Samarra


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J'aime bien- Mai '09 (Augmix # 9)

par Aug Email

 Allez, une petite chaine musicale entre différents artistes pour commencer.

  • Olivia Ruiz trace lentement son sillon dans la chanson française. Elle confirme avec Miss Météores son talent en nous emmenant dans son univers plein de poésie, de franchise et de gourmandise. Je vous ai choisi deux titres. Signalons un titre en forme d'hommage à Jacques Brel et Edith Piaf avec.... Oxmo Puccino.

 

  • Je vous ai parlé le mois dernièr d'Oxmo Puccino et de son album de 2006 Lipopette Bar. Il y narrait une histoire accompagné des Jazzbastards, des musiciens de jazz. Dans son dernier album L'arme de paix, il reprend la plupart de ces musiciens qui composent d'ailleurs les morceaux (Vincent Taurelle au piano, Vincent Taeger aux percussions et Ludovic Bruni à la guitare). Je vous ai choisi deux extraits de l'album (non disponibles sur deezer, vous pouvez les écouter sur son site officiel), il s'agit du très doux et beau "Soleil du Nord", entre froid et chaleur, richesse et pauvreté. L'autre titre, c'est "L'arme de paix", en duo avec le rappeur somalien K'Naan... qui chante le refrain. C'est une réflexion intéressante sur la tension entre la volonté de paix et la réalité des rapports humains.

 

  • K'Naan, justement, est un artiste original que l'on ne peut enfermer dans le seul hip-hop. Il mêle rap, soul et rythmes africains de sa Somalie natale. Après les Etats-Unis, il vit aujourd'hui au Canada (Son site). Troubadour est son deuxième ambum. Je vous ai choisi "T.I.A." pour This Is Africa. Il s'est distingué récemment en invitant la communauté internationale à ne pas seulement envoyer des navires de guerre (réaction qu'il qualifie de "réactionnaire") mais à tenter de comprendre pourquoi la piraterie est une des seules perspectives tentantes pour les jeunes Somaliens. En savoir plus et écouter son entretien sur le site de RFI en anglais. Sur son dernier album, il chante avec le rappeur américain Mos Def le titre "America".

  • On retrouve Mos Def dans un film que vous ne verrez pas en France.... Je veux parler de Cadillac Records. J'avais évoqué avec vous ce film au moment de l'inaugiration d'Obama en janvier. L'un des bals officiels avait été ouvert par le couple Obama sur l'air de "At Last" interprété par Beyoncé (voir la vidéo ici). Beyoncé joue en effet l'un des rôles principaux du film qui retrace l'histoire du label Chess Records qui fit les beaux jours du blues à Chicago. La chanson "At Last" est un des classiques d'Etta James (le rôle interprété par la chanteuse de R'NB). Je vous ai mis la version d'Etta James pour comparer. Celle-ci a apparemment peu apprécié la version de Beyoncé... La Bande originale, tout en ressucitant des titres du label comme "At Last", y ajoute quelques beaux morceaux plus contemporains comme "Once In A Lifetime" par Beyoncé. Je vous ai également choisi un titre, "Bridging The Gap", qui est un hommage du rap à ses racines musicales (blues, gospel) tout en étant un hommage du rappeur Nas à son père, le chanteur Olu Dara. "The history of music on this track !"

 

  •  Du rap toujours, avec le titre "Lexikon" de Junk Food, c'est léger et très Rock'N Roll.
  •  La chanson "Superwoman" d'Alicia Keys est un hommage aux femmes qui doivent mener de front vie professionnelle et familiale. Cela ne les empêche pas de réussir (aren't they Sara ?). C'est le message que veut faire passer la chanteuse. 
  •  Petite devinette : Dans le clip on voit Alicia Keys postuler à  l'aide sociale et il y a un indice qui nous indique dans quel Etat elle se trouve. Saurez-vous me dire de quel Etat il s'agit ?

 

Alicia keys - superwoman


 

  • Et pour finir, un morceau sympa : "La déclaration" du groupe Debout sur le Zinc et un aperçu de la douce et chaude voix de Mélody Gardot. Il ne s'agit pas de son dernier album My One And Only Thrill.

 

 Voici la playlist, bonne écoute !


Découvrez Olivia Ruiz!

L'Inde mondialisée à travers Slumdog millionaire

par died Email

 

Les journaux relataient, il y a quelques jours une polémique autour du déjà très primé dernier film de Dany Boyle, Slumdog millionaire, qu'on pourrait traduire par chien de bidonville millionaire. Le représentant d'une association du bidonville de Dharavi (plus grand bidonville au monde, situé à Bombay, euh Mumbaï) Tapeshwar Vishwakarma veut poursuivre quelques personnes de la production pour diffamation. Le film présenterait le bidonville sous un jour négatif.



A n'en pas douter, le film n'avait pas besoin de cette publicité pour assurer son succès, il pouvait d'abord et surtout compter sur ses propres qualités.
Un jeune indien passe un peu par hasard dans un jeu télévisé mondialisé : Qui veut gagner des millions ? L'Inde n'échappe pas aux formats des jeux télévisés qui cartonnent partout ailleurs. Dans un décor standardisé qui ressemble à s'y méprendre à celui de notre cher Jean-Pierre FOucault, le gamin des bidonvilles va remporter le jackpot à la surprise générale. Comment a-t-il fait ?  


C'est là que le scénariste et le réalisateur ont construit un film efficace dans lequel on ne s'ennuie pas. Je m'explique, chaque question est l'occasion de retracer par un flashback, l'itinéraire de ce jeune indien musulman, Salim Malik.
Le film débute quand le jeune garçon et son frère doivent fuir une vague de violence communautaire dont les musulmans minoritaires sont parfois victimes. La scène est violente, les enfants fuient alors dans un dédale de ruelles colorées et maladorantes. La caméra par des plans aériens et très rapprochés entre dans les entrailles du bidonville soutenue par une musique indie rythmée.....bref la mise en scène est  plutôt "punchie". Ce qui n'enlève rien à l'émotion que suscite la réalité de la misère et la dureté de la société indienne.

Abandonnés, les deux frères vont donc survivre dans la rue et vivre d'expédients : chanteurs, vagabonds, petits vendeurs à la sauvette sur les trains, voleurs de chaussures, arnaqueurs de touristes au Tadj Mahal....On n'échappe sans doute pas à quelques clichés sur l'Inde.
Le frère ainé devient rapidement une petite frappe de la mafia locale et s'éloigne de son petit frère qui devient serveur de thé (tout en recherchant son amour d'enfance Litika) dans une Hotline quelconque. Là encore, le film arrive bien à faire l'aller-retour entre l'image d'une société indienne  pauvre, dure souvent misérable (et donc difficilement supportable pour l'occidental) et une Inde mondialisée : celle de  la domination et la fascination de l'argent : le jeu télévisé mais également la construction de tours gigantesques dans Darhavi. En effet, depuis 2008, le bidonville a été racheté par des investisseurs, il est question de le raser en partie pour y construire un quartier d'affaire entouré d'habitations pour la nouvelle classe moyenne qui profite justement de la mondialisation.

Le film se termine bien, le jeune Salim retrouve sa dulcinée (Litika) et empoche les 20 millions de roupies. Sur les quais de la gare de Mumbaï, une chorégraphie qui ressemble étrangement à Thriller de Michael Jackson rassemble tous les comédiens du film......bref une fin à la manière d'un Bollywood

Ici, un reportage en anglais, sur Dharavi


Jean-Christophe Diedrich