Samarra


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Tuli Kupferberg du groupe The Fugs (1923-2010)

par Aug Email

[Ed Sanders et Tuli Kupferberg sur la couverture de leur album éponyme de 1966]

 

L'une des figures de la contre-culture des années 1960 aux Etats-unis est décédée au mois de juillet à  l'âge de 86 ans. Il s'agit de Naphtali "Tuli" Kupferberg, fondateur du groupe The Fugs. Ecrivain, poète, pacifiste, chanteur et compositeur, il a mis tardivement (il avait déjà dépassé la quarantaine) ses talents au service de la dénonciation de l'engagement américain au Vietnam. Il avait formé les Fugs en 1964 avec l'activiste Ed Sanders. Le groupe tient son nom d'un juron très atténué que l'écrivain contestataire Norman Mailer avait dû utiliser dans son roman de 1948 Les nus et les morts. Proches de la Beat Generation (Allen Ginsberg), les Fugs développent un folk fantaisiste et un rock électro très engagé.

Différents groupes qui participent à l'agitation des années 1960 se reconnaissent dans leur musique militante comme le SDS (Students for Democratic Society), les Yippies et les Black Panthers.

 

Une des chansons qui symbolise le mieux leur combat est sans doute "Kill For Peace". Julien Blottière nous en parle plus en détail sur l'histgeobox. Vous pouvez écouter la chanson et en apprendre plus sur Kupfeberg et les Fugs.

Rammellzee (1960-2010)

par Aug Email

Je vous parle rarement sur ce blog d'un des 4 éléments du hip-hop (avec le deejaying, le emceeing et la breakdance), le graffiti. A l'heure où la ville de New York semble porter davantage d'intérêt à l'art qui orne ses rues, l'occasion  m'en est malheureusement fournie par la disparition d'un des pionniers du genre dans les années 1970.

 

Elevé dans le Queens, Rammellzee se distingue dans ce quartier à la fin des années 1970 et au début des années 1980 par son style graphique innovant. Ami de Jean-Michel Basquiat, il apparait dans deux films-phares de la culture hip-hop : Wild Style de Charlie Ahern (1983) et le documentaire d'Henry Chalfant et Tony Silver Style Wars.

 

Imprégné de culture hip-hop, il n'en a pas moins tenté d'explorer des voies nouvelles. C'est pour le moins un artiste original qui s'est essayé à différents genres (sculpture, peinture). Il se disait "philosophe urbain" et était un brin mystique (il parlait de futrisme gothique...), se choisissait toujours des tenues et des masques excentriques, inspirés par l'univers de la science-fiction. Son véritable nom reste inconnu. Il avait réussi à faire de son nom d'artiste son nom officiel. Il vivait depuis 20 ans dans le quartier très prisé de Tribeca, une ancienne friche industrielle du sud de Manhattan (Triangle below Canal Street) reconvertie en zone résidentielle comptant de nombreux lofts.

Malade depuis plusieurs années, il meurt à 49 ans seulement.

  

 

Rammellzee a également rappé quelques morceaux comme celui-ci avec K-Rob. L'occasion d'apercevoir quelques exemples de son art, en particulier sur les wagons du métro. Sa ligne préférée, la ligne A qui traverse le Queens :

 

 

 La bande-annonce de Wild Style :

 

 

 

 

Guru (1966-2010)

par Aug Email

Une figure originale du hip-hop, le rappeur Guru, vient de disparaître. Grandi à Boston dans le quartier noir de Roxbury, Keith Elam (son vrai nom)  est issu de la classe moyenne. Son père est juge et sa mère travaille dans le monde des bibliothèqyes. Après des études de commerce à Atlanta, il avait fait le choix de vivre à Brooklyn, New York,  pour s'adonner à sa passion, le rap. Il crée en 1987 un premier ensemble déjà appelé Gang Starr. A la fin des années des années 1980, alors que le rap est partagé entre la rage et le son brut de New York (à l'image de Public Enemy) et le G-Funk Gangsta de la Côte Ouest (à la manière de NWA), une troisième tendance émerge, celle d'un hip-hop qui puise sa source dans le jazz et la soul. Le mouvement Native Tongue, qui rassemble De La Soul et A Tribe Called Quest, inspire toute une génération de rappeurs et de producteurs dont Guru et DJ Premier.

 

 

Associé au formidable producteur qu'est DJ Premier, (aka Chris Martin ou Primo, originaire de Houston), Guru lance alors Gang Starr sur de nouveaux rails. Les deux artistes  (en photo ci-dessus, Guru est à gauche) sortent leur premier album en 1990 sur le label Wild Pitch : No More Mr Nice Guy. Les productions de DJ Premier puisent dans le répertoire du jazz et fonctionnent admirablement avec le rap créatif de Guru qui parle de la rue et de ses travers sans valoriser les protagonistes de la violence. La voix particulière de Guru et son flow font mouche. Il donne à son nom de scène une signification précise en en faisant l'acronyme de Gifted Unlimited Rhymes Universal. En réalisant avec Branford Marsalis le titre "Jazz Thing" pour la bande originale du film de Spike Lee Mo'Better Blues, le duo lance une sorte de manifeste du jazz-rap qui a plus de succès que le film lui-même. Le succès se confirme avec l'album Step In The Arena (1991) qui les inscrit durablement dans le paysage du rap newyorkais. Daily Operation confirme cette place en 1992.

 

En parallèle, les deux artistes mènent plusieurs projets séparément. DJ Premier entame une brillante carrière de producteur pour de nombreux rappeurs (Nas, Common, Notorious BIG,...). Guru se lance de son côté dans le projet Jazzmatazz (un jeu de mot à partir du mot razzmatazz signifiant tape-à-l'oeil). Il y rappe sur des morceaux joués par des musiciens de jazz comme Roy Ayers et Donald Byrd. De nombreux invités se joignent à lui comme MC Solaar. (à écouter dans la playlist) Le premier volume de Jazzmatazz sort en 1993. Trois autres suivent en 1995 (The New Reality), 2000 (Streetsoul) et 2007.

Gang Starr se retrouve pour l'album Hard To Earn (1994) à  la tonalité moins jazz, , puis pour Moment of Truth (1998). Le début des années 2000 semble marquer un tournant dans leur collaboration et leur relation. Guru sort un album solo en 2001 (Baldhead Slick & Da Click) qui ne reste pas dans les annales. Leur dernier album commun remonte à 2003. Il s'intiltule The Ownerz. La tournée qui suit la sortie de l'album s'achève dans l'amertume et prématurément. DJ Premier décide de jeter l'éponge après un concert à Londres. A partir de cette date, les deux hommes entretiennent des relations compliquées. DJ Premier continue à être un des producteurs les plus demandés. De son côté, Guru continue à sortir des albums solos qui passent plus ou moins inaperçus. Il prête sa voix au jeu Grand Theft Auto (celle de 8-ball) et se rapproche d'un personnage quelque peu étrange, le DJ Solar. Celui-ci suscite la polémique en semblant avoir une emprise importante sur Guru, jusqu'à sa mort le 19 avril 2010 d'un cancer. Un message attribué à Guru est mis en ligne peu de temps après sa mort. Il refuse toute intervention de DJ Premier dans ses obsèques et la gestion de son oeuvre et accorde une place importante à Solar. Ce message sème le trouble, y compris dans la famille du rappeur, d'autant plus que Guru était probablement dans le coma depuis le mois de février.

 

Je vous ai sélectionné deux vidéos de Gang Starr et quelques titres emblématiques de Guru (en solo ou avec Gang Starr). Retrouvez une sélection de quelques titres de Guru sur l'excellent site abcdrduson. Pour lire le message "d'outre-tombe" de Guru (in english), c'est par ici. DJ Premier consacre un remix à son ancien partenaire sur son blog.

 

 

 

 

Découvrez la playlist Guru avec Gang Starr

 

Retrouvez l'ensemble du dossier sur l'histoire et la géographie du rap

 

Lucian Freud, un génie du portrait

par died Email

 

-Dans la famille Freud, je voudrais le petit-fils...
- Sigmund ?
- Non, le petit-fils, Lucian, né en 1922 à Berlin. Ville qu'il a rapidement quittée pour l'Angleterre en 1933, au moment où Hitler et ses sbires antisémites prenaient le pouvoir.
Jeune homme, Lucian Freud entre à l'école des arts et métiers de Londres. A ses débuts, juste avant la guerre, il peint déjà des portraits de femmes et d'hommes dans un style intégrant à la fois la technique flamande (avec le souci du détail) et les proportions et attitudes simplistes et parfois naïves des peintres surréalistes.
Le portrait de sa première femme Kathleen Garnan illustre cette double influence mais surtout la maîtrise technique du peintre  (observez par exemple les reflets du regard).
 

C'est au milieu des années 1950 qu'il change une première fois de style, il privilégie désormais la peinture au dessin. Pour cela, il décide d'accentuer la texture en adoptant une brosse dont les poils laissent des traces sur la toile. La surface est découpée par les couleurs. La peau est l'objet de toute son attention, elle en devient son paysage, son art. La peau qu'il représente de plus en plus marbrée se décline en une large palette de couleurs, le plus souvent audacieuses. La carnation est désormais au coeur de son oeuvre, la froideur cruelle de ces corps, son style.

Autoportrait 1962
 
Ce style est, en effet, de plus en plus marqué. Ses nus autant que ses autoportraits lui permettent d'acquérir un certain succès au sein de ce qu'on appelle l'Ecole de Londres (composée également de Ronald B. Kitaj, Michaels Andrew) et à côté de l'autre grand peintre britannique de l'époque, Francis Bacon.

 

A partir de 1977, la représentation des corps gagne encore en vérité grâce à une plus grande maîtrise des empâtements et à l'utilisation du blanc d'argent (appelé aussi blanc de cremnitz) qui renforce la luminosité et le relief des compositions.

Autoportrait 1985

Au début des années 90, Lucian Freud change encore son style et choisit délibérément d'épaissir encore son trait, accentuant les empâtements en prenant le risque de quitter cette représentation figurative et fidèle des corps pour flirter avec des représentations entre le génie et l'échec. Vieillissant, il ne demeure néanmoins pas dans le confort de son art maîtrisé et se met en danger.....Est-ce cela le génie ? Hector Obalk le pense dans son reportage consacré à ce peintre.

Autoportrait 1993


Voici un extrait de Grand'art, avec une belle étude d'une nature morte inédite, le lavabo.


Grand' Art - Lucian Freud 2





Vous pourrez voir ici, un large panel des portraits et nus du peintre :


Sources : l'excellent n° de Grand'art d'Hector Obalk pour ses commentaires lumineux


JC Diedrich


 

Oxmo Puccino au NJP : "Hé, ouais !"

par Aug Email

Petit cadeau pour les fidèles de Samarra, une vidéo d'un titre peu connu d'Oxmo Puccino : "Hé, ouais !". Il s'agit d'un titre produit par DJ Cream pour une mixtape. Cette version a été interprétée la semaine dernière par Oxmo au Nancy Jazz Pulsations. J'ai eu la chance d'assister à ce concert oxceptionnel où le flow du "Cactus de Sibérie", ses textes et sa présence sur scène ont fait mouche.
 
 
 

Oxmo Puccino n'est pas un nouveau venu dans le game. Né en 1974 au Mali, il s'appelle alors Abdulaï Diarra. Il arrive en 1979 à Paris, dans le XIXème. Pour ne pas sombrer dans la délinquance, il choisit le rap. Il est d'abord bassiste, rencontre Ali de Lunatic et fait partie du collectif Time Bomb.

En 1998, son album solo Opéra Puccino connaît le succès. En 2001, moins de succès avec L'amour est mort. Mais Oxmo tient à sa liberté, quitte à déstabiliser ses fans. Avec "Le tango des belles dames" et "A ton enterrement" (avec Dany Dan), il signe des titres plein d'audace. En 2004, Le cactus de Sibérie contient quelques tubes comme la chanson-titre, le fameux "J'ai mal au mic" ("c"est du son qui coule dans mes veines...") et "On danse pas" qui est toujours aussi efficace en concert. Cette première période est marquée par son association avec DJ Cream qui produit bon nombre de ses tubes.

A partir de 2006, Oxmo utilise davantage les instruments plutôt que la platine et se tourne vers des musiciens de jazz qui se font appeler les jazzbastards (Vincent Taurelle au piano, Vincent Taeger aux percussions et Ludovic Bruni à la guitare). Ce mariage entre rap et jazz sur fond d'histoires de gangsters à l'ancienne donnent à Lipopette Bar une saveur particulière qui lui donnent une audience au-delà de son public traditionnel.

En 2009, L'arme de paix consacre un artiste original et un poète hors-pair.

 

Voici une petite sélection de titres d'Oxmo Puccino :

 

Découvrez la playlist Oxmo Puccino avec Oxmo Puccino
 
Voici un entretien réalisé par l'équipe du NJP avec des extraits du concert :
 

Histoire et géographie du Rap

par Aug Email

 [Afrika Bambaataa]

 

 

Le coin des Fly-Girls et des B-Boys

 

Vous êtes fan ou vous découvrez l'univers du rap, voici de quoi satisfaire votre curiosité

 

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La petite histoire du rap à lire, à écouter (en podcast, avec une playlist) et à voir (vidéos, photos, cartes).

 

Petite histoire du rap aux Etats-Unis :

Prélude

  1. The Founding Fathers : DJ Kool Herc, Afrika Bambaataa et Grandmaster Flash
  2. Old School
  3. Un "Message" dans l'Amérique de Reagan
  4. Les années 1980 : From Ol' School to Nu School
  5. Public Enemy : Power To The People And The Beats
  6. L’émergence du Gangsta Rap et de la Côte Ouest
  7. La réponse de NYC
  8. Le Dirty South se réveille:
  9. Le Rap de la Nouvelle-Orléans : Entretien avec Jean-Pierre Labarthe

 

 

Petite histoire du rap en France :

 

 

  1. Une histoire du rap en France- Entretien avec Karim Hammou (1) Années 1980-1990
  2. Une histoire du rap en France- Entretien avec Karim Hammou (2) Années 2000

 

 

Consultez également la petite bibliothèque du rappeur (livres, films, bd, disques,...) et le lexique. Vous pouvez télécharger les podcasts des différents épisodes.

 

 

 

 

Un monde de rap à lire, à écouter (en podcast, avec une playlist) et à voir (vidéos, photos, cartes)

 

 

 

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Des entretiens avec des artistes et des spécialistes du Hip Hop :

 

 

 

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Des albums et des musiciens dont on vous parle sur Samarra :

  

 

 

 

 

Du côté des autres éléments du Hip-Hop (breakdance et graffiti) :

 

 

 

 

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