Samarra


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Un monde de rap (3) En passant par la Lorraine ...

par Aug Email

 

 

Avant de me plonger dans le contenu du site Lorraine Hip Hop, je pensais qu'il n'y avait que très peu d'artistes Hip Hop dans la région. Ce qui fait la richesse du Hip Hop, c'est pourtant ces dizaines de jeunes qui se reconnaissent dans cette musique et s'efforcent de bricoler dans leur coin avec plus ou moins de réussite ... et souvent du talent. Nous avons demandé au webmestre du site Pierre Bourlart aka Repier de nous parler un peu de cette scène peu connue. Après le Royaume-Uni et la Nouvelle-Orléans et avant la Turquie, voici donc ... la Lorraine !

 

 

• Pouvez-vous nous parler un peu de votre site et de son projet ?

 

C'est simple, au départ ce site est une idée de Monsieur Bourlart Pierre en partenariat avec L'Autre Canal à Nancy. Sur ce site, vous pouvez retrouver toute l’actualité du Hip Hop de la région Lorraine. Où sortir, les actions culturelles, les évènements immanquables, les sorties CD, des reportages et un glossaire, c’est tout ce que vous pourrez retrouver sur cette plate-forme. Cette plate-forme vous permettra de vous tenir informés sur les activités Hip Hop de la région, ainsi que de communiquer sur vos différentes actions. Via ce Blog, et à travers les différents articles, vous pouvez naviguer dans l’univers du Hip Hop de la région Lorraine. Afin de faciliter vos recherches, vous pouvez accéder à vos requêtes via la barre de recherche, via les archives et via les tags. Rangés par date, et tagués avec des mots clefs récurrents, les articles sont accessibles à tous et pour tous ! Partager et se rassembler autour d’une même passion, d’un même univers musical, fédérer nos actions et avancer tous dans le même sens, tel est le but de ce site.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

• Depuis quand existe-il selon vous un Hip Hop lorrain ? Quels sont les têtes d’affiche ?

 

Le Hip Hop en Lorraine existe depuis que le Hip Hop a voyagé. En gros, dans le milieu des années 90, quand le Hip Hop en France commençait à devenir un véritable mouvement ralliant à sa cause de multiples disciplines et protagonistes, le mouvement Hip Hop Lorrain a suivi ! Les premiers groupes à avoir fait parler d'eux pouvaient se compter sur les doigts d'une main. On retiendra facilement quelques noms comme Rachid Wallas, Fat Flow Staff, Enrique Mendoza, MOC … piliers de la culture hip hop sur notre région. Evidemment beaucoup d'autres équipes ( crews ) existaient à travers toute la région.

 

 

 

 

• Y a–t-il des spécificités du Hip Hop en Lorraine ? Quels sont les styles musicaux des artistes lorrains ?

Je ne pense pas qu'il y ait un seul style dominant. Cependant, avec l'histoire que la Lorraine a connu (la guerre, les évolutions du monde du travail … ) les mouvements Hip Hop se sont souvent retrouvés être « conscients» ou « engagés». On retrouve beaucoup d'allusions à notre histoire dans les textes de rap lorrain … Même si, à l'heure d'aujourd'hui, nous penchons vers une sorte d'uniformisation du Hip Hop (autant dans les codes que dans les textes ), le mouvement Hip Hop en Lorraine est souvent resté « vrai », un peu « brut de décoffrage ».

 

 

• Quelle est la géographie du Hip Hop en Lorraine ? Quels sont les lieux et institutions qui comptent ?

 

En Lorraine, il n'y a pas de lieu précis pour le développement de la culture Hip Hop. Cependant quelques lieux se détachent un peu de la carte. Il est évident que les deux villes qui ont le plus fait parlé d'elles sont Metz et Nancy. Je me souviens de quelques lieux à Nancy comme « le Confo » ancien magasin Conforama, où les graffeur de toute la région venaient peindre. Toujours à Nancy, nous pouvons parler de la radio RCN, basée au quartier du Haut du Lièvre ; radio qui possède une émission de hip hop quasiment depuis le jour de sa création ! A Metz, je me souviens d'une petite salle assez sombre en dessous d'un café mais le nom m’échappe à chaque fois. Il est évident que beaucoup d'autres lieux devaient exister mais il est difficile de tous les connaître car en effet, ce qui est bien avec le hip hop c'est que nous n'avons besoin de rien pour faire vivre ce mouvement … des passionnés au service de l'art !

 

• 9 titres qui ont marqué l’histoire du Hip Hop en Lorraine

 

  • Fat Flow Staff - "Même dossard"
  • FAT FLOW STAFF- "Fédérateur"
  • Mysa - "Vos vices par coeur"
  • Ferdji- " Les portes du penitencier "
  • 7 pensées - "L'illusion des apparences"
  • MOC (MARCHE OU CRÈVE) - "Pour nos frères"
  • Rachid Wallas - "Je Tape à L'envers"
  • Fat Flow Staff - "Parole De Noctambule" - Feat. Enrique Mendoza
  • E.S.P -" Viens y en vacances"

 

Pour plus de titres , rendez vous sur lorraine-hiphop.com:) Les quelques titre cités sont des morceaux emblématiques pour la région.

 

Propos recueillis par Aug

Un grand merci à Pierre !

 

 Voici une playlist des titres proposés par Pierre et de quelques autres qui reflètent la diversité du Hip Hop dans la région. N'hésitez pas à faire des suggestions :

 

 

 

 


Afficher Géographie du Rap et du Hip-Hop sur une carte plus grande

 

Nous avons consacré toute la semaine au Hip Hop en Lorraine sur la page Facebook Rap & Hip Hop HG. Venez-nous y rejoindre pour y écouter la diversité des sons produits en Lorraine pendant encore quelques jours.

Une histoire du rap en France (2) Années 2000 : Entretien avec Karim Hammou

par Aug Email

Dans une première partie de cet entretien, Karim Hammou nous a retracé dans quelles conditions le rap avait réussi à devenir un genre musical à part entière en France à partir des années 1980. Dans cette deuxième partie, nous lui avons demandé de nous éclairer sur l'évolution du rap au début du XXIe siècle. Son regard de sociologue et le travail historique qu'il a mené lui permettent de cerner les évolutions récentes du rap, notamment les rapports entre rap et politique, la place de la rue dans le Hip Hop.

Comme d'habitude, l'entretien se termine par un playlist. Karim Hammou a sélectionné pour nous 26 titres emblématiques des années 2000.

 

 

 

Comment la vision du rap par les politiques a-t-elle évolué depuis les années 1980 ?

 

La première rencontre entre la classe politique et le rap se joue au début des années 1990, lorsque Jack Lang, à la fois ministre de la culture et porte-parole du gouvernement Mitterrand, affiche son soutien à la culture hip hop. Cette reconnaissance est ostentatoire, et s'inscrit dans une démarche plus vaste de valorisation symbolique de la jeunesse des banlieues, dans un contexte où la crise économique qui affecte les quartiers populaires s'approfondit. La culture en général, et la culture « métissée » de la jeunesse populaire en particulier jouent en quelque sorte un rôle de palliatif face à des problèmes sociaux croissants (animation socioculturelle, dénonciation du racisme dans ses formes les plus explicites, rhétorique de l'intégration...). La mise en exergue du hip hop comme symbole de la jeunesse populaire issue de l'immigration par la gauche entraîne, presque mécaniquement, une critique virulente de la part de la droite et de l'extrême-droite, critique oscillant entre dénonciation de la démagogie du gouvernement et dévalorisation explicite du hip hop et du rap.

 

A partir de 1993, et de l'alternance politique, le hip hop n'est plus au cœur de l'agenda politique, jusqu'à l'affaire NTM en 1996. Cette affaire illustre alors l'indifférence mutuelle dans laquelle le monde du rap et la classe politique se tiennent. Si une majorité d'hommes politiques critiquent le verdict du tribunal imposant au groupe une interdiction d'exercer leur métier de chanteur, ils prennent également soin de marquer leur distance vis-à-vis du groupe et, plus largement, du rap. De leur côté, les NTM ignorent ou s'opposent aux initiatives politisant explicitement leur procès par le biais de pétitions ou de manifestation.

 

Le vrai tournant dans le regard que le monde politique porte sur le rap intervient au début des années 2000. Nicolas Sarkozy y joue un rôle de premier plan, via les procès intentés à La Rumeur et Sniper, dans un contexte plus vaste de droitisation du paysage politique et de criminalisation de la jeunesse masculine des classes populaires. Tout au long des années 2000, un large front politique articulant groupuscules d'extrême-droite et députés UMP défendra, parfois avec succès, un durcissement de la législation vis-à-vis de la critique de l'Etat ou des symboles de la Nation, et la condamnation en justice de ceux qui les attaquent, au premier rang desquels des rappeurs. La campagne du député François Grosdidier, en 2005-2006, en est l'un des points culminants, qui aboutit à une proposition de loi « tendant à renforcer le contrôle des provocations à la discrimination, à la haine ou à la violence », dirigée explicitement contre des rappeurs. Dans la continuité du sort réservé à la jeunesse populaire racisée, les accusations de racisme, de sexisme ou d'homophobie servent souvent de cache-sexe à une lutte contre la critique radicale ou les provocations vis-à-vis de l'État et de la Nation.

 

 


Couverture d'une mixtape de Honers l'infame [source]

 

 

Quel rôle joue « la rue » dans le rap français des années 2000 ?

 

La rue joue plusieurs rôles à la fois. Elle est à la fois source d’inspiration, thème d’écriture, argument marchand et symbole honorifique pour une part importante de la scène rap. C’est ce dernier rôle auquel je m’intéresse plus particulièrement dans le livre. Je montre notamment que l’invocation de la rue sert à rappeler des normes, des valeurs et des mécanismes qui régissent moins l’univers de la petite délinquance ou les espaces publics urbains que des situations professionnelles caractéristiques d’un milieu artistique underground : désintéressement dans les collaborations, engagement non opportuniste dans le rap, asymétrie entre les petites structures indépendantes spécialisées et les grandes firmes des industries musicales, etc. Comme le chantait Doc Gyneco dans "Affaire de famille", « y a pas d’gangster dans les studios y a qu’des grandes gueules / il m’manque une phrase en –eul –eul –eul ».

 

Comme expérience, source d’inspiration et comme thème, « la rue », avec toute sa polysémie, a contribué aux innovations esthétiques et politiques qui caractérisent le rap en France depuis vingt ans. L’entrelacement de la rue comme symbole honorifique professionnel et comme argument marchand en fait aussi une dimension profondément ambivalente, que ressassent les discours sans fin, dans et hors du rap, autour de la « street crédibilité » et de la « récupération » de tel ou tel artiste ou du genre dans son ensemble. Dans la majorité de ses mises en scène publiques, « la rue » renvoie à une forme d’exotisme co-produit par les industries musicales et médiatiques qui offre à la fois une légitimité partielle à l’existence du rap et une base permanente pour sa dévalorisation.

 

 


 

Le rap en France devient un objet d’histoire, est-ce le signe de son essoufflement ? Croyez-vous au discours très en vogue du « c’était mieux avant » ?
Comment voyez-vous le rap dans un avenir proche ?

 

Le rap en France est un objet d'histoire quasiment depuis ses débuts – un objet d’histoire où il a souvent été question de cerner « âges d’or » et « décadences ». Ces périodes ont d’ailleurs été découpées de façon assez variables, selon en fait les enjeux du présent : le New York City Rap Tour a pu incarner un âge d’or par opposition à l’année 1984 et l’émission H.I.P. H.O.P., puis le terrain vague de La Chapelle par opposition au tournant des années 1990 ; au milieu des années 1990 la période d’H.I.P. H.O.P. ou celle de l’émission « Le Deenastyle » sur Radio Nova ont à leur tour été vues comme « un âge d’or », et au tournant des années 2000 ce sont les années 1994-1996 qui ont été portées au pinacle…

 

L’une des originalités de mon travail est moins de proposer une histoire du rap que de délaisser ce type de questionnements qui reposent sur l’idée d’une essence du rap (perdue ou à venir), pour décrire aussi précisément que possible les possibles et les arbitrages qui se sont ouverts, au présent, à la pratique du rap depuis trente ans. De ce point de vue, le discours du « c’était mieux avant » tend trop souvent, à mes yeux, à mesurer l’actualité superficielle du rap à l’aune d’un passé idéalisé. Je comprends la nostalgie qu’il exprime de la part de générations d’amateurs vieillissantes, mais c’est un mauvais guide pour écrire une histoire sensible aux déplacements spectaculaires ou imperceptibles du rap en France. Et c’est aussi parfois une ficelle grossière pour dévaloriser toute la scène rap actuelle en l’uniformisant. Hier, certains louaient tel ou tel rappeur comme l’exception salutaire confirmant la médiocrité du reste de la scène rap. Aujourd’hui, c’est parfois en renvoyant d’un même mouvement tous les artistes actuels à la supposée grandeur du passé qu’on dévalorise l’ensemble d’un genre musical.

 

Le rap dans un avenir proche ? Je le vois durablement inscrit dans la dynamique actuelle, celle de l'arbre des stars du « marketing de la marge » qui cachent la forêt de créativité des disciplines du hip-hop, et leur infusion sans tambour ni trompette dans l'ensemble des univers culturels et médiatiques contemporains.

 

 

 

Les titres importants dans l’histoire du rap en France (années 2000)

 

La aussi, la sélection est trop difficile – et j’ajoute que le recul fait défaut pour les dernières années de la décennie. Je me contenterai donc d’une liste subjective de quelques morceaux qui ont retenu mon attention à un titre ou un autre :

Booba, "Repose en paix" (2001) ; Salif, "Notre vie s'résume en seule phrase" (2001) ; La Rumeur, "Je connais tes cauchemars" (2002) ; Princess Aniès, "Si j’étais un homme" (2002) ; MC Jean Gab'1, J't'emmerde (2003) ; Mafia K'1 Fry, "Pour ceux" (2003), Médine, 11 Septembre (2004), Al Peco, "On a pas le même groove" (2004) ; Disiz La Peste, Inspecteur Disiz (2005) ; Svinkels & TTC, Association de gens normal (2005) ; Diam’s, Petite banlieusarde (2006) ; Joeystarr, "Métèque" (2006) ; Keny Arkana, "Sans terre d’asile" (2006) ; Lino, "Mille et une vies" (2007) ; Kalash L'Afro, "Juste un homme" (2007) ; Kery James, "Le combat continue part. 3" (2007) ; Sefyu, "Molotov 4" (2008) ; Baloji, "Tout ceci ne vous rendra pas le Congo" (2008) ; Youssoupha, "Calmement" (2009) ; Casey vs Zone Libre, "Purger ma peine" (2009) ; Orelsan, "Pour le pire" (2009) ; Rocé, "Si peu comprennent" (2010) ; Mokless, "Besoin de" (2011) ; Demi Portion & REDK, "En restant vrais" (2011) ; Ahmad et Dany Dan, "Mastermindzz" (2012) ; Scylla, "BX Vibes" (2012)…


 Propos recueillis par Aug

 

Un grand merci à Karim Hammou !

 

 

Voici la playlist des titres sélectionnés ci-dessus pour nous par Karim Hammou :

 


Pour prolonger :




 

Entretien avec DJ DRK (nouveau DJ de Keny Arkana) : " On était tous passionnés de la culture Hip-Hop sans s'en rendre compte"

par Aug Email

 

 La première fois que j'ai rencontré DJ DRK c'était là... Je me suis dit : un DJ qui prend autant de plaisir à sauter dans la foule doit forcément avoir des choses à nous raconter !

Pour ceux qui ne le connaissent pas, DJ DRK est depuis cette année le DJ de la rappeuse marseillaise Keny Arkana. Originaire de Saint-Etienne, il baigne dans le Hip Hop depuis un moment déjà. Récemment, il a souhaité donner une visibilité à la scène stéphanoise en produisant une compilation voulant "placer (s)a ville sur la carte de France du Rap". Cette ambition cartographique ne pouvait que nous plaire à Samarra. Alors que la tournée de Keny en lien avec son nouvel album Tout tourne autour du soleil bat son plein, DJ DRK a bien voulu trouver le temps de répondre à nos questions et nous l'en remercions. Il revient sur son parcours de DJ et producteur, ses sources d'inspiration et son nouveau "boulot".

 

 

Pouvez-vous nous raconter votre parcours de DJ ?

 

Alors j'ai commencé en 2002 avec une bande de potes, on était tous passionnés de la culture Hip-Hop sans s'en rendre compte et puis à  force de regarder en boucle le passage de Cut Killer dans La Haine j'ai commencé par massacrer le tourne-disque de mon père avec des vinyles de Julio Iglesias et puis par la suite je me suis acheté ma première platine mk2 et une petite table de mixage de scratch, ensuite j'ai intégré rapidement en 2003 l'association et le groupe de Rap "Prise 2 Conscience" à Saint-Etienne qui m'a permis de faire des concerts et aussi d'initier d'autres jeunes aux platines, je faisais aussi beaucoup de soirées en club à cette époque mais vu que je ne jouais que du Hip-Hop ça n'a pas duré longtemps mais j'ai quand même rencontré DJ Duke (Dj du groupe de rap Assassin) qui habite à Lyon et m'a invité a faire plusieurs Warm up à La Marquise (Bateau à Lyon). Là j'ai aussi intégré une association à Saint-Etienne qui s'appelle "Potos Carrés" avec laquelle j'ai aussi fais pas mal de DJ Sets et aussi organis pas mal d'évènements. En 2007 j'ai sorti une Mixtape spécial DJ Premier en 1000 exemplaires que je distribuais gratuitement ce qui m'a permis de rencontrer "JM" du festival L'original à Lyon qui lui m'a invité également a ouvrir pour pleins de groupes américains et français dans de belles salles comme le Transbordeur ou le Ninkasi Kao à Lyon, j'ai fais les premières parties pour des artistes tels que: Busta Rhymes, B Real "Cypress Hill", Talib Kweli, W.C, DJ Premier, Qbert, Afrika Bambatta, Black Milk etc...

Je continue toujours a faire des soirées je prends toujours autant de plaisir.

 

 

Que dire sur la scène Hip-Hop stéphanoise ?

 

Alors la scène Hip-Hop est très riche excepté malheureusement en DJ ou on doit être à peine 5 ou 6 à plus ou moins tenir la baraque. Sinon il y a beaucoup de graffiti artists (très vandale je dois avouer), énormément de Breakers grâce à la compagnie Melting Force qui est aussi un groupe de danse qui a plus de dix ans qui est une référence pour le break-dance à Saint-Etienne, pour le rap il y a aussi pas mal de rappeurs mais qui sont jeunes et qui grandissent avec Skyrock, Youtube et Facebook et qui malheureusement ne grandissent pas avec les vraies valeurs de notre culture mais il y en a beaucoup car j'ai pu en rencontrer une grosse partie en faisaint ma compilation "Je mettrai ma ville sur la carte de france du rap".

 

 

Musicalement, quelles sont vos sources d’inspiration ?

 

Alors j'ai commencé je n'écoutais que du rap Américain et puis bizarrement, depuis quelques années, j'en écoute de moins en moins et me remets un peu plus à écouter du rap français notamment la nouvelle scène (Némir, Deen Burbigo, 1995 etc..) car il y a un retour au boom-bap et instrumentalement c'est ce que je préfère, mais mes beatmakers préférées seraient: DJ Premier, Alchemist, Just Blaze, Marco Polo, Rza, Havoc...

 

 

Vous vous êtes lancé dans la production depuis quelques années, est-ce une évolution naturelle ou est-ce tout à fait autre chose ?

 

Je pense que c'est tout a fait naturel surtout pour un DJ comme moi qui a passé sa vie a écouter DJ Premier et DR DRE. Dès que j'ai pu m'acheter une MPC j'ai foncé et me suis mis a faire des beats, puis c'est une des raisons qui m'a donné envie de sortir la compilation avec les rappeurs stéphanois "Je mettrai ma ville sur la carte de France du rap" et prochainement un album de Rap américain qui s'appellera "The Connection" avec que des inédits d'artistes tels que: M.O.P, Jeru the Damaja, Afura, Lil Dap, Radix, Verbal Kent, Matt Maddox, Absouljah, Cymarshall Law, c'est aussi pour le plaisir de justement lorsque tu est DJ de jouer tes propres productions en soirées et de voir la réaction du public.

 

 


[DJ DRK et Keny Arkana en concert à Marseille; photo @TOINE]

 

Dans quelles circonstances s’est faite votre collaboration avec Keny Arkana ? Comment se passe le travail avec elle pendant les tournées ?

 

En fait j'ai d'abord rencontrée Keny sur la route en 2011 à l'époque je faisais le merchandising sur les concerts d'un groupe de reggae Stéphanois qui s'appelait Dub Inc et là leur manager qui est un de mes meilleurs amis dans la vie l'a managé durant une courte période, là il me l'a tout d'abord présentée, elle n'avait plus de DJ à ce moment là et m'avait demandé de lui faire des scratchs pour deux titres qui sont dans le nouvel album Tout tourne autour du soleil, je les lui ai fais, elle a bien aimé mon travail et aussi à ce moment on s'entendait bien humainement donc quand il a été questions de tournée, elle m'a demandé et j'ai direct accepté avec le plus grand plaisir.

Pour la scène et bien hormis RPZ et Flo l'ingé son,  toute l'équipe de musiciens et moi sommes nouveau donc on apprend tous à se connaitre et à bosser ensemble mais pour le moment je suis très très content pour être honnête avec si c'était à refaire je n'hésiterai pas une seule seconde.

 

 

[DJ DRK en concert à Marseille; photo @TOINE]

 

Vos 7 titres préférés dans l'histoire du Hip-Hop (titres à écouter dans la playlist ci-dessous)

 

Bon c'est compliqué mais je vais faire dans les classiques ça sera plus faciles je dirais:

  • Mos Def: "MS Fat Booty"
  • M.O.P: "Ante Up"
  • Gangstarr: "Full Clip"
  • DR DRE: "Still DRE"
  • Mobb deep: "Shook Ones" pt2
  • Wu-Tang: "Reunited"
  • EPMD: "The Joint"

 

 

 

Propos recueillis par Aug

Un grand merci à DJ DRK

[Photographies mises en ligne avec l'autorisation de DJ DRK]

 

 

Retrouvez notre dossier sur l'histoire et la géographie du Hip-Hop

 

 

Art District ou le Hip Hop en toute liberté

par Aug Email

Le hasard vous fait parfois entendre des sons qui vous accrochent tout de suite l'oreille. Ce fut mon cas en entendant l'album d'un groupe de Hip Hop que je ne connaissais pas. Son nom : Art District, en soi tout un programme. Donner ou redonner au Hip Hop toute sa dimension artistique loin des clichés commerciaux. Le Hip-Hop est par essence eccléctique et Art District l'a bien compris. Le groupe puise dans des styles variés : le jazz bien sûr (le groupe compte plusieurs instrumentistes) mais aussi la soul, la musique classique et beaucoup d'autres dont la liste constitue l'essentiel des paroles de la superbe chanson "Moz'Art District".  Sans rien céder sur la forme, ils sont exigeants sur le fond. Leur musique est une invitation : Invitation à la fête, à la danse, à la solidarité et à l'engagement pour la paix et la démocratie. Bref, comme l'aurait dit Afrika Bambaataa : "Peace, Love, Unity & Havin'Fun". Leur premier album Live In The Streets est sorti en 2011.

 

[Photo : Bartosch Salmanski - m4tik.fr- Avec l'aimable autorisation du groupe]

 

Nous avons décidé de creuser un peu et nous avons demandé au groupe de répondre à nos questions. Mr. E (leur MC), s'est chargé des présentations.

 

1.    Depuis quand fonctionne votre groupe ? Comment s’est-il formé ?


Le groupe fête ses 5 ans cette année. Le projet Art District (AD) a démarré en 2007 suite à la rencontre de Rhum One (beatboxer/beatmaker) et Geo (batteur). Ils avaient envie d'allier du beatbox avec de la batterie dans une formation hip-hop live. Geo avait côtoyé Seb (clavier) au Conservatoire, Rhum connaissait Sam (basse) et moi Mr. E (MC) de mes freestyles spontanés dans les rues de Strasbourg et l’équipe a appris à se connaître à l'occasion de jam sessions de Strasbourg. On a  travaillé 2 ans à cinq avant de rajouter une trompette et un saxophone en 2009 (Serge et Romux).



2.    Quelles sont vos sources d’inspiration musicales, en particulier dans le Hip Hop ? Comment définiriez-vous votre style ?


Le point fort d’Art District est que nos influences viennent de styles très variés. Des Red Hot Chili Peppers à Miles Davis en passant par Electro Deluxe. En matière de Hip-Hop, il est clair que The Roots est notre référence par excellence (presque tous les artistes qui nous influencent sont cités dans le morceau “Back in the Day” [Clip à voir ci-dessousVous pouvez vous amusez à repérer les pochettes de disques connus...]). Mais la meilleure réponse est la dernière phrase de “Moz’Art District”: “Influenced by everything around.” C'est de cette façon que l'on définit notre style ou tout simplement : nous sommes un groupe de Hip-Hop. Le hip-hop est à l'origine un genre nourri d'influences diverses, un métissage musical dans lequel nous nous retrouvons.

 

 

 

 

"Cause an artist never really stops being influenced by everything around
All the beauty he ever found in every sound
Words weren’t found but understanding remained
The remainder of what’s left to do lies inside of you and it’s itching to explode
Inside the moment of creation
an instinct of the collective imagination"
("Moz'Art District")

 

 

 

 

 

 


3.    Parlez-nous un peu de vos textes. Êtes-vous porteurs de messages particuliers ?


Les messages et thèmes abordés varient d'un morceau à l'autre. Il était très important pour nous de rendre hommage aux artistes hip-hop d'antan et on l'a fait sur « Back in the Day ». Parallèlement on a été influencé par d'autres artistes et d'autres styles que le hip-hop, et on en parle sur « Moz'Art District ». « My Muse » est notre "invocation" à la muse; c'est une chanson sur l'inspiration et le processus de création. A la base, le rap est un style engagé avec des commentaires sociaux et politiques.  « Live in the Streets » est une chanson qui parle du printemps arabe et des mouvements populaires partout dans le monde. Notre méta-récit coïncide avec celui du hip-hop en général. C'est à dire: « Peace, love, unity and having fun ».


 
4.    J’ai cru comprendre que vos horizons géographiques et culturels étaient différents. Cela est-il parfois un problème dans votre travail ou au contraire une richesse ?


Je viens de New York, mais je suis installé  à Strasbourg depuis six ans. Sinon, le reste du groupe est Alsacien et habite également en région. Nos différences culturelles sont presque inexistantes aujourd'hui car les Français sont très américanophiles et je suis un ricain très franchouillard (le seul dans le groupe qui préfère les escargots au MacDo).



5.    Quels sont vos projets à court et à plus long terme ?


A court terme on se prépare pour les belles dates qui arrivent (Printemps de Bourges, Les Eurockéennes, Festival de Jazz de St. Germain des Prés, etc...)
Concernant le plus long terme, nous travaillons sur un deuxième album ainsi que sur un projet de clip pour « Moz'Art District ». Nous cherchons aussi à nous exporter plus en dehors de l'hexagone.

 

Un grand merci à Mr. E et à Charlotte



Art District - Back In The Day HD from Art District on Vimeo.

Premier clip officiel du groupe Art District. Réalisé par Eve-Agency.

 

 

Retrouvez le groupe sur la toile :

 

Ce trimestre sur l'histgeobox

par Aug Email

 

Le cap des 250 chansons a été franchi sur l'histgeobox ! Pour ceux qui auraient râté les derniers articles publiés depuis septembre, voici un petit récapitulatif avec les liens :

 

 

 N'hésitez pas à consulter notre index par interprète, nos pages thématiques et les rubriques "Loca Virosque Cano" et  "Les hymnes ont une histoire".

 

Augmix # 16 : du son pour l'été !

par Aug Email

 

[Abd Al Malik au festival Là-Haut sur la colline, juillet 2011, EA]

 

 

 

Commençons par Abd Al Malik qui aime à sortir des sentiers battus. Sa culture est le Hip Hop mais son univers sonore s'esst progressivement élargi. Son quatrième album solo Château Rouge est un objet sonore non identifié, il rappe, slam, chante... et nous fait réfléchir. Avec le morceau "Ma Jolie", il dénonce la violente faite aux femmes.

 

 

 

 Autre rappeur non-conformiste, Médine. Il aime provoquer pour suciter la réflexion. Le slogan inscrit en exergue de Table d'écoute 2 en dit long sur ses intentions : "Sois journaliste de ta propre vie plutôt que spectateur de celle des autres". Dans cette sorte de mixtape, il rassemble ses compères havrais de Din Records (Brav, Tiers-Monde, Koto et le producteur Proof) pour faire connaître leur travail. Et en matière de journalisme et de médias, il donne une belle leçon avec le morceau "Téléphone arabe", un "attentat burlesque" dans lequel il enrôle quelques MC et pas les moins connus (Salif, Tunisiano, Mac Tyer, Ol'Kainry, La Fouine, Rim-K & Keny Arkana). Médine a apparemment pété les plombs et chacun inteprète cet évènement à sa manière : La Fouine prévoit déjà de faire venir des filles autour de la piscine pour entourer Médine pour son prochain clip... jusqu'à ce que Keny Arkana, pourtant portée à l'occasion sur la dénonciation de complots, ramène tout le monde à la raison. C'est parti pour 11 minutes !

 

 

 

Oh No a grandi dans la musique, entre son chanteur de père, son trompettiste d'oncle, son rappeur et DJ de frère (Madlib). Son vrai nom est ... Michael Jackson, ça ne s'invente pas ! Il vient de Oxnard en Californie et a sorti en 2006 l'album Exodus into Unheard Rythms qu'il a produit en samplant uniquement la musique du pianiste et compositeur canadien Galt MacDermot. Sur cet album, il invite de nombreux rappeurs.

Premier morceau que je vous ai choisi "Beware" avec Cali Agents :

 

 

Deuxième exemple avec le morceau "Cofee Cold" qui sample le morceau du même nom de Galt MacDermot que l'on entend dans une scène mythique du film de 1968 L'affaire Thomas Crown avec Steve McQueen et Faye Dunaway. Ecoutons d'abord la version de Oh No :

 

 

 

 

Voici maintenant l'original, ça va Steve ? :

 


Galt MacDermot - Coffe Cold 

 

Et une version différente samplée par DJ Premier pour Gangstarr, d'autres producteurs de Hip Hop ont également samplé le morceau

 

 

 

Terminons par la chanteuse belge Selah Sue (découvert grâce à Died). Elle n'a que 22 ans mais est une des révélations de l'année écoulée. Elle vient de sortir son premier album, plein d'énergie et de promesses. Je vous ai chosi "Peace of Mind" dans lequel elle...rappe !

 

 

Voilà, très bon été à tous !

 

 

Retour sur le 17 octobre 1961 avec le rappeur Médine

par Aug Email

Photographie de Jean Texier, pour le journal l'Humanité

 

Voilà un rappeur qui, selon ses propres mots, "ne parle que de guerres, d'histoire-géographie". Il a donc toute sa place dans l'histgeobox. Dans sa chanson "17 octobre", Médine nous relate ce qui s'est passé à Paris, en pleine Guerre d'Algérie, ce 17 octobre 1961. Il replace la journée dans le temps long des relations complexes et tendues entre la France et sa colonie. Sa connaissance de cette histoire et la force qu'il met à la transmettre en font un rappeur atypique.
Nous commençons par la musique en vous proposant le clip et les paroles de la chanson. Dans un deuxième temps, VServat nous fait le récit de cette journée et évoque la manière dont sa mémoire a évolué dans le temps jusqu'à aujourd'hui. Enfin, nous avons demandé à Nathanaël, qui connaît et apprécie l'oeuvre de Médine depuis plusieurs années, de nous retracer le parcours du rappeur. Quelques liens, lectures et prolongements terminent l'article.
Mais place à la musique et bonne lecture !

 

Rendez-vous sur l'histgeobox...

 

 

 

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