Samarra


Tags: nigéria

La bande son des indépendances africaines.

par blot Email

Il y a un demi-siècle, 18 colonies d'Afrique subsaharienne proclamaient leur indépendance. Cette décolonisation se caractérise par son calme apparent et sa soudaineté. En suivant un fil directeur, la musique, nous vous proposons de revenir sur les années qui mènent aux indépendances (exceptionnellement, nous abandonnons notre prisme musical pour cet article).

 

- La ruée vers les indépendances (1957-1960).

 

- Les seconde et troisième phases des décolonisations africaines (1961-1990).

 

- L'Afrique du sud: ultime décolonisation africaine.

 

- "50 ans d'indépendance africaine: "la fin des colonies."

 

- "Indépendances africaines 1: l'histoire légitimante".

 

- "Indépendances africaines 2: les forces de l'émancipation".

 

- La bande son des inédpendances".

 

- Le dossier "Samarra en Afrique".

 

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * *  * * * * * * * * * *  * * * * * * * * * *  * * * * * * * * * *  * * * * * * * * * * 

 

Nous nous proposons ici de dresser un inventaire (très lacunaire) des ressources disponibles pour mieux connaître ou découvrir les musiques africaines contemporaines, en particulier celles qui apparaissent ou se transforment lors des accessions à l'indépendance.

 

Dans les jeunes Etats souverains, la musique joue un rôle essentiel. Elikia M'Bokolo explique dans le livret du coffret "Africa 50 years of Music":

"la musique a toujours été partie intégrante du quotidien des Africains et (...) constitue l'élément clé des manifestations sociales: musique de cour ou musique de travail, de fête ou de veillées funèbres, musique associée à des rituels collectifs ou propre aux divers groupes d'âge et à chacun des deux sexes. Phénomène central dans la société, la musique africaine ne saurait donner lieu à une distinction entre une "musique classique" et une "musique populaire". Toutes les variétés musicales africaines sont "populaires". On peut à la rigueur opérer une distinction entre musique "traditionnelle" et musique "contemporaine" à condition de dire aussitôt que la musique traditionnelle est constamment traversée, voire refondée par des innovations et que la musique "contemporaine ne se fait pas faute de puiser abondamment dans les 'traditions'".

 

Pour rendre la lecture du post plus agréable, nous vous proposons une sélection musicale en 32 titres (ci-dessous ou en bas de page).

 

 

* Des livres indispensables:

 

- Gérald Arnaud et Henri Lecomte: "l'Afrique de toutes les musiques". L'ouvrage fait la part belle aux musiques traditionnelles et présente les instruments de musiques spécifiquement africains. Mais cette somme n'a rien d'assommante et les auteurs, fins connaisseurs de leur sujet parviennent à le rendre passionnant. Surtout, comme son titre le suggère, ce livre restitue parfaitement la richesse et la diversité des musiques du continent. Il nous transporte dans une passionnante odyssée, du Maghreb au monde mandingue en passant par l'Afrique australe.

 

Gérald Arnaud, par ailleurs journaliste au Nouvel Obs, vient de sortir une biographie consacrée à "Youssou N'Dour, le griot planétaire" (coll. Voix du Monde, Editions Demi-Lune).

 

- Franck Tenaille: "le swing du caméléon", Actes sud, 2000. L'auteur propose une galerie de portraits savoureux de quelques une des plus grandes figures de la musique africaine. Citons, parmi d'autre Joseph Kabasele, Miriam Makeba, Alpha Blondy, Zao, Fela Kuti, Thomas Mapfumo... En arrière plan, l'histoire africaine pointe nécessairement son nez puisque la musique se trouve alors au coeur des mutations sociales.

 

"L'épopée de la musique africaine, Rythmes d'Afrique Atlantique", ed. Hors Collection, mars 2008". Ce livre revient sur la naissance, le développement et les transformations de certaines musiques populaires d'Afrique de l'ouest. L'auteur se penche sur la genèse des nouveaux courants musicaux qui irradient le continent souvent sous l'impulsion des jeunes pouvoirs politiques (Sékou Touré en Guinée, Modibi Keita au Mali et dans une moindre mesure Senghor au Sénégal). Chaque chapitre correspond à un pays et permet de replacer l'essor des musiques urbaines dans son contexte politique et social. Une riche iconographie (en particulier de superbes pochettes de disques) complète cet ouvrage passionnant.

 

L'année dernière, Florent Mazzoleni a consacré une biographie à "Salif Keita, la voix du mandingue", Editions demi-lune, 2009.

 

 

* Des disques.

 

- Les trois compilations Golden Afrique proposent sur 2CD une sélection de morceaux présentés dans un livret copieux et bien documenté. Le premier volet retrace l'évolution musicale dans quelques pays d'Afrique de l'ouest notamment le Mali, les Guinée (Bissau et Conakry), le Sénégal, la Gambie et la Côte d'Ivoire. La rumba congolaise et ses dérivés ont l'honneur de Golden Afrique 2, tandis que le 3 est consacré aux musiques de l'Afrique australe.

 

A l'occasion du cinquantenaire des indépendances, trois très beaux coffrets (commercialisés à des prix accessibles) permettent de se (re)plonger dans le patrimoine musical africain, d'une extraordinaire richesse et diversité. [Le terme musique africaine n'a d'ailleurs pas grand sens (parle-t-on de musique européenne?)]

"4" face="times new roman,times"> 

s new roman,times"> 

imes new roman,times">- Le coffret Free Africa (Le Son du maquis) propose sur quatre disques une sélection éclectique, mais en même temps cohérente. Les artistes les plus illustres (Miriam Makeba, Manu Dibango, Salif Keita, Cesaria Evora), côtoient des musiciens moins connus (les orchestres Super Biton du Biton du Mali ou Super Eagles de Gambie). Le coffret fait la part belle à la musique mandingue ou encore à l'éthio-jazz, au détriment de l'Afrique  anglophone ou lusophone, pas totalement oubliés néanmoins (Bonga). Accompagné d'un copieux livret rédigé par Florent Mazzoleni (par ailleurs chargé de la sélection musicale), nous vous recommandons chaudement ce bel objet.

mes"> 

nt size="4" face="times new roman,times">- Le coffret Afriques indépendantes (1960-2010) sorti par Frochot Music dresse un panorama des musiques d'Afrique francophone en cinq disques: Afrique engagée ("Douze chansons littéralement historiques, douze chroniques inoubliables de l'accession de l'Afrique à son indépendance."), Mali et Guinée où Sékou Touré et Modibo Keita soutiennent les musiques nationales dans le cadre de la politique d'autenthicité, le Sénégal berceau du mbalax, enfin le Congo et son irrésistible rumba qui se diffuse sur l'ensemble du continent. Contrairement à ce que laisse penser l'intitulé de la compilation, la sélection se focalise avant tout sur les années 1960, 1970.

imes">- Encore plus copieux, le coffret "Africa 50 years of Music" composé de 18 CD est annoncé pour début juillet sur le label Discograph.

es"> 

mes"> 

imes">La collection African Pearls (Syllart Productions) vaut largement le détour. Les copieux livrets (souvent rédigés par Florent Mazzoleni) offrent de nombreuses clefs politico-sociales permettant de mieux appréhender ces musiques. Le premier volet de la série "rumba on the river" s'intéresse aux très riches musiques congolaises, notamment la rumba dont Kabasela, l'OK Jazz, Tabu Ley Rochereau ou les Bantous de la capitale deviennent les représentants les plus populaires. Les deuxième et troisième volets consacrées aux musiques traditionelles de la Guinée et du Mali font la part belle aux djelis. Les volumes dédiés aux musiques sénégalaises et ivoiriennes soulignent la multiplicité des influences musicales dans la région (cubaine notamment), mais aussi l'attrait des studios d'Abidjan pour les musiciens des pays alentours.

="4" face="times new roman,times">La série se focalise désormais sur les années 1970 ("Electric Mali", "Guinée 70's: the discotheque years", "Congo 70's: Rumba rock"), période d'effervescence musicale extraordinaire pour toute l'Afrique de l'ouest. Le funk et la soul se mêlent alors aux rythmes traditionnels donnant naissance à des musiques authentiquement africaines à l'instar du mbalax sénégalais.

="times new roman,times"> 

w roman,times">- "Authenticité: the syliphone years". Plongée dans le catalogue du label d'Etat Silyphone, instrument de la politique culturelle d'authenticité voulue par Sékou Touré qui entend promouvoir une nouvelle forme de musique populaire (entre tradition et modernité). Les grands orchestres nationaux et fédéraux de Guinée y brillent de mille feux.

es new roman,times">

e="times new roman,times"> 

="times new roman,times">- Analog Africa. Ce label exhume des pièces d'une grande rareté, mais toujours d'une grande qualité. Parmi les dernières sorties, citons deux très belles rééditions de morceaux de l'Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou ou encore des compilations de funk béninois. Le blog du label propose l'écoute d'extraits de nombreux morceaux, mais aussi des podcasts.

new roman,times">- Ethiopiques. Certes l'Ethiopie ne fut pas colonisée, hormis la courte occupation italienne (1936-1941), mais son extraordinaire patrimoine musicale ne saurait être négligé. La collection Ethiopiques (Buda records) initiée par Francis Falceto, s'y emploie depuis plus de dix ans et compte désormais près d'une trentaine de volumes. Les livrets sont d'une remarquable précision et les belles découvertes constantes.

s">- Le label anglais Soundway ressuscite des trèsors oubliés. les rééditions font la part belle au highlife ghanéen (collection Ghana soundz) ou encore à l'Afro-beat (collection Nigeria special).

t size="4" face="times new roman,times"> 

new roman,times">* Musiques et indépendances africaines sur la toile.

 

ace="times new roman,times">En cette année de commémoration, la musique au temps des indépendances n'est pas oubliée sur la toile. Voici quelques liens particulièrement intéressants (n'hésitez pas à nous signaler vos trouvailles sur le sujet):

mes"> 

e="4" face="times new roman,times">1. Un dossier passionnant sur le site de RFI.

e="4" face="times new roman,times">- Indépendance et musique: la Guinée sous le signe de l'authenticité.

ace="times new roman,times">- Côte d'Ivoire: l'eldorado musical.

mes new roman,times">- Sénégal: influences transatlantiques.

w roman,times">- Mali: indispensable culture.

,times"> - Cameroun: opposition de styles.

>- Ghana, Nigéria, les années dorées.

size="4" face="times new roman,times"> 

size="4" face="times new roman,times"> 

" face="times new roman,times">2. Le site de la médiathèque de la communauté française de Belgique propose une présentation synthétique de quelques courants musicaux africains.

"times new roman,times"> 

new roman,times"> 

man,times">3. Florent Mazzoleni: "Les années 1970 ont été un laboratoire à ciel ouvert pour les musiciens africains" (Africultures).

es"> 

nt size="4" face="times new roman,times"> 

nt size="4" face="times new roman,times"> 

="4" face="times new roman,times"> 

ce="times new roman,times">4. Gérald Arnaud écrit régulièrement des articles sur Africultures. Citons parmi beaucoup d'autres:

es new roman,times">- "Indépen-danses".

roman,times">- "Saga Makeba 1 et 2" (Africultures). Bel hommage à "Mama Africa".

times"> 

 

ize="4" face="times new roman,times">5 Le blog d'Elisabeth Stoudmann (journaliste à Vibrations) constitue une véritable mine pour tout amateur de musique africaine.

ize="4" face="times new roman,times"> 

face="times new roman,times"> 

times new roman,times">6. Les jeunes Etats se dotent d'hymnes. Sur le sujet, voir les synthèses de Jeune Afrique: “Un pays, une musique, un hymne” et de RFI: “L'histoire méconnue des hymnes nationaux africains“. Enfin, les analyses détaillées que RFI proposent de quelques hymnes: Guinée “Horoya”; Sénégal: “Pincez tous vos koras, frappez vos balafons“; Cameroun: “le chant du ralliement“.

new roman,times"> 

an,times"> 

="4" face="times new roman,times">

"times new roman,times">7. Sur la galaxie des blogs, la musique africaine occupe une place de choix grâce aux soins de quelques passionnés: Matsuli, worlservice et ses podcasts.

es">- Voodoo funk: la crème de la musique de l'Afrique de l'ouest sur ce blog extrêmement précieux qui propose des sélections de très grande qualité. man,times"> 

8. Le site de l'Afrique enchantée sur France Inter dont nous vous parlions ici.times new roman,times">

ce="times new roman,times">imes"> 

 

oman,times"> 

face="times new roman,times">Nos sélections:

ew roman,times">Théoriquement tout fonctionne, mais si le lecteur met du temps à se lancer, cliquez sur "bande son des indépendances 1, 2, 3 ou  4 by bricabraque", vous serez dirigés vers notre page sur 8 tracks. 

n,times"> 

times"> 

">Bande son des indépendances 1

4" face="times new roman,times"> 

4" face="times new roman,times">1. Bembeya Jazz National: "Armée guinéenne". (Guinée C.)

="times new roman,times">Le Bembeya Jazz National est le groupe le plus célèbre des grandes heures de la musique guinéenne, au cours des années 1960. Sékou Touré utilise alors la musique comme une véritable arme de propagande et entend développer la politique de "l'authenticité". Ce célèbre orchestre guinéen fut particulièrement choyé par Sékou Touré qui en fit l'orchestre officiel lors des grands événements nationaux (visites de chefs d'Etats étrangers notamment). Le répertoire de la formation compte ainsi de nombreux morceaux à la gloire du chef d'Etat, de son parti (le PDG), ou encore du jeune Etat guinéen à l'instar de cette ode dédiée à l'armée nationale.

ace="times new roman,times"> 

s new roman,times">2.Orchestre de la Paillote (puis Keletigui et ses tambourinis): "Kadia blues". (Guinée C.)

" face="times new roman,times"> 

new roman,times">3. Miriam Makeba: "Lumumba".(Afrique du Sud/Guinée C.)

es new roman,times">4. Bonga: "Mona Ngi Xica".(Angola)

nt size="4" face="times new roman,times"> 

">5. Super Mama Djombo: "Dissan na m'bera". (Guinée Bissau)

de portugais et des langues locales, par Dulce Neves, seule femme du groupe. Il aborde de manière très critique les développements politiques après l'indépendance. L'orchestre réclame du gouvernement du respect pour ceux qui se sont battus afin d'obtenir la libération du pays. Le groupe reprend en cœur:" Laisse moi marcher de ce côté de la rue / Ne m'écrase pas avec une voiture officielle." 

 

6. Stella Chiweshe: "Chachimurenga (future mix)".(Zimbabwe)

es-chants-de-la-libration-du-zimbabwe.html">cliquez ici.

 

ace="times new roman,times">7. Orchestra Baobab: "Jin ma jin ma".(Sénégal)

times new roman,times">Un des orchestres phares des nuits dakaroises, particulièrement influencé par les musiques cubaines, comme ce fut souvent le cas dans la musique sénégalaise.

t size="4" face="times new roman,times">8. Papa Wemba. (Zaïre/RDC)

s">Avec son orchestre Zaïko Langa-Langa fondé en 1969, Papa Wemba bouscule les codes de l'ancienne rumba, dont le tempo s'accélère sous l'effet des guitares électriques et de la batterie. Très populaire, le chanteur à la voix puissante est aussi le "pape des sapeurs" (la Société des ambianceurs et personnes élégantes).

new roman,times">Bande son des indépendances 2

new roman,times">

 

1. Maravillas de Mali: "Radio Mali". (Mali) Cet orchestre malien au son afro-cubain très prononcé fut justement formé à Cuba dans le cadre de laccopération culturelle avec le Mali de Modibo Keita qui opte pour le socialime une fois l'indépendance obtenue, tout en maintenant des liens importants avec la France.

font size="4" face="times new roman,times">2. Franco: "Café".(Zaïre/RDC)

sa et Brazzaville. Son  répertoire dansant aux paroles satiriques fait mouche auprès du public. Les filles raffolent du guitariste et le surnomment bientôt "Franco de mi amor".

 

3. OK Jazz Mujos: "Cuento Nama". (Zaïre/RDC) Encore une des nombreuses émanations de la formation vedette de Franco. Les cuivres subliment cet enregistrement des années 1960.

font size="4" face="times new roman,times">4. Gnonnas Pedro: Yiri yiri boum".(Bénin)

ce="times new roman,times"> 

w roman,times">5. Miriam Makeba: "Djiguinira".(Afrique du Sud/Guinée C.) Encore un classique enregistré par "Mama Africa" lors de ses années guinéennes.

"times new roman,times">6. Tout-Puissant Orchestre Poly-rythmo de Cotonou: "Hwe towe hun". (Bénin)

times">L'orchestre star du Bénin fut très largement influencé par les sonorités des pays anglophones voisins, le highlife du Ghana et l'afro-beat du Nigeria. Les musiciens associent la musique béninoise traditionnelle, notamment les rythmes qui ponctuent les cérémonies vaudoues aux musiques noires américaines (funk, rythmes afro-cubains).

es"> 

t size="4" face="times new roman,times"> 7. Les Amazones de Guinée: "Samba"(Guinée C.) Cet orchestre guinéen est composé des membres de la brigade féminine de la gendarmerie de Conakry. Impossible de rester de marbre à l'écoute de ce morceau joué lors d'un concert à Paris au début des années 1980. Le groupe est toujours en activité.

" face="times new roman,times">8. Alpha Blondy: "Brigadier Sabari".(Côte d'Ivoire)

an,times">Le reggae jamaïcain interpelle de nombreux artistes africains notamment l'Ivoirien Alpha Blondy qui s'en sert pour transmettre ses messages. Cette chanson interprétée en daoula, pimentée de quelques mots français, évoque un passage à tabac par la police lors d'une "opération coup de poing".

4" face="times new roman,times">Bande son des indépendances 3.

="times new roman,times">

 

1. Les Bantous de la capitale: "Machette". (Congo Brazzaville)

imes">Ce groupe fit les belles soirées des pistes de danse de Brazzaville grâce à sa rumba endiablée. Fondé en 1959, le groupe s'est reformé en 2004: belle longévité!

" face="times new roman,times">2. Franco et Sam Mangwana: "Coopération". (Zaïre / Angola)

ute;rique de l'émission.

 

3. The funkees: "Abraka". (Nigeria)

imes">Un morceau ultra funky des funkees, formation relativement obscure du Nigeria.

" face="times new roman,times">4. Geoffrey Oryema: "Land of Anaka". (Ouganda)

on.com/video/x3mqhc_geoffrey-oryema-ye-ye-ye_music">Ye ye ye" qui servait de générique à l'émission le "cercle de minuit").

 

5. N°1 de Dakar: "Yaye boye" (Sénégal)

imes">Cet orchestre est une des nombreuses émanations du Star Band de Dakar (voir plus bas). Dirigé par Pape Seck, il regroupe de très grandes voix accompagnées par un trio d'instruments à vent.

" face="times new roman,times">6. Pat Thomas et Marijata: "I need more". (Ghana)

times new roman,times">7. Fela Kuti: "No agreement Pt 2". (Nigeria)

MsoNormal">Il mélange jazz, rythm and blues aux musiques en vogue à ce moment là au Nigeria (highlife, ju-ju) au sein de son groupe, les koolas lobitos. En 1969, sa rencontre avec une militante noire des Black Panthers, Sandra Smith, l’influence considérablement. Il change le nom de son groupe qui devient Africa 70. Il chante désormais en pidgin (l’anglais du petit peuple), et plus en yoruba, afin d’accroître son auditoire, tout cela sur fond de cuivres envoûtants, de percussions hypnotiques, d’envolées de saxophone. Il donne ainsi naissance à l’Afrobeat. Enfin, il adopte un nouveau nom, celui de Fela Anikulapo (celui qui porte la mort dans sa gibecière) Kuti (qui ne peut être tué par la main de l’homme).

Dans ses chansons, il s’en prend aux militaires qui accaparent le pouvoir et imposent la dictature, mais dénonce aussi la collusion de ces derniers avec les grands groupes pétroliers étrangers, qui ont fait main basse sur l’or noir, ressource principale du Nigeria.

 

8. Les Ambassadeurs internationaux: "Mandjou" (Mali, Côte d'Ivoire...).

les Ambassadeurs du Motel (les musiciens se qualifient ainsi car ils sont de différentes nationalités). Il y rencontre le compositeur-guitariste guinéen Kanté Manfila, début d'une fructueuse collaboration.

En 1978, les Ambassadeurs (devenus Internationaux) s'installent à Abidjan, la nouvelle capitale culturelle de l'Afrique de l'Ouest, qui éclipse progressivement Conakry. Ils y enregistrent l'album Mandjou. Dans le titre éponyme, Salif loue Sékou Touré et les membres de sa famille. L'écho du morceau est énorme dans toute l'Afrique de l'Ouest.

 

roman,times">Bande son des indépendances 4:

"allowscriptaccess" />

 

1. OK Jazz: "Liwa ya wech" (Zaïre / RDC). Voir ci-dessus.

es new roman,times">2. African Jazz: "Table ronde" (Zaïre / RDC).

lero, le cha-cha-cha, le mambo... Grand Kallé et l'African Jazz figurent parmi les artistes les plus populaires d'Afrique. L'African Jazz attire donc très vite les nombreux talents du pays comme Nico Kasanda, alias  Dr Nico, ou le grand chanteur Tabu Ley Rochereau.

Lors de la réunion de la table-ronde organisée à Bruxelles du 20 janvier au 20 février 1960, le gouvernement belge et les leaders congolais négocient les conditions d'obtention de l’indépendance du Congo belge, Patrice Lumumba prend dans ses bagages les musiciens de l’African jazz. Dans la foulée du morceau 'indépendance cha cha', Kabalese compose ce titre consacré aux pourparlers de la Table Ronde.

es new roman,times">3. Star Band n°1 de Dakar: "Guajira Van".

ew roman,times">Le plus connu des orchestres sénégalais voit le jour en 1960, année de l'indépendance. Il met le feu aux poudres du club Miami grâce aux instruments amplifiés et à une section de cuivre efficace. Le répertoire est composé de musiques cubaines particulièrement appréciées dans le pays: cha-cha-cha, pachanga, rumba... A partir du début des années 70, les influences locales (peulh, malinké, wolof) s'impose avec l'apport d'instruments traditionnels tels que les tambours sabar et tama.

"times new roman,times">4.Tabu Ley Rochereau: "Tabalissimo".

de Kabasele. Dans les années cinquante, vouloir faire carrière sans maîtriser la langue des Cubains était impensable...

 

5. Jaliba Kouyate: "Amilcar Cabral".

Morceau plein de fièvre en hommage à Amilcar Cabral.

 

6. Rail Band: "Madi guindo".

H. Lee dans le livret d'une réédition en l'honneur du Rail Band revient sur l'importance du groupe: "le Rail Band, c'est bien autre chose qu'un orchestre de bal comme la période des indépendances en produisit des centaines. C'est le laboratoire où s'élaborèrent, tout au long de trois décennies, les fusions qui font aujourd'hui la musique de l'Ouest africain. Des dizaines de chanteurs et de musiciens y ont fait carrière. Tous les styles en vogue s'y sont croisés, du jazz à la pop internationale, du classique mandingue au folklore bambara, de l'afrobeat au soukouss congolais. "

 

On doit la formation de cette institution à Aly Diallo chef de gare et priopriétaire du buffet-hôtel de la gare de Bamako. Afin d'offrir à sa clientèle des divertissements dignes de cenom, il charge le multi-instrumentiste Tidiani Koné de former un orchestre. Il recrute un orchestre de Dar-Es-Salam, qui constitue l'ossature de la formation. C'est lui aussi qui parvient à convaincre un jeune albinos surdoué: Salif Keïta. Bien que dans une situation très difficile (il dort sur un bout de carton avec les SDF de la ville), il rechigne à intégrer le groupe. C'est que Salif est un Keïta, un membre de l'ancienne famille royale et il ne veut pas salir son nom prestigieux en chantant pour de l'argent. Mais, Tidiani parvient tout de même à convaincre Salif Keïta qui fait ses premiers assais en 1970. Très vite, il devient le chanteur le plus aimé du public malien.

 Le répertoire du groupe est très varié afin de séduire tous les publics. En tout cas, Salif Keïta se spécialise dans ce que l'on appelle à l'époque le "folklore modernisé", c'est-à-dire les grands thèmes malinkés arrangés à la guitare, célébrant notamment les héros de la tradition comme Sundjata Keïta.

 

 

7. Ali Farka Touré et Toumani Diabaté: "Kala djula".

Extrait du sublime dernier album enregistré par Ali Farka Touré (il meurt quelques mois plus tard en 2006) avec Toumani Diabaté, virtuose de la kora.

 

 

8. Bonga: "Sodade".

 En 1974, Bonga enregistre l'album "Angola 74" à Paris où il vient de s'installer. Il y reprend un classique, Sodade, sur un thème universel, celui du mal du pays. Ce morceau sera popularisé 20 ans plus tard par Cesaria Evora.

 

Les décolonisations africaines en musique (1) 1957-1960

par blot Email

Il y a un demi-siècle, 18 colonies d'Afrique subsaharienne proclamaient leur indépendance. Cette décolonisation se caractérise par son calme apparent et sa soudaineté. En suivant un fil directeur, la musique (voir la sélection en fin d'article), nous vous proposons de revenir sur les années qui ont mené aux indépendances (il s'agit du premier volet d'une série d'articles. Le 2ème épisode est consacré à la période 1960-1990 et le troisième épisode au cas particulier de l'Afrique du Sud).

 

 

I. La longue marche vers les indépendances.

 

La conquête de territoires outre-mer par les pays européens commence au XVIème siècle, mais la constituion de véritables empires coloniaux ne date que du XIXème. En 1914, les pays européens maîtrisent 60% des terres mondiales et 65 % de la population. Deux grands Empires coloniaux dominent; ceux de la Grande-Bretagne et de la France. Ils se trouvent encore renforcés après la Grande Guerre pusiqu'ils récupèrent des mandats territoriaux (les possessions allemandes en Afrique: Togo, Cameroun, Sud-Ouest africain...). Les autres colonies sont de moindre ampleur: Belgique avec l'immense Congo, l'Italie en Libye et en Somalie, le Portugal dans le sud de l'Afrique.

 

 Les occupations coloniales en Afrique (1914-1918).

 

  • Les contestations de l'entre-deux-guerres.

 

 

Dès l'entre-deux-guerre, la contestation monte dans les colonies, notamment en Asie (parti du Congrès de Gandhi, Vietminh de Hô Chi Minh en 1930) et en Afrique du Nord (l'étoile nord-africaine devenue le parti du peuple algérien en 1937 ou encore le Néo-Destour en Tunisie en 1938). Elle se fonde sur la misère et les humiliations dont sont victimes les populations indigènes.

A l'intérieur des empires, la frustration des élites indigènes, marginalisées par une bureaucratie coloniale pléthorique, ainsi que la paupérisation des masses, notamment paysannes, attisent la contestation grandissante au cours des années 1930.

Le contexte international joue également également un grand rôle, notamment le message libérateur du président américain Wilson ("droit des peuples à disposer d'eux-même") et surtout l'activisme communiste déployé par le Komintern, levier d'une contestation radicale du colonialisme occidental, notamment en Asie (Chine, Indochine).

Les puissances coloniales (en particulier la France) répriment sans états d'âme ces contestation (ainsi la révolte de Yen Bay en 1930 remplit les bagnes de Poulo-Condor au Vietnam). En Afrique noire, la remise en cause du fait colonial reste plutôt rare.

 

 

  •  De nouveaux acteurs "au secours" des colonies:

La seconde guerre mondiale entraîne le discrédit des puissances coloniales (particulièrement la France, les Pays-Bas et la Belgique, dans une moindre mesure la Grande Bretagne), car, pour la première fois, l'homme blanc est vaincu, ce qui met un terme au mythe de son invincibilité.

Les deux Grands vainqueurs de la guerre, les Etats-Unis et l'URSS, continuent de diffuser un message libérateur à l'adresse des colonies.

- Les Etats-Unis, ancienne colonie britannique, sont anticolonialistes par tradition historique et idéologique, mais aussi par intérêt économique: les colonies pourraient être de nouveaux marchés. En gage de bonne volonté, ils accordent d'ailleurs l'indépendance aux Philippines en 1946.

- les Soviétiques sont eux aussi contre les colonies, par idéologie marxiste (le colonialisme est vu comme un avatar du capitalisme) et par calcul politique: si ces territoires accèdent à l'indépendance, ils pourraient y installer des régimes proches.

- L'ONU s'impose également comme une tribune pour les mouvements indépendantistes. La charte de 1945, puis la Déclaration universelle des Droits de l'Homme en 1948 appuient le "droit des peuples à l'autodétermination".

 

 

Bref, les puissances coloniales se trouvent sur la défensive en 1945, même si leurs attitudes diffèrent quelque peu.


  • Des attitudes divergentes.

 

Les Britanniques ont déjà l’expérience de la transformation de leurs colonies blanches en dominions au sein du Commonwealth (1931 Canada, Australie, NZ, Afsud) et ils favorisent l’émergence des élites. Le Royaume uni mène avec pragmatisme une politique d’association, souhaitant préserver ses intérêts économiques et diplomatiques, quitte à négocier et accorder l'indépendance politique.

 

 

Au contraire, la France s'accroche au statut de grande puissance impériale. Déjà traumatisée par la débâcle de 1940 elle ne saurait accepter la nouvelle défaite que serait pour elle la perte de son empire. Beaucoup se souviennent du loyalisme parfait des colonies lors de la tourmente de la grande guerre avec la participation de près de 300 000 coloniaux à la première guerre mondiale. Le second conflit mondial conforte au fond cette idée que l'Empire a contribué à la victoire alliée et qu'il est un élément capital de la grandeur nationale. L'intense propagande coloniale de l'entre-deux-guerre, qui culmine en France lors de l'exposition coloniale de 1931, explique également l'attachement de nombreux Français à leur Empire (pistes 1 et 2 de la sélection audio ci dessous). Par son administration directe la France tient les populations indigènes totalement à l'écart du pouvoir.

 

 

De timides tentatives de réformes existent néanmoins.

La conférence de Brazzaville se tient en janvier-février 1944 et réunit les gouverneurs généraux de l'Afrique Occidentale française, de l'Afrique équatoriale française et de Madagascar auxquels se joignent quelques notables coloniaux, mais pas d'Africains. Dans son discours de Brazzaville, en 1944, De Gaulle envisage le droit à la "gestion de leurs propres affaires" des indigènes intégrés à la communauté française, une politique sociale audacieuse, mais refuse catégoriquement toute idée d’autonomie des colonies. Elle se limite à des réformes administratives et sociales, dénuées de tout prolongement politique: suppression du travail forcé, participation de l'élite indigène à l'administration, mesures pour développer l'éducation parmi les colonisés.

 

 

La Constitution de 1946 maintient l’essentiel de la domination métropolitaine dans le cadre de l’Union française. Jusqu'à cette date, seuls étaient représentés à l'Assemblée nationale française les quatre communes du Sénégal (Saint Louis, Gorée, Dakar, Rufisque) et les trois départements d'Algérie. A partir de 1946, les territoires de l'AOF, de l'AEF, ainsi que Madagascar envoient des représentants au Parlement français. La constitution rappelle que l'objectif de la France est de conduire les peuples colonisés à ce point qu'ils pourront s'administrer eux-même un jour. Elle reconnaît la citoyennté à tous les ressortissants de l'Union française qui diffère néanmoins de la citoyenneté des Français des métropole, puisque les populations de l'outre-mer ne disposent pas du droit de vote. Mais ils se voient reconnaître des droits juridiques et judiciaires (restés parfois théoriques), qui constituent une amélioration indéniable. D'autre part comme le rappelle Marc Michel (cf: sources), "les institutions de l'Union française furent des lieux d'apprentissage pour la classe politique en formation en formation et des "espaces de sociabilité" pour les futurs dirigeants africains qui purent y nouer des amitiés personnelles et des alliances politiques.

 

 

Par ailleurs, à l'intérieur de l'empire colonial français apparaît le Rassemblement Démocratique Africain. Crée en 1946, ce grand parti politique possède des sections dans toute l'Afrique noire française. C'est qu'au sortir de la seconde guerre mondiale, on assiste à d'importants mouvements sociaux (grèves, manifestations). Des mouvements syndicalistes se multiplient alors en Afrique (union générale des travailleurs africains). Dans un premier temps, le RDA s'affilie au Parti communiste français, le seul à refuser le maintien des colonies en Afrique, ce qui inquiète beaucoup en métropole dans le contexte de la guerre froide. Finalement, sous la houlette de Félix Houphouët, le RDA se débarasse de l'hypothèque communiste ,ce qui permet de renouer le dialogue avec le personnel politique dirigeant de la IVème République. Il se transforme alors véritablement en un grand parti de masse, prêt à prendre les rênes des gouvernements territoriaux en 1956. 

 

Alors que le Royaume Uni accorde l'indépendance des Indes, la France de la IVème République marque sa volonté de maintenir son Empire. La classe politique communie dans la conviction que la France ne peut se reconstruire qu'avec son Empire colonial, garant de sa prospérité économique. Toute manifestation d'indépendance doit donc être impitoyablement châtiée (l'insurrection malgache est écrasée avec la plus grande violence en 1947). En Indochine, après des hésitations, la France se lance dans une Guerre de réappropriation coloniale.

 

 

  • Les premiers craquements.

La défaite française à Dien Bien Phu en 1954 constitue un tournant majeur dans le processus de décolonisation puisqu'il s'agit dans l'Empire français de la première grande victoire d'un peuple colonisé. Les Africains, nombreux dans cette armée française qui combat en Indochine, assistent ainsi aux premières loges à la fin d'un des mythes fondateurs de la colonisation, celui de l'invincibilité des peuples blancs. Les accords de Genève qui mettent un terme à la présence française en Indochine (séparée désormais en quatre entités: Laos, Cambodge, Vietnam Su et Nord) précèdent de trois mois seulement le déclenchement de l'interminable guerre d'Algérie qui ne s'achève qu'en 1962.

 

 http://bricabraque.unblog.fr/files/2010/01/bandoung.jpg

 

* Le contexte international remet en effet chaque jour un peu plus en cause le maintien de la colonisation en Afrique noire et ailleurs.

- Du 18 au 24 avril 1955 se tient à Bandung en Indonésie la conférence internationale dite des non-alignés. Elle réunit 29 Etats du Tiers Monde. Il s'agit de la première manifestation publique de ce que l'on appelle le groupe afro-asiatique qui voit le jour à l'ONU en 1950. Si la plupart des pays participants sont asiatiques, l'Afrique est néanmoins présente à Bandung. Elle y est représentée par l'Egypte, l'Ethiopie, le Soudan, le Liberia, mais aussi ce qu'on appelle la Gold Coast (futur Ghana) qui est en train de devenir indépendante. La conférence proclame le neutralisme, exprime l'anticolonialisme, le refus du néocolonialisme, la volonté de sortir du sous-développement et la dénonciation du racisme qui continue de sévir avec virulence en Afrique du sud notamment.

 

- La crise de Suez en 1956. Le 26 juillet 1956, le chef de l'Etat égyptien nationalise le canal de Suez (prise de possession de la société du canal). Il entend ainsi récupérer l'argent dont il a besoin pour construire le barrage d'Assouan (il escomptait une aide de l'occident qui n'est pas venue). Cette crise revêt bientôt une dimension internationale puisque, parallèlement à la guerre entre l'Egypte et Israël, interviennent les troupes anglaises et françaises. Finalement, les Etats-Unis désavouent la France et de l'Angleterre en parallèle à la menace de l'Union soviétique d'intervenir dans la crise. Nasser exalte alors le sentiment national. Son attitude séduit dans une grande partie de l'opinion publique du monde arabe. L'affaire génère une amorce de panafricanisme et le raïs égyptien ressort grandi du succès de l'opération. Rappelons aussi que la même année, le protectorat français sur le Maroc prend fin. Le pays accède alors à l'indépendance.


 

 

 

II. La "ruée vers les indépendances".

 

Bref comme nous venons de le voir précédemment, le maintien du système colonial était devenu impossible pour le Royaume uni et la France.

Même si il est difficile de périodiser le processus des décolonisations africaines, il semble néanmoins possible de distinguer quelques grandes étapes. La première couvre les années 1957-1960. Au cours de ces trois années, une vingtaine d’États accède à l’indépendance de manière négociée et relativement pacifique.

 

 

  • Décolonisation britannique.

C'est la Gold Coast, futur Ghana, qui ouvre le bal en 1957, dans le cadre du Commonwealth (voir piste n°3). Cette indépendance a un retentissement considérable dans toute l'Afrique de l'ouest, d'autant plus que Nkrumah organise dans la foulée une conférence panafricaine à Accra en avril 1958. Elle accélère ainsi la revendication séparatiste de la Guinée française (cf plus bas) et inspire largement Patrice Lummumba qui organise et dirige le Mouvement national congolais, parti indépendantiste et intertribal, qui devient l'interlocuteur obligé des autorités belges qui se voient contraint d'accorder l’indépendance dans la plus grande hâte le 30 juin 1960.

 

 

- Le Nigeria

Les Portugais, premiers à établir des contacts dans cette région, avaient été chassés par les Anglais dès le XVIème siècle.

En réponse au nationalisme montant, après la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques dotent le pays d'un gouvernement représentatif en 1951, puis d'une constitution fédérale en 1954. Ils cherchent avant tout à doter chacune des trois grandes régions qui composent la fédération d'une large autonomie. En effet, ils se trouvent confronter au problème de l'unité nationale d'un territoire où les principales forces socio-politiques peinent à collaborer: le Northern People's Congress des émirs très conservateurs du nord, l'Action Group qui représente les revendications des Yoruba, enfin le National Congress of Nigeria and Cameroons très populaire chez les Ibo (la partie est du Cameroun allemand avait été avait été attribuée au Royaume-Uni avec le traité de Versailles).

 

 

Récemment affranchie de la tutelle française (voir plus bas), les élites camerounaises qui circulent dans les pays voisins donnent le coup de fouet au mouvement indépendantiste. Nnamdi Azikiwe, fondateur de l'Union pour l'indépendance du Cameroun et du Nigéria, réclame immédiatement l'indépendance du Nigéria au Royaume uni. C'est chose faite le 1er octobre 1960. Le nouvel Etat intègre en même temps le Commonwealth.

Le poids économique (pétrole) et démographique du pays l'impose comme un des pays les plus riches d'Afrique de l'ouest. Néanmoins, les forces centrifuges qui tiraillent la société nigériane se réveillent rapidement et plongent le pays dans une terrible guerre civile en 1967 (la guerre du Biafra, riche région du sud peuplée majoritairement d'Ibos qui aspirent à l'indépendance).

 

 Lors de sa tournée africaine De Gaulle expose son projet de Communauté franco-africaine" pour lequel il prévoit un référendum. Le 26 août 1958, alors qu'il se trouve à Dakar, il aperçoit des porteurs de pancartes indépendantistes, il leurs lance: "Si vous voulez l'indépendance, vous n'avez qu'à la prendre!"

 

 

  • La décolonisation française en Afrique noire.

 

La défaite en Indochine, l'insurrection algérienne, pèse d'un point déterminant sur la politique de la France en Afrique subsaharienne. Gaston Defferre, le ministre socialiste de la France d'outre-mer, comprend très tôt qu'il faut y changer de politique et remplacer l'Union française vermoulue par une instance plus adaptée. "Ne laissons pas croire que la France n'entreprend des réformes que lorsque le sang commence à couler" lance-t-il devant le Conseil de la République alors qu'il y présente sa future loi.

 La loi Cadre-Defferre, adoptée le 23 mars 1956, entre en vigueur l'année suivante. Elle accorde l'autonomie interne aux territoires d'outre-mer qu'elle dote d'une "personnalité" politique propre, en instituant des exécutifs locaux responsables devant des assemblées législatives locales. Toutefois, la France continuait de contrôler les attributs de la souveraineté internationale (monnaie, défense, politique extérieure). La politique d'indigénisation amorécée par cette loi s'est révélée une bonne école et un vivier de dirigeants africains.

 

 

Beaucoup d'élus applaudissent à l'esprit nouveau de la réforme. Le problème reste que les Africains sont divisés en gros entre deux tendances. D'un côté les partisans du maintien des fédérations de l'AOF et de l'AEF telles qu'elles existent alors. De l'autre, ceux qui considèrent qu'il faut constituer les territoires en Etats souverains, au risque de précipiter la balkanisation de l'Afrique.


 

Lorsqu'il revient au pouvoir, De Gaulle propose la création d'une Communauté française, au sein de laquelle la France conserverait des prérogatives dans des "domaines réservés" (affaires étrangères notamment). Du 20 au 29 août 1958, le général de Gaulle effectue une tournée dans plusieurs capitales africaines. Le but de son voyage est de présenter aux populations son projet de Communauté. Tous les observateurs sont frappés par les ambigüités, involontaires ou pas, du discours. Alors que les Africains attendent le mot indépendance, de Gaulle parle de Communauté. Celle-ci n'est plus la colonisation, elle n'est pas non plus le Commonwealth (puisqu'il suppose des Etats autonomes ou indépendants). Mais en instaurant des gouvernements autonomes, la Communauté mettait l'Afrique sur la voie de l'indépendance.

 

 

Une question cruciale se pose du côté des Africains, faut-il prendre l'autonomie avec la perspective d'une indépendance à moyen terme ou faut-il demander l'indépendance tout de suite? Les populations de l'Union française sont donc appeler à se prononcer lors du référendum instituant la Communauté française. La plupart des dirigeants africains appellent à voter oui (piste 4). Parmi les plus radicaux, qui veulent que le mot "indépendance" figure dans le texte et qui souhaitent accélérer le processus, se trouve Sékou Touré. Il avait lancé lors de la campagne électorale précédent le référendum: " Nous préférons la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l’esclavage". Le oui l'emporte partout, sauf en Guinée où le "non" triomphe. La Guinée devient aussitôt indépendante, rompt avec la France et se rapproche de l'URSS (piste 5).

 


Le général, outré, suspend immédiatement toute aide à la Guinée. L'administration guinéenne, privée de tous les techniciens et fonctionnaires français, doit repartir de zéro. Pire, certaines infrastructures sont démantelées sciemment par les anciens colonisateurs. Le divorce est définitivement consommé entre l'ancienne colonie et sa métropole. Paris tentera même d’empêcher l’admission du nouvel État aux Nations unies.


 

La décolonisation de l’Afrique noire française est octroyée par étapes.
Nous l'avons vu, après la La loi-cadre Defferre accorde en 1956, qui reconnaît l’autonomie interne à des gouvernements territoriaux, la constitution de 1958 en fait des "Etats associés" dans la Communauté Française.
Mais cette Communauté ne durera que quelques mois avant l’accession des colonies françaises à l’indépendance complète en 1960. L'indépendance est alors accordée à quinze Etats africains restant liés à la France par la Coopération.

 

 

L'évolution commence par le Togo et le Cameroun, deux territoires placés sous la tutelle de la France sous le contrôle de l'ONU:

- Togo, 27 avril. Cette ancienne colonie allemande, avait été divisée en deux et placée sous tutelle française et anglaise au lendemain de la Première guerre mondiale. Quatre ans après le rattachement du Togo britannique au Gold Coast, devenu l'État indépendant du Ghana, la République du Togo s’en sépare. La question de la réunification des Togo britannique et français au sein d'un même État, avait dominé le débat politique pendant les années 50. La victoire du Comité de l'unité togolaise aux élections du 28 février 1958 sonne le glas de cette union. Le premier président, Sylvanus Olympio sera abattu lors d'un coup d'État, en janvier 1963.

 

- Cameroun, le 1er janvier 1960:

Cette ancienne colonie allemande, avait été divisée en deux et placée sous tutelle française et anglaise au lendemain de la Première guerre mondiale. Au cours des années 1940 et 1950, c'est l'Union des population du Cameroun (UPC) de Ruben Um Nyobé (d'obédience marxiste) qui réclame l'indépendance du territoire. Devant le refus des autorités coloniales de transiger, le mouvement se lance dans une guérilla violente qui sera sauvagement réprimée par la France. Alors que les médias braquent leurs objectifs sur l'Algérie, le pouvoir colonial n'hésite pas à utiliser la manière forte et une véritable guerre s'engage au Cameroun. A Paris, l'indépendance est négocié avec des individus beaucoup plus dociles, qui accepte de maintenir le pays dans le giron français.

 

 

- Madagascar, 26 juin. Le Parti social démocrate de Philibert Tsiranana, fondé en 1956, joue un rôle de premier plan dans la marche vers l'indépendance, avec un nouvel élan vers la fin des années 50. Colonie française à la fin du XIXe siècle, Madagascar est le théâtre d'une sanglante rébellion en 1947-1948, matée par une brutale répression, avant de devenir une république au sein de la Communauté française, en 1958. Investi des pouvoirs spéciaux en janvier 1960, le président Tsiranana négocie une entente de coopération avec la France qui mène à l'indépendance.

 

 

Les autres Etats, anciennes colonies intégrées aux deux fédérations de l'Afrique Occidentale Française et de l'Afrique Equatoriale française seront tour à tour membres de l'Union française (1946), puis de la Communauté, avant leurs accessions respectives à l'indépendance au cours de l'année 1960.

 

 

- Bénin (ex Dahomey), 1er août. Ancien point de départ de la traite négrière, le Bénin a accédé à l’indépendance sous la dénomination de République du Dahomey, avant de prendre son nom actuel en 1975.

Après une lutte acharnée du roi Béhanzin, le Dahomey est intégré à l’Afrique occidentale française (AOF) en 1899. En 1958, le pays devient la «république du Dahomey», un État autonome au sein de la Communauté française qui accède à l'indépendance deux ans plus tard. Le général Mathieu Kérékou s'empare du pouvoir en 1972 et l'oriente dans l'orbite soviétique. En 1975, la République du Dahomey devient la "république populaire du Bénin".

 

 

- Niger, 3 août. Ce riche territoire (or, fer, charbon, uranium et pétrole) est colonisé par la France au début du XXème siècle. Il fait partie de l'éphémère entente Sahel-Bénin (avec le Burkina, la Côte d'Ivoire, le Dahomey).

 

 

- Haute-Volta (Burkina-Faso), 5 août.
En 1896, le royaume mossi de Ouagadougou devient un protectorat français, à partir duquel les troupes coloniales organisent la conquête de la majeure partie de l'actuel Burkina. En 1904, ces territoires intègrent l'AOF en tant que colonie du Haut-Sénégal-Niger. Le charismatique Thomas Sankara débaptise la Haute-Volta qui devient le Burkina Faso ("pays des hommes intègres") en 1984.

 

 

Félix Houphouët-Boigny.

 

- Côte d'Ivoire, 7 août
Découverte par les Portugais, elle devient colonie française à la fin du XIXème siècle.Elle accède à l'indépendance sous la houlette de
Félix Houphouët-Boigny, un médecin de 55 ans devenu planteur de cacao et militant syndical, député à la Chambre des représentants sous la IVème République, mais aussi ministre d'Etats sous différents gouvernements.

 

 

- Tchad, 11 août. La conquête du territoire par la France débute vers 1900 avant son rattachement à l’Afrique équatoriale française en 1910.

La marche vers l'émancipation est menée par le Parti progressiste tchadien de François Tombalbaye qui s'impose à la tête de l'Etat qu'il entend conserver coûte que coûte. L'opposition est éliminée et le pays sombre dans la guerre civile en 1965.

 

 

- Centrafrique (Rép. centrafricaine, ex Oubangui-Chari), 13 août
Cette colonie française était connue sous le nom d'Oubangui-Chari (1905). Elle devient la République centrafricaine en 1958 dans le cadre de la Communauté française. Elle accède à l'indépendance un mois après la conclusion d'ententes négociées avec le gouvernement français, le 12 juillet 1960.

 

 

- Congo (Brazzaville), 15 août.

La pénétration française débute en 1875 avec Pierre Savorgnan de Brazza. Très vite (1899) l'exploitation du territoire est abandonnée à des compagnies concessionnaires qui se livrent à un véritable pillage de la région. Cette colonie française intègre la fédération de l'Afrique-équatoriale française (A-EF) dès sa création, en 1910. Territoire d'outre-mer en 1946, puis memebre de la Communauté française, le territoire connaît des affrontements sanglants en 1959. La même année, l'abbé Fulbert Youlou à la tête de l'Union démocratique de la défense des intérêts africains triomphe aux élections législatives. Sa volonté de développer la coopération avec la France facilite la passation des pouvoirs (piste 8).

 

 

- Gabon, 17 août 1960

Ce petit pays dispose de ressources importantes (manganèse, uranium, bois précieux, pétrole). Depuis le milieu du XIXèmle siècle, ce territoire se trouve dans l'orbite françasie. Il intègre l'AEF (1910-1958). Sous la houlette de Le député-maire de Libreville, chef du Bloc démocratique gabonais, Léon M'Ba, avait demandé la départementalisation du Gabon. De fait, le pays restera un des acteurs les plus sûrs du pré-carré français en Afrique, sous la conduite d'Omar Bongo.

 

 

- Mali (ex Soudan français). Jadis connu sous le nom de Soudan français, le Mali obtient une autonomie administrative relative en 1956.
Le Soudan français et le Sénégal s'unissent en 1960 au sein de la Fédération du Mali. Lors de la proclamation d'indépendance, le 20 juin 1960, Léopold Sédar Senghor assure la présidence de l'Assemblée fédérale et Modibo Keita exerce la fonction de Premier ministre. Des différends politiques entraînent le retrait rapide du Sénégal de la fédération, laissant seul le Mali. Modibo Keita prend la tête du nouveau pays, rompt avec la France et oriente son pays vers le socialisme.


Le président Léopold Sédar Senghor, le 18 avril 1966 à Dakar, lors de l'inauguration du premier festival mondial des arts nègres.

 

 

- Sénégal, 20 août. Investi tour à tour par les Hollandais, puis les Portugais, ce territoire devient finalement membre de l'AOF en 1895, après de longues affrontements. Après avoir exprimé le désir de se retirer de la Fédération du Mali, le Sénégal proclame son indépendance.

C'est l'écrivain Léopold Sédar Senghor, une des figures de proue du mouvement de décolonisation en Afrique, qui préside aux destinées du Sénégal (jusqu'à son retrait volontaire en 1981).

 

 

- Mauritanie, 28 novembre
La Mauritanie devient française au début du XXème siècle.

Lors des élections tenues en mai 1959, le Parti du regroupement mauritanien de Moktar Ould Daddah, seule formation sur les rangs, rafle tous les sièges. La Mauritanie deviendra l'une des premières Républiques islamistes. Les revendications marocaines sur ce territoire restent lettre morte.

 

 

  • La naissance de la République du Congo.

L'indépendance de la République du Congo, est proclamée le 30 juin 1960, dans des conditions dramatiques. Le système colonial imposé par les Belges reposait sur la ségrégation et le refus catégorique des colons, comme des autorités, de toute élévation sociale des Congolais ("pas d'élites, pas d'ennuis"… pour reprendre la formule des colons belges). Pourtant l'industrialisation et l'urbanisation de la colonie permirent l'essor d'une classe moyenne congolaise. Des associations (l'Abako de Kasavubu), des journaux amorcèrent une timide opposition au sytème colonial. Il semble que ce soit l'accession de la Gold Coast à l'indépendance en 1957 qui ait servi de détonateur au processus de décolonisation du Congo belge. Des émeutes éclatent dès 1958-1959 prenant pour cible les colons européens.

 

Fêtes de l'indépendance de la République du Congo, le 30 juin 1960 à Léopoldville. Un spectateur congolais vient de s'emparer du sabre du roi Baudoin, le roi des Belges.

 

 

Il semblerait que la conférence des peuples africains organisée à Accra par NKrumah en 1958 ait eu une grande influence sur Patrice Lumumba en le convertissant à un anticolonialisme radical. Il crée en octobre de la même année le Mouvement national congolais qui remporte un grand succès lors des élections de mai 1960. Lumumba, devenu premier ministre, préside aux négociations d'indépendance de la Table ronde tenue à Bruxelles en janvier 1960. Le gouvernement belge accorde une indépendance immédiate (piste 6 et 7). Elle s'accompagne de l'exode de la population blanche (environ 100 000 personnes) dans un chaos total. 

Très vite un conflit personnel oppose le président de la République Joseph Kasavubu à son premier ministre. Les thèses tiers-mondistes et panafricaniste adoptées par Lumumba l'inquiètent tout comme elles indisposent les forces conservatrices et les pays occidentaux.

 

 

La sécession de la riche province minière du Katanga menée par Moïse Tshombé, soutenue en sous-main par la Belgique, complique davantage encore la position du premier ministre. Il fait alors appel aux casques bleus de l'ONU et accepte une aide matérielle de l'Union soviétique pour mater les séparatistes. Il indispose ainsi les Occidentaux, les Américains en particulier, et offre un prétexte à Kasavubu pour le faire arrêter. Le 6 décembre 1960, le chef d'état-major de l'armée de la nouvelle République, le colonel Mobutu, procède à l'arrestation de Lumumba, accusé de collusion avec l'URSS. Il est assassiné en janvier 1961.

Surpris par les émeutes de 1958-1959 et n’ayant pas préparé des élites locales , ils concèdent précipitamment l’indépendance en 1960 au Mouvement national congolais du marxiste Patrice Lumumba.
Le pays est livré à des luttes ethniques qui entraînent une guerre civile (compliquée par les interventions indirectes des deux grands et de l'ancienne métropole dans le cadre d'une guerre froide qui se transporte désormais en Afrique) qui entraînent une guerre civile conclue par la prise du pouvoir par l
e chef de l’armée, le général Mobutu, qui s’empare du pouvoir en 1965 pour longtemps.

 

---------------------------------

 

ANNEXE: sélection audio

 


1 et 2. Propagande coloniale. Deux échantillons types de la propagande coloniale développée alors dans la métropole française. Le premier échantillon met en avant les bienfaits de l'oeuvre coloniale et, dans la lignée d'un Ferry par exemple, développe les arguments classiques des tenants de la mission civilisatrice française:

- le “devoir moral”: Les Européens sont convaincus de la supériorité de la « civilisation blanche » et se doivent donc de porter « la » civilisation chez les peuples « primitifs », “sauvages”.

- Des raisons stratégiques et politiques. La possession des colonies est vue comme une condition pour être une puissance internationale.Les colonies participent au prestige d’un Etat.

- Un intérêt économique. Comme l'avait affirmé Jules Ferry en son temps, la colonisation est “fille de la révolution industrielle”. Les colonies sont ainsi envisagées comme des marchés potentiels pour les entreprises métropolitaines. L’étroitesse des marchés intérieurs pousse les industriels et les financiers à conquérir à l’extérieur des débouchés pour les marchandises et les capitaux. Avoir des colonies, c'est aussi pouvoir disposer d'un réservoir important de matières premières, de nouvelles ressources à commercialiser. Au cours des années 1930, la crise économique mondiale semble conforter cette analyse et les métropoles se tournent tout particulièrement vers leurs possessions ultramarines.

On insiste ici tout particulièrement sur "l'oeuvre fantastique" que la France accomplit dans les colonies au profits des peuples indigènes. Le second extrait rappelle quelques unes des grandes étapes de la conquête coloniale.

 

 

 

3. Lord Kitchener: "Birth of Ghana". En 1949, le charismatique Kwame NKrumah fonde le Parti de la Convention du Peuple. Il lance en 1950, une "campagne d'action positive"(désobéissance civile,boycott, grèves). Son emprisonnement par les autorités coloniales contribue à accroître sa popularité et il devient vite le héros national. Face à l'agitation provoquée par cette arrestation, les autorités s'empressent de le relâcher. Il devient premier ministre à la suite de la victoire de son parti aux élections législatives de 1951. Les négociations avec les colons se poursuivent et aboutissent à l'indépendance le 6 mars 1957. La Gold Coast devient la première colonie d'Afrique sub-saharienne à accéder à l'indépendance. Elle abandonne alors son toponyme colonial et se rebaptise Ghana, en référence à un ancien Empire africain. Le retentissement de cet événement est immense en Afrique noire et Accra devient la capitale des peuples en lutte. Star de la calypso (très populaire dans de nombreux pays du Golfe de Guinée), Lord Kitchener célèbre ici l'avènement du nouvel Etat, espérant que son exemple soit rapidement suivi par les autres colonies d'Afrique noire.

 

 

4. "Oui ou non". Chanson écrite sur une musique américaine en 1958 par les services du ministère de la France d’outre mer et destinée à inciter les électeurs africains à voter « Oui » lors du référendum sur la Communauté franco-africaine.

 

 

5. Bembeya Jazz National: "République de Guinée". Ce célèbre orchestre guinéen fut particulièrement choyé par Sékou Touré qui en fit l'orchestre officiel lors des grands événements nationaux (visites de chefs d'Etats étrangers notamment). Le répertoire de la formation compte ainsi de nombreux morceaux à la gloire du chef d'Etat, de son parti (le PDG), ou encore du jeune Etat guinéen à l'instar de ce morceau.

 

 

6. Joseph Kabasele et l'African Jazz: "Independance cha cha". Lors de la réunion de la table-ronde de négociations sur l’indépendance du Congo belge, l’African jazz crée cette rumba congolaise qui devient rapidement un hymne pour les jeunes nations africaines.

 

 

7. Joseph Kabasele et l'African Jazz: "Table ronde". Dans la foulée de son tube, Kabalese compose ce morceau consacré à la conférence de la Table Ronde. Organisée à Bruxelles du 20 janvier au 20 février 1960, cette conférence préside aux destinée du Congo. La date d'indépendance retenue est le 30 août 1960. Elle fixe les détails politique de la séparation de la Belgique te du Congo. Elle sera suivie d’une table-ronde économique qui ne parviendra pas à aboutir.

 

 

8. Philos: "Indépendance 28 novembre". Cette chanson célèbre l'indépendance de l'autre Congo, le Congo-Brazzaville, ex-colonie française intégrée à l'AEF.

 

 

Sources:

 

- Afrique, une histoire sonore. Présenté et commenté par E. M'Bokolo et Ph. Sainteny.

  • Dossier consacré aux indépendances africaines sur le site de l'émission "la fabrique de l'Histoire" (France culture): "boulevard des indépendances".
  • L'émission 2000 ans d'histoire (France Inter) consacrée à "La fin des colonies françaises" avec Bernard Droz.
  • Marc Michel: "Décolonisations et émergence du Tiers-Monde, Carré histoire, Hachette supérieur, 2005.
  • H. d'Almeida-Topor: "Naissance des Etats africains, XXème siècle", Casterman, 1996.
  • Numéro spécial de L'Histoire consacré à la "fin des colonies. Afrique 1960", n°350, février 2010.

 

 

Liens:

 

 

Samarra en Afrique

par Aug Email



Sur l'histgeobox et sur Samarra, voici tout ce que vous pouvez trouver sur l'Afrique. Le classement est d'abord thématique puis par pays :

 

 

L'Afrique a une histoire... :

 

 

Faits et méfaits de la colonisation :

 

 

Le rôle des troupes coloniales :

 

  • Félix Mayol : “Bou Dou Ba Da Bouh” La création du corps des tirailleurs sénégalais, leur rôle dans la conquête coloniale en Afrique, puis leur engagement en Europe au cours de la Grande Guerre.
  • C.A.M.P. : “Hosties noires”. Les tirailleurs en tant que sentinelles de l'Empire dans l'entre-deux-guerre, puis leur participation à la deuxième guerre mondiale.
  • C.A.M.P. : ”Thiaroye”. Le massacre du camp de Thiaroye, le 1er décembre 1944, qui reste un symbole fort de l'injustice coloniale et des promesses non tenues par la France.
  • Zao: “Ancien Combattant”. L'engagement des tirailleurs africains dans les guerres coloniales jusqu'à la dissolution du corps avec les indépendances. Désormais la mémoire des tirailleurs est une mémoire vive.

 

Décolonisations et indépendances en musique:


 

 

L'Afrique d'aujourd'hui :

 

 

 

Des chansons sur la Françafrique sur l'histgeobox :

 




Retrouvez tous les articles par pays (classés
ci-dessous par ordre alphabétique)
 


Afrique du Sud :

 

 

 

Bénin :

 

 

Burkina Faso :

 

 

Cameroun :

 

 

République Démocratique du Congo (ex-Zaïre) :

 

 

Côte d'Ivoire :

 

 

 

 

Ethiopie

 

 

 

Gabon :

 

 

Ghana :

 

 

 

Guinée :


 

Guinée-Bissau :

 

 

 

 

 

Liberia :

 

 

Mali :

 

 

Niger :

 

 

Nigéria :

 
 

 

 

La Réunion :

  

 

 

Rwanda

 

  • 1994 : Génocide au Rwanda : Entretiens (podcast) avec Jean Hatzfeld et Lean-Pierre Chrétien, Livres, BD, musique, chronologie pour comprendre le Génocide.

 

 

Sénégal :

 

 

 

Sierra Leone :

 

 

 

Somalie :

 

  • 194. K'Naan : "Somalia" (2009) Le rappeur canadien d'origine somalienne parle des conditions de vie en Somalie et de la piraterie. L'occasion pour nous de revenir sur l'histoire contemporaine de la Somalie et sur les origines de la piraterie.

 

 

Soudan :

 


 

 

Zimbabwe :

 

 

 

[illustration : extrait d'Aya de Yopougon]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 2 >>