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"Tintin au Congo" ou la mission civilisatrice de la colonisation.

par blot Email

Hergé dessine et écrit "Tintin au Congo" en 1930 et 1931. Il s'agit du second album des aventures du reporter. L'idée en revient à l'abbé Norbert Wallez, directeur du quotidien Le vingtième siècle où Hergé (alias Georges Remi) est embauché en 1925. Après avoir plongé Tintin en Bolchévie ("Tintin au pays des Soviets"), Wallez convainc le dessinateur de s'intéresser au Congo, l'unique, mais gigantesque colonie belge, un territoire 80 fois plus grand que celui de la petite métropole!

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Couverture de l'album (version 1946).

 

La colonisation du Congo fut tout à fait particulière, une des plus sauvages et des plus singulières du continent. A partir du dernier tiers du XIX° siècle, le roi des Belges Léopold II songe à se tailler un territoire au centre de l'Afrique équatoriale. En jouant des rivalités entre les grandes puissances (Royaume Uni, Allemagne, France), il parvient à ses fins à l'issue de la conférence de Berlin, en 1885. Le bassin du Congo lui est attribué à titre personnel. Seul contrainte pour Léopold II, maintenir la liberté de navigation et de commerce dans le bassin du Congo, pour les autres puissances européennes. Les compagnies étrangères ne peuvent obtenir de concessions qu'en passant des accords avec Léopold II.

 

Ce dernier entend bien exploiter au mieux les richesses de son nouveau bien, notamment l'ivoire, puis le caoutchouc. Les faibles densités du Congo posent très vite le problème du recrutement de la main d'oeuvre. Le monarque résoud la difficulté en ayant recours au recrutement contraint des populations, astreintes au travail forcé. Le souverain passe alors en Europe pour un roi philanthrope. Dans les faits, il utilise les procédés les plus cruels pour exploiter au mieux le Congo. Les populations locales sont obligées de fournir par tous les moyens le caoutchouc aux milices de Léopold. Les récalcitrants, ou ceux qui ne rapportent pas les quantités fixées par avance, subissent les pires violences: incendies des villages, mutilations, assassinats, quand leurs familles ne sont pas prises en otages!

 

Cette exploitation forcenée de la colonie est enfin dénoncée par des enquêtes courageuses menées par des Britanniques. Devant le tollé que provoque la révélation des violences perpétrées en son nom au Congo (il n'y a jamais mis les pieds), Léopold II lâche sa juteuse priopriété, dont il parvient encore à tirer profit puisqu'il la vend à la Belgique, en 1908.

 

Voilà pour le cadre territorial et historique dans lequel se déroule Tintin au Congo. Le dessinateur, lui non plus, ne se rend pas directement au Congo. Pour réaliser son travail, il utilise deux sources principales: la fréquentation assidue du Musée colonial de Tervueren, en Belgique, ainsi que Les silences du colonel Bramble d'André Maurois (1918). Ses choix sont aussi représentatifs de la représentation que se font alors de nombreux Européens de leurs colonies et des populations colonisées.

Couverture de Tintin au Congo dans l'édition des presses du Vingtième siècle.

 

Hergé déclarera ainsi à propos de l'album : « Pour le Congo tout comme pour Tintin au pays des Soviets, il se fait que j’étais nourri des préjugés du milieu dans lequel je vivais… C’était en 1930. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque : "Les nègres sont de grands enfants, heureusement que nous sommes là !", etc. Et je les ai dessinés, ces Africains, d’après ces critères-là, dans le pur esprit paternaliste qui était celui de l’époque en Belgique. » Certes, il convient d'éviter l'anachronisme et il ne s'agit pas d'exercer une justice rétrospective. Nombre de tenants de la colonisation étaient pétris de bonnes intentions. Par exemple, un personnage tel que Jules Ferry était réellement dans l'ambivalence: à la fois impérialiste et défenseur des droits de l'homme. Mais Hergé dessine son "tintin" en 1931, bien plus tard donc. Ce qui nous montre en tout cas le cheminement des esprits sur la question de la colonisation.

 

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Le jeune Hergé au travail.

 

Cette œuvre est révélatrice de la perception qu'ont de nombreux Européens des Africains. Sous le crayon du dessinateur, les Noirs apparaissent tour à tour paresseux, puérils, gentils, stupides et parlent "petit nègre". L'album est rempli de stéréotypes typiques de la vision qu'avaient de l'Afrique les Européens à cette époque. Ce qui passe sans problème dans un pays acquis à l'idée colonialiste. Cela n'est pas perçu comme du racisme, mais du paternalisme. En effet, les conquêtes coloniales européennes se déroulent dans la bonne conscience. Comment l'expliquer? L'universalisme des Lumières ou des missionnaires méthodistes britanniques est contrecarré dans la deuxième moitié du XIX° siècle par les théories "scientifiques" sur la classification des populations et l'inégalité des races. Considérer les populations indigènes comme arriérées ou primitives permet de justifier la mission "civilisatrice". Si les Africains ou les Asiatiques sont de grands enfants, alors il est du devoir des Européens de les éduquer, les placer sur la voie de la civilisation. Or, on le constate en parcourant "Tintin au Congo", ce discours paternaliste reste de mise au moins jusqu'à la seconde guerre mondiale.

 

Pourtant, à la même époque, les voyages au Congo (français en l'occurence) dessillent les yeux de nombreux Européens. André Gide avec son Voyage au Congo (1927),

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Albert Londres dans Terre d'ébène (1928) dénoncent les abus du système. Ils sont ainsi effrayés par les conditions de travail et d'existence sur les chantiers du Congo Océan, la ligne de chemin de fer construite au Congo français permettant de désenclaver le territoire en permettant l'exportation de ses ressources. Dans l'hebdomadaire Voilà, en 1932, un compatriote d'Hergé, Georges Simenon, dénonce violemment les méthodes coloniales de son pays dans "l'heure nègre".

 

Il faut dire qu'Hergé est à la fois catholique, nationaliste et conservateur. Fidèle à son mentor, il affirme qu'il doit tout à l'abbé Wallez, un personnage tonitruant, à la fois anticommuniste, antisémite et admirateur de Mussolini. Hergé concédera qu'il était "fascistisant". Bref, sans être un fasciste lui-même, le jeune Hergé gravite autour des milieux d'extrême droite nationaliste. Lorsque sort Tintin au Congo, en 1931, le système colonial paraît à son apogée. La même année, en France, l'exposition coloniale remporte un succès colossal. Les métropoles ont notamment pu mesurer l'apport appréciable des troupes coloniales au cours de la grande guerre. D'autre part, l'intense propagande coloniale commence à porter ses fruits.

 

 Le regard européen sur le monde dominé n’évolue que lentement. Les opinions publiques restent majoritairement colonialistes jusqu'à la seconde guerre mondiale (propagande, expositions coloniales). Ce qui ne veut pas dire pour autant que la curiosité n'ait pas sa place dans cet intérêt pour les colonies comme le prouve le regard des intellectuels et des artistes qui s’y intéressent : Matisse, Picasso se passionnnent pour la statuaire africaine, Malraux, parmi d'autres, revient ébloui de son voyage en Indochine.

 

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, sans se renier, le dessinateur corrige ses albums et rectifie parfois le tir. Ainsi, il dénationalise son héros dans ses aventures au Congo. De moins en moins Belge, le jeune reporter est de plus en plus Européen.

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Le cours d'histoire sur la Belgique de la version originale (1931) se transforme en un cours d'arithmétique dans la version de 1946.

 

On doit en grande partie ces évolutions à Casterman, l'éditeur de "Tintin", qui met en place une censure par crainte de susciter des remous. Anticipant le principe de précaution, pendant toute une période, l'éditeur ne réimprime pas "Tintin au Congo" par crainte des tiers-mondistes européens. De fait, au cours des années soixante, l'album décrié est relativement oublié.

 

Après avoir présenté le cadre général de l'élaboration et de la réception de l'album, tentons de nous pencher sur l'oeuvre en elle-même. La bande dessinée permet d'identifier les missions civilisatrices que prétendent y accomplir les métropoles. Il s'agit aussi d'un témoignage du regard que de nombreux Européens portent sur les populations indigènes.

 

  • Eduquer.

Le 28 juillet 1885, dans son fameux discours devant les députés, Jules Ferry évoque la “mission civilisatrice” de l'Europe. « Je répète qu’il y a pour les races supérieures un devoir pour elle. Elles ont le droit de civiliser les races inférieures. » Il convient donc d'"éclairer" ces populations. Cette éducation passe par l'apprentissage de la langue, mais aussi de l'histoire, mais pas n'importe laquelle, celle de la métropole. Ainsi, en Belgique comme en France, l'objectif des autorités reste l'assimilation des populations colonisées. Dans cette optique, elles ne doivent donc rien ignorer du passé de leurs métropoles respectives. En Afrique occidentale française, les enfants s'intéressent à leurs "ancêtres les Gaulois". Tintin, quant à lui, s'adresse à ses élèves, non sans condescendance ( "mes chers amis") comme suit: "(...) je vais vous parler de votre patrie: la Belgique". Son cours s'interrompt très vite, puisqu'un léopard pénètre dans la salle de classe. On notera au passage que, loin de déserter, le bon Tintin est prêt au sacrifice. Il est responsable de ses élèves qu'il doit défendre coûte que coûte, quitte à y laisser la vie. C'est aussi une manière pour le dessinateur de souligner l'abnégation des colons qui donnent le meilleur d'eux-même pour les colonies, à l'image de la mère-patrie, toujours prodigue à l'égard de son empire ou de ses colonies.


 

A l'époque, l’enseignement élémentaire est parfois dispensé dans les langues indigènes, mais l’enseignement secondaire et supérieur l’est toujours dans la langue du colonisateur. Il y a une volonté d’acculturation des populations, et surtout des élites (celles-ci retourneront d'ailleurs souvent les valeurs de la métropole contre elle). La difficile maîtrise du français et les fautes de syntaxe abondent dans la bouche des Congolais dans la bande dessinée. Ils s'expriment en "petit nègre", un sujet de moquerie classique dont Hergé ne se prive pas. Par contraste, le chien, doté de la parole (ce qui est en soi surprenant) s'exprime beaucoup mieux que les Hommes.

 

L'extrait ci-dessous d'un manuel scolaire des frères de Saint-Gabriel, au Congo belge, en 1937 vaut sans doute toutes les explications. Il est important de savoir que cet ouvrage était rédigé en lingala, la langue vernaculaire la plus usitée au Congo. Il s'agit ici d'une leçon intitulée "Congolais":

"Le Congo est un grand pays renfermant la forêt et des eaux. Dieu y a mis beaucoup de bêtes pour nourrir les hommes. Les Noirs vivent au Congo. Jadis ils étaient des sauvages, mais actuellement leur intelligence s'est développée, rapidement. Nous remarquons que beaucoup d'argent sort des mains des travailleurs. Quelques Noirs sont capables de s'acheter un vélo ou une machine à coudre.
Mais la richesse de la terre est vaine devant Dieu. Les prêtres sont arrivés chez les Noirs pour apprendre aux sauvages la foi en Dieu. Beaucoup de Noirs se sont convertis à leur enseignement. Voilà pourquoi nous rencontrons de nombreux bons chrétiens au Congo.
Les prêtres soignent L'âme des Noirs ; des médecins soignent le corps des malades. A dire vrai, la terre du Congo est en train de progresser sur la voie de l'éducation. Nous rendons grâce à Dieu pour avoir envoyé des Belges dans notre pays.
"

 

 Rappelons pour terminer sur ce point qu'il ne faut pas exagérer l'importance de cette scolarisation qui concerna toujours un très faible pourcentage d'enfants. Ainsi, d'après Bernard Droz (voir sources), à la fin des années 1930, le taux de scolarisation n'atteint que 4% en AOF et 1% en AEF. A n'en pas douter, les chiffres pour le Congo belge devaient être approchants.

 

  • Juger et pacifier.

A plusieurs reprises, on peut voir Tintin rendre des jugements afin de clore des différends opposants les populations indigènes entre elles. Tel le sage Salomon, il ne trouve rien de mieux que de couper en deux un chapeau afin de satisfaire deux hommes qui se le disputent Ces derniers partent satisfaits du verdict rendu, même si leur moitié de chapeau ne leur est plus d'aucune utilité. De la même manière, nous le verrons plus loin, c'est Tintin qui ramène la paix et permet de mettre un terme aux querelles intestines qui minent la région. Certes les Européens forment des auxiliaires "indigènes" qui les aident et les secondent dans leurs tâches administratives. Or, comme le rappelle Jean-Pierre Chrétien (voir sources): " Finalement le "bon Africain", quand on lit la littérature coloniale, c'est celui qui reste dans son village avec son chef traditionnel. Les autres, précisément ceux qui "évoluent", sont considérés comme des déracinés, des gens qui mentent, des fauteurs de troubles."

 

 

  • Soigner.

La médecine traditionnelle, largement teintée de superstition, s'avère bien incapable de combattre les maladies qui affectent les populations congolaises. A contrario, le savoir faire de Tintin fait merveille et permet de remettre sur pied en un tour de main le malade qui était jusque là aux mains d'un charlatan.

 

Dans ce dernier domaine, les réalisations des autorités coloniales ne sont pas négligeables. En parallèle avec l'action des missionnaires, elles participent aux progrès de l’hygiène et de la médecine et contribuent ainsi à ce que la population indigène s’accroisse  fortement (du moins une fois passées les terribles hécatombes liées au travail forcé en Afrique centrale) . Il faut dire aussi que ces innovations intéressaient les colonisateurs pour leur propre santé. Des enquêtes sont menées sur les épidémies, les découvertes dans la lutte contre le paludisme ou la maladie du sommeil, permettent en outre de légitimer la colonisation.

 

  • Mettre au travail ou la justification du travail forcé.


L'idée que "l'Africain" se complaisait dans l'oisiveté, qu'il était naturellement paresseux a pris corps lorsque les Européens ont voulu utiliser sa force de travail dans le cadre de la traite des Noirs. Le stéréotupe se développe durant la période coloniale. Dès le début de la conquête, les Etats colonisateurs eurent besoin de main d'oeuvre pour le portage, pour l'exécution de travaux d'équipements. Les dures conditions de travail, très faiblement rémunéré, n'attirèrent guère les agriculteurs locaux. Aussi, les gouvernements coloniaux utilisèrent différents moyens pour obtenir les travailleurs dont ils avaient besoin. Le système des prestations ou corvées s'accompagna de nombreux abus. La main d'oeuvre restant toujours insuffisante, l'administration eut recours au travail forcé. Dans ces conditions, on comprend le peu de zèle des populations exploitées. Or, nombre de colonisateurs justifièrent l'emploi du travail forcé par la nécessité de civiliser les Africains.

 

Ainsi, Jean Brunhes Delamarre, dans son ouvrage "La France dans le monde, ses colonies, son empire" (1939) écrit en conclusion de son chapitre consacré à l'Afrique noire:

"La France a commencé par poursuivre une politique alimentaire. Jusqu'à notre arrivée, sauf peut être au Sénégal, les indigènes ne se nourrissaient qu'avec des produits de cueillette. Maintenant ils cultivent plus régulièrement des champs, et en bien des régions, ayant ainsi des vivres en suffisance, ils se nourrissent mieux. Mais il a fallu souvent vaincre la force d'inertie du Noir. Est-il sous alimenté, lui proposer gratuitement des semences de paddy suffit il ? Est-il dans la misère, essayer simplement de le soulager suffit-il ? Ne vaut-il pas mieux, pour sa propre dignité, l'astreindre au travail en attendant qu'il ait repris le goût de l'effort et la pratique des bonnes méthodes culturales ?"

 

  • Diriger et administrer.

Sur cette planche, Tintin est celui qui trouve la solution au problème en remorquant, grâce à une belle automobile européenne, la locomotive fatiguée. Son ingéniosité et sa débrouillardise interpellent les indigènes. Ces derniers, manifestement impressionnés, proposent d'eux-mêmes au jeune reporter de rencontrer le chef local. Ce dernier convie alors Tintin à l'une de ses parties de chasse. 

 

Au fond , même lorsqu'il est exploité par un colon, en tout cas un Blanc, l'indigène, soumis, se tourne automatiquement vers un autre blanc, comme si il avait intégré son incapacité à trouver une solution à ses problèmes. Ci-dessus, le garçonnet est humilié jusqu'au bout puisque c'est Milou, un vulgaire cabot, qui le ramène à la raison. Paternaliste, il rappelle à l'enfant qu'il se trouve entre de bonnes mains, celles du colonisateur. Il ne peut donc rien lui arriver de mauvais.

 

  • le décalage technologique.

Plusieurs dessins diffusent l'idée que la "civilisation européenne" représente UN modèle indépassable à suivre. De nombreuses planches permettent de souligner la supériorité technologique européenne. Lorsque le train percute la voiture de Tintin, c'est lui qui déraille et non l'automobile (ce qui se passe plutôt rarement dans la réalité!!!).

Ci-dessous encore, les équipements du chef local sont peu fiables ou mal utilisés. 

 

 

Un seul recours possible dans ces cas là, utiliser le savoir faire et la technologie européennne pour triompher d'autres potentats locaux (ci-dessus). Cette manière de présenter les populations indigènes est récurrente dans l'album. Les Africains singent le mode de vie des Européens de manière particulièrement grotesque.

 

  • Des populations belliqueuses.

Ce qui nous amène à évoquer un autre poncif maintes fois répété: les populations autochtones sont belliqueuses et passent leur temps à s'entredéchirer en d'interminables guerres civiles. 

Au fond, seul le sens de la diplomatie et de la médiation des Européens permettra de ramener un semblant de calme entre les chefs de tribu. Le fait que la grande guerre ait déchiré l'Europe, dont l'histoire est émaillée de nombreux conflits meurtriers, semble alors bien vite passé sous silence.

 

 

  • Les missionnaires comme relais actifs de l'administration coloniale.

Les missionnaires propagent le christianisme. Leur action est aussi sociale : rachat d’esclaves, fondation d'orphelinats et d'hospices, combat pour la monogamie. Ils partagent avec l’administration coloniale l’enseignement et l’action médicale (voir plus haut).

 


Cours de couture dans une école des soeurs de la charité à Nsona-Mbata, Congo belge, 1910.

 

  • la consécration.

 

Des populations, conscientes de leurs limites, qui acceptent la domination du Blanc. Elles se placent sous la férule, ferme mais juste, de Tintin. Ce dernier devient une référence indépassable en matière de bonté, d'efficacité, d'ingéniosité. Même Milou devient un modèle pour les chiens congolais, qui appartiendraient donc, eux aussi, à des "races inférieures" de canidés... Les populations vouent même un véritable culte au jeune reporter et à son fidèle compagnon, manière de souligner la crédulité de populations superstitieuses, qui se prosternent devant leurs nouvelles idoles.

 

 

Enfin, et pour être tout à fait honnête, n'omettons pas l'ultime pirouette de la bande-dessinée. En effet, l'auteur laisse entendre que les vrais méchants sont les Occidentaux, en tout cas certains d'entre eux, dépeints sous les traits d'affreux mafieux qui se livrent au pillage de l'Afrique. Rappelons aussi les prises de position tiers-mondistes d'Hergé dans ses albums ultérieurs.

 

Tout cela ne saurait néanmoins effacer l'impression d'ensemble. Même dans sa version de 1946, Hergé propose une vision particulièrement paternaliste, voire raciste, du monde colonial. Ces dernières années, des plaintes portées par des associations ou des particuliers au Royaume uni, en Belgique et en France, visent à interdire la BD, ou en tout cas la censurer. On peut s'interroger quant à l'opportunité de telles démarches. Juger le contenu d'une oeuvre n'a de sens que si on la replace dans le contexte de son époque.

 

Sources:

  • P. Assouline : "Le siècle de Tintin grand reporter", L'Histoire, n°317, février 2007.
  • Entretien avec J.P. Chrétien. Les collections de l'Histoire.
  • Un regroupement de documents sur le site Strabon: "quelle éducation pour les colonisés?".
  • Bernard Droz : La fin des colonies françaises, Découvertes Gallimard, 2009.

Liens:

 

 * L'histoire du Congo belge, puis Zaïre et désormais République démocratique du Congo en musique:

- Histoire du Congo en musique 1: de l'indépendance à la prise de pouvoir de Mobutu.

- Histoire du Congo en musique 2: hommages musicaux à Patrice Lumumba.

 


* L'histoire du Congo en chansons (sur L'Histgeobox):

Voici, à travers quatres titres, l'histoire contemporaine du Congo-Kinshasa depuis la colonisation.

Ce morceau, composé lors de l'indépendance du Congo, devint un hymne dans tous les pays africains nouvellement indépendants.

Une superbe chanson qui permet d'aborder la déforestation en Afrique centrale, mais aussi l'assassinat de Patrice Lumumba.

* 124. Lord Brynner:"Congo war". (1966)Les difficultés du Congo juste après l'indépendance, entre guerre froide et tendances sécessionnistes. Un ska pour comprendre le rôle de Tschombé, Kasavubu, Lumumba et Mobutu.

* 136. Baloji : "Tout ceci ne vous rendra pas le Congo"

L'histoire récente du Congo, devenu Zaïre sous Mobutu, puis redevenu le Congo.

 

Rock et guerre froide

par blot Email


 

 Mick Jagger et l'ancien dissident Vaclav Havel (devenu président) se rencontrent en août 1990, à l'occasion de la venue des Rolling Stones, au lendemain de "la Révolution de velours". 

  

Lorsque le rock and roll apparaît aux Etats-Unis, il suscite d’emblée l’incompréhension de la part des adultes, qui y voient une influence néfaste pour la jeunesse. Les déhanchements suggestifs d’Elvis Presley troublent une frange importante de l’Amérique puritaine.  Cette musique, fruit des « amours » entre country blanche et blues noir brouille également les repères d’une société encore ségrégationniste.

 

En 1956, le Conseil des citoyens de la Nouvelle-Orléans édite un tract qui prouve à merveille l'opposition virulente au nouveau genre musical, dont les racines noires posent particulièrement problèmes dans les bastions racistes du Sud des Etats-Unis:

 

" STOP! Aidez-nous à sauver la jeunesse américaine. N'achetez pas des disques de nègres (si vous ne voulez pas servir des nègres dans votre commerce, alors n'ayez pas de disques noirs dans votre juke-box et n'écoutez pas dedisques noirs à la radio). Les hurlements, les paroles idiotes et la musique sauvage de ces disques sapent le moral de notre jeunesse blanche en Amérique.Appelez les annonceurs des stations de radio qui diffusent ce genre de musique et plaignez-vous! Ne laissez pas vos enfants acheter ou écouter ces disques de nègres."   

 

Elvis chante comme un noir et les premiers artistes du rock sont indifféremment blancs ou noirs.  Cette musique contribue ainsi à modifier le mode de pensée de nombreux jeunes Américains. Par ailleurs,

Elvis lors de son service militaire en Allemagne de l'ouest en 1958. Celui qui incarna dans un premier temps la jeunesse rebelle devient rapidement un chanteur fréquentable dont les roucoulades romantiques rassurent les parents. 

 

Evidemment ces jérémiades racistes ne purent empêcher cette révolution musicale en marche. En Europe occidentale, les réactions ne sont guère plus favorables dans un premier temps. Ainsi, lorsque le très sage Bill Halley arrive à Londres en 1957, il essuie de nombreuses critiques. Ainsi, le chef de l'orchestre symphonique de la BBC fustige ce "rock'n'roll [qui] n'est ni plus ni moins qu'une exhibition primitive de tam-tams qui cognent. On joue du rock'n'roll dans la jungle depuis des siècles."  Déjà dans l'entre-deux-guerre le jazz américain avait suscité un mélange de fascination et de répulsion.

Très vite néanmoins, le genre s'impose et devient même un puissant atout culturel pour les Américains dans le cadre de la guerre froide. A l'instar du cinéma hollywoodien, les rockers contribuent à la fascination du modèle américain bien plus sûrement qu'un long discours théorique. Certaines émissions de radio extrêmement populaires telles que Moondog House Rock'n'Roll Show d'Alan Freed contribue à populariser le rock'n'roll et à le rendre fréquentable pour le plus grand nombre.

 

Dans le bloc soviétique, le rock and roll ne reçoit pas un meilleur accueil. Les autorités soviétiques considèrent la musique pop comme décadente, incarnation de la “barbarie” culturelle des Etats-Unis. Les attaques se multiplient donc contre ces courants musicaux "dégénérés", susceptibles de pervertir la jeunesse du bloc de l’Est. Les autorités ne se contentent d'ailleurs pas de mises en garde orales:

- L’accès aux disques de rock occidentaux reste difficile et dangereux, jusqu’à la déstalinisation en tout cas. Leur distribution reste très encadrée jusqu’à la mise en place de la Perestroika par Gorbatchev. Seules exceptions à cette règle, les disques de blues qui reflètent les difficultés d’existence des Afro-américains et donc les limites du modèle, ainsi que les artistes occidentaux (de variété en l’occurrence) amis, comme Yves Montand, qui sont diffusés sans difficultés.  

 

- Très peu de groupes occidentaux obtiennent l’autorisation de se produire à l’Est.

 

   

 Pochette du “light my fire des Doors”, sorti sur le label russe Melodya, en 1988. 

 

- Censure, surveillance restent les moyens les plus efficaces pour contrôler une jeunesse fascinée par ces musiques. En RDA, à partir de 1965, les paroles des chansons ainsi que les noms de groupe en anglais sont interdits. 

Nous le verrons bientôt, en Tchécoslovaquie, les musiciens qui ne rentrent pas dans le moule prédéfini par le PC sont inquiétés, interdits et ne peuvent continuer à se produire sur scène qu'en se cachant. Au fond, ces réactions, loin d'endiguer le phénomène, semblent l'attiser. La plupart des groupes de rock dans le bloc de l'est n'ont pas vraiment un discours politique. Au fond, ce qui gêne les autorités, c'est ne pas pouvoir totalement les contrôler comme les autres membres de la société. Les mesures prises ont en tout cas quelque chose de dérisoire tant elles semblent inadaptées. En surpolitisant le phénomène rock, les autorités transforment des groupes intialement inoffensifs en dangereux leaders d'opinions (à leur corps défendant). C'est ce qui se passe par exemple avec les Plastic People of the Universe en Tchécoslovaquie au cours des années 1970.

 

Autre exemple, plus tardif, alors même que Gorbatchev s'apprête à prendre les rênes de l'URSS, le komsomol (la jeunesse communiste) d’Ukraine établit en 1985 une liste de groupes de rock occidentaux, destinée aux responsables de boîtes de nuit (il s’agit d’une circulaire officielle). « Ci-joint une liste approximative des groupes musicaux et artistes étrangers dont le répertoire contient des compositions idéologiquement pernicieuses.  Il est bon d’en être informé pour intensifier le contrôle sur les activités des discothèques. »  Suit une liste d’artistes auxquels correspond « le type de propagande » qu’ils véhiculent. Les critères retenus laissent pantois, voici quelques morceaux choisis :   

 

 

Circulaire du Komsomol déconseillant la diffusion d'artistes anglo-saxons dans les boîtes de nuit (1985).

 

Ci-dessous les noms de groupe suivis des types de propagande qu'ils sont censés véhiculer d'après le komsomol: 

Sex Pistols /  Punk, violence  

Iron Maiden  / Violence,obscurantisme religieux   

AC/DC /  Néofascisme, violence   

Talking Heads  / Mythe de la menace militaire soviétique 

  Tina Tuner  /  Sexe 

 Canned Heat  /   Homosexualité 

  Julio Iglesias   /  Néofascisme…     

 

 

Ces mesures s’avèrent vaines, tant l’attrait de ces musiques interdites reste fort. Des subterfuges permettent d'ailleurs souvent de contourner les obstacles (la radio dans les zones proches du camp occidental, le passage en fraude de disques). Des centaines de groupes de rock se forment d'ailleurs dans le bloc communiste à partir des années 1960. Désormais, les autorités tentent de canaliser leurs activités, de les encadrer et de les censurer si nécessaire, plutôt que de les interdire. La vigilance reste toutefois de mise comme le prouve le concert que donne Michael Jackson à Berlin ouest en 1988, à proximité de la porte de Brandebourg et donc du Mur. A cette occasion, la Stasi (police est-allemande), redoutait que les jeunes Allemands de l'Est ne poussent en direction de la zone interdite qui séparait les deux parties de Berlin. "Certains jeunes envisagent dans ce contexte une confrontation avec la police" selon un rapport de la Stasi du 4 mai 1988. Ils seront finalement dispersés manu militari.

 

 

On peut trouver toutes ces informations anecdotiques, elles n'en restent pas moins symptomatiques d'un système reposant sur la contrainte et qui entend des valeurs culturelles. A n’en pas douter les messages contestataires portés par le rock ont contribué, à leur façon, à lézarder « le rideau de fer ». C'est en tout cas l'avis de Pierre Grosser dans la synthèse qu'il consacre à la guerre froide pour la documentation photographique (voir source):

 

"La constitution de "zones grises", mal contrôlées par le pouvoir, et l'idéologie pacifiste, hédoniste et libertaire transpirant dans les textes des années 1970 (John Lennon fut une icône en Europe de l'Est) ont certainement participé à la délégitimation des régimes communistes. La contre-culture rock fut sans doute plus efficace que les intellectuels dissidents pour miner le régime."

 

Sources:

-  le site vinylmaniaque.com.

- La documentation photographique consacrée à la guerre froide, n°8055, “rock and roll et guerre froide”, 2007.

- Florent Mazzoleni: "Les racines du rock", Hors Collection, 2008.

 

Liens:

- Le blog "Haricot fibreux" revient sur la tournée pionnière d'Elton John et Ray Cooper en URSS en 1979.

 

Liberté pour Lapiro.

par blot Email

 

 

 

 Le Cameroun français devient indépendant en 1960 et forme une fédération bilingue - la République Fédérale du Cameroun ( RFC)- avec la partie Sud du Cameroun britannique (la partie Nord étant rattachée au Nigeria). En 1972, malgré les protestations des provinces anglophones minoritaires, le Cameroun devient une République unitaire.

 

 

La RFC est un régime présidentiel autoritaire dirigée par Ahmadou Ahidjo, un Peul musulman francophone. Dès 1966, le parti gouvernemental absorbe les autres mouvements politiques. L'Union nationale camerounaise se transforme donc en parti unique.

 

 

 

Ahidjo et Biya se saluent. Les relations entre les deux hommes deviennent vite exécrables et, en 1985, Ahidjo est condamné à mort par contumace. Il est accusé d'avoir fomenté un coup d'état...

 

En 1982, le Président Ahidjo cède le pouvoir à son Premier Ministre, Paul Biya. Il créé bientôt un nouveau parti unique le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Le régime se durcit et en 1990, l'interdiction d'un parti d'opposition déclenche des manifestations importantes. Biya est contraint de lâcher du lest, en tout cas en apparence. Il refuse pourtant de convoquer une conférence nationale avec les différents acteurs politiques du Cameroun (la tenue de ces conférences est fréquente après l'effondrement  du mur de Berlin et à la suite du au sommet de La Baule (1990). La France propose alors aux Etats africains de l’aide pour qu’ils se démocratisent et conditionne son aide financière à leurs tentatives réussies). eta> eta> eta>

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Caricature de Paul Biya, qui se maintient au pouvoir en maniant la carotte et le bâton.

 

 

Biya et son parti unique parviennent à conserver le pouvoir. Le RDPC remporte en effet les élections de 1992 (boycottées par l'opposition), 1997 et 2004, où de nombreuses irrégularités sont constatées par les observateurs internationaux Le président camerounais passe une bonne partie de son temps à l'étranger (notamment en Suisse) et ne se déplace jamais à l'intérieur du Cammeroun, sauf pour se rendre dans son village natal. Pour autant, il reste omnipotent et  contrôle le pouvoir d'une main de fer, censurant toute forme d'opposition. Les conseils des ministres ne sont plus convoqués et Biya impose donc le fait du prince. Il divise pour mieux régner, fait et défait les carrières à sa guise, multiplie les remaniements ministériel; évinçant tous ceux qui pourraient lui faire de l'ombre.

 

 

Grâce à ses ressources (gisements pétroliers), le pays a bénéficié d'une situation économique relativement stable. Pourtant, la majorité des Camerounais se sont appauvries au cours du règne de Biya. Le Cameroun connait un fort endettement. Aussi, le FMI lui impose un de ses traditionnels plans d'ajustement. D'autre part,  si Biya rappelle à longueur de discours la nécessité de moraliser l'économie, la corruption est devenue un système de gestion. Les détournements d’argent public semblent très fréquents.

 

 

Emeutes à Douala en février 2008.

 

 

Le pouvoir, corrompu et autoritaire, suscite l'ire des Camerounais en 2008. En effet, Biya fait modifier la Constitution, afin de pouvoir supprimer la limitation du nombre de mandats présidentiels et briguer un nouveau mandat en 2011. D'importantes manifestations sont durement réprimées en février 2008 et se soldent par de nombreux morts (près d'une centaine semble-t-il). Bien sûr, comme tous les dictateurs, Biya n'aime guère qu'on lui renvoie le reflet de ses errements.

 

 

 


 

Deux musiciens renommés, Lapiro de Mbanga et

 

 

Joe La Conscience

, ont été arrêtés et détenus par les autorités camerounaises pour avoir chanté des chansons dans lesquelles ils critiquent les amendements constitutionnels.

 

Arrêté le 20 mars 2008, Lapiro de Mbanga est membre du Front Social Démocrate (FSD), un parti d'opposition. Le chanteur est accusé par une justice aux ordres d'avoir incité à l'émeute (à la suite des grandes manifestations contre la cherté de la vie qui ont eu lieu à la fin du mois de février 2008). Le verdict est tombé sans appel: 3 ans de prison fermes. En fait, il semble bien que le pouvoir reproche surtout au chanteur populaire d'avoir multiplié les chansons engagées, très critiques à l'endroit du régime de Biya. C'est le cas avec le morceau "Constitution Constipée" (morceau en écoute ci-dessous) qui met le Président en garde contre les dangers que pourraient poser ces amendements. Il y dénonce les fossoyeurs de la démocratie au Cameroun. Il chante "Libérez Big Katika, libérez Répé Ndoss", ce qui signifie en pidgin camerounais "lâchez le vieux mafieux, lâchez le vieux ringard". Sans jamais nommé Biya, il en fait néanmoins sa cible. 

 

 

 

 

 

Lapiro de Manga (alias Ndinga Man).

 

 

 

LAPIRO DE MBANGA , « Constitution constipée ».

 

 


« Libérez Big Katika, libérez Répé Ndoss,
Le pater est fatigué oooo, foutez-lui la paix
Libérez Big Katika, LIBEREZ REPE NDOS
Le pacho est daya ooo, foutez lui la paix

 

 

 

2011, Cameroon must change !

 

 

 

Libérez Big Katika, libérez Répé Ndoss,
Le pater est fatigué oooo, foutez-lui la paix
Libérez Big Katika, LIBEREZ REPE NDOS
Le pacho est daya OOO, foutez lui la paix

 

 

 

Libérez Big Katika, libérez Répé Ndoss,
Le pater est fatigué ooo
Foutez lui la paix…
Libérez Big Katika, Libérez Répé Ndoss,
Le Pacho est dayed, ooo, foutez lui la Paix…

 

 

 

Seigneur Jésus, appelle ton frère, le Prophète Mohamed.
Au secours, venez-nous délivrer, l’heure est grave.
Les bandits en col blanc veulent braquer la constitution de mon pays.
Les fossoyeurs de la République veulent mettre le Lion en cage,
Les poussins veulent échapper aux serres de l’épervier ;
Le coq est harcelé et menacé d’une tentative de hold up.
En vérité, en vérité, je vous le dis, ils veulent tcha Pablo en otage

 

 

 

Libérez Big Katika, libérez Répé Ndoss,
Le pater est fatigué oooo, foutez-lui la paix
Libérez Big Katika, libérez répé ndos,
Le pacho est daya ooo, foutez lui la paix…

 

 

 

C’est quoi l’urgence et pourquoi cet acharnement farouche à modifier absolument l’Article 6 alinéa 2 d’une constitution dont la mise en application graduelle n’a jamais été amorcée ?
10 années sont passées, le Sénat et les Régions sont toujours attendues…
10 années sont passées le peuple attend toujours la déclaration des biens des individus appelés à gérer les fonds publics ; ce qui en cette période de lutte contre la corruption endémique est une priorité !
10 années sont passées, le peuple attend toujours d’avoir une structure indépendante pour gérer les élections libres et transparentes afin que la grande majorité des citoyens aient le droit de voter ;
Ca, les marathoniens de la mangeoire n’y trouvent aucun intérêt ; sauf celui d’éliminer la limitation du mandat présidentiel de la Constitution.
Aux Etats Unis d’Amérique, en France, en Union Soviétique et dans les vraies démocraties, les mandats présidentiels sont limités ; au Cameroun, pays de mes ancêtres, berceau de la démocratie avancée, apaisée, des fraudes électorales et paradis de la corruption, ON S’EN FOUT.
APRES TOUT, LE CAMEROUN C’EST LE CAMEROUN…

 

 

 

Constitution à gauche,
Constitution à droite,
Révision en haut, révision en bas
Motion de soutien par-ci, contre motion par là
Marche de soutien le jour, contre marche la nuit. »

 

 


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Liens:

 

- "Libérons Lapiro" (sur Samarra).

- Paul Biya, l'homme fort discret du Cameroun. (Libération).

 

- Freedom of musical expression: "Emprisonné pour chanter "constitution constipée".


- L'Afrique enchantée: "L'impossible démocratie".

 

* Sur Bakchich.info:

- Biya sème le chaos pour présider à vie

 

- Paul Biya, le bâton et la carotte

 

 

* Le Monde diplomatique: "Triste bilan au Cameroun"

 

* Camerooninfo.net:

"Lapiro de Mbanga : Martyr de la liberté et… apprenti sorcier".

 

* Nouvel Obs:

Manifestations contre la venue de Paul Biya en France

- "Artistes détenus au Cameroun, un collectif en appel à Carla Bruni".

- La France accusée de protéger excessivement le Camerounais Paul Biya.