Samarra


Tags: dictature

Lapiro de Mbanga libéré.

par blot Email

Nous vous avons parlé à plusieurs reprises de Lapiro de Mbanga. Ce chanteur camerounais fut condamné par la dictature de Biya à trois ans de prison pour avoir "incité à l'émeute" (à la suite des grandes manifestations contre la cherté de la vie qui ont eu lieu à la fin du mois de février 2008). Il vient de sortir de prison.

Liens:

- Sur Samarra: "Liberté pour Lapiro".

- Afrik.com: "Lapiro de Mbanga: le combat continue".

- Mondomix: "Cameroun: bienvenue chez vous, monsieur Lapiro!"

- Freemuse: "Singer Lapiro de Mbanga released from prison".

 

Libérons Lapiro.

par blot Email

 

Nous vous avons déjà parlé de ce chanteur emprisonné par le pouvoir camerounais.

 

"Freemuse et Mondomix ont déposé une pétition à l'ambassade du Cameroun à Paris pour demander la libération du chanteur Lapiro. Ce dernier purge une peine de 3 ans de prison au Cameroun pour avoir chanté "Constitution constipée", chanson qui dénonce les manoeuvres du président camerounais Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, pour se faire réélire. "

 

Pour en savoir plus, allez faire un tour sur Mondomix

 

Liberté de Tony Gatlif : les Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale

par Aug Email

Le réalisateur Tony Gatlif  a toujours célébré la liberté. C'est une sorte de fil conducteur dans les films qu'il réalise depuis plus de 30 ans. Certains ont contribué à sa célebrité comme Latcho Drom (1993), Gadjo Dilo (1999) ou Exils (2005).  Né d'un père kabyle et d'une mère gitane, Tony Gatlif a toujours eu à coeur de défendre la liberté et de dénoncer le sort réservé aux Tsiganes. 

 

Avec Liberté, il a décidé de faire oeuvre civique et de faire connaître un sujet difficile. Difficile parce que la persécution dont ont été victimes les Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale a rarement suscité l'intérêt. Difficile parce qu'il réveille des souffrances que certains ont voulu oublier. Ne demandez pas à Tony Gatlif de vous faire un cours d'histoire, ce n'est pas son truc. Par contre, il excelle à faire un film qui célèbre la vie, la liberté et la musique pour parler d'une époque de souffrance et de mort.

 

 Pour incarner la liberté, Gatlif a imaginé le personnage de Talloche. Dans le film, il est un peu le "baromètre". Heureux lorsqu'il peut aller où bon lui semble, tourmenté et imprévisible lorsqu'il est sous la contrainte. C'est un peu l'ambassadeur du réalisateur. Contrairement aux apparences, Talloche n'est pas fou, c'est sans doute le personnage le plus lucide et le plus libre du film.  Comme pour les autres personages, Tony Gatlif et Eric Kannay (co-scénariste) se sont inspirés de personnes réelles. Pour Talloche, c'est Joseph Tolloche, un tsigane belge passé par le camp de Montreuil-Bellay avant d'être arrêté dans le Nord de la France puis déporté vers Auschwitz où il est mort (Voyez son histoire racontée par Jacques Sigot).Pour jouer le rôle, Gatlif a choisi un "gadjo" (un non-tsigane), le formidable acteur James Thiérée, qui a appris la langue des tsiganes et s'est initié à leur musique. Plusieurs "justes" ont également un rôle important dans le film, notamment ceux joués par Marie-José Croze, Marc Lavoine et Rufus.

J'ai eu l'occasion de voir Liberté lors d'une projection à Nancy en présence du réalisateur. Il n'était pas tellement intéressé par les discussions autour de ses choix artistiques. On sentait qu'il avait envie de réveiller les consciences sur cette amnésie partielle et sur la perpétuation de politiques d'exclusion vis-à-vis des Tsiganes, en France et en Europe. Car c'est l'autre objectif du film : dénoncer le racisme et l'intolérance dont sont aujourd'hui victimes les Rroms, Tsiganes, Sintis, Yéniches et autres Manouches. Une scène du film montre ainsi des voisins s'opposant à l'arrivée de ces tsiganes supposés voleurs et dangereux. La scène pourrait très bien se passer à notre époque et Gatlif a rappelé que des maires et des préfets en France ont récemment évoqué le "fléau" tsigane, reprenant ainsi (inconsciemment ?) les termes utilisés par les Nazis.

Bien sûr, le sort réservé aux Tsiganes entre 1940 et 1946, sur lequel nous reviendrons, dépasse de loin les persécutions ultérieures.

Pour ma part, j'ignorais que les Tsiganes ne sont sortis des camps d'internement en France qu'en 1946, rare cas de continuité entre le gouvernement de Vichy et le G.P.R.F...

 

Tony Gatlif avec Marc Lavoine sur le tournage

Pour filmer la persécution des Tsiganes, Gatlif voulait éviter le voyeurisme qui caractérise les images prises par les bourreaux. Pour lui, la plupart des images des camps ont en effet été prises par eux et on y sent dans le regard des gens la honte d'être filmés ou photographiés sans pudeur. Les moments les plus durs ne sont donc pas montrés crûment, comme pour rendre leur dignité aux victimes. La gamelle encore chaude des Tsiganes  et leur campement dévasté par la gendarmerie suffissent ainsi  à évoquer leur déportation.

 

La musique est un des personnages principaux du film. Elle apaise, elle libère les coeurs et les corps. Elle désamorce les tensions comme dans ce moment magnifique où Gatlif réussit à enlever toute portée politique à  "Maréchal, nous voilà" en proposant une version tsigane.... Mais juste après, comme pour se laver les oreilles, il nous fait entendre un "Temps des cerises" beaucoup moins apprécié du gouvernement de Vichy ! La bande originale, composée en partie par Tony Gatlif lui-même et par Delphine Mantoulet est magnifique. Le titre "Les Bohémiens" chanté par Catherine Ringer résume superbement le message : "Si quelqu'un s'inquiète de notre absence, dîtes-lui qu'on a été jetés du ciel et de la lumière, nous les seigneurs de ce vaste univers..." Je vous ai établi la playlist des chansons du film ci-dessous :

 

Découvrez la playlist Liberté avec Valentin Dahmani

 

Voici un entretien accordé par Tony Gatlif à Mondomix :


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Pour prolonger ce film, nécessaire et magnifique, je vous propose d'évoquer très bientôt sur ce blog la politique nazie à l'égard des Tsiganes en Europe puis leur situation dans la France de Vichy et au-delà.

 

 

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