Samarra


Tags: chine

Faire du hip hop à Taïwan : Entretien avec Kou Chou Ching

par Aug Email

 

 Ceux qui connaissent bien ce blog savent qu'on aime vous faire voyager et que la musique est notre moyen de transport préféré ! Aujourd'hui nous vous emmenons à Taïwan pour faire la connaissance d'un des plus illustres représentants de la scène hip hop du pays, le groupe Kou Chou Ching.

L'île de Taïwan, autrefois connue sous le nom de Formose, a un statut particulier : depuis la prise du pouvoir à Pékin par les communistes en 1949, le gouvernement du Kuomintang (dirigé par Tchang Kaï-Chek) s'y est réfugié. Régulièrement menacée par la République de Chine Populaire qui voudrait la réunification, "l'autre Chine" est progressivement devenue l'un des pays les plus développés de la région et une démocratie. Malgré son exclusion de l'ONU en 1971, la République de Chine (Taïwan) est un pays indépendant de fait sinon de droit. Ses 23 millions d'habitants jouissent d'un niveau de vie élevé. Le pays est classé parmi les "dragons" ou NPIA de 1e génération. Le "Made in Taïwan" était il y a plus de 20 ans l'équivalent du "Made in China" d'aujourd"hui. L'industrie du pays est depuis montée en gamme. Mais revenons au hip hop...

 Le groupe Kou Chou Ching est composé de deux MC, d'un DJ et de deux joueurs de suona (un hautbois semblable à la zurna turque), le nom de leur groupe évoque les labeurs des champs au moment de la récolte. Ils se veulent à la fois pleinement taïwanais (on sent une grande fierté dans les paroles et les réponses...) et se réclament du hip hop dans sa dimension contestataire et consciente. En interrogeant Fan-Chiang, l'un des deux MC du groupe, nous avons voulu faire connaissance avec la scène taïwanaise et avec Kou Chou Chiang.

 


1. La scène hip hop taïwanaise est-elle importante ? Quels sont ses caractéristiques et ses styles ?


Les débuts du Hip Hop à Taiwan datent d’il y a 20 ans. Un groupe appelé L.A.Boyz a réussi à l’implanter depuis les Etats-Unis. Ils sont alors devenus célèbres à Taiwan. Les L.A.Boyz rappent en anglais et le producteur DJ Jerry sample beaucoup de Old School Hip Hop. Les L.A. Boyz et DJ Jerry ont grandi aux Etats-Unis. Ils nous ont donc montré le hip hop originel. Mais c’était surtout pour la danse. Bien qu’ils soient devenus célèbres, les L.A. Boyz n’ont pas poussé beaucoup de groupes à écrire du rap et à enregistrer des albums à Taïwan. Puis le Hip Hop est passé de mode.
Il y a presque 12 ans, le Hip Hop a fait son retour, je pense à cause d’Eminem. Les rappeurs taïwanais MC Hotdog et Dog G ont commencé à écrire des titres de rap en mandarin et en taïwanais. Cela a permis aux gens de se rendre compte que le rap n’était pas seulement en anglais. De plus en plus de groupes Hip Hop se sont développés, et nous sommes l’un d’entre eux.
Ensuite, le Hip Hop s’est rapproché de plus en plus de la pop. Certains ont commencé le rap sans connaître ce qu’est le Hip Hop, même s’il y a toujours des groupes underground. Quelques uns ont un style East Coast, d’autres sont plutôt West Coast. Mais la musique ressemble à la musique noire d’autres pays. C’est parce que les beatmakers ne sont pas toujours au niveau. Donc les rappeurs téléchargent les versions instrumentales sur internet.

 


2. Pouvez-vous nous parler de l’histoire du groupe, des ses influences musicales ?


Nous essayons de faire du hip hop dans un style taïwanais. Donc nous samplons des éléments de musique traditionnelle taïwanaise et les mélangeons avec du hip hop pour faire quelque chose de différent. Nous nous sommes formés en 2003, il y a presque 10 ans. Nous ne produisons pas  seulement des rythmes à la manière traditionnelle de Taïwan, nos paroles et notre langue sont également de Taïwan. Nous rappons en mandarin, taïwanais et hakka [langue parlée dans certaines régions de Chine également]. Parfois nous invitons des aborigènes pour chanter sur notre musique.
Nous sommes différents des autres groupes de hip hop de Taïwan par notre style. Nous sommes influencés par le Wu-Tang Clan, DJ Krush [qui est japonais], RUN-DMC, Public Enemy et Asia Dub Foundation.

 



3. Quels sont les themes abordés dans vos raps ? Vous avez l’air particulèrement intéressés par l’histoire de Taïwan. Pourquoi ?


Nous abordons beaucoup de sujets dans nos raps. Mais une chose est commune à tous nos titres : tout se passe à Taïwan. Nous n’aimons pas écrire de titres sur des sujets non maîtrisés. C’est parce qu’il se passe trop de choses et que les gens ne ressentent rien. Aussi nous voulons avertir les gens afin qu’ils n’ignorent pas. Parce que c’est très important dans notre vie. Comme les problèmes sociaux, la pollution environnementale, le nucléaire, l’histoire. Le hip hop n’est pas juste de la musique pour danser, il fait réfléchir les gens. C’est la pop culture qui fait paraître le hip hop stupide. Nous voulons juste qu’il soit vrai.
Une de nos séries a pour titre « Civil Revolt ». C'est uen histoire à suivre sur plusieurs albums. Elle parle de la révolution à Taïwan [à l'époque des Qing comme à l'époque de la colonisation japonaise (1895-1944)]. Nous voulons que les gens en sachent plus sur notre pays et comprennent son histoire. Pourquoi à chaque fois que le peuple combat un gouvernement étranger, il perd à la fin. Nous voulons juste que le peuple y pense et ne refasse pas la même erreur.



4. Votre musique est-elle écoutée en République Populaire de Chine ? Avez-vous des liens avec des rappeurs de là-bas ?


Des Chinois téléchargent notre musique sur internet. Nous n’avons pas de vente physique de nos albums en Chine et nous ne nous y préparons pas. Je pense que notre musique serait dure à vendre là-bas. C’est parce que les paroles que nous écrivons ne sont pas autorisées par le gouvernement chinois et que nous ne voulons pas changer. La musique hip hop devrait être l’arme puissante qui reflète les problèmes du monde. Et notre pays est une démocratie. Je ne pense pas que nous devions nous adapter simplement parce que la Chine est communiste. Donc s’ils peuvent télécharger notre musique, qu’ils le fassent. Nous sommes heureux qu’ils s’intéressent à notre musique. Pour dire vrai, nous avons vraiment de bons retours de la part des Chinois.
Nous n’avons pas établi de lien avec beaucoup de rappeurs chinois. Mais sur notre dernier album nous avons invité le rappeur de Hong Kong MastaMic pour notre titre « Mess Media ». C’est un rappeur très sympa qui rappe en cantonais. J’espère que vous apprécierez son rap.

 

Propos recueillis et traduits par Aug (Un grand merci à Fan Chiang pour sa disponibilité et à Control Tower sans qui cet entretien n'aurait jamais eu lieu !)


  Voici une playlist de quelques titres du groupe ainsi que trois titres d'autres groupes évoqués dans l'entretien :

 

 

 

Retrouvez le site du groupe et leurs  paroles en anglais, leur page Faebook, une critique de leur album Fuke et un historique du groupe sur un site musical taïwanais.

 

 

 

 

 

Juge Bao : opération "mains propres" en l'an mil

par Aug Email

Bao Zheng (包拯) a vécu au XIème siècle dans la Chine de la dynastie des Song. Né dans la province de l'Anhui (Chine du Centre-Est), il est réputé pour son intégrité. Il a ainsi obtenu de l'Empereur Renzong des pouvoirs de justice exceptionnels de 1037 à sa mort en 1062. Juge itinérant, le juge Bao (Bao Gong) a lutté contre la coruption des puissants et le détournement des aides versées par l'Empereur pour la reconstruction à la suite de catastrophes naturelles.

Son histoire a survécu au temps puisqu'il est progressivement devenu le symbole de la justice dans la culture populaire chinoise. Il apparaît ainsi dans de nombreux écrits, notamment romanesques, et dans l'opéra. Plus récemment, des films, des téléfilms et même un jeu vidéo l'ont mis en scène accompagné de ses assistants, le très habile et très redouté Zhan Zhao et le greffier Gongsun Ce.

C'est que sa réputation d'intégrité et de lutte contre la corruption trouvent de puissants échos dans la Chine contemporaine. A l'heure où le développement de la Chine entraine la transformation de nombreux espaces périurbains, la cupidité de nombreuses personnes ne se dément pas. Mais sa dénonciation doit souvent prendre des formes indirectes. Les mésaventures du film Avatar en Chine témoignent de la difficulté d'aborder certains sujets. Parler du juge Bao aujourd'hui est donc un moyen de dénoncer la manière dont ce développement est effectué. Le juge s'attaque aux puissants sans scrupules et prend la défense des plus faibles.

Une jeune éditrice chinoise, Ge Fei Xu , un scénariste français et un dessinateur chinois ont compris toute l'actualité du juge Bao en entamant la publication d'une bande dessinée. Le premier tome, Juge Bao et le phoenix de Jade, vient de paraître en français aux Editions Fei, dans un format original mais finalement très pratique (13x18). Patrick Marty a écrit le scénario en souhaitant délibérément que le lecteur pense à la Chine d'aujourd'hui tout en se plongeant dans la Chine des Song. Son "road movie" suit le juge Bao dans ses déplacements qui sont autant d'enquêtes mêlant histoires d'amour, de corruption, combats et aventures. Il s'inspire du vrai Bao tel que le rapportent les sources tout en inventant une grande partie des détails. Le dessin en noir et blanc du Pékinois Chongrui Ne est d'une grande qualité et très précis.

Un extrait du tome 1. On y voit le juge Bao n'hésitant pas à se déguiser et à se faire jeter en prison pour les besoins de son enquête.

Ces aventures se lisent comme un roman policier. On attend la suite (prévue en avril 2010) avec impatience ! Lisez l'entretien accordé par Patrick Marty à ActuaBD

Chine : "Avatar" contre "Confucius"

par Aug Email

 

 

Le film de James Cameron bat en ce moment tous les records aux Etats-Unis, en Europe, mais aussi en Asie. Les jeunes Chinois l'apprécient particulièrement. Le film y a déjà fait 100 millions de $ de recettes. Oui, mais voilà, ne fait-il pas l'éloge de la révolte violente contre les démolitions illégales d'habitations ? On le sait, les exemples sont nombreux en Chine d'un développement économique peu soucieux des populations, en particulier dans les marges urbaines qui connaissent une croissance spatiale importante. 

 

Dans le même temps, un biopic financé par les autorités tente de transmettre un message quelque peu différent. Il s'agit d'un film sur Confucius, figure tutélaire de la philosophie chinoise ayant vécu au Vème siècle avant J.-C. Confucius n'a pas toujours été en odeur de sainteté dans la Chine communiste, mais il a opéré un retour en force depuis la fin  de l'ère maoïste à la fin des années 1970.

 

Evidemment, le Confucius du Parti communiste est instrumentalisé. Ainsi le film met en avant l'obéissance et la reconnaissance aux autorités. Confucius demande à un responsable de s'assurer que le peuple est prospère et que celui-ci, en retour, manifeste de la gratitude. Les Chinois y voient une allusion très claire au slogan de "société harmonieuse" mis en avant par le Président Hu Jintao et affiché partout en Chine,  y compris dans les rues.

 

Pourtant, la ficelle est un peu grosse et les spectateurs ne sont pas dupes qui trouvent le film ennuyeux et préfèrent "Avatar". Aussi, dans un premier temps, les autorités ont tenté de réduire le nombre de salles attribuées au film de James Cameron, arguant du moindre succès de la version 2-D. Face aux nombreuses protestations et à l'inflation de discussions sur le sujet sur internet, les autorités ont fait marche arrière.

En même temps qu'une volonté de contrôle, cette affaire témoigne également des fenêtres qui s'ouvrent parfois en Chine, notamment lorsque la population se mobilise massivement.

 

Comprendre les mafias

par Aug Email

Les groupes mafieux jouent un rôle économique important à l'heure de la mondialisation. Certains flux illégaux, comme le trafic de drogue, sont en grande partie contrôlés par la Mafia. Pour mieux comprendre ce que recouvre ce terme, souvent utilisé de manière abusive, voici quelques précisions et des conseils de lecture, de films ou de musique sur ce titre. Au départ, l'activité mafieuse est basée sur une offre de protection contre rémunération, c'est le racket de protection imposé aux entrepreneurs et commerçants. Cette rémunération est appelée pizzo en Sicile. Le patronat italien a établi en 2007 une cartographie permettant de mesurer l'étendue géographique des activités des différentes mafias en Italie. Outre Cosa Nostra, pionnière en la matière, l'Italie abrite en effet trois autres groupes mafieux : la 'Ndrangetha calabraise, la Camorra napolitaine et la Sacra Corona Unita qui sévit dans les Pouilles. En dehors de ces quatres groupes, cinq autres organisations criminelles peuvent être qualifiées de mafia dans le monde. Il s'agit de la Cosa Nostra américaine, prolongation de la sicilienne, de la mafia albanaise (Albanie, Kososvo, Macédoine), de la maffya turque, des Triades chinoises et des Yakuzas du Japon. Ces groupes forment ainsi une sorte de "G9" évidemment non structuré même si des liens existent entre ses groupes.
 
Quelles sont les caractéristiques de ces mafias ?
  1. Le contrôle d'un territoire, que ce territoire soit un secteur économique ou un espace géographique. 70 % des Napolitains ont ainsi affirmé dans un sondage que la Camorra contrôlait la ville... Ce contrôle ne permet aucune contestation, même de la part de l'Etat.
  2. Une capacité d'ordre et de domination : "Une mafia représente un ordre juridique alternatif, parallèle et concurrent de celui de l'Etat"
  3. La hiérarchie et l'obéissance : "L'individu disparaît derrière l'organisation"
  4. L'ethnie et la "Famille" : chaque mafieux appartient à cette nouvelle "famille" que constitue la mafia et ses liens sont plus forts que les liens du sang. Le recrutement des mafias se fait dans un même groupe ethnique, gage de sécurité et de confiance.
  5. La poly-criminalité : Les mafias ne sont pas spécialisées dans une activité criminelle mais s'investissent dans les activités criminelles de leur époque. Racket d'activités légales; trafic de drogues, de cigarettes, d'êtres humains, d'organes, d'armes; usure; jeu; contrefaçon; industrie du sexe (prostitution, proxénétisme, pornographie).
  6. Les mythes et les légendes : Les mafias s'inventent un récit fondateur, "un passé glorieux de patriotisme, de résistance à l'oppression et de pratiques chevaleresques" pour se légitimer.
  7. L'ancienneté et la pérennité : Il s'agit de sa capacité à survivre quelles que soient les conditions économiques et les pouvoirs en place (démocratie, régime autoritaire, fascisme,...).
  8. Le secret et l'initiation : Silence, codes entre mafieux, rites initiatiques empreints de religiosité font parite de l'univers mafieux.

En dehors de ce G9, de nombreux groupes criminels organisés ont des points communs avec ces mafias sans pour autant en avoir toutes les caractéristiques (maras d'Amérique centrale, groupes criminels russes, colombiens, balkaniques, nigérians, albanais...).

 

Des livres :

  • Toutes ces informations et les citations viennent de l'excellent ouvrage du commissaire Jean-François Gayraud, aujourd'hui disponible en poche : Le monde des mafias, Géopolitique du crime organisé, paru chez Odile Jacob en 2008.
  • Pour comprendre l'origine de ces entités criminelles, il faut lire le livre de John Dickie, Cosa Nostra. La mafia sicilienne de 1860 à nos jours, paru en poche dans la collection Tempus chez Perrin en 2007.
  • Un Atlas des mafias est paru fin 2009 chez Autrement. Ecrit par le géographe Fabrizio Maccaglia et l'historienne de l'Italie Marie-Anne Matard-Bonucci. Grand amateur des atlas Autrement, j'attendais avec impatience cet ouvrage. Pourtant, je dois avouer que je suis un peu déçu. Le livre parle plus de la criminalité transnationale organisée et de la face sombre et illégale de la mondialisation que des mafias elles-même. Les cartes en particulier me semblent décevantes dans leur forme comme par les thèmes qu'elles traitent. On ne perçoit pas vraiment la dimension locale de contrôle d'un territoire.
 
 
 Des BD :

 

Deux chansons sur l'histgeobox pour approfondir l'histoire de la mafia en Sicile et aux Etats-Unis :

  • Pour avoir un aperçu rapide mais pertinent de l'histoire de Cosa Nostra, écoutez "La Cosca" d'Akhenaton. Je vous en parle en détail sur l'histgeobox où vous pourrez l'écouter.
  • 98. Prince Buster : "Al Capone" Sur les traces du parrain de Chicago dans les années de la prohibition...

 

Des films :

  • Ne ratez pas le film Gomorra de Matteo Garrone. C'est une plongée passionnante dans la cité des Vele à Scampia dans la banlieue déshéritée de Naples, rongée par la drogue et la Camorra. Le film suit quelques uns des personnages du livre du même nom , écrit par Roberto Saviano. Saviano, originaire de Scampia, a écrit un livre magistral qui permet de comprendre les logiques économiques au coeur du fonctionnement de la Camorra. Il vit aujourd'hui sous protection policière. Voyez cet entretien qu'il a accordé à l'émission Métropolis sur Arte :
 

 

 

Une première version de cet article avait été publiée en 2008.

Quelques BD et mangas pour l'été

par Aug Email

Aya de Yopougon (tome 4)

 

Je vous ai déjà longuement parlé des trois premiers tomes d'Aya de Yopougon écrits par Marguerite Abouet et dessiné par Clément Oubrerie. L'atmosphère d'Abidjan, capitale économique de la Côte d'Ivoire, dans ces années 1980 où semble fonctionner le "miracle ivoirien". J'ai enfin réussi à lire le tome 4 qui, comme les précédents, nous fait entendre ce parler délicieux et plein d'expressions très imagées. Plus que les précédents, ce tome évoque les liens entre la Côte d'Ivoire et la France par le biais de l'émigration. Les dialogues les plus savoureux de l'ouvrage naissent de l'incompréhension entre un Abidjanais fraîchement débarqué et les Français qu'ils croisent, notamment dans le métro, haut lieu de la sociabilité parisenne... Par ces dialogues et des situations rocambolesques, les auteurs nous montrent la difficulté de l'intégration des immigrés malgré les bonnes volontés. On ne tourne donc pas en rond dans cette série décidément très réussie. On attend la suite annoncée pour l'automne chez Gallimard dans la collection Bayou de Johan Sfar (mais en avant-première cet été dans Libération).

 

Journaliste : A qui sert la presse ?

 

Mineo Mutsu est journaliste à Tôkyô au quotidien Maiasa Shimbun (shimbun veut dire quotidien en japonais). Il a un caractère bien trempé et va au bout de ses idées. Le scénariste Funwari (c'est un pseudo qui signifie moelleux...) et le dessinateur Masao Yajima nous montrent les dessous du journalisme d'investigation. En plongeant dans les histoires parfois sordides de la société japonaise sur lesquelles enquête Mineo, on mesure la difficulté du travail journalistique aux prises avec l'autocensure, les pressions poltiques et financières et le goût du sensationnalisme. Les auteurs enchaînent les enquêtes que l'on peut lire indépendamment, toujours en tentant de répondre à cette question mise en exergue : A qui sert la presse ? Une question encore plus aigüe avec la crise que traversent actuellement les journaux (disparition de journaux acentenaires aux Etats-Unis, concurrence de la presse en ligne,...). Le Japon, dont les journaux sont les plus diffusés au monde (plus de 10 millions d'exemplaires quotidiens pour le Yomiuri Shimbun !) n'échappe donc pas à cette réflexion.

Malgré ses défauts et sa vie sentimentale un peu difficile, on s'attache à Mineo et à ses combats qui semblent perdus d'avance pour la recherche de la vérité. Sa fille Sara est une  précieuse alliée dans sa quête. Deux tomes sont déjà parus en français dans la très bonne collection Akata de Delcourt.

 

Voici enfin deux BD que je n'ai pas encore eu le temps de lire mais qui me semblent intéressantes :

 

 

 

Piscine Molitor : Une biographie de Boris Vian

 

L'artiste est mort il y a 50 ans cette année et de nombreuses publications reviennent sur son parcours et l'oeuvre. Cailleaux et Bourhis publient une BD dans la collection Aire Libre chez Dupuis.

Pour en savoir plus et écouter quelques uns des titres les plus connus du poète et musicien, rendez-vous sur l'histgeobox : 

 

Une vie chinoise : la Chine au temps de Mao

 

Voici un mahnua qui n'a pas été édité en Chine. Il faut dire qu'elle aborde une période encore peu "refroidie" de l'histoire récente de la Chine : les années Mao, en particulier le "Grand Bond en avant" de la fin des années 1950. Trois tomes sont prévus chez Kana. Le premier  intitulé "Le temps du père" vient de sortir. Le scénariste est européen mais a vécu en Asie, il s'agit de P.Ôtié qui a adapté l'histoire de Li Kunwu. Celui-ci est aussi le dessinateur puisqu'il a été pendant plusieurs années artiste au service de la propagande du régime communiste

3 films sinon rien !

par Aug Email

 

La Vague, un film choc

 

On ne sort pas indemne de ce film. Il nous offre un rappel salutaire : la démocratie est  le résultat d'un travail de construction permanente et est sans cesse en danger. C'est sans doute l'essentiel du message transmis par l'histoire. De quoi s'agit-il ?

Un professeur plutôt anarchiste dans ses idées comme son mode de vie est chargé par sa direction de traiter pendant toute une semaine du thème de l'autocratie. Malgré sa réticence initiale, il prend le sujet à bras le corps et décide de faire à ses élèves une démonstration par l'absurde. Pour cela, il met en pratique dans la classe certains principes comme la discipline, la solidarité du groupe, la cohésion qui passe parfois par l'exclusion ou la stigmatisation de ceux qui ne se conforment pas aux règles communes. Bien sûr, les élèves semblent tomber un peu naïvement dans le panneau, mais le mérite du film est de montrer comment ce groupe solidaire offre des repères aux plus paumés et un exutoire aux frustrations des adolescents. En analysant le processus de construction du mouvement de la vague (Die Welle), Dennis Gansel nous permet de mieux comprendre comment des circonstances historiques ont permis l'arrivée au pouvoir de régimes totalitaires. Les dialogues entre les jeunes pourraient avoir lieu dans n'importe quel pays pour l'essentiel. Il y a cependant des discussions intéressantes sur la possibilité du retour du nazisme en Allemagne et sur le poids de la responsabilité des générations actuelles dans les crimes du IIIème Reich.

Je ne vous raconte pas la suite pour ne rien gâcher et vous incite fortement à aller voir le film. Précisons qu'il est inspiré d'une expérience menée en 1967 en Californie par un professeur d'histoire. Un roman de Ted Strasser, publié en 1981, a relaté l'expérience. L'histoire est également disponible en BD (illustrée par Stefani Kampmann).Le livre et la BD sont publiés chez JC Gawsewitch éditeur, ou en poche chez Pocket.

En savoir plus ici (infos, dossier de presse) et sur le blog Zéro de conduite.

  

 

Welcome, bienvenu ?

 

Aucun lien avec le film précédent ? Pas si sûr.... Une polémique a d'ailleurs opposé le nouveau ministre de l'immigration Eric Besson et le réalisateur Philippe Lioret  sur le parallèle établi par ce dernier entre la situation des Juifs sous l'occupation et celle des clandestins en transit vers le Royaume-Uni dans la ville de Calais. L'histoire : Un jeune kurde irakien de 17 ans (superbement interprété par Firat Ayverdi) tente de passer en Angleterre pour rejoindre la fille qu'il aime. Il est décidé à traverser la Manche à la nage. Pour cela, il prend des leçons auprès d'un maître-nageur de Calais interprété par Vincent Lindon qui se prend de sympathie pour lui. Le mérite du film est de nous rendre concrêt et humain ce que les journaux télévisés évoquent périodiquement. Pas de chiffres mais les histoires personnelles bouleversantes de ces parias des temps modernes que sont les migrants, refoulés des magasins, causant des ennuis judiciaires à tous ceux qui tentent de les aider au nom de la solidarité humaine la plus élémentaire. Je ne sais pas si ce film peut changer quelque chose au débat français sur l'immigration, mais il apporte sa contribution et elle me semble fondamentale. Vincent Lindon, d'ordinaire assez peu engagé, a dit avoir été personnellement choqué par ces lois qui condamnent tous ceux qui tentent d'aider les migrants. Espérons qu'il en sera de même pour beaucoup d'autres.

En savoir plus sur le blog zéro de conduite.

 

Les Trois Royaumes, dans la Chine du IIIème siècle

 

Tout autre style avec le film de John Woo inspiré d'un classique chinois du XIV ème siècle écrit par Luo Guanzhong. L'histoire (d'après le site du film) :

"En 208 de notre ère, l'Empereur Han Xiandi règne sur la Chine pourtant divisée en trois royaumes rivaux [Wei, Shu et Wu]. L'ambitieux Premier Ministre Cao Cao rpeve de s'installer sur le trône d'un empire unifié, et se sert de Han Xiandi pour mener une guerre sans merci contre Shu, le royaume du Sud-Ouest dirigé par l'oncle de l'Empereur Liu Bei. Celui-ci dépêche Zhuge Liang, son conseiller militaire, comme émissaire au royaume de Wu pour tenter de convaincre le roi Sun Quan d'unir leurs forces. A Wu, Zhuge Liang rencontre le Vice-Roi Zhou Yu, celui-ci est marié à la belle Xiao Qiao, également convoitée par Cao Cao... Très vite, les deux hommes deviennent amis et concluent une alliance. Furieux d'apprendre que les deux royaumes se sont alliés, Cao Cao envoie une force de 800 000 hommes et 2000 bâteaux pour les écraser. L'armée campe dans la forêt du corbeau, de l'autre côté du fleuve Yangtzé, dans le camp de la falaise rouge, sont installés les alliés. Face à l'écrasante supériorité de Cao Cao, le combat semble joué d'avance, mais Zhou Yu et Zhuge Liang ne sont pas décidés à se laisser faire."

 

[Les Trois royaumes, source]

 C'est un film de guerriers mélomanes, capables des pires violences dans la journée puis de conter fleurette à leur épouse le soir venu. Quelques acteurs sortent du lot comme le japonais Takeshi Kaneshiro et le remarquable Tony Leung, l'une des plus belles gueules du cinéma asiatique. Il figure toujours en bonne place dans les films de Wong Kar-Waï. Je vous en avais parlé pour son rôle dans le passionnant Lust Caution qui se déroulait pendant la Seconde Guerre mondiale à Shanghaï.

Deux scènes mémorables, celle où deux des guerriers font une sorte de "boeuf" en jouant sur des instruments à cordes de l'époque. On a l'impression d'entendre deux bluesmen du delta du Mississippi... Et puis une partie de ballon assez étrange, un sport qui ressemble un peu à du football mais avec plusieurs buts.

Vous pouvez prolonger par la lecture du livre (chez plusieurs éditeurs) ou des différents manhuas  et mangas qu'il a inspiré :

  • Li Zhiqing, Les trois Royaumes, Toki, 2008 (5 tomes parus en français). Un manhua chinois.
  • Buronson et Ryōichi Ikegami, Lord, Pika éditions, 2008 (5 tomes parus en français). Une vision japonaise.

 

 

Histgeobulles : Des BD pour comprendre l'Asie (mangas et Cie)

par Aug Email

 Ce dossier recense les Bande-dessinées, les mangas, les manwhas et autres manhuas qui abordent l'histoire et la géographie de l'Asie orientale et méridionale. Pour les pays d'Asie centrale (y compris l'Afghanistan) et du Moyen Orient (y compris l'Iran), voir notre dossier spécifique sur cette région. Pour des bandes dessinées sur d'autres contrées et d'autres époques, consultez notre dossier HISTGEOBULLES : Des BD et mangas pour comprendre le monde.

 

 

 

Les mangas et l'histoire du japon contemporain
 

 

 


 
 Le Japon jusqu'à l'ère Meiji
 
  • Le Pavillon des hommes, quand les femmes prennent le pouvoir au XVIIème siècle
  • Hokusai, le "vieux fou de la peinture"
  • Ikki Mandara, du grandissime Osamu Tezuka est une épopée qui nous conduit sur les traces d'une jeune fille qui va traverser et participer à la révolte des Boxers en Chine (1900) avant de se retrouver au Japon au moment de la guerre Russo-japonaise (1904-1905). C'est un One-Shot paru chez Kana.
  • Jirô Taniguchi et Kan Furuyama, Kaze No Shô, Le livre du Vent, Panini-Manga. Dans le Japon des Tokugawa.
  • Dans la série L'arbre au soleil (8 volumes), Tezuka explore également cette problématique de la modernisation des pays d'Asie au XIXème siècle, entre désir de conserver les traditions et modernisation-occidentalisation. Dans Ikki Mandara, Tezuka s'intéressait à cette question à propos de la Chine des Mandchous. Dans L'arbre au soleil, il situe son action à la fin du shogunat des Tokugawa, au moment où les Américains tentent de forcer le Japon à s'ouvrir à leur commerce. Au coeur de cette série passionnante (ni trop courte, ni trop longue...) la place de la médecine occidentale au Japon. La série est publiée chez Tonkam, un regret, le sens de lecture à l'européenne qui gâche un peu le plaisir.

 

 

Autour de la Seconde Guerre mondiale

  • Gen d'Hiroshima de Nakazawa Keiji, l'histoire vraie d'un enfant de 6 ans en 1945 qui a vécu le cataclysme du 6 août.
  • L'histoire des 3 Adolf d'Osamu Tezuka commence lors des Jeux Olympiques de Berlin et se poursuit pendant la Seconde Guerre mondiale. Ayako, du même auteur, qui nous décrit le Japon de l'après-guerre, contrôlé par les Etats-Unis. Une famille de propriétaires fonciers doit partager la terre.
  • Zipang de Kaiji Kawaguchi, une réflexion sur le pacifisme au travers de l'histoire d'un navire des forces d'autodéfense actuelles pris dans a bataille de Midway en 1942.
  • Shigeri Mizuki, Opération Mort, Cornélius. Auprès de soldats japonais sur une île isolée du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1943. Des survivants d'une opération suicide doivent-ils se donner la mort pour "sauver dignement l'honneur de l'armée et de la patrie" ?
  • Yoshiriro Tatsumi, L'enfer, Cornélius. Un manga réaliste (Gegika) dans le Japon de la guerre et de l'Après-guerre. Il s'agit en fait d'histoire courte qui mettent en scène la vie quotidienne pendant ces temps difficiles. Nous suivons ainsi des prostituées, un homme ayant pris des photos juste après la bombe atomique sur Hiroshima, des enfants, des employés et beaucoup d'autres personnages. La plupart de ces personnages sont tourementés par les "frustrations sexuelles et sociales" (présentation de l'éditeur).
  • La plaine du Kanto, trilogie de Kazuo Kamumira qui évoque la période de l'immédiat après-guerre.
  • L'histoire de Sayo de Giovanni Masi et Yoshiko Watanabe raconte les malheurs des Japonais installés en Chine pendant la Seconde Guerre mondiale après la défaite du Japon.

 

 

Le Japon depuis 1945

  • Les vents de la colère deYamagami Tatsuhiko restitue la contestation de la fin des années 1960 avec force.
  • Un zoo en hiver de Jirô Taniguchi : devenir mangaka dans le Japon des années 60. Jirô Taniguchi est devenu, en quelques années, une référence en matière de manga avec les traductions et publications successives de ses oeuvres en France de "Quartiers lointains", au "Journal de mon père" en passant par "L'homme qui marche". Ses productions, proches par leur graphisme, de ce que nous connaissons en Occident, lui donnent une place un peu à part dans les réalisations pléthoriques en provenance d'Extrême-Orient.

 

 

La société japonaise contemporaine

  • Les Fils de la Terre  de Jinpachi Môri (scénario) et Hideaki Hataji (dessin). Comment redonner aux jeunes des campagnes le goût pour l'agriculture ? C'est le défi auquel est confronté Natsume. L'occasion pour nous de parler de l'évolution des campagnes japonaises au XXème siècle.
  • Trois mangas pour évoquer la peine de mort au Japon. Motorô Mase, Ikigami. Préavis de mort, Asuka, 2009 (4 volumes parus en français, 7 en japonais), Yua Kotegawa, Détenu 042, Kana, 2006 (série en 5 épisodes) et Syuho Sato, L'île des téméraires, Kana, 2009 (one-shot).
  • Journaliste ! Le scénariste Funwari (c'est un pseudo qui signifie moelleux...) et le dessinateur Masao Yajima nous montrent les dessous du journalisme d'investigation.
  • Les Gouttes de Dieu : Des effets d'un manga sur la consommation de vin...
  • Tôkyô Sanpo : la ville mondiale vue d'une chaise pliante. Comme il l'explique dans la préface de son ouvrage, Florent Chavouet, a passé 6 mois en 2006,  à Tôkyô, la "plus belle des villes moches". Il ne prétend pas, loin de là, donner dans "Tokyo sanpo" un compte rendu précis à usage touristique ou  documentaire de cette pieuvre urbaine, mais livre le regard d'un simple  promeneur, immédiatement plongé dans l'inconnu puisqu'à Tôkyô on "peut admirer un panneau de route tout simplement parce qu'il n'est pas comme chez nous".
  • Quand les mangas envisageaient le pire en matière de risques. Analyse de trois mangas qui imaginaient des scénarios sombres en cas de séisme et de tsunami : Tokyo Magnitude 8 d'Usamaru Furuya, Spirit of the Sun de Kaiji Kawaguchi et La submersion du Japon de Sakyou Komatsu (scénario) et Tokihiko Ishiki.
  • Manabé shima de F. Chavouet sur un îlot du Japon.
 
 
Mangas et révisionnisme
 
Le révisionnisme existe également dans les mangas. A lire sur ce sujet, un article de mon collègue Richard Tribouilloy sur le procès de Tôkyô qui évoque le sujet, un article de Philippe Pons, une analyse sur un site consacré à l'actualité de la BD, Tristan Mendès-France, un des Blogtrotters, en parle sur son blog. Le journaliste Fabien Tillon, qui tient un blog consacré à la BD et aux mangas, prolonge ces analyses en étudiant les dessins animés japonais. Pour tous ceux (comme moi il y quelques mois...) qui ignorent tous des mangas, voyez une présentation.
 
 
 

La Bande-dessinée coréenne : les manhwas

 

  • Femmes de réconfort, esclaves sexuelles de l'armée japonaise de Jung Kyung-a. Un manhwa très documenté pour comprendre une des exactions emblématiques de l'armée japonaise en Asie pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • Le massacre au pont de No Gun Ri explore une face peu connue de la guerre de Corée (1950-1953), le massacre de civils coréens en fuite par l'armée américaine craignant les espions communistes. C'est un manhwa difficile mais qui restitue bien l'ambiance des débuts de la guerre, au moment de l'invasion du Nord par le Sud, alors que ne sont présentes que les troupes américaines déjà stationnées sur place. C'est paru chez Vertige Graphic.
  • Un autre manhwa, Le visiteur du Sud, sous-titré "Le voyage de Monsieur Oh en Corée du Nord", se situe beaucoup plus tard dans le temps. M. Oh est un ingénieur du Sud qui vient travailler  sur un chantier au Nord. C'est l'occasion de revisiter les relations compliquées entre Nord et Sud depuis 1945. L'auteur Oh Yeong Jin est un peu une sorte de Guy Delisle qui parlerait coréen.... Une suite est annoncée, chez Flblb toujours.
  • Un peu dans la même veine mais par un auteur non-coréen, je vous recommande également le très drôle et très intéressant Pyongyang du Québécois Guy Delisle.
  • Chagrin dans le ciel de Lee Youn-bok dessiné par Lee Hee-jae. Un enfant survit dans la pauvreté dans la Corée du Sud des années 1960.
  • Nambul de Ya Sul-lok et Lee Yun-se. Une histoire de la guerre fictive entre la Corée et le Japon. Un mahwa très nationaliste.
  • Les auteurs de manhwa, comme ceux de manga, n'hésitent pas à s'aventurer hors de leurs frontières. Un exemple avec Naplouse de Kim Bo-Hyun qui raconte l'histoire d'une jeune coréenne qui part retrouver son petit ami photographe américain en mission en Palestine. Elle découvre la vie des Palestiniens et part sur les traces du dessinateur de fresques qui ornent les murs de Naplous. Le premier tome est paru chez Hanguk.


     

 

D'autres bandes-dessinées sur l'Asie

 

 

L'histoire de la Chine

 

  • Juge Bao : opération "mains propres" en l'an mil Bao Zheng (包拯) a vécu au XIème siècle dans la Chine de la dynastie des Song. Né dans la province de l'Anhui (Chine du Centre-Est), il est réputé pour son intégrité. Il a ainsi obtenu de l'Empereur Renzong des pouvoirs de justice exceptionnels de 1037 à sa mort en 1062. Juge itinérant, le juge Bao (Bao Gong) a lutté contre la coruption des puissants et le détournement des aides versées par l'Empereur pour la reconstruction à la suite de catastrophes naturelles.
  • Le classique chinois Les Trois Royaumes, écrit  au XIV ème siècle par Luo Guanzhong, a inspiré les dessinateurs chinois et japonais : Li Zhiqing, Les trois Royaumes, Toki, 2008 (Un manhua chinois, 5 tomes parus en français). Buronson et Ryōichi Ikegami, Lord, Pika éditions, 2008 (5 tomes parus en français). Une vision japonaise.
  • La balade de Yaya de Jean-Marie Omont et Golo Zhao (Editions Fei). L'histoire d'une petite fille qui sait parler aux animaux et jouer du piano, au moment de l'occupation de Shanghai par les Japonais en 1937.
  • Une vie chinoiseL'histoire passionnante de Li Kunwu, un dessinateur chinois, depuis les années Mao jusqu'à l'ouverture du pays.

 

L'Asie et les Etats-Unis

  • Deux BD sur deux périodes de l'immigration chinoise aux Etats-Unis : Chinaman de Serge Le Tendre, TaDuc et Claude Guthet sur le XIXème siècle et American Born Chinese de Gene Luen Yang.
  • Et un autre aller-retour entre l'Asie et les États-Unis avec Eagle, un manga de Kawaguchi sur un candidat d'origine japonaise dans la campagne présidentielle américaine.

 

Le Cambodge des Khmers rouges

  • Paru chez Delcourt, le premier tome d' Enfant-soldat raconte la vie d'Aki Ra, enfant-soldat au Cambodge à partir de 1983 et balloté entre Khmers Rouges, armée vietnamienne (qui contrôle le pays à partir de 1979) et armée cambodgienne. Le mangaka Akira Fukaya sait rendre vivant et émouvant ce récit d'une histoire vraie à hauteur d'enfant. Je vous en parle plus en détail ici.
  • Autre BD sur le Cambodge des Khmers rouges, L'eau et la terrre par Séra est une plongée  remarquable dans la noirceur de cette période. (Delcourt)

 

L'Asie du Sud

 

  • India Dreams de Jean-François et Maryse Charles. Histoires d'amour et de désamour sur fond de décolonisation de l'Empire des Indes.
  • Frères d'armes publié chez Casterman rassemble deux histoires d'auteurs indiens avec en toile de fond la question du fondamentalisme et du terrorisme, qu'ils soient d'inspiration hindouiste ou islamiste. L'une se déroule au Cachemire, disputé entre l'Inde et le Pakistan depuis leur indépendance en 1948. L'autre se déroule au Kerala.
  • Chaabi de Richard Marazano (Xavier Delaporte, chez Futuropolis). L'histoire de groupes de bandits révolutionnaires dans l'Inde du Nord d'aujourd'hui, autour de la figure de leur chef, vendu enfant par ses parents pour travailler dans une mine de souffre, devenu une figure légendaire.
  • Calcutta est un roman graphique de Sarnath Banarjee paru chez Denoël Graphic en 2007.

 

L'Asie d'aujourd'hui

 

 

Quelques liens

 

Cette liste doit beaucoup aux conseils éclairés de NIcolas, mon maître ès-manga

 

 

Ne sont pas inclues dans cette sélection les BD qui traitent du Moyen Orient et de l'Asie Centrale que vous pouvez retrouver ici.

 

1 2 >>