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« ITINÉRAIRES CROISÉS Vosges Algérie / Algérie Vosges – 1830 → 1970 » : Expo à Epinal

par Aug Email

 

 

A l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie, les Archives départementales des Vosges organisent jusqu'au 23 février une exposition exploitant ses propres archives et des documents ou objets prêtés par des particuliers. Saluons cette initiative qui permet d'explorer les relations entre le département et l'Algérie, depuis l'époque de la conquête par les Français jusqu'aux années 1970.

 

Un des organisateurs de l'exposition, Alexandre Laumond, a accepté de répondre aux questions d'élèves de Terminale. Je vous propose de voir cet interview sur le Blog Maghreb-France.

Paris en guerre d'Algérie : une exposition à voir d'urgence.

par vservat Email

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Paris en guerre d'Algérie, une muséographie en transparence.
(photo @vservat) 
 
L’exposition ne dure que jusqu’au 10 janvier il faut donc se dépêcher car ce serait vraiment dommage de ne pas s’y rendre. Dans le frais enclos couvent des Cordeliers se déploie une muséographie très élégante, toute en courbe et transparence, évoquant Paris par les quelques f bancs publics qui invitent le visiteur à se poser un instant pour en goûter l’atmosphère. Paris est alors en guerre, en guerre d’Algérie.
 
Et alors c’était comment Paris pendant la guerre d’Algérie ?
 
L’exposition fait la part belle aux différents acteurs et aux différentes façons dont ils furent affectés par le conflit. Rappelant les conditions de vie des Algériens du département de la Seine, mais aussi des parisiens durant la guerre, l’exposition donne à voir la pluralité des parcours, des engagements des habitants de la capitale : travailleurs exilés en France, étudiants et intellectuels militants de la cause algérienne, policiers, spectateurs anonymes ou célèbres de la radicalisation du conflit, acteurs individuels ou collectifs du drame. Le foisonnement des documents de toute nature nous permet de saisir la situation dans toute sa polyphonie et sa complexité. La restitution proposée loin d’être linéaire, met en avant les aspérités, les détours, les paradoxes de la situation parisienne.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Contrôle de police dans le bidonville de Nanterre.
(photo @vservat)
 
 
 
 
(photo @vservat)
 
 
Du 1er mai 1953 aux années qui suivent les accords d’Evian (jusqu’en 1968 en fait puisque bon nombre d’activistes de mai se sont « formés » durant la guerre), la capitale vit pour partie au rythme du conflit. C’est ici, dans le département de la Seine, que vit la plus importante communauté algérienne exilée. Ses rangs ne cesseront, paradoxalement, de grossir au cours des années de guerre. Ces algériens de Paris, qu’ils soient installés à Nanterre ou à la Goutte d’or surnommée alors la Medina, nous les retrouvons au travail dans le bâtiment ou chez Renault, se politisant à l’ombre des activités de la CGT, dans les meublés et les cafés de l’est parisien, parfois même au cabaret. De la rue, au quartier puis à l’arrondissement, et pour finir à l’échelle de cette capitale d’un empire déjà sur le déclin, les algériens de Paris soutiennent le MNA ou le FLN et vivent la guerre suivant un tempo singulier.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pochette de disque de Slimane Azem.
(Photo @ vservat)
 
Avec l’ouverture des hostilités en novembre 54, Paris devient le théâtre d’affrontements politiques : les prises de positions parfois radicales et inédites (tel le refus d’aller combattre d’Alban Liechti) animent le débat public. Le quartier latin qui abrite aujourd’hui l’exposition est vraisemblablement un des endroits les plus actifs : intellectuels, étudiants, s’y retrouvent lors de meetings à la Mutualité par exemple, ou de manifestations contre la guerre, ou encore en soutien à la cause du peuple algérien. Cependant que les libraires relaient les publications anticolonialistes, d’autres descendent dans la rue pour protester contre le rappel du contingent. La guerre d’Algérie semble de plus en plus présente dans le paysage parisien.
 
 
Manifestation contre le rappel du contigent.                                                                               
Reconstitution de la vitrine du libraire "La joie de lire". 
(photos @vservat)
 
 
 
 
Pour les Algériens de Paris l’intensification du conflit signifie clairement un changement d’atmosphère qui pèse lourdement sur le quotidien. La suspicion s’installe, la répression s’étend aussi bien dans l’espace public, que sur les lieux de travail. Les contrôles sont plus systématiques, les centres d’enfermement se remplissent. En 1958, les gardiens de la paix manifestent sous les fenêtres de la préfecture de police de Paris réclamant les moyens de faire régner l’ordre dans la capitale. De Gaulle revenu au pouvoir, Maurice Papon prend les commandes de la police parisienne avec une carte blanche en main, main qui signera quelques unes des pages noires de l’histoire de Paris durant la guerre d’Algérie.
 
 
Page du journal l'Humanité sur le 17 octobre 61. (à gauche)

photo des obsèques des victimes de Charonne. (à droite)
 
 
(photos @vservat)
 
 
 
 
 
 
 
Avec l’ouverture du second front par le FLN en 58 dans la capitale, Paris se cale un temps sur le rythme des affrontements fratricides entre le FLN et le MNA. Les coups de feu retentissent dans les rues, dans les cafés fréquentés par les algériens de la capitale. La victoire du FLN acquise, celui ci mobilise ses partisans au soir du 17 octobre 1961. Désarmés, les manifestants seront nombreux à tomber sous les violences des hommes de Papon. Il faut croire d’ailleurs que le temps des manifestations réprimées dans le sang est venu. A celle du 17 octobre 1961, succèdera la violente répression de la manifestation anti-OAS du 8 février qui se solde tragiquement par 9 morts au métro Charonne. La guerre dans ces deux dernières années a gagné les territoires de la capitale. Il faut y ajouter les déchainements de violence de l’OAS et le climat de peur que l'organisation terroriste inssuffle partotu. On en retrouve la trace sous la forme de graffitis jusque sur la porte du domicile de B. Bardot.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
L'OAS impose sa marque sur la capitale (photo @vservat)
 
Pourtant paradoxalement plus les violences durent et croissent et plus certains aspects de la guerre deviennent anodins. Le départ des appelés, leurs rares permissions, passent davantage inaperçu dans une France qui s’équipe, consomme, construit bref entre pleinement dans les trente glorieuses. Lorsque retentissent les cris de joie des algériens de Paris le 5 juillet 62, il est temps pour la capitale d’un empire désormais amputé de ses deux plus beaux fleurons qu’étaient l’Indochine et l’Algérie de penser à l’après guerre et pour nous de quitter l’exposition sous ces reproductions de panneaux indiquant des rues, des places parisiennes, rendant hommage aux victimes comme autant de traces de la présence de cette guerre à Paris.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Traces de la guerre d'Algérie dans Paris (@vservat)
 
 
 
 
 
 
Jour de liesse à Paris le 5 juillet 62
(photo@vservat)
 
 

Exposition Paris en guerre d'Agérie, au couvent des Cordeliers, rue de l'école de médecine jusqu'au 10 janvier  2013.

"Lorsque ma part algérienne s'exprime dans le micro de la vie"

par Aug Email

 Médine dans les rues d'Alger tel qu'il apparaît dans le clip

 

L'année 2012 a vu fleurir les publications et commémorations d'une guerre aux noms différents selon le regard porté : simples "évènements" ou "guerre sans nom" pour les uns, "guerre de libération nationale" ou "d'indépendance", "révolution", "jihad", "guerre d'indépendance des Algériens" pour les autres  ou simplement "guerre d'Algérie". Nous avons voulu revisiter certains évènements de cette guerre tout en réfléchissant aux différentes mémoires qu'elles a engendrées.

 Sur l'histgeobox, nous vous proposons de mener cette réflexion en suivant pas à pas le rappeur Médine.

 


Retrouvez le sommaire de notre dossier sur l'Algérie et ses mémoires de l'époque coloniale à la Guerre (1830-1962)

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