Samarra


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Des séries pour comprendre le monde

par Aug Email

 

A lire et écouter sur la toile :

 

La petite bibliothèque du rappeur

par Aug Email

 
Vous aimez le rap (ou pas d'ailleurs...) et vous voulez comprendre son histoire, ses origines, ses codes, son évolution, sa géographie. Voici ce que vous pourriez trouver sur les rayons de la bibliothèque du parfait b-boy ou de la parfaite fly-girl (l'autre nom pour les fans de rap) :
 
  • Il faut commencer par l'ouvrage indispensable de l'américain Jeff Chang, Can't Stop, Won't Stop, Une histoire de la génération Hip-Hop, paru en français chez Allia en 2007. C'est un livre indispensable pour comprendre l'émergence du rap dans son contexte géographique, politique et social. J'ai personnellement adoré ce livre. Il est disponible intégralement sur Google books.

 

  • Côté français, l'auteur incontournable est le journaliste Olivier Cachin. Que ce soit à la télé (Rapline) ou dans la presse spécialisée (L'Affiche), il écrit sur le rap depuis plus de vingt ans. Pour commencer, vous pouvez dévorer son Découvertes Gallimard : L'offensive Rap, paru en 1996, réédité en 2001. Je vous recommande également son Dictionnaire du Rap paru chez Scali en 2007. C'est une mine de renseignements sur le rap US et français. C'est un outil indispensable pour qui s'intéresse à l'histoire du rap. On y voyage au fil des notices entre hier et aujourd'hui. Un petit reproche cependant, rien sur DJ Kool Herc... Signalons enfin son livre sur Les 100 albums essentiels du rap paru chez Scali en 2006.

 

  • Manuel Boucher, sociologue, a publié en 2002 chez L'Harmattan Rap, expression des lascars. Le livre étudie les significations et les enjeux du Rap dans la société française mais comporte une première partie qui étudie en détail les origines musicales du rap.

 

  • Jean-Claude Perrier, critique littéraire et musical, a publié en 2000 aux éditions de la Table Ronde une Anthologie intitulée Le rap français. Vous y trouverez les textes des chansons les plus fameuses des années 1990. Une édition actualisée Le rap français. Dix ans après est sortie en janvier 2010. Il y a en effet quelque chose de frustrant dans l'absence des paroles dans la plupart des pochettes de disques de rap. Les rappeurs ne seraient-ils pas toujours fiers de leurs textes ?

 

  • Les journalistes Thomas Blondeau et Fred Hanak ont publié en 2007 des entretiens avec des rappeurs américains. Ils sont regroupés avec une présentation très intéressante et tdans un style très percutant dans Combat Rap. 25 ans de Hip-Hop, chez Castor astral. Signalons que Thomas Blondeau ont également sorti en septembre 2008 chez le même éditeur et dans la même veine Combat Rap, 20 ans de Rap français.

 

  • Travailler sur les origines du Hip-Hop est extrêmement difficile. Les sources écrites sont plutôt rares (quelques flyers...). Les sources orales sont nombreuses mais parfois contradictoires. Le musicien et producteur Bruno Blum, excellent connaisseur des musiques jamaïcaine, a sorti en 2009 un très instructif Le Rap est né en Jamaïque chez le très bon éditeur Castor music. A la lecture de son ouvrage qui défend la thèse que les Jamaïcains, notamment King Stitt, U Roy ou Dillinger avaient déjà tout inventé à l'aube des années 1970, on est tenté de le croire et de crier à l'injustice. Pourtant, il semble que Blum connaisse bien mieux les musiques jamaïcaines que le Hip-Hop. Du coup, il sous-estime à mon avis les autre sources musicales du rap en voulant réhabiliter (à juste titre) l'apport de la Jamaïque au Hip-Hop. Autrement dit, le mouvement de balancier va peut être un peu trop loin.... On peut mettre en évidence la voie ouverte par les deejays jamaïcains (paradoxalement l'équivalent des MC en Jamaïque) et souligner l'origine jamaïcaine des pionniers comme DJ Kool Herc sans pour autant enlever sa spécificité au rap tel qu'il émerge dans le bronx des années 1970.

 

  • Un livre sur le rap est paru en 2009 dans la très saine collection Idées reçues du Cavalier Bleu. Son auteur, Anthony Pecqueux, ethnologue, revient sur les idées reçues concernant les origines du rap, son langage et sa musicalité, ses rapports à la morale et à la politique. ça se lit très bien.

 

  • Pierre Evil s'intéresse au Gangsta-Rap et nous livre avec Gangsta-Rap, paru chez Flammarion en 2005, un livre essentiel sur l'émergence du style West Coast. En retraçant l'histoire de la ville de Los Angeles, de ses mythes, de sa musique, il nous conduit jusqu'aux années 1980 et à la naissance du G-Funk à Compton autour des NWA. Il construit son ouvrage en chapitres centrés autour des personnalités à l'origine du G-Rap (Ice-T, Eazy-E, Ice-Cube, Dr Dre, 2Pac Shakur, Snoop Dogg), ce qui est parfois un peu perturbant car on envisage plus difficilement la dimension collective et l'évolution. C'est un détail mais Pierre Evil use et abuse du mot "séminal", très souvent utilisé en anglais, mais qui n'a pas tout à fait, à mon avis, le même usage en français. Quoi qu'il en soit, l'ouvrage séduit par son érudition et sa pertinence. 

 

  • Un livre passionnant et dans un anglais tout à fait abordable a été publié en 2009 sur la poétique du Hip-Hop. Avec Book of Rhymes. The poetics of Hip-hop , Adam Bradley convainc ceux qui ne le sont pas encore que la poésie est au coeur de la démarche du rap. En fin connaisseur des paroles du rap américain, Adam Bradley analyse tour à tour le rythme, la rime, les jeux de mots, le style, les histoires et la compétition verbale.

 

  • Pas facile de comprendre l'anglais utilisé dans certains raps.... Pour vous aider dans cette tâche ardue, je vous recommande un ouvrage formidable de Jean-Paul Levet : Talkin That Talk. Le langage du blues et du Jazz, Kargo, 2003. Il est d'abord centré sur le jazz et le blues, mais n'hésite pas à s'aventurer également dans le rap. Il s'agit d'un dictionnaire qui définit les mots et donne à chaque fois un ou plusieurs exemples de titres ou de paroles de chansons.Si vraiment vous ne trouvez pas, vous pouvez consultez Slang (dictionnaire bilingue de l'argot d'aujourd'hui) édité par Pocket ou alors explorer le site de l'Urban Dictionnary, une véritable mine collaborative.

 

  • Le  magazine Rap Mag consacre chaque année plusieurs hors-séries aux grandes villes américaines et à leur scène rap. Bien qu'inégaux, ces numéros offrent toujours une plongée intéressante sur les origines et l'évolution du rap dans ces métropoles. Parmi les numéros déjà publiés, signalons New York, Los Angeles, Atlanta, Chicago, Détroit, Philadelphie, Miami et  Las Vegas.

 

  • Un numéro passionnant d'Art Press était consacré en 2000 aux Territoires du Hip-Hop. Vous y trouverez des articles sur le rap aux Etats-Unis, en France et ailleurs (Sénégal notamment). Voici la liste des thèmes abordés par les articles : Technologie et savoir-faire humain - Du flow au cash-flow - le Bomb-Squad - la foi du graffiti - Hip-hop et danse contemporaine - Cinéma et hip-hop - Dakar, du griot au rappeur - Géopolitique rapologique - Quinze bonnes raisons de croire en l'avenir du hip-hop.

 

Anthologies :

 

 

  • Une anthologie des premiers enregistrements de rap sur disque avec un petit livret très intéressant qui reproduit de nombreux flyers des parties organisées dans le Bronx et à Harlem au début des années 1980 (un exemple ci-dessous). L'anthologie ne propose pas les morceaux les plus connus mais donne un aperçu intéressant de ce tournant qu'a connu le rap à la charnière des années 1970-1980. On y retrouve notamment Spoony Gee, Xanadu, Cold Crush Brothers, T Ski Valley, Brother D. Big Apple Rappin'. The Early Days Of Hip-hop Culture In Nyc 1979-1982.(Soul Jazz Records). Big Apple ("la grosse pomme") est le surnom de New York.

  • En 2009, le fameux label Def Jam a sorti une compilation pour ses 25 ans avec quelques uns de ses interprètes les plus connus des années 1980, 1990 et 2000 : T La Rock, LL Cool J, Public Enemy, DMX, Jay Z, Ludacris, Rick Ross, Method Man, Redman, Kanye West.

 

Au rayon BD :

  • Si vous êtes plutôt West Coast et Gangsta Rap, vous adorerez la BD Mutafukaz de Run dont les deux premiers volumes sont parus chez Ankama (image ci-contre : un membre d'un gang de L.A., les Bloods, dont la couleur est le rouge, interpelle les deux héros (ou plutôt anti-héros...) Angelino et Vinz). Le tome 0 et le tome 3 sont annoncés pour la rentrée...

 

  • Autre BD imprégnée de l'univers rap, en particulier du Gangsta, The Boondocks d'Aaron Mc Gruder. Il s'agit au départ d'un comic strip paru dans les quotidiens à partir de 1998 et qui est devenu un dessin animé. Les dessins de Mc Gruder sont tout ce qu'il y a de plus politique, dans le sens "incorrect" du terme, n'épargnant personne, noirs et blancs. C'est l'histoire de deux gamins noirs qui passent d'un ghetto du Southside de Chicago à un quartier résidentiel blanc de Los Angeles. Ils incarnent deux personnages caricaturaux de la communauté noire. Huey est le révolutionnaire noir alors que Riley est le futur gangster. Parmi leurs nombreux sujets de conversation, le rap.

  • Une Bd originale et autobiographique retrace la vie de MF Grimm., ça s'appelle Sentences et nous raconte l'histoire cahotique de Percy Carey aka MF Grimm. Une BD passionante.
  • Je vous ai parlé dans le prélude de la petite histoire du rap du délabrement du South Bronx dans les années 1970. Si vous voulez comprendre comment ce quartier en est arrivé là, je vous recommande la lecture de la BD de Will Eisner Dropsie Avenue (parue en 1994, rééditée récemment chez Delcourt). Le dessinateur américain (1913-2005) y raconte la vie et la mort d'un quartier du South Bronx autour d'une avenue imaginaire (je ne crois pas qu'il existe d'avenue portant ce nom à New York). L'histoire démarre à la fin du XIXème siècle, alors que le Bronx n'est encore qu'une vaste prairie où vivent quelques Hollandais. Elle est centrée sur la question de l'immobilier et des relations entre les différents groupes ethniques, religieux ou raciaux. (Lire la suite...)

 

Des films :

  • Beat Street. Une fiction musicale pour voir d'admirables battles de breakdancers au Roxy. Un film réalisé en 1984 par Stan Lathan sur des musiques produites par Harry Belafonte et Arthur Baker (producteur du "Planet Rock" d'Afrika Bambaataa).

  • West Coast Theory, un documentaire pour  comprendre les raisons du succès de la Côte Ouest. Réalisé par les Français Maxime Giffard et Felix Tissier en 2009. Edité par Agnès B. DVD et Potemkine.


Retrouvez l'ensemble des articles de Samarra sur le rap dans le dossier sur l'histoire et la géographie du rap.

 

Augmix # 12

par Aug Email

  • Commençons par une jeune canadienne à la voix incomparable. Coeur de Pirate (c'est son nom de scène) compose elle-même ses chansons. Ecoutez, c'est très agréable !
  • Retour en arrière avec Manau et un titre des années 1990 (la préhistoire !) que nous a choisi Anne lors de sa revue de l'actualité. Il s'agit de "L'avenir est un long passé" qui évoque un poilu de la Grande Guerre, un résistant et la montée de l'extrême droite à la fin du XXème siècle.
  • Quel est le rapport entre Queen et Léo Ferré ? Je sens que vous ne trouverez pas... Il s'agit du film L'affaire Farewell sorti cette année (je vous en reparle sur ce blog prochainement, c'est promis). Le film est basé sur une histoire vraie, celle d'un agent du KGB qui choisit de livrer des secrets à la France au début des années 1980. En échange, il ne demande pas d'argent mais juste des cassettes de Léo Ferré pou lui (en particulier ce "Mélancolie") et de Queen pour son fils.
  • Un peu de negro-spiritual maintenant avec un titre bien connu "Didn't My Lord Deliver Daniel". Comme souvent, en évoquant des passages bibliques, les esclaves du XIXème siècle faisaient allusion à leur propre situation, Julien Blottière nous en parlé sur l'histgeobox à propos de "Go Down, Moses". Ici, l'évocation de Daniel dans la fosse aux lions est une invitation à l'espoir. Si Daniel a été délivré par Dieu, Il pourra aussi délivrer les noirs de l'esclavage. J'ai entendu l'an dernier à Chicago la chorale de l'université Trinity (dirigée par Paul Satre) près de Chicago interpréter ce titre en répétition. J'en ai filmé un extrait :

 

 
  • Après les spirituals, le blues et ce morceau de Bessie Smith de 1927 "Back Water Blues" qui décrit les ravages causés par les inondations dans la vallée du Mississippi. Retrouvez l'article de Blot sur l'histgeobox à propos de la chanson de Randy Newman sur ce même sujet.
  • Crosby, Stills, Nash & Young avaient dénoncés les actions de Nixon après le massacre de Kent State en 1970, c'était "Ohio" (retrouvez mon article sur cette chanson). Plus récemment, ils appelaient à une destitution de Bush dans ce même esprit à propos de la guerre en Irak. ça s'appelle "Let's Impeach The President".
 
  • Poursuivons avec du rap.  Nas, rappeur du Queens (quartier de Queensbridge comme Jay-Z), s'est fait connaître en 1994 avec Illmatic. Son père Olu Darra est un ancien chanteur de blues et de soul. Je vous avais sélectionné un titre rassemblant les deux générations. En 2008, son album Untitled avait créé la polémique en raison du titre qu'il voulait lui donner (Nigger). Je vous ai choisi  "Queens Get The Money" le premier titre que je trouve sublime (produit par Jay Electronica). Il contient un sample de Yann Tiersen tiré de la BO du film Good Bye Lenin...

 

  • Nas avait eu au début de la décennie un beef  (querelle par rimes interposées) de légende avec Jay-Z. Les deux MC se sont ensuite réconciliés. Ce dernier vient de sortir le troisième volet très attendu de sa trilogie The Blueprint III, en tête des ventes aux Etats-Unis. Je vous ai sélectionné "Empire State Of Mind", hymne à New York interprété avec Alicia Keys. En hommage à l'équipe de Base Ball des Yankees dont c'est la couleur (pas le bleu du gang angelenos des Crips précise-t-il...) , Jay-Z déclare qu'il a le "sang bleu". Leur récente victoire aux World Series a donc dû lui faire le plus grand plaisir...

  

 

  • Kid Cudi nous vient de Cleveland, au coeur de la Rust Belt. Il sort son premier album Man on the moon : The End of day  dont je vous ai choisi le titre "Make Her Say" (qui sample Lady Gaga). Bon, les lyrics sont plutôt "explicites" mais le clip est pas mal et la présence de Kanye West et Common suffisent à enchanter mes oreilles !
 
 
  •  Common toujours avec un titre de son album Be de  2005 qui marquait le grand retour. du MC de Chicago. Aux manettes, l'inévitable Kanye West (qui sample "What It Is" des Temptations et "You Make The Sun Shine" des Temprees), au refrain les Last Poets, un groupe formé en 1969 et aux origines du rap dans sa dimension politique (plus de détails ici). Le résultat c'est "The Corner", un morceau en hommage à ce que "l'école de la rue" peut offrir de meilleur, en particulier dans le Southside de Chicago.
 
 
 

 

Enjoy !

 

Découvrez la playlist Fall session avec Temprees

Reprise !

par Aug Email

Comme d'habitude, il y a les projets et puis le temps qui passe....

Donc l'équipe de Samarra s'est un peu reposée depuis un mois. En fait, non pas exactement. Elle a emmagasiné des tas de belles choses au cours de ses pérégrinations. De quoi faire la matière des articles que nous publions.

 

Pour ma part, voici deux ou trois choses dont je voulais vous parler :

 

Tarzan, un homme-singe de son temps

 

Le musée du Quai Branly propose jusqu'au 27 septembre une exposition sur le personnage de Tarzan créé par Edgar Rice Burroughs. Elle propose aux grands comme aux petits un parcours passionnant sur les traces du personnage et du mythe. De qui Burroughs s'est-il inspiré ? En quoi Tarzan est-il un homme-singe de son temps avec ses défauts et ses qualités ? Comment le personnage s'est-il transformé en devenant héros de BD puis de cinéma ? Cette dernière question est l'une des plus passionnantes. L'expo montre bien comment un Tarzan très intelligent et polyglotte est peu à peu devenu un demeuré qui émet des son incompréhensibles au cinéma. Les enfants se régaleront des planches originales de la BD signées Hogarth et des nombreux extraits de film projetés (notamment les plus célèbres avec l'ancien nageur Johnny Weissmuller), les adultes pourront explorer les différentes facettes du mythe occidental de l'homme sauvage qui vit avec les singes, les époques empilées, les préjugés accumulés ...

Voici quelques extraits que j'ai sélectionnés pour vous en commençant par le fameux cri :

 

 

Panama, un canal au coeur des Amériques

 

La corderie royale de Rochefort (Charente-Maritime) propose jusqu'à la fin de l'année une superbe exposition sur le Canal de Panama. La première partie revient sur l'histoire mouvementée de sa construction, voulue par les Français. D'échecs en scandale, le projet de Ferdinand de Lesseps s'achève par un fiasco qui menace la IIIème République, de nombreux députés (les "chéquards") ayant été corrompus pour permettre à la Compagnie de se sortir de l'impasse. Les Etats-Unis, en pleine ascension sur le continent américain après leur victoire contre l'Espagne en 1898, reprennent l'ambition française en retenant les leçons de l'échec précédent. Ils achèvent le canal qui ouvre en 1914, au terme d'une première mondialisation qui a vu les échanges se mutiplier dans le monde. Ce n'est qu'après 1945 que le canal devient une artère vitale des échanges commerciaux entre Pacifique et Atlantique. La deuxième partie de l'exposition explique le fonctionnement actuel du Canal. Quelques bornes interactives permettent aux enfants de faire fonctionner les fameuses écluses de Gatun et de Miraflores. Enfin, le succès du Canal à l'heure de l'augmentation des échanges entre l'Asie et le continent américain contraint le Panama (qui a récupéré le canal depuis 1999) a prévoir l'élargissement de la voie d'eau afin d'accueillir les plus grands porte-conteneurs, pour l'instant post-panamax (plus de 5000 EVP). Si vous passez par Rochefort, n'hésitez donc pas à faire un détour, l'ensemble de l'Arsenal vaut le déplacement avec l'exposition permanente sur les techniques de cordage, le musée de la marine et le chantier de recosntruction de l'Hermione, le bateau qui achemina La Fayette en Amérique en 1780, qui devrait être achevée en 2011-2012.

La Corderie édite des cahiers pour chacune de ses expositions temporaires, celui consacré au Canal est très bien fait pour un prix abordable.

 

Mille ans de présence juive en Lorraine

 

Et si vous passez par la Lorraine, venez visiter l'exposition que le Musée Lorrain consacre à l'histoire des Juifs en Lorraine jusqu'au 20 septembre. Le Musée Lorrain possède de nombreux objets liés à l'histoire du judaïsme en Lorraine. Avec d'autres objets venus d'autres musés ou de collections personnelles, il mêle habilement objets de la vie quotidienne, du culte et éléments plus historiques qui permettent de retracer une histoire vieille de mille ans. Entre expulsions, assignation d'un rôle social précis et pleine intégration depuis la Révolution, cette histoire a des points communs avec l'histoire des juifs dans toute l'Europe mais également ses spécificités dans cet entre-deux que constitue la Lorraine jusqu'au XVIIIème siècle. L'histoire du judaisme lorrain au XXème siècle est bien entendu marquée par la tragédie que constitue la Shoah à laquelle n'échappent pas les Juifs Lorrains, malgré l'aide de quelques justes comme ces policiers nancéiens qui préviennent des Juifs de la rafle du lendemain. Un des épisodes les plus intéressants est celui des tensions entre Juifs anciennement implantés et Juifs d'Europe Centrale arrivant en Lorraine dans les années 1920 et 1930. Nancy compte alors deux lieux de culte séparés.

 

 

Terminons par un peu de télévision. Est-ce une coincidence si la série Urgences (ER en anglais), créée par Michael Crichton, cesse après 15 ans de diffusion alors que le débat sur l'Assurance-maladie fait rage aux Etats-Unis ?  L'un des mérites de cette série était de montrer les difficultés de ces Américains des inner cities (ici ceux du Comté de Cook à Chicago). Les urgences de cet hôpital public accueillent en effet tous ceux qui sont plutôt démunis et qui font partie de ces 46 millions d'Américains (soit 16% de la population) qui ne bénéficient d'aucune couverture maladie. Durant tout l'été, le débat a été très animé, voire violent lors des "town hall meetings" où des militants conservateurs ont tenté de déstabiliser les élus démocrates.

Alors qui va remplacer le Docteur Carter pour soigner les plus démunis ? Aux derières nouvelles, une série se déroulant à New York vient de démarrer aux Etats-Unis, elle met en scène une infirmière  des urgences (jouée par Edie Falco, ex-Sopranos). La série s'appelle "Nurse Jackie" et fait l'éloge des héros oubliés d'un système de santé désintégré.

Bon, pour ceux qui n'y comprennent rien à cette histoire d'assurance, voyez cet article très clair du site Rue 89 : "La réforme du système de santé américain pour les nuls".

Allez cadeau pour finir, le générique de la saison 1 d'Urgences avec les Docteurs Ross, Susan Lewis, Mark Green, Carter, Benton et Cie...

 

 

Summer Mix (Augmix # 10)

par Aug Email

Allez, c'est parti pour une petite sélection, histoire de bien démarrer l'été !

  • On démarre avec un peu de Gospel et une version qui dépote bien du fameux cantique "Amazing Grace" par les "garçons aveugles", les Blind Boys of Alabama. Ce chant a été composé à la fin du XVIIIème siècle. Les paroles ont été écrites par un ancien capitaine de navire négrier devenu pasteur protestant et abolitionniste, John Newton. L'origine de la mélodie est moins certaine (folklore celte, africain ?). C'est, au XIXème siècle, un des chants d'église les plus connus dans le monde anglo-saxon avant de connaître de très nombreuses reprises au XXème siècle. Impossible d'en faire la liste complète...
  • Un petit duo Jason Mraz-Colbie Caillat, avec la chanson "Lucky".
  • Une petite chaîne de sample. Voici un morceau de 1982 du groupe The Clash, "Straight To Hell". Le morceau est samplé en 2007 par M.I.A. dans "Paper Planes". En 2008, un single de T.I. et Jay-Z, "Swagga Like Us", sample le titre précédent. Kanye West et Lil Wayne y font un featuring en utilisant l'autotune. La chanson, initialement prévue pour l'album The Blueprint 3 de Jay-Z, fait finalement partie de l'album de T.I. Jay-Z a en effet décidé qu'aucun titre de son album, produit par Kanye West, pourtant grand utilisateur de l'autotune, n'utiliserait le fameux appareil. Le dernier single de Jay-Z a d'ailleurs pour titre "D.O.A." c'est-à-dire Death Of Autotune... [Ma source pour ce sample]
  • Autre sample, cette fois-ci par le roi de la Côte Ouest, Dr. Dre, producteur de nombreux rappeurs dont Eminem. L'un des meilleurs titres de son dernier album 2001 (1999 déjà...) s'appelait  "What's The Difference Between Me & You" avec Eminem et X-zbit. La boucle de ce titre nous vient tout droit de France puisqu'elle est issue d'un morceau de Charles Aznavour de 1966, "Parce que tu crois".[Ma source pour ce sample]. Le duo R'N B Tragédie a également repris cette boucle.

 

  • J'ai découvert récemment Saul Williams. Révélé par le film  Slam (1998), c'est un artiste vraiment original mariant le hip-hop, le slam et le rock.  Ces productions me rappellent un peu Roots Manuva. Le tout avec des paroles engagées dans la réalité sociale et politique. Prenez par exemple un titre que j'adore : "Tr(N)igger", avec un jeu de mot sur gâchette (trigger) et nègre (nigger) et un sample très réussi du "Welcome To The Terrordome" des "prohètes de la rage", le groupe Public Enemy. Saul Williams y dénonce la prégnance du racisme dans le discours sur les noirs et l'apologie de la violence faite par certains rappeurs. Je vous ai mis également le clip de sa reprise du célèbre "Sunday Bloody Sunday" de U2. La chanson du groupe dublinois évoquait le massacre par les parachutistes britanniques de manifestants catholiques à Londonderry en Irlande du Nord en 1972. Williams ancre le titre dans la réalité sociale de l'Amérique du XXIème siècle, faite de misère et peuplée de sans-abris.

 

 

 

 

 

  •  Rap et engagement toujours avec "Si peu comprennent" de Roçé. Il s'agit du premier single de son album à venir L'être humain et le révèrbère.

 

  • Je vous ai parlé à plusieurs reprises de Common, MC du Southside de Chicago. Son dernier album Universal Mind Control est sorti en 2008. Je l'avais écouté une première fois l'an passé sans avoir trop accroché. Mais en le réécoutant ces derniers temps, je revois mon jugement. Les productions des Neptunes (donc Chad Hugo et Pharell Williams) et le flow de Common font mouche, en particulier dans "Announcement" (feat. Pharell Williams) et "Gladiator" que je vous ai sélectionnés.

 

  •  On continue avec un très beau morceau interprété par Kenza Farah feat. Sefyu "Lettre du front". Un titre que nous a conseillé Emy-Lou.
  • Je vous ai déjà parlé plusieurs fois de Mayra Andrade. La chanteuse d'origine capverdienne sort un album. Je vous ai choisi la chanson qui donne son titre à l'album "Storia, storia".

 

  •  La télé-réalité mène à tout à condition d'en sortir. Après l'exemple d'Olivia Ruiz dont je vous parlais le mois dernier, autre illustration avec l'équivalent américain de la Nouvelle Star, American Idol. Le chanteur Daughtry ne l'a pas gagné, mais il cartonne depuis, notamment avec ce titre, déniché pour nous par Morgane : "What About Now". Il invite à réfléchir à l'avenir de notre planète en voyant son état actuel...

 

 

  • On termine avec la douce voix de Lenka, une actrice australienne qui s'est lancée dans la chanson. C'est plutôt réussi. Ca s'appelle "The Show".

 

Bon écoute et bon été à tous !

 

J'aime bien- Mai '09 (Augmix # 9)

par Aug Email

 Allez, une petite chaine musicale entre différents artistes pour commencer.

  • Olivia Ruiz trace lentement son sillon dans la chanson française. Elle confirme avec Miss Météores son talent en nous emmenant dans son univers plein de poésie, de franchise et de gourmandise. Je vous ai choisi deux titres. Signalons un titre en forme d'hommage à Jacques Brel et Edith Piaf avec.... Oxmo Puccino.

 

  • Je vous ai parlé le mois dernièr d'Oxmo Puccino et de son album de 2006 Lipopette Bar. Il y narrait une histoire accompagné des Jazzbastards, des musiciens de jazz. Dans son dernier album L'arme de paix, il reprend la plupart de ces musiciens qui composent d'ailleurs les morceaux (Vincent Taurelle au piano, Vincent Taeger aux percussions et Ludovic Bruni à la guitare). Je vous ai choisi deux extraits de l'album (non disponibles sur deezer, vous pouvez les écouter sur son site officiel), il s'agit du très doux et beau "Soleil du Nord", entre froid et chaleur, richesse et pauvreté. L'autre titre, c'est "L'arme de paix", en duo avec le rappeur somalien K'Naan... qui chante le refrain. C'est une réflexion intéressante sur la tension entre la volonté de paix et la réalité des rapports humains.

 

  • K'Naan, justement, est un artiste original que l'on ne peut enfermer dans le seul hip-hop. Il mêle rap, soul et rythmes africains de sa Somalie natale. Après les Etats-Unis, il vit aujourd'hui au Canada (Son site). Troubadour est son deuxième ambum. Je vous ai choisi "T.I.A." pour This Is Africa. Il s'est distingué récemment en invitant la communauté internationale à ne pas seulement envoyer des navires de guerre (réaction qu'il qualifie de "réactionnaire") mais à tenter de comprendre pourquoi la piraterie est une des seules perspectives tentantes pour les jeunes Somaliens. En savoir plus et écouter son entretien sur le site de RFI en anglais. Sur son dernier album, il chante avec le rappeur américain Mos Def le titre "America".

  • On retrouve Mos Def dans un film que vous ne verrez pas en France.... Je veux parler de Cadillac Records. J'avais évoqué avec vous ce film au moment de l'inaugiration d'Obama en janvier. L'un des bals officiels avait été ouvert par le couple Obama sur l'air de "At Last" interprété par Beyoncé (voir la vidéo ici). Beyoncé joue en effet l'un des rôles principaux du film qui retrace l'histoire du label Chess Records qui fit les beaux jours du blues à Chicago. La chanson "At Last" est un des classiques d'Etta James (le rôle interprété par la chanteuse de R'NB). Je vous ai mis la version d'Etta James pour comparer. Celle-ci a apparemment peu apprécié la version de Beyoncé... La Bande originale, tout en ressucitant des titres du label comme "At Last", y ajoute quelques beaux morceaux plus contemporains comme "Once In A Lifetime" par Beyoncé. Je vous ai également choisi un titre, "Bridging The Gap", qui est un hommage du rap à ses racines musicales (blues, gospel) tout en étant un hommage du rappeur Nas à son père, le chanteur Olu Dara. "The history of music on this track !"

 

  •  Du rap toujours, avec le titre "Lexikon" de Junk Food, c'est léger et très Rock'N Roll.
  •  La chanson "Superwoman" d'Alicia Keys est un hommage aux femmes qui doivent mener de front vie professionnelle et familiale. Cela ne les empêche pas de réussir (aren't they Sara ?). C'est le message que veut faire passer la chanteuse. 
  •  Petite devinette : Dans le clip on voit Alicia Keys postuler à  l'aide sociale et il y a un indice qui nous indique dans quel Etat elle se trouve. Saurez-vous me dire de quel Etat il s'agit ?

 

Alicia keys - superwoman


 

  • Et pour finir, un morceau sympa : "La déclaration" du groupe Debout sur le Zinc et un aperçu de la douce et chaude voix de Mélody Gardot. Il ne s'agit pas de son dernier album My One And Only Thrill.

 

 Voici la playlist, bonne écoute !


Découvrez Olivia Ruiz!

Chicago : Cité dans le vent ?

par Aug Email

Depuis l'élection de Barack Obama, la métropole des bords du Michigan est un peu devenue le centre du monde. Même si le nouveau président réside bien sûr à Washington, il se rend régulièrement à Chicago où il résidait et où il a effectué son ascension politique. Au programme des ses week-ends, une petite visite chez le coiffeur ou un match de basket.

Surnommée "Windy City" autant pour le vent qui y souffle que pour la vantardise de certains de ses représentants, Chicago a connu une croissance fulgurante au XIXème siècle qui en a fait la deuxième ville des Etats-Unis derrière New York. Si elle a depuis perdu cette place au profit de Los Angeles, la ville n'en reste pas moins l'une des villes au rayonnement mondial du pays, en particulier pour sa bourse agricole, le Chicago Board Of Trade.

 

Plusieurs publications s'intéressent donc naturellement à l'histoire de la ville. En voici deux :

Le magazine L'Histoire de février propose un dossier sur l'histoire de la ville dont voici le sommaire :

  • La saga d'une forteresse démocrate - Pap Ndiaye et Caroline Rolland
  • « La ville aux larges épaules » - Jean Heffer
  • Sous la loi d'Al Capone - Romain Huret
  • Le laboratoire des idées neuves de l'Amérique - Jean-Michel Chapoulie
  • Mille et une tours - Hélène Trocmé
  • L'homme de Chicago - Pap Ndiaye

 

Autre publication sur Chicago, un hors-série du très bon mensuel Rap Mag consacré à "Chi-Town". Au sommaire, quelques articles sur Obama et les rappeurs de la ville, dont je vous parle ici régulièrement :

  • Chicago : Le Buckingham Palace du Rap ?
  • Yes I Can Tour, Obama tour
  • Obama par Chicago
  • The Sound Of Chi-Town
  • Common : Lieu Common
  • Kanye West : Far From West
  • Portfolio
  • Chicago Recording Company : Terror Studio
  • La nouvelle scène
  • City Guide : Chicago, une ville de patrons

 

Dans des Hors-série précédents, Rap Mag s'immergeait à New York, sur la Côte Ouest, dans le Sud et à Détroit.

 

Quant à moi, je reviendrais comme promis prochainement sur l'histoire passionnante de cette ville...

Je vous laisse avec la chanson "Homecoming" de Kanye West (feat. Chris Martin de Coldplay), hymne à sa ville. Le clip est superbe et laisse entrevoir les lieux emblématiques de Chi-City :

 

 

[Première photo : L'ombre de la Hancock sur le lac Michigan, octobre 2008, EA]

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