State en 1970, c'était "Ohio" (retrouvez mon article sur cette chanson). Plus récemment, ils appelaient à une destitution de Bush dans ce même esprit à propos de la guerre en Irak. ça s'appelle "Let's Impeach The President".
 
  • Poursuivons avec du rap.  Nas, rappeur du Queens (quartier de Queensbridge comme Jay-Z), s'est fait connaître en 1994 avec Illmatic. Son père Olu Darra est un ancien chanteur de blues et de soul. Je vous avais sélectionné un titre rassemblant les deux générations. En 2008, son album Untitled avait créé la polémique en raison du titre qu'il voulait lui donner (Nigger). Je vous ai choisi  "Queens Get The Money" le premier titre que je trouve sublime (produit par Jay Electronica). Il contient un sample de Yann Tiersen tiré de la BO du film Good Bye Lenin...

 

  • Nas avait eu au début de la décennie un beef  (querelle par rimes interposées) de légende avec Jay-Z. Les deux MC se sont ensuite réconciliés. Ce dernier vient de sortir le troisième volet très attendu de sa trilogie The Blueprint III, en tête des ventes aux Etats-Unis. Je vous ai sélectionné "Empire State Of Mind", hymne à New York interprété avec Alicia Keys. En hommage à l'équipe de Base Ball des Yankees dont c'est la couleur (pas le bleu du gang angelenos des Crips précise-t-il...) , Jay-Z déclare qu'il a le "sang bleu". Leur récente victoire aux World Series a donc dû lui faire le plus grand plaisir...

  

 

  • Kid Cudi nous vient de Cleveland, au coeur de la Rust Belt. Il sort son premier album Man on the moon : The End of day  dont je vous ai choisi le titre "Make Her Say" (qui sample Lady Gaga). Bon, les lyrics sont plutôt "explicites" mais le clip est pas mal et la présence de Kanye West et Common suffisent à enchanter mes oreilles !
 
 
  •  Common toujours avec un titre de son album Be de  2005 qui marquait le grand retour. du MC de Chicago. Aux manettes, l'inévitable Kanye West (qui sample "What It Is" des Temptations et "You Make The Sun Shine" des Temprees), au refrain les Last Poets, un groupe formé en 1969 et aux origines du rap dans sa dimension politique (plus de détails ici). Le résultat c'est "The Corner", un morceau en hommage à ce que "l'école de la rue" peut offrir de meilleur, en particulier dans le Southside de Chicago.
 
 
 

 

Enjoy !

 

Découvrez la playlist Fall session avec Temprees

Qui était Nixon ? Entretien avec l'historien Romain Huret

par Aug Email

A l'occasion de la publication aux Presses de Sciences Po de sa biographie de Richard Milhous Nixon, nous avons demandé à l'historien Romain Huret de nous en dire plus sur celui qui fut président des Etats-Unis de 1969 à 1974. Ancien Vice-Président républicain du Président Eisenhower (1953-1961) avant de perdre de peu contre John Kennedy en novembre 1960, Nixon paraissait perdu pour la politique avant de réussir à revenir dans l'arène pour l'emporter en 1968 dans une Amérique en plein doute, embourbée dans le conflit vietnamien. Réélu en 1972, Nixon devait pourtant démissionner en 1974 suite au scandale du Watergate.

Le portrait que nous dresse Romain Huret est beaucoup plus nuancé que l'image qui colle habituellement à celui que l'on surnommait "Tricky Dick" (Richard le tricheur). Il nous parle également du Nixon des musiciens, l'occasion pour nous de vous fournir un playlist sur Nixon à retrouver à la fin de l'entretien.

 

 Romain Huret, pourquoi avoir écrit un livre sur Nixon ?

"Depuis de longues années, le personnage m’intéresse en raison des jugements antagonistes des historiens américains. Certains voient en lui un démagogue sans scrupule, d’autres un homme d’Etat d’exceptionnel. Cette aporie historique m’a conduit à écrire cet ouvrage, essayant de dépasser ces jugements antagonistes. Au terme de ce travail, Nixon apparaît comme un homme très ordinaire, produit de la démocratisation des Etats-Unis au cours du vingtième siècle dans le domaine éducatif et politique. Ce fils de petits commerçants californiens put faire carrière grâce à la démocratisation de l’enseignement secondaire et universitaire, ainsi que des modes de recrutement des candidats au sein du parti républicain. De façon similaire, son parcours n’a rien d’excessif ou de démoniaque lorsqu’il accède à la Maison-Blanche. Il ne fit qu’accentuer les modes de gouvernance de ses prédécesseurs aussi bien dans le domaine intérieur qu’en matière de politique étrangère. Son utilisation de la machine de l’Etat s’inscrit également dans la continuité. L’utilisation du secret, la surveillance des ennemis de l’Etat, la codification des procédures bureaucratiques, autant d’éléments qu’il prit le temps d’assimiler et de théoriser. A ce titre, comme il le répéta sans cesse, le Watergate n’avait rien d’extraordinaire ; ce fut un épisode ordinaire du fonctionnement de l’Etat secret américain. N’oubliez pas que Nixon passa quatorze années à la Maison-Blanche et eut tout le loisir d’intégrer les pratiques secrètes alors en cours ! Bref, dans la longue histoire de la démocratie américaine, il est un cas intéressant car il permet de faire apparaître les structures profondes de fonctionnement de la société et de l’Etat. Il n’apparaît en rien comme un cas clinique au sens où l’entendent les psychohistoriens ou les psychanalystes, cette lecture psychologique a longtemps été dominante dans le champs des études nixoniennes."

 

Quel bilan peut-on faire de sa présidence ?

"Refusant une approche héroïque ou une condamnation systématique, mon livre offre une évaluation pondérée de ses deux mandats présidentiels (1969-1974). En matière de politique intérieure, Nixon mit en place un programme que n’aurait pas renié Franklin Roosevelt : solutions keynésiennes dans le domaine économique, mesures pour les travailleurs pauvres, interventionnisme systématique de l’Etat (écologie, politique raciale, énergie). Contrairement à ses prédécesseurs démocrates, il fut plus attentif à la mise en place d’expériences préalables avant de lancer les programmes de réforme à l’échelle nationale afin de séduire l’électorat ouvrier et pauvre, de plus en plus rétif à l’encontre du développement de l’Etat-Providence. Toutefois, cette boulimie législative se heurta à un Congrès majoritairement démocrate et aux refus nixoniens de travailler avec les corps intermédiaires. Dès lors, il ne prit jamais le temps de mettre en œuvre les compromis nécessaires pour que les projets soient adoptés. Dans le domaine diplomatique, sa collaboration avec Henry Kissinger adapta la diplomatie américaine à un monde multipolaire et prépara lentement la dislocation de l’Empire soviétique. Novateur dans ce domaine, Nixon et Kissinger ont toutefois amplifié les travers de la coterie de décideurs qui prit les rênes de la guerre froide après la Seconde Guerre mondiale. Comme son mentor John Foster Dulles l’apprit à Nixon, les Américains n’ont pas d’amis, mais seulement des intérêts.

L’ouvrage démontre que, contrairement aux affirmations publiques de Nixon prétendant détester les diplomates de carrière, il appliqua, et le plus souvent « épura », leurs préceptes en matière de politique étrangère, du Vietnam au Chili en passant par la Chine. Pour conclure, enfin, cet activisme, et son échec partiel, démontrent que ses deux mandats furent une occasion manquée pour le pays. Nixon essaya de modérer les ardeurs volontaristes des démocrates dans un sens plus réaliste. Faute de succès, le pays céda aux forces conservatrices que Nixon combattit tout au long de sa carrière."

 

Quelle est aujourd'hui l'image de Nixon aux Etats-Unis ?

 "A l’instar des débats chez les historiens, l’image est contrastée. Pendant la campagne de 2008, regrettant peut-être encore d’avoir voté pour lui en 1968, le romancier Stephen King compara John McCain à Nixon et Sarah Palin à l’Apocalypse. Depuis le Watergate, les conservateurs américains ont transformé Nixon en martyr alors qu’ils n’avaient eu de cesse de le combattre. Dans leur bouche, Nixon est devenu la preuve de la malhonnêteté intrinsèque des démocrates et de leur morale à géométrie variable.

Pourquoi Nixon dut-il démissionner alors que John Kennedy et Lyndon Johnson commirent des actes tout aussi condamnables ? Du côté des militants démocrates, l’heure n’est pas à la réhabilitation. Pour encore longtemps, Richard Nixon reste Richard le Tricheur (Tricky Dick) l’homme du Watergate [ci-contre, la une du New York Times le lendemain de sa démission en 1974]. En dépit de ses multiples polémiques, l’homme fascine toujours comme le montre sa remarquable présence dans la production culturelle. Le succès récent du film Nixon/Frost (2008) de Ron Howard, tiré lui-même d’une pièce qui tint le haut de l’affiche à Broadway pendant de longues années, en est un exemple parmi d’autres. Des épisodes des Simpsons aux romans de Stephen King, Nixon est toujours présent, incarnation du Mal américain, voire du diable en personne. George Lucas a fort sérieusement reconnu s’être inspiré de Richard Nixon pour Dark Vador !"

 

Le personnage complexe de Nixon a inspiré les cinéastes. A-t-il également inspiré les musiciens ?

" Un chapitre du livre est consacré à l’intérêt pour le corps de Richard Nixon, corps qui le rendit pour beaucoup indigne d’exercer des fonctions politiques. Ce malaise traduit la distinction naturelle entre corps physique et corps politique au cœur de nos démocraties, et renvoie à des représentations bien circonscrites sur la légitimité de nos dirigeants. A plus d’un titre, les musiciens folk et rock banalisèrent les représentations nixoniennes. Dans sa chanson "Tricky Dickie" (1971), Joe McDonald chante ainsi en 1971 une « chose extraordinaire » vue à la télévision, « un nouvel homme mécanique qui ressemblait à un être humain » pour réaliser quelques instants après qu’il s’agit de Richard Nixon. la chanson "Ohio" du groupe Crosby, Stills, Nash and Young dénonce la massacre de Kent State et évoque la responsabilité directe du président. Dans son album Imagine (1971), John Lennon écrit une chanson « Give Me Some Truth » qui fait de Richard Nixon la cause de tous les maux de la société moderne.

Dans son album de 1974, Mothers of Invention, Frank Zappa enfonce le clou avec une chanson intitulée « Dick est un tel trou du cul » ("Dickie’s Such An Asshole"). Le groupe de rock sudiste, Lynyrd Skynyrd, prit sa défense dans "Sweet Home Alabama" (1974) et donna naissance à l’invention du martyr nixonien, évoqué plus haut. Avec leur chanson "I’m So Bored With The USA", The Clash refusa tout pardon à l’homme qui démissionna de la Maison-Blanche le 9 août 1974. Plus récemment, le chanteur Jean-Louis Murat consacre un titre éponyme à Nixon, dont la signification demeure en partie mystérieuse."

Propos recueillis par E. Augris

 

 Un grand merci à Romain Huret !

  •  Romain Huret, De l'Amérique ordinaire à l'Etat secret. Le cas Nixon, Presses de Sciences Po

 

Et pour continuer sur la musique, je signale que du côté du blues aussi, plusieurs musiciens s'intéressent à Nixon. Celui-ci a été le premier républicain à séduire l'électorat blanc du Sud (on parle de "stratégie sudiste"), traditionnellement démocrates mais déçus par les lois sur les droits civiques adoptées sous Johnson. Il  y remporte quelques Etats en 1968, malgré la candidature de Wallace, et rafle la mise en 1972. Du côté des bluesmen originaires de ce Sud en revanche, il suscite un peu de méfiance comme en témoignent ces quelques exemples :

Ainsi Thomas Shaw en 1971. Dans son "Richard Nixon's Welfare Blues", il s'inquiète de ce que le Président pourrait faire de l'Etat-providence mis en place sous Roosevelt :

Now I had a dream last night

I never dreamt before

I dreamed I saw Mr. Nixon

Standin'in the Welfare store

 Clarence Gatemouth Brown supplie le président dans son "Please Mr. Nixon" (1972) de ne pas démanteler l'Etat-providence. Alors que se profile en 1973 la menace d'un impeachment (destitution) par le Congrès, Arlene Brown ne veut pas être traitée par son amant comme Nixon...

You can impeach me, baby

Stop treatin' me like Nixon at Watergate

 D'ailleurs, Howlin'Wolf déclare dans son  "Watergate Blues" que si Nixon a démissioné, c'est grâce à un Afro-Américain puisque les cambrioleurs du Watergate ont été surpris par un noir....

Voici la playlist des titres évoqués par Romain Huret ainsi que quelques titres en plus. (notamment "Young Americans" de David Bowie) J'ai ajouté également quelques extraits des principaux discours de Nixon et du débat de 1960 avec Kennedy :

 

Découvrez la playlist Nixon avec The J.B.'s

 

Toujours sur Nixon et son temps, plusieurs messages à lire sur Samarra, l'histgeobox et nos autres blogs :

 

Allez, en cadeau (and in english...), le spot de campagne très "seventies" du candidat Nixon en 1972 et le discours de démission de Nixon le 9 août 1974 :

La guerre de Corée en chansons.

par blot Email

Trois marines américains guardent 3 prisonniers nord-coréens (1950).

 

 

En 1945, les Soviétiques et les Américains libèrent la Corée de l'occupation japonaise. La Corée est alors occupée par les Soviétiques au Nord du 38è parallèle (Nord) et les Américains au Sud. Elle subit un sort dentique à celui de l’Allemagne. Sous l’effet de la guerre froide, 2 Etats coexistent de part et d’autre du 38e parallèle: l'un soutenu par les Etats-Unis et dirigé par Syngman Rhee, au sud et l'autre, communiste, au Nord, dirigé par Kim Il-Sung.

 

 

Le 25 juin 1950, les Nord-Coréens déclenchent l'offensive, très probablement sur ordre de Staline qui veut, après l’Europe et le revers de Berlin, pousser ses pions en Asie. Ce conflit meurtrier inspira les musiciens américains, à commencer par le bluesman JBLenoir ("Korea blues"), un habitué des textes engagés, mais aussi, et plus récemment, le groupe Cake ("I bombed Korea every night").

 

 

Nous vous en parlons davantage sur l'Histgeobox.

Du Blues pour la Ford T

par Aug Email

[Henry Ford posant à côté d'une modèle T en 1921; source]

Premier véhicule produit en masse, la Ford T a profondément marqué l'imaginaire collectif des Américains dans la première moitié du XXème siècle. Il est donc normal que l'une des musiques emblématiques de cette période, le Blues, s'empare de l'affaire.

J'ai donc sélectionné pour vous quelques uns de ces blues en particulier le "Model T Blues" de Walter Roland, qui parlent de Ford et de son modèle T. Vous pouvez les écouter et en apprendre plus sur l'histoire du taylorisme, du fordisme et de la Ford T, affectueusement surnommée "Lizzie".
 

J'aime bien- Mai '09 (Augmix # 9)

par Aug Email

 Allez, une petite chaine musicale entre différents artistes pour commencer.

  • Olivia Ruiz trace lentement son sillon dans la chanson française. Elle confirme avec Miss Météores son talent en nous emmenant dans son univers plein de poésie, de franchise et de gourmandise. Je vous ai choisi deux titres. Signalons un titre en forme d'hommage à Jacques Brel et Edith Piaf avec.... Oxmo Puccino.

 

  • Je vous ai parlé le mois dernièr d'Oxmo Puccino et de son album de 2006 Lipopette Bar. Il y narrait une histoire accompagné des Jazzbastards, des musiciens de jazz. Dans son dernier album L'arme de paix, il reprend la plupart de ces musiciens qui composent d'ailleurs les morceaux (Vincent Taurelle au piano, Vincent Taeger aux percussions et Ludovic Bruni à la guitare). Je vous ai choisi deux extraits de l'album (non disponibles sur deezer, vous pouvez les écouter sur son site officiel), il s'agit du très doux et beau "Soleil du Nord", entre froid et chaleur, richesse et pauvreté. L'autre titre, c'est "L'arme de paix", en duo avec le rappeur somalien K'Naan... qui chante le refrain. C'est une réflexion intéressante sur la tension entre la volonté de paix et la réalité des rapports humains.

 

  • K'Naan, justement, est un artiste original que l'on ne peut enfermer dans le seul hip-hop. Il mêle rap, soul et rythmes africains de sa Somalie natale. Après les Etats-Unis, il vit aujourd'hui au Canada (Son site). Troubadour est son deuxième ambum. Je vous ai choisi "T.I.A." pour This Is Africa. Il s'est distingué récemment en invitant la communauté internationale à ne pas seulement envoyer des navires de guerre (réaction qu'il qualifie de "réactionnaire") mais à tenter de comprendre pourquoi la piraterie est une des seules perspectives tentantes pour les jeunes Somaliens. En savoir plus et écouter son entretien sur le site de RFI en anglais. Sur son dernier album, il chante avec le rappeur américain Mos Def le titre "America".

  • On retrouve Mos Def dans un film que vous ne verrez pas en France.... Je veux parler de Cadillac Records. J'avais évoqué avec vous ce film au moment de l'inaugiration d'Obama en janvier. L'un des bals officiels avait été ouvert par le couple Obama sur l'air de "At Last" interprété par Beyoncé (voir la vidéo ici). Beyoncé joue en effet l'un des rôles principaux du film qui retrace l'histoire du label Chess Records qui fit les beaux jours du blues à Chicago. La chanson "At Last" est un des classiques d'Etta James (le rôle interprété par la chanteuse de R'NB). Je vous ai mis la version d'Etta James pour comparer. Celle-ci a apparemment peu apprécié la version de Beyoncé... La Bande originale, tout en ressucitant des titres du label comme "At Last", y ajoute quelques beaux morceaux plus contemporains comme "Once In A Lifetime" par Beyoncé. Je vous ai également choisi un titre, "Bridging The Gap", qui est un hommage du rap à ses racines musicales (blues, gospel) tout en étant un hommage du rappeur Nas à son père, le chanteur Olu Dara. "The history of music on this track !"

 

  •  Du rap toujours, avec le titre "Lexikon" de Junk Food, c'est léger et très Rock'N Roll.
  •  La chanson "Superwoman" d'Alicia Keys est un hommage aux femmes qui doivent mener de front vie professionnelle et familiale. Cela ne les empêche pas de réussir (aren't they Sara ?). C'est le message que veut faire passer la chanteuse. 
  •  Petite devinette : Dans le clip on voit Alicia Keys postuler à  l'aide sociale et il y a un indice qui nous indique dans quel Etat elle se trouve. Saurez-vous me dire de quel Etat il s'agit ?

 

Alicia keys - superwoman


 

  • Et pour finir, un morceau sympa : "La déclaration" du groupe Debout sur le Zinc et un aperçu de la douce et chaude voix de Mélody Gardot. Il ne s'agit pas de son dernier album My One And Only Thrill.

 

 Voici la playlist, bonne écoute !


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Samarra aux Etats-Unis

par Aug Email

 
 
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