Samarra


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This is England

par blot Email


Jeudi 24 novembre, Arte diffuse This is England, réalisé par Shane Meadows en 2006.

Nous sommes en 1983 dans une ville côtière du Nord de l'Angleterre en prise avec les difficultés économiques que traverse alors le pays. Shaun, 12 ans, est un garçon solitaire lorsqu'il rencontre au début des vacances d'été un groupe de skinheads qui l'adopte comme mascotte. Le jeune garçon découvre alors un autre univers, dans lequel il semble s'épanouir, tout au moins jusqu'à l'arrivée de Combo, un skinhead raciste et plus âgé, fraîchement sorti de prison...

 

 

Sans être un chef d'oeuvre, le film a le mérite de nous plonger au Royaume Uni, à un moment essentiel de son histoire. Sur fond de guerre des Malouines, le pays, alors dirigé par la dame de fer, connaît de graves tensions raciales. Or ici, le réalisateur se focalise sur les milieux skinheads alors en pleine mutations.

 

 

* Mais d'où viennent les skinheads?

A la fin des années 60, des Mods qui fréquentent  les clubs de reggae de Londres découvrent les musiques noires américaines, en particulier le ska. C'est de ces groupes que sont issus les premiers skinheads, des adolescents originaires des milieux ouvriers anglo-jamaïcains britanniques. Ils se dotent progressivement de valeurs communes et de répères identitaires: passion pour les musiques jamaïcaines, adoption d'un style vestimentaire spécifique... 

 

 

Groupes de Skinhead première génération sur Piccadily. Cheveux courts voire rasés, ils arborent chemises blanches, bretelles, parfois des costumes. Ces tenues martiales rappellent les difficultés de l'existence et la nécessité de se battre pour s'en sortir. 

 

 

Au cours des années 1980, le mouvement se divise. Si beaucoup de skins restent peu politisés, on voit néanmoins se développer une mouvance extrémiste de droite. Influencés par les discours xénophobes du National front, ses adeptes s'en prennent violemment aux communautés immigrées, en particulier pakistanaises. Ces skins racistes au crâne rasé (Skinehead), chaussés de Dr Martens, arborent désormais des tenues paramilitaires et adoptent la Oï, sorte de punk rock dont le nom vient de l'argot anglais, contraction de "Hey you!" . Par réaction, les redskins - skins anti-fascistes qui écoutent du ska, la musique originelle du mouvement- s'organis et se livrent à des batailles rangées avec leurs adversaires.

 

 

 

 L'intérêt du film réside enfin dans sa bande originale avec des extraits de titres reggae et surtout le sublime "Dark end of the street", sommet de deep soul interprété par James Carr. A écouter ici.

 

Bref, un film à ne pas manquer.  

 

 

 Sources:

 - Esther Benbassa (dir): Dictionnaire du racisme, de l'exclusion et des discriminations, Larousse, 2010.

- Maison des images: "This is England" (PDF)

- Zéro de conduite: "âge tendre et tête de skin."

- La critique du film sur Télérama.fr par l'excellente Mathilde Blottière (bise soeurette).

 

 

Liens:

- Skinheads and reggae.

 

Nitin Sawhney: "Days of fire".

par blot Email

London Undersound est le nom du huitième album de Nitin Sawhney. Un fil conducteur sinistre relie les différents morceaux de cet album d'un grand éclectisme musical: les attentats de Londres en 2005 et leurs multiples conséquences.

L’album s’ouvre sur Days of Fire interprété par le rappeur Natty qui y rapporte sa propre expérience. Il reste en effet très marqué par la mort du Brésilien Charles de Menezes, pris par erreur par la police pour un poseur de bombe à la sortie de la station de métro Stockwell. Nitin Sawhney explique: " Natty était présent lors des attentats du 7 Juillet, puis par une étrange coïncidence, il était tout proche de la scène de fusillade de Jean-Charles de Menezes deux semaines après. En deux semaines seulement, la conception que l’on avait de Londres a été totalement bouleversée."
Ce morceau poignant nous invite à nous intéresser à la recrudescence des attentats perpétrés par des mouvements islamistes depuis maintenant deux décennies.

 

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"Churchill a dit."

par blot Email

 

 

Churchill constate les dégâts provoqués par le Blitz (mai 1941).

Le morceau Chuchill says des Kinks offre une description ironique de l’abnégation anglaise pendant la bataille d'Angleterre. Truffée de références aux formules oratoires de Churchill, elle dépeint aussi l'effort de guerre des civils. Sous l'ironie, on perçoit néanmoins une petite pointe de fierté pour ce peuple et son dirigeant qui ont su résister à l'ennemi.

 

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