Samarra


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« ITINÉRAIRES CROISÉS Vosges Algérie / Algérie Vosges – 1830 → 1970 » : Expo à Epinal

par Aug Email

 

 

A l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie, les Archives départementales des Vosges organisent jusqu'au 23 février une exposition exploitant ses propres archives et des documents ou objets prêtés par des particuliers. Saluons cette initiative qui permet d'explorer les relations entre le département et l'Algérie, depuis l'époque de la conquête par les Français jusqu'aux années 1970.

 

Un des organisateurs de l'exposition, Alexandre Laumond, a accepté de répondre aux questions d'élèves de Terminale. Je vous propose de voir cet interview sur le Blog Maghreb-France.

"L'abus de pouvoir" dans l'Algérie coloniale : entretien avec Didier Guignard

par Aug Email

Au moment du 50ème anniversaire de la fin de la Guerre d'Algérie (entre mars et juillet 1962), nous avons voulu mieux comprendre les origines de la situation coloniale. La France a en effet pris progressivement le contrôle de l'Algérie à partir de 1830 mais sa politique a évolué au cours du XIXème siècle. Nous avons demandé à l'historien Didier Guignard de nous parler des changements qui interviennent entre la fin du Second Empire et l'installation de la IIIème République, régime qui relance la colonisation, en Algérie comme ailleurs, sous l'impulsion de Jules Ferry. Didier Guignard a soutenu en 2008 une thèse sur « L’abus de pouvoir en Algérie coloniale, 1880-1914 – Visibilité et singularité ». Les idées essentielles de cette thèse ont été publiées en 2010 dans un ouvrage paru aux Presses universitaires de Paris-Ouest. Il revient sur le système électoral mis en place, sur la question de la citoyenneté, sur la dépossession de la terre et sur l'instrumentalisation de l'antisémitisme.

 

1. Qu’est-ce qui change dans la situation administrative et politique de l’Algérie entre les années 1860 et les années 1880 ?

 

2. Qui possède la terre en Algérie à cette époque ?

 

3. Pourquoi parlez-vous « d’abus de pouvoir » ?

 

4. Pourquoi ces abus n’ont-ils pas été remis en cause ? Ont-ils été dénoncés en Algérie ou en Métropole ?

 

5. Finalement, quel est le lien entre les "scandales algériens" et la question de l'antisémitisme ?

 

Voici les questions auxquelles Didier Guignard a bien voulu répondre. Pour lire ses réponses, rendez-vous sur le blog Maghreb-France sur lequel travaillent des élèves tunisiens et français.

 

 

 

Comment devient-on terroriste ? (1) Casablanca

par Aug Email

Il y a plusieurs manières de réagir face au terrorisme. On peut répondre par un assaut de virilité et montrer ses muscles. C'est ce qu'ont fait les Etats-Unis de Georges Bush avec les effets désastreux que l'on connaît (Irak, Guantanamo, waterboarding,...). On peut également essayer de comprendre les raisons qui ont poussé des hommes ou des femmes jeunes à se faire sauter en tuant le plus possible de personnes quelles qu'elles soient. Comprendre n'est pas justifier mais tenter de désamorcer les mécanismes qui conduisent aux attentats-suicides. Naturellement, les écrivains et les artistes sont en première ligne dans cette quête.

Je vous propose de découvrir deux exemples récents de cette démarche, dans des genres assez différents. Cette semaine, je vous parle du très beau roman Les étoiles de Sidi Moumen. La semaine prochaine, je vous parlerais de la BD de Galandon et Volante Shahidas (+ un entretien avec Laurent Galandon).

 

Les étoiles de Sidi Moumen de Mahi Binebine

 

Le 16 mai 2003 à Casablanca, quatorze jeunes hommes déclenchent une ceinture d'explosifs à la même heure en différents lieux de la capitale économique du Maroc.  On relève plus de 40 morts et des dizaines de blessés au Centre culturel juif, à la Casa de Espana, à l'hôtel Fara, dans un restaurant et près du Consulat de Belgique. 12 d'entre eux meurent et 2 ne parviennent pas au résultat esperé et sont arrêtés.

Parmi les terroristes, 11 venaient d'un bidonville de Casablanca appelé Sidi Moumen.

 

Le peintre et écrivain marocain Mahi Binebine (voir sa biographie en fin d'article) s'est inspiré de ces évènements pour son roman Les étoiles de Sidi Moumen paru chez Flamarrion en 2010 (une adptation au cinéma par Nabil Ayouch est prévue). Les étoiles de Sidi Moumen, c'est le nom d'une équipe de foot qui n'a rien d'officiel. Elle rassemble quelques uns des nombreux enfants qui vivent à Sidi Moumen et qui tirent quelque argent de la décharge. L'un d'entre eux se fait appeler Yachine. Il est en effet le gardien de but et son idole est le légendaire gardien soviétique surnommé "l'araignée noire" : Lev Yashin. Lev Yashin a gardé les buts de l'équipe d'URSS à 75 reprises (il a participé à pas moins de 4 coupes du monde de 1958 à 1970) et joué au football jusqu'à plus de 40 ans. Il reste l'un des meilleurs gardiens de l'histoire du football. Mais revenons à Sidi Moumen. C'est donc le jeune Yachine qui nous narre cette descente aux enfers annoncée comme une montée au paradis.

 

 

La fin est donc connue d'avance. Mais Mahi Binebine choisit de suivre cette bande jusqu'à son funeste destin dans les beaux quartiers de la métropole. Auparavant, il nous décrit ce quartier de Sidi Moumen "confluence naturelle de tous les déclins". Ce bidonville est peuplé de Marocains qui, "venus des campagnes desséchées et des métropoles voraces, chassés par un pouvoir aveugle et des nantis sansgues [...], se coulent dans le moule d'une défaite résignée, s'habituent à la crasse, jettent leur dignité aux orties, apprennent la débrouille, le rafistolage d'existences."

Au milieu de cette misère, il y a donc ces garçons qui survivent grâce à la décharge. "Au commencement, il y eut la décharge et la colonie de garnements qui germaient dessus. Le religion du foot, les bagarres incessantes, les vols à l'étalage et les courses effrénées, les avatars de la débrouille, le haschich, la colle blanche et les errances qu'ils entraînent, la contrebande et les petits métiers, les coups à répétition qui pleuvent, les fugues et leur rançon de viols et de maltraitances...". [photographie trouvée sur le site de l'auteur]

Bien sûr, rien n'est écrit d'avance et on se prend à rêver d'une autre fin.  La misère et la religion ne sont pas les seules explications au terrorisme. Les hasards sont légion dans cet itinéraire complexe. Un seul mot d'une être aimée aurait peut être changé beaucoup de choses. Il y a bien entendu la dérive collective d'une bande savamment manipulée par des êtres habiles qui envoient ces jeunes à la mort en leur promettant le paradis. Mais il y a aussi les méandres de la pensée de chaque individu, singulièrement unique.

Nos futurs kamikazes sont d'ailleurs habités par le doute, jusqu'à l'instant final. Ainsi à propos du voile que se voit imposée celle qu'il aime, Yachine pense  : "Je trouvais cependant que les yeux, en terme de séduction, étaient bien plus efficaces que les cheveux; mais à ce train, c'était la burqua qu'il aurait préconisée."

La langue juste et précise de Mahi Binebine fait de ce roman un ouvrage précieux qui est bien sûr une fiction mais qui, mieux sans doute que n'importe quel reportage, nous aide à ouvrir les yeux. Comme lors des attentats de Londres en 2005 commis par des jeunes nés au Royaume-Uni, les attentats de Casablanca ont profondément ébranlé le Maroc, considéré jusqu'alors comme exempt de tout risque de terrorisme.


  • Bio de Mahi Binebine :

Mahi Binebine est un artiste marocain ayant pendant longtemps vécu en France (il y a enseigné les maths). Son grand frère, un brillant officier, a été enfermé dans le bagne de Tazmamart par Hassan II après le coup d'Etat manqué de Skhirat en 1971. Cette absence, qui dure jusqu'en 1991, le marque durablement, notamment dans son oeuvre de peintre et d'écrivain. En 2002, il décide de se réinstaller à Marrakech. Il devient l'une des figures importantes symbolisant le renouveau du Maroc sous Mohammed VI. Ses peintures se vendent dans le monde entier et sont exposées au musée Guggenheim de New York. Vous pouvez consultez le site de l'artiste et voir quelques unes de ses oeuvres.

 

P.S. : Rappelons que le terme de "bidonville" est attesté pour la première fois en 1953 dans un article du Monde signé R. Gauthier qui traitait de l'habitat informel de Casablanca. Les habitations y étaient construites avec des matériaux de récupération, en particulier des bidonvilles.

 

Rendez-vous la semaine prochaine pour un entretien avec Laurent Galandon, scénariste de la BD Shahidas.

 

Samarra au Maghreb

par Aug Email

 

 

 

Un blog où sont publiés des travaux d'élèves Tunisiens, Algériens et Français autour de l'histoire commune du Maghreb et de la France :

Une histoire commune ?

 

La Guerre d'Algérie en BD (4) Là-Bas

par Aug Email

 

Poursuivons notre exploration des bande-dessinées qui ont pour toile de fond la guerre d'Algérie.

Je vous propose de découvrir Là-Bas de Tronchet et Sibran publié chez Dupuis en 2003.

 

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Nos précédents épisodes :

 

 

La Guerre d'Algérie en BD (3) Entretien avec J. Howell

par Aug Email

Jennifer Howell (Université de l'Iowa) prépare actuellement une thèse de doctorat sur la représentation de la Guerre d'Algérie dans la Bande dessinée. Passionnée par la question de l'image et des représentations, notamment dans le contexte colonial, elle nous livre quelques clés pour comprendre comment la BD aborde la période 1954-1962 en Algérie et en France. De nombreux bédéistes ont travaillé sur la Guerre d'Algérie et publié des BD ayant cette période comme toile de fond ou comme thème principal. Citons parmi elles Carnets d'Orient, Azrayen', Tahya El-Djazaïr, Moustache et les Belgacem, Pierrot de Bab el Oued, De l'Algérie, Petit Polio, Retour au bercail, Le combat ordinaire, Là-bas, Babel 2, Jambon-Beur. Toutes ces BD sont évoquées dans les réponses que Jennifer Howell a bien voulu donner aux questions préparées par les élèves de Première L2 du lycée Claude Gellée d'Epinal avec l'aide de leur professeur E. Augris. Retrouvez ces réponses sur le Blog Maghreb-France , une histoire commune :

 

Un grand merci à Jennifer Howell !

La patera passe.

par blot Email

 

26 mai 2007, 27 hommes photographiés à partir d’un avion de reconnaissance de l’armée Maltaise, agrippés depuis 24 heures à la passerelle circulaire d’une cage à thons tractée par un remorqueur maltais, le « Budafel », en direction de l'Espagne (Source: Laïus d'Olibrius) [Photo agence Sipa, 2007].

 

Les écarts de développement entre les pays de l'espace méditerranéen entraînent des flux migratoires importants. Les pays de départ sont situés principalement au Sud et à l'Est tandis que les pays d'accueil sont situés essentiellement au Nord.

 

 

Les flux clandestins explosent depuis 1990, en raison du durcissement des politiques migratoires de l’Union européenne. L’immigration légale devient de plus en plus difficile; aussi certains n'hésitent pas à tenter le tout pour le tout pour intégrer un Etat membre de l'espace Schengen. Les clandestins traversent au niveau des détroits (de Gibraltar, des Dardanelles). Ils sont pris en charge par des filières de passeurs, elles aussi clandestines, dans des conditions particulièrement dangereuses.

 

 

La chanson Patera de Dick Annegarn nous invite à nous intéresser particulièrement à l'immigration clandestine via l'Espagne.

 

 

Lire la suite de l'article et écouter ce titre poignant sur L'Histgeobox.

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