Samarra


Tags: palestine

La BD s'en va-t-en guerre sur Arte

par Aug Email


 

Nous vous parlons souvent sur ce blog des BD et mangas qui permettent de mieux comprendre les enjeux du monde contemporain. Arte diffuse lundi 25 janvier à 23 h 15 un documentaire de Mark Daniels intitulé La BD s'en va-t-en guerre qui promet d'être très intéressant. A partir d'entretiens et de nombreuses images, ce documentaire se propose d'explorer les nouveaux regards du 9ème art sur la guerre :

"De Keiji Nakazawa (Gen d'Hiroshima) à Joe Sacco en passant par Marjane Satrapi, comment la BD a changé son fusil d'épaule pour regarder le monde en face."

Ce documentaire s'intéresse à des auteurs dont nous vous avons déjà parlé sur Samarra :

  • Gen d'Hiroshima de Nakazawa Keiji, l'histoire vraie d'un enfant de 6 ans en 1945 qui a vécu le cataclysme du 6 août.
  • L'Iran, la Révolution, l'exil, l'adolescence : Persepolis de M. Satrapi
  • L'Américain Joe Sacco avait consacré plusieurs BD-reportages à la Palestine dans les années 1990, au moment où les premiers espoirs de paix liés aux accords d'Oslo semblaient mettre fin aux abus les plus criants de l'occupation. Sa plongée pleine d'humour et d'intelligence dans le quotidien en Cisjordanie et à Gaza est très instructive. Joe Sacco, Palestine. Une nation occupée et Palestine. Dans la bande de Gaza parus chez Vertige Graphic en 1996. Retrouvez l'article consacré sur ce blog à un autre album de Joe Sacco sur la guerre en Bosnie, Goražde. Signalons que Joe Sacco vient de publier Gaza 1956, en marge de l'histoire.
  • Ted Rall a plusieurs qualités, c'est un très bon reporter qui sait dessiner et qui a de l'humour. Illustration avec Passage Afghan, paru en 2004 et La route de la soie en lambeaux, annoncé pour août dernier et qui paraît enfin à La Boîte à Bulles. Rall est américain et a voulu se rendre compte sur place des effets de la "guerre contre le terrorisme" en Afghanistan après le 11 septembre 2001.

 

Retrouvez le dossier Des BD et mangas pour comprendre l'Asie et des BD sur le Moyen Orient et l'Asie Centrale

 

 

Dans la peau d'un soldat israélien

par Aug Email

Si la guerre des Six-jours de 1967 est certainement un tournant dans le conflit opposant Israël à ses voisins arabes, l'invasion du Liban en 1982 marque également un changement important dans la société israélienne.

A cette date en effet, une partie de la société se met à douter sérieusement de la légitimité de certains combats. D'autant plus qu'une partie de ces combats a été décidée par des hommes qui ne respectaient pas toujours les volontés de leurs supérieurs. Il en est ainsi du ministre de la défense d'alors, Ariel Sharon, allant plus loin que ce que souhaitait le Premier Ministre Menahem Begin. Idem pour la prise de l'ancien château croisé de Beaufort au sud du Liban en juin 1982. Ce poste avancé israélien était ensuite le seul au nord du fleuve Litani.

 

Deux films récents (disponibles en DVD) évoquent ce tournant en insistant sur le traumatisme des soldats israéliens qui ont dû, sur le terrain, accomplir des missions peu glorieuses malgré les apparences : Permettre aux phalanges libanaises de massacrer les civils palestiniens des camps de Sabra et Chatila à Beyrouth et servir de cibles vivantes au Hezbollah pour éviter une fuite "déshonorante" sur la frontière nord. Au-delà du contexte précis dans lequel ils s'inscrivent, ces films posent des questions universelles que les Israéliens n'ont pa complètement résolues (comme en témoigne la récente guerre à Gaza) : Comment un soldat doit-il se comporter face à des civils ? Le soldat doit-il obéir à ses supérieurs en toutes circonstances ?

 

Valse avec Bashir

 

Le réalisateur Ari Folman était soldat au Liban en 1982, il tente avec ce film d'animation très original, de se rappeler quel rôle il a eu lors du massacre de Sabra et Chatila. Retrouvez l'article que j'avais consacré au film et à cet évènement l'été dernier. (chronolgie, lectures,...)

 

Beaufort

 

Il s'agit au départ d'un roman de Ron Leshem qui évoque la dernière année de la défense de Beaufort avant son évacuation en 2000. Le narrateur est Liraz, un jeune officier plein de défauts et de qualités mais apprécié par ses hommes. La vie quotidienne du soldat est présentée de manière détaillée, les souffrances, les frustrations, l'amitié. L'invisibilité de l'ennemi renforce l'angoisse de ces hommes très différents dans le civil mais soudés  par la situation qui les rassemble.

 

Même si l'action se passe essentiellement dans ce morceau de territoire libanais contrôlé par Tsahal et des supplétifs libanais (la fameuse ALS) de 1982 à 2000, Ron Leshem nous offre une plongée passionnante dans la diversité de la société israélienne, divisée entre Ashkénazes et Séfarades, laïcs et religieux, pacifistes et nationalistes. C'est un très beau roman sur le traumatisme de la guerre, les difficultés de la réinsertion et le peu de considération dont bénéficient les soldats sur le terrain.

 

[Carte du Sud-Liban en 2000 avec la position du cchâteau de Beaufort; source]

Le film de Joseph Cedar ne restitue pas complètement l'atmosphère du livre même si Ron Leshem  a coécrit le scénario. Tout en contemplation, il ne nous plonge pas suffisamment dans les tréfonds de l'âme de l'officier Liraz comme le fait le roman.

 

Retrouvez des BD, des livres, des films, des musiques sur le Moyen Orient dans le dossier de Samarra.

 

 

"Six days war".

par blot Email

Prisonniers égyptiens dans le Sinaï.

 

Avec le colonel Bagshot, retour sur la guerre des Six-Jours, un tournant fondamental de l'histoire contemporaine dont on a encore du mal à mesurer toutes les conséquences. Cette troisième guerre israélo-arabe opposa du 5 au 10 juin 1967 Israël à l'Egypte, la Syrie et la Jordanie.

 

La suite est à lire et écouter sur L'Histgeobox.

Samarra au Moyen Orient et en Asie Centrale (Histgeobulles 3)

par Aug Email

 Ce dossier recense les Bande-dessinées, les mangas, les films, périodiques et livres qui abordent l'histoire et la géographie de l'Asie centrale (y compris l'Afghanistan) et du Moyen Orient (y compris l'Iran). Pour les pays de l'Asie orientale et méridionale, voir notre dossier spécifique sur cette région.

 

Des BD qui sont parfois aussi des films (à moins que ce ne soit l'inverse...)

 

 

  • Zeina Abirached, Mourir Partir Revenir. Le jeu des hirondelles, Cambourakis, 2007. Beyrouth en 1984. Une jeune fille raconte le quotidien d'une famille dans le Beyrouth en guerre du début des années 1980.
  • Les auteurs de manhwa (la BD coréenne) n'hésitent pas à s'aventurer hors de leurs frontières. Un exemple avec Naplouse de Kim Bo-Hyun qui raconte l'histoire d'une jeune coréenne qui part retrouver son petit ami photographe américain en mission en Palestine. Elle découvre la vie des Palestiniens et part sur les traces du dessinateur de fresques qui ornent les murs de Naplouse. Le premier tome est paru chez Hanguk.
  • L'un des auteurs de BD israéliens les plus connus, Uri FInk, livre régulièrement ses chroniques. Il raconte dans Israël-Palestine entre guerre et paix (Berg International) la vie d'un Israélien qui veut la paix mais "qui est entrainé dans des logiques qui le dépassent".
  • L'Américain Joe Sacco avait consacré plusieurs BD-reportages à la Palestine dans les années 1990, au moment où les premiers espoirs de paix liés aux acoords d'Oslo semblaient mettre fin aux abus les plus criants de l'occupation. Sa plongée pleine d'humour et d'intelligence dans le quotidien en Cisjordanie et à Gaza est très instructive. Joe Sacco, Palestine. Une nation occupée et Palestine. Dans la bande de Gaza parus chez Vertige Graphic en 1996. Retrouvez l'article consacré sur ce blog à un autre album de Joe Sacco sur la guerre en Bosnie, Goražde.
  • Comment devient-on terroriste ? (2) Shahidas. Des femmes terroristes en Egypte. Un entretien avec le scénariste Laurent Galandon.
  • L'italien Paolo Cossi nous offre un récit graphique pour comprendre le génocide arménien de 1915. La BD vient de paraître chez Dargaud. Cela s'appelle Medz Yeghern.
  • Ted Rall a plusieurs qualités, c'est un très bon reporter qui sait dessiner et qui a de l'humour. Illustration avec Passage Afghan, paru en 2004 et La route de la soie en lambeaux, annoncé pour août dernier et qui paraît enfin à La Boîte à Bulles. Rall est américain et a voulu se rendre compte sur place des effets de la "guerre contre le terrorisme" en Afghanistan après le 11 septembre 2001.
  • Kaboul Disco ou l'histoire de Nicolas Wild, dessinateur qui se retrouve à Kaboul en 2005. 2 tomes parus à La boîte à bulles.
  • Stéphane Clément. Chroniques d'un voyageur. L'engrenage turkmène par Daniel et Paûle Ceppi.

 

  • Faisons une place à part à la BD-reportage photo Le Photographe de Guibert, Lefèvre et Lemercier récemment rééditée en édition intégrale dans la collection Aire Libre chez Dupuis. Le photographe DIdier Lefèvre y raconte merveilleusement bien son voyage en Afghanistan  à l'été 1986, alors que le pays est envahi par les Soviétiques depuis 1979. Il accompagne une équipe de Médecins Sans Frontière encadrée par des moujahidines.

 

De la musique

 

  • "La Guerre du Golfe a eu sa (belle) part de désinformation (si, si, je vous jure, n'en déplaise aux journalistes qui trouvent qu'ils ont fait honnêtement leur travail), le chanteur Jean Leloup en a aussitôt fait une chanson érotico-sarcastique..." En 1990, c'est l'heure de la "conscientisation" par Jean Leloup
  • Médine, le rappeur du Havre, a consacré un titre de son album Jihad à Malcolm X et à Massoud, héros de la lutte contre les Soviétiques en Afghanistan : "Du Panshjir à Harlem"L'Algérino  reprend un concept proche dans son titre "Etoile d'un jour" sur son album Les derniers seront les premiers.
  • Une chanson du Colonel Bagshot sur la guerre des Six-jours de 1967.

 

 

  • Le groupe de rock russe DDT s'est rendu célèbre en 1980 par son titre  "Не стреляй!" ("Ne tire pas").  Iouri Chevtchouk et son groupe DDT deviennent alors célèbres... et suspects avec ce titre qui invite les jeunes soldats soviétiques à ne pas tirer ! Nous vous en parlons plus en détail sur l'histgeobox où vous pouvez écouter ce titre emblématique.
  • L'Afghanistan est également évoqué dans la chanson "Washington Bullets" des Clash en 1981. Plus de détails sur l'histgeobox.

 

    Des films

     

    La terre est un des enjeux essentiels du conflit qui oppose depuis plusieurs décennies Israël et les Arabes. Bien sûr, il y a également des enjeux symboliques non négligeables, ils se superposent et s'enchevêtrent sur cette terre que chacun s'accorde à penser comme sienne. Face à la complexité de ces enjeux, une approche trop manichéenne est souvent de mise. Le cinéma offre parfois, mieux que la télévision et internet, la possibilité de se plonger dans un univers qui nous est inconnu quand bien même il fait partie de notre univers médiatique.
    Deux films réalisés par des cinéastes israéliens nous permettent cette plongée.

     

    En kiosque

     

     

    Nous retenons pour ce dossier une conception très large de la notion de Moyen Orient incluant tous les pays suivants :

    Egypte, Israël, Palestine, Jordanie, Liban, Syrie, Turquie, Irak, Iran, Koweït, Arabie Saoudite, Qatar, Barheïn, Emirats Arabes Unis, Oman, Yemen, Afghanistan, Asie centrale (Kazakhstan, Turkménistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizstan) et Caucase (Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan).

    Pour le reste de l'Asie (orientale et méridionale), retrouvez la sélection de BD, mangas, manhwas et manhuas sur l'Asie.

     

     

Histgeobulles : Des BD pour comprendre l'Asie (mangas et Cie)

par Aug Email

 Ce dossier recense les Bande-dessinées, les mangas, les manwhas et autres manhuas qui abordent l'histoire et la géographie de l'Asie orientale et méridionale. Pour les pays d'Asie centrale (y compris l'Afghanistan) et du Moyen Orient (y compris l'Iran), voir notre dossier spécifique sur cette région. Pour des bandes dessinées sur d'autres contrées et d'autres époques, consultez notre dossier HISTGEOBULLES : Des BD et mangas pour comprendre le monde.

 

 

 

Les mangas et l'histoire du japon contemporain
 

 

 


 
 Le Japon jusqu'à l'ère Meiji
 
  • Le Pavillon des hommes, quand les femmes prennent le pouvoir au XVIIème siècle
  • Hokusai, le "vieux fou de la peinture"
  • Ikki Mandara, du grandissime Osamu Tezuka est une épopée qui nous conduit sur les traces d'une jeune fille qui va traverser et participer à la révolte des Boxers en Chine (1900) avant de se retrouver au Japon au moment de la guerre Russo-japonaise (1904-1905). C'est un One-Shot paru chez Kana.
  • Jirô Taniguchi et Kan Furuyama, Kaze No Shô, Le livre du Vent, Panini-Manga. Dans le Japon des Tokugawa.
  • Dans la série L'arbre au soleil (8 volumes), Tezuka explore également cette problématique de la modernisation des pays d'Asie au XIXème siècle, entre désir de conserver les traditions et modernisation-occidentalisation. Dans Ikki Mandara, Tezuka s'intéressait à cette question à propos de la Chine des Mandchous. Dans L'arbre au soleil, il situe son action à la fin du shogunat des Tokugawa, au moment où les Américains tentent de forcer le Japon à s'ouvrir à leur commerce. Au coeur de cette série passionnante (ni trop courte, ni trop longue...) la place de la médecine occidentale au Japon. La série est publiée chez Tonkam, un regret, le sens de lecture à l'européenne qui gâche un peu le plaisir.

 

 

Autour de la Seconde Guerre mondiale

  • Gen d'Hiroshima de Nakazawa Keiji, l'histoire vraie d'un enfant de 6 ans en 1945 qui a vécu le cataclysme du 6 août.
  • L'histoire des 3 Adolf d'Osamu Tezuka commence lors des Jeux Olympiques de Berlin et se poursuit pendant la Seconde Guerre mondiale. Ayako, du même auteur, qui nous décrit le Japon de l'après-guerre, contrôlé par les Etats-Unis. Une famille de propriétaires fonciers doit partager la terre.
  • Zipang de Kaiji Kawaguchi, une réflexion sur le pacifisme au travers de l'histoire d'un navire des forces d'autodéfense actuelles pris dans a bataille de Midway en 1942.
  • Shigeri Mizuki, Opération Mort, Cornélius. Auprès de soldats japonais sur une île isolée du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1943. Des survivants d'une opération suicide doivent-ils se donner la mort pour "sauver dignement l'honneur de l'armée et de la patrie" ?
  • Yoshiriro Tatsumi, L'enfer, Cornélius. Un manga réaliste (Gegika) dans le Japon de la guerre et de l'Après-guerre. Il s'agit en fait d'histoire courte qui mettent en scène la vie quotidienne pendant ces temps difficiles. Nous suivons ainsi des prostituées, un homme ayant pris des photos juste après la bombe atomique sur Hiroshima, des enfants, des employés et beaucoup d'autres personnages. La plupart de ces personnages sont tourementés par les "frustrations sexuelles et sociales" (présentation de l'éditeur).
  • La plaine du Kanto, trilogie de Kazuo Kamumira qui évoque la période de l'immédiat après-guerre.
  • L'histoire de Sayo de Giovanni Masi et Yoshiko Watanabe raconte les malheurs des Japonais installés en Chine pendant la Seconde Guerre mondiale après la défaite du Japon.

 

 

Le Japon depuis 1945

  • Les vents de la colère deYamagami Tatsuhiko restitue la contestation de la fin des années 1960 avec force.
  • Un zoo en hiver de Jirô Taniguchi : devenir mangaka dans le Japon des années 60. Jirô Taniguchi est devenu, en quelques années, une référence en matière de manga avec les traductions et publications successives de ses oeuvres en France de "Quartiers lointains", au "Journal de mon père" en passant par "L'homme qui marche". Ses productions, proches par leur graphisme, de ce que nous connaissons en Occident, lui donnent une place un peu à part dans les réalisations pléthoriques en provenance d'Extrême-Orient.

 

 

La société japonaise contemporaine

  • Les Fils de la Terre  de Jinpachi Môri (scénario) et Hideaki Hataji (dessin). Comment redonner aux jeunes des campagnes le goût pour l'agriculture ? C'est le défi auquel est confronté Natsume. L'occasion pour nous de parler de l'évolution des campagnes japonaises au XXème siècle.
  • Trois mangas pour évoquer la peine de mort au Japon. Motorô Mase, Ikigami. Préavis de mort, Asuka, 2009 (4 volumes parus en français, 7 en japonais), Yua Kotegawa, Détenu 042, Kana, 2006 (série en 5 épisodes) et Syuho Sato, L'île des téméraires, Kana, 2009 (one-shot).
  • Journaliste ! Le scénariste Funwari (c'est un pseudo qui signifie moelleux...) et le dessinateur Masao Yajima nous montrent les dessous du journalisme d'investigation.
  • Les Gouttes de Dieu : Des effets d'un manga sur la consommation de vin...
  • Tôkyô Sanpo : la ville mondiale vue d'une chaise pliante. Comme il l'explique dans la préface de son ouvrage, Florent Chavouet, a passé 6 mois en 2006,  à Tôkyô, la "plus belle des villes moches". Il ne prétend pas, loin de là, donner dans "Tokyo sanpo" un compte rendu précis à usage touristique ou  documentaire de cette pieuvre urbaine, mais livre le regard d'un simple  promeneur, immédiatement plongé dans l'inconnu puisqu'à Tôkyô on "peut admirer un panneau de route tout simplement parce qu'il n'est pas comme chez nous".
  • Quand les mangas envisageaient le pire en matière de risques. Analyse de trois mangas qui imaginaient des scénarios sombres en cas de séisme et de tsunami : Tokyo Magnitude 8 d'Usamaru Furuya, Spirit of the Sun de Kaiji Kawaguchi et La submersion du Japon de Sakyou Komatsu (scénario) et Tokihiko Ishiki.
  • Manabé shima de F. Chavouet sur un îlot du Japon.
 
 
Mangas et révisionnisme
 
Le révisionnisme existe également dans les mangas. A lire sur ce sujet, un article de mon collègue Richard Tribouilloy sur le procès de Tôkyô qui évoque le sujet, un article de Philippe Pons, une analyse sur un site consacré à l'actualité de la BD, Tristan Mendès-France, un des Blogtrotters, en parle sur son blog. Le journaliste Fabien Tillon, qui tient un blog consacré à la BD et aux mangas, prolonge ces analyses en étudiant les dessins animés japonais. Pour tous ceux (comme moi il y quelques mois...) qui ignorent tous des mangas, voyez une présentation.
 
 
 

La Bande-dessinée coréenne : les manhwas

 

  • Femmes de réconfort, esclaves sexuelles de l'armée japonaise de Jung Kyung-a. Un manhwa très documenté pour comprendre une des exactions emblématiques de l'armée japonaise en Asie pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • Le massacre au pont de No Gun Ri explore une face peu connue de la guerre de Corée (1950-1953), le massacre de civils coréens en fuite par l'armée américaine craignant les espions communistes. C'est un manhwa difficile mais qui restitue bien l'ambiance des débuts de la guerre, au moment de l'invasion du Nord par le Sud, alors que ne sont présentes que les troupes américaines déjà stationnées sur place. C'est paru chez Vertige Graphic.
  • Un autre manhwa, Le visiteur du Sud, sous-titré "Le voyage de Monsieur Oh en Corée du Nord", se situe beaucoup plus tard dans le temps. M. Oh est un ingénieur du Sud qui vient travailler  sur un chantier au Nord. C'est l'occasion de revisiter les relations compliquées entre Nord et Sud depuis 1945. L'auteur Oh Yeong Jin est un peu une sorte de Guy Delisle qui parlerait coréen.... Une suite est annoncée, chez Flblb toujours.
  • Un peu dans la même veine mais par un auteur non-coréen, je vous recommande également le très drôle et très intéressant Pyongyang du Québécois Guy Delisle.
  • Chagrin dans le ciel de Lee Youn-bok dessiné par Lee Hee-jae. Un enfant survit dans la pauvreté dans la Corée du Sud des années 1960.
  • Nambul de Ya Sul-lok et Lee Yun-se. Une histoire de la guerre fictive entre la Corée et le Japon. Un mahwa très nationaliste.
  • Les auteurs de manhwa, comme ceux de manga, n'hésitent pas à s'aventurer hors de leurs frontières. Un exemple avec Naplouse de Kim Bo-Hyun qui raconte l'histoire d'une jeune coréenne qui part retrouver son petit ami photographe américain en mission en Palestine. Elle découvre la vie des Palestiniens et part sur les traces du dessinateur de fresques qui ornent les murs de Naplous. Le premier tome est paru chez Hanguk.


     

 

D'autres bandes-dessinées sur l'Asie

 

 

L'histoire de la Chine

 

  • Juge Bao : opération "mains propres" en l'an mil Bao Zheng (包拯) a vécu au XIème siècle dans la Chine de la dynastie des Song. Né dans la province de l'Anhui (Chine du Centre-Est), il est réputé pour son intégrité. Il a ainsi obtenu de l'Empereur Renzong des pouvoirs de justice exceptionnels de 1037 à sa mort en 1062. Juge itinérant, le juge Bao (Bao Gong) a lutté contre la coruption des puissants et le détournement des aides versées par l'Empereur pour la reconstruction à la suite de catastrophes naturelles.
  • Le classique chinois Les Trois Royaumes, écrit  au XIV ème siècle par Luo Guanzhong, a inspiré les dessinateurs chinois et japonais : Li Zhiqing, Les trois Royaumes, Toki, 2008 (Un manhua chinois, 5 tomes parus en français). Buronson et Ryōichi Ikegami, Lord, Pika éditions, 2008 (5 tomes parus en français). Une vision japonaise.
  • La balade de Yaya de Jean-Marie Omont et Golo Zhao (Editions Fei). L'histoire d'une petite fille qui sait parler aux animaux et jouer du piano, au moment de l'occupation de Shanghai par les Japonais en 1937.
  • Une vie chinoiseL'histoire passionnante de Li Kunwu, un dessinateur chinois, depuis les années Mao jusqu'à l'ouverture du pays.

 

L'Asie et les Etats-Unis

  • Deux BD sur deux périodes de l'immigration chinoise aux Etats-Unis : Chinaman de Serge Le Tendre, TaDuc et Claude Guthet sur le XIXème siècle et American Born Chinese de Gene Luen Yang.
  • Et un autre aller-retour entre l'Asie et les États-Unis avec Eagle, un manga de Kawaguchi sur un candidat d'origine japonaise dans la campagne présidentielle américaine.

 

Le Cambodge des Khmers rouges

  • Paru chez Delcourt, le premier tome d' Enfant-soldat raconte la vie d'Aki Ra, enfant-soldat au Cambodge à partir de 1983 et balloté entre Khmers Rouges, armée vietnamienne (qui contrôle le pays à partir de 1979) et armée cambodgienne. Le mangaka Akira Fukaya sait rendre vivant et émouvant ce récit d'une histoire vraie à hauteur d'enfant. Je vous en parle plus en détail ici.
  • Autre BD sur le Cambodge des Khmers rouges, L'eau et la terrre par Séra est une plongée  remarquable dans la noirceur de cette période. (Delcourt)

 

L'Asie du Sud

 

  • India Dreams de Jean-François et Maryse Charles. Histoires d'amour et de désamour sur fond de décolonisation de l'Empire des Indes.
  • Frères d'armes publié chez Casterman rassemble deux histoires d'auteurs indiens avec en toile de fond la question du fondamentalisme et du terrorisme, qu'ils soient d'inspiration hindouiste ou islamiste. L'une se déroule au Cachemire, disputé entre l'Inde et le Pakistan depuis leur indépendance en 1948. L'autre se déroule au Kerala.
  • Chaabi de Richard Marazano (Xavier Delaporte, chez Futuropolis). L'histoire de groupes de bandits révolutionnaires dans l'Inde du Nord d'aujourd'hui, autour de la figure de leur chef, vendu enfant par ses parents pour travailler dans une mine de souffre, devenu une figure légendaire.
  • Calcutta est un roman graphique de Sarnath Banarjee paru chez Denoël Graphic en 2007.

 

L'Asie d'aujourd'hui

 

 

Quelques liens

 

Cette liste doit beaucoup aux conseils éclairés de NIcolas, mon maître ès-manga

 

 

Ne sont pas inclues dans cette sélection les BD qui traitent du Moyen Orient et de l'Asie Centrale que vous pouvez retrouver ici.

 

Des BD pour comprendre le monde (2)

par Aug Email

 

  • L'Allemand Reinhard Kleist, dans Johnny Cash, Une vie (1932-2003) nous retrace la vie mouvementée, pleine de moments de gloire comme de désespoir du chanteur américain Johnny Cash. Paru chez Dargaud.
  • En rendant hommage à l'engagement des auteurs de BD républicains de l'après-guerre en Espagne, le scénario de Felipe H. Cava et le dessin de Federico del Barrio tentent de mettre fin au "pacte de silence" qui a permis la transition en douceur de la dictature de Franco à la démocratie. Dans leur BD, ils tentent de restituer l'atmosphère de l'Espagne franquiste qui a suivi la défaite des Républicains lors de la guerre civile (1936-1939). Bref, un des ouvrages qui contribue à sa manière à la réémergence de la mémoire douloureuse du XXème siècle espagnol. Le Piège est publié chez Actes Sud-l'an 2.
  • Dans les années 1980, deux adolescents bretons vont à l'étranger pour apprendre l'anglais. Rien que de très banal en somme. Sauf qu'ils se rendent pour cela en Irlande du Nord, alors en pleine guerre civile entre unionistes protestants et nationalistes catholiques. Entre activités habituelles des adolescents livrés à eux-mêmes et éducation politique, Kris et Vincent Bailly nous livrent avec Coupures irlandaises un récit très personnel (en grande partie autobiographique) à hauteur d'adolescent. Comme à son habitude (dans le remarquable Un homme est mort avec Etienne Davodeau), Kris nous fait découvrir à la fin de l'ouvrage les coulisses du projet et des éclairages historiques très pertinents. C'est publié chez Futuropolis.
  • L'un des auteurs de BD israéliens les plus connus, Uri FInk, livre régulièrement ses chroniques. Il raconte dans Israël-Palestine entre guerre et paix (Berg International) la vie d'un Israélien qui veut la paix mais "qui est entrainé dans des logiques qui le dépassent".
  • Israël toujours avec la publication en BD du travail remarquable d'Ari Folman et de David Polonsky (dessin) Valse avec Bashir. C'est l'histoire d'un ancien soldat israélien qui tente de se remémorer la part qu'il a prise ou non lors du massacre de Palestiniens à Sabra et Chatila perpétré par les phalanges libanaise avec la complicité de l'armée israélienne pendant l'invasion par celle-ci du Liban en 1982. Je vous avait longuement parlé du contexte de cet évènement lors de la sortie du film (Quelle est la situation du Liban en 1982 ?, Qui est Bachir ?, Que font les Israéliens au Liban?, Que s'est-il passé à Sabra et Chatila ?). Retrouvez plus de détails en lisant l'article.

 

Une sélection de BD, mangas et manhwas

par Aug Email

Il y en ce moment beaucoup de BD dont j'aimerais vous parler. En voici une sélection avec quelques mots de présentation. Je vous parlerais de chacune plus longuement par la suite :

  • Nous vous avons déjà présenté quelques BD et manga (Crumb et Me & The Devil Blues) sur la naissance du Blues, une nouvelle série, réalisée par Philippe Thirault et Steve Cuzor démarre chez Dargaud, elle s'intitule O'Boys et le premier tome a pour titre "Le sang du Mississipi". Une nouvelle fois, c'est la figure de Robert Johnson qui sert de modèle.
  • Marzena Sowa a vécu enfant sous le communisme en Pologne, au début des années 1980. A l'époque, le syndicat Solidarnosc est en pleine ascension avec Lech Walesa, le pouvoir de Jaruzelski (en arrière-plan sur la couvertue) reconnaît un temps le syndicat (une première à l'Est) avant de proclamer l'état de siège en 1981. C'est cette enfance qu'elle raconte dans Marzi (Dupuis) grâce au dessin de Sylvain Savoia qui partage sa vie.

  • Ted Rall a plusieurs qualités, c'est un très bon reporter qui sait dessiner et qui a de l'humour. Illustration avec Passage Afghan, paru en 2004 et La route de la soie en lambeaux, annoncé pour août dernier et qui paraît enfin à La Boîte à Bulles. Rall est américain et a voulu se rendre compte sur place des effets de la "guerre contre le terrorisme" en Afghanistan après le 11 septembre 2001.
  • L'italien Paolo Cossi nous offre un récit graphique pour comprendre le génocide arménien de 1915. La BD vient de paraître chez Dargaud. Je ne l'ai pas encore lue. Cela s'appelle Medz Yeghern.

La BD coréenne, les manhwas, est plutôt méconnue mais permet de mieux comprendre l'histoire du pays :

  • Le massacre au pont de Ni Gun Ri explore une face peu connue de la guerre de Corée (1950-1953), le massacre de civils coréens en fuite par l'armée américaine craignant les espions communistes. C'est un manhwa difficile mais qui restitue bien l'ambiance des débuts de la guerre, au moment de l'invasion du Nord par le Sud, alors que ne sont présentes que les troupes américaines déjà stationnées sur place. C'est paru chez Vertige Graphic.
  • Un autre manhwa, Le visiteur du Sud, sous-titré "Le voyage de Monsieur Oh en Corée du Nord", se situe beaucoup plus tard dans le temps. M. Oh est un ingénieur du Sud qui vient travailler  sur un chantier au Nord. C'est l'occasion de revisiter les relations compliquées entre Nord et Sud depuis 1945. L'auteur Oh Yeong Jin est un peu une sorte de Guy Delisle qui parlerait coréen.... Une suite est annoncée, chez Flblb toujours.
  • Les auteurs de manhwa, comme ceux de manga, n'hésitent pas à s'aventurer hors de leurs frontières. Un exemple avec Naplouse de Kim Bo-Hyun qui raconte l'histoire d'une jeune coréenne qui part retrouver son petit ami photographe américain en mission en Palestine. Elle découvre la vie des Palestiniens et part sur les traces du dessinateur de fresques qui ornent les murs de Naplous. Le premier tome est paru chez Hanguk.

Terminons ce tour d'horizon par les mangas :

  • Tout juste paru chez Delcourt, le premier tome d' Enfant-soldat raconte la vie d'Aki Ra, enfant-soldat au Cambodge à partir de 1983 et balloté entre Khmers Rouges, armée vietnamienne (qui contrôle le pays à partir de 1979) et armée cambodgienne. Le mangaka Akira Fukaya sait rendre vivant et émouvant ce récit d'une histoire vraie à hauteur d'enfant. Je vous en parle plus en détail ici.
  • Ikki Mandara, du grandissime Osamu Tezuka est une épopée qui nous conduit sur les traces d'une jeune fille qui va traverser et participer à la révolte des Boxers en Chine (1900) avant de se retrouver au Japon au moment de la guerre Russo-japonaise (1904-1905). C'est un One-Shot paru chez Kana.
  • Dans la série L'arbre au soleil (8 volumes), Tezuka explore également cette problématique de la modernisation des pays d'Asie au XIXème siècle, entre désir de conserver les traditions et modernisation-occidentalisation. Dans Ikki Mandara, Tezuka s'intéressait à cette question à propos de la Chine des Mandchous. Dans L'arbre au soleil, il situe son action à la fin du shogunat des Tokugawa, au moment où les Américains tentent de forcer le Japon à s'ouvrir à leur commerce. Au coeur de cette série passionnante (ni trop courte, ni trop longue...) la place de la médecine occidentale au Japon. La série est publiée chez Tonkam, un regret, le sens de lecture à l'européenne qui gâche un peu le plaisir.

 

D'autres BD et mangas pour comprendre l'Asie