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Muscle Shoals: l'autre capitale de la soul sudiste 1

par blot Email

La région des Shoals se situe dans le nord-est de l'Albama, aux confins du Tennessee et du Mississippi. Quatre agglomérations, Florence, Tuscumbia, Sheffield et Muscle Shoals y furent édifiées le long du Tennessee. La zone reste enclavée tout au long du XIX° siècle, jusqu'à la canalisation de la Tennessee River en 1911. Cinq ans plus tard, un barrage, le Wilson Dam, permet de produire de l'électricité et d'attirer de nouvelles activités (production de nitrates). En 1932, dans le cadre du New Deal, F.D. Roosevelt sélectionne les Shoals pour sa politique de grands travaux pilotée par la Tennessee Valley Authority. Cette dernière y prévoit la construction de 16 nouveaux barrages; autant d'équipements qui attirent dans la décennie suivante de nouvelles industries désireuses de profiter d'une électricité bon marché (textile, aluminium...).

Les Shoals se trouvent en plein coeur de la Bible belt. Le puritanisme ambiant explique le vote d'une loi de 1955 décrétant "secs" les comtés de la région (Lauderdale et Cobert). Jusqu'en 1982, cette prohibition locale empêche l'organisation de concerts live par les clubs et les bars, privant les musiciens du coin de nombreuses scènes potentielles.  

 

 Le Tennessee depuis le Wilson Dam à Muscle Shoals (septembre 1927).

 

 

C'est au cours des années 1950 que l'industrie du disque décolle véritablement  avec le triomphe d'Elvis Presley qui se produit d'ailleurs au Community  center de Sheffield devant certains les musiciens en herbe du cru. Sam Phillips, le producteur du King et patron de Sun Records, est justement originaire des Shoals, une région où cohabitent blues noir et hillbilly blanche, tous deux teintés par une forte tradition religieuse.

 

Grâce à l'essor des radios locales qui diffusent leurs morceaux, de petites maisons de disques indépendantes apparaissent au sortir de la seconde guerre mondiale. En 1959, Tom Stafford, le fils du principal pharmacien de Florence, s'associe à Billy Sherril et Rick Hall, deux jeunes chanteurs-compositeurs membres des Fairlanes, pour fonder Florence Alabama Music Enterprises à l'acronyme prometteur (FAME). Un petit studio voit le jour au premier étage de l'officine paternelle et devient aussitôt le point de ralliement de tous ce que la région compte de musiciens (le batteur Donnie Fritts, le pianiste Spooner Oldham, mais aussi les auteurs compositeurs Dan Penn et Billy Sherrill)...

 

Mais très vite, les relations entre Stafford, Sherrill et Hall virent à l'aigre. Ce dernier reproche à ses deux associés leur manque d'ambition et précipite la rupture. Sherrill et Stafford gardent le studio, alors que Hall conserve le nom de Fame, c'est-à-dire pas grand chose. A ce propos, Dan Penn se souvient: "Ils [Stafford et Sherill] lui ont laissé le nom Fame, et c'était à peu près tout. Un jour, environ un mois après son départ, j'ai croisé Rick à Florence. Il avait une feuille de papier qui dépassait de sa poche revolver, et je lui ai demandé ce que c'était. Et il m'a répondu: 'C'est la Fame Publishing Company. C'est ma compagnie.' C'est tout ce qui lui restait: un bout de papier. Et il faut respecter un type qui est parti d'un bout de papier pour arriver là où il est arrivé."

 

 

 

Rick Hall en compagnie d'Otis Redding lors d'une séance d'enregistrement d'Arthur Conley, protégé de "Big O".

 

 

Dans l'immédiat, ce fiasco plonge Rick Hall dans le gouffre. Il mène une vie de bâton de chaise qui l'éloigne des Shoals pour quelques mois. Mais l'homme est un battant et parvient à rebondir quelques mois plus tard.

 

Grâce à un coup de pouce financier de son beau-père, et tout en continuant son boulot de vendeur de voitures, Hall loue un vieil entrepôt de tabac en piteux état sur la Wilson Dam highway qu'il transforme en studio d'enregistrement. Il y enregistre dans un premier temps des jingles et spots de pub pour des entreprises locales. En 1961, son ancien collaborateur Tom Stafford, lui confie Arthur Alexander, un excellent chanteur qui travaille en tant que groom au Sheffield Hotel. Dès la première écoute de "You better move on", Hall est persuadé qu'il tient un tube. Bien épaulé par la première section rythmique FAME (1), le chanteur atteint grâce à cette composition la 24ème place du Billboard lors de sa sortie en 1962.

 

A la fin de cette année, grâce aux bénéfices engrangés, Hall peut construire un vrai studio au 603 East Avalon Avenue. Seul maître à bord dans son antre, il fait tour à tour office d'ingénieur du son, directeur artistique, arrangeur.  En tant que producteur, il façonne un son spécifique, entre R&B et country, qui s'affranchit des clivages culturels traditionnels. Pour fabriquer ce que l'on désigne désormais sous le terme de country-soul, Hall s'appuie sur une section rythmique très efficace (2) et dispose en la personne du jeune guitariste Jimmy Johnson, d'un homme à tout faire très précieux. Enfin, les auteurs maisons Dan Penn, Donnie Fritts, Spooner Oldham complètent cette équipe de choc.

 

 

La petite renommée acquise par Hall grâce au hit d'Alexander convainc un manager d'Atlanta, Bill Lowery, d'envoyer à Fame ses poulains: les Tams, Tommy Roe... Si ces derniers ne remportent qu'un succès d'estime, cela suffit néanmoins à attirer de nombreux Afro-américains qui viennent tenter leur chance à Muscle Shoals au moment où Nashville, capitale de la country, leur reste fermée.

 

Pour l'heure, Hall est aux abois financièrement et décide alors de jouer son va tout. Début 1964,  il se lance avec Dan Penn dans une tournée des stations de radios du Vieux Sud afin de convaincre quelques DJ de diffuser un morceau de Jimmy Hughes en lequel ils croient. Histoire de se donner toutes les chances possibles, les deux complices accompagnent les 45 tours pressés pour l'occasion de bouteille de Whisky... 

 

Distribué par Vee-Jay, Steal away est un succès, qui renforce un peu plus la notoriété de FAME. Début 1965, Hall se croit enfin tiré d'affaire. C'est alors que les musiciens du studio, lassés d'être payés avec un lance-pierre, désertent les Shoals pour tenter leur chance à Nashville. En urgence, puisant dans le vivier de musiciens locaux, le producteur monte un nouvel orchestre composé du guitariste Jimmy Johnson, du batteur Roger Hawkins, du bassiste Albert "Jr" Lowe et de Spooner Oldham au clavier. Après des journées de répétition, l'équipe se soude et parvient à trouver une alchimie qui ne tardera pas à faire mouche en studio. 

 

 

 

Dans l'immédiat, Hall retourne aux affaires courantes et auditionne des dizaines d'artistes pour tenter de décrocher le tube susceptible d'assurer définitivement la pérennité de sa petite entreprise. Il décroche enfin la timbale au printemps 1966.

En réalité ce n'est pas lui, mais le DJ d'une radio locale et récent fondateur d'un studio d'enregistrement à Sheffield, Quin R. Ivy, qui découvre la perle rare: Percy Sledge, un garçon de salle de l'hôpital de Sheffield. Ce dernier vient d'enregistrer pour Ivy une ballade intitulée When a man loves a woman. Il est accompagné lors de l'enregistrement par les musiciens de Fame dont Ivy  prend l'habitude de louer les services avec l'assentiment de leur patron. Ravi du résultat et convaincu qu'il tient là un tube, le producteur vient demander conseil à Hall. Ce dernier contacte alors Jerry Wexler, le vice-président et principal directeur artistique d'Atlantic Records, maison de disque phare en matière de rythm & blues. Dès sa sortie en mars 1966, le morceau devient un succès colossal, un véritable standard qui se vendra au total à 20 millions d'exemplaires!

 

En jouant les entremetteurs, Hall attire l'attention d'Atlantic. Un partenariat fructueux s'engage. En froid avec l'équipe STAX de Memphis avec laquelle il collaborait jusque là, Wexler décide désormais d'envoyer ses poulains à Muscle Shoals: Don Covay (dont le timbre de voix ressemble de façon troublante à celui de Mick Jagger), puis Wilson Pickett en mai 1966.

Le chanteur, natif de l'Alabama, hésite pourtant à y remettre les pieds compte tenu du racisme ambiant. (3) Ses craintes sont levées dès son arrivée dans les studios où règne une atmosphère spéciale. La voix puissante de Pickett, magnifiée par la section rythmique maison, fait merveille sur les 11 titres enregistrés pour l'occasion. Un tube s'en dégage, Land of 1,000 Dances, qui convainc Wexler de la pertinence de son choix.

 

 

 

 

Fame est définitivement lancée et attire le gratin de la musique soul sudiste. Ainsi, un DJ de Pensacola, Papa don Schroeder, y envoie à son tour les artistes qu'il manage. Oscar Toney Jr, Sam McClain, James et Bobby Purify y enregistrent quelques très belles faces. Toujours en 1966, Otis Redding, la vedette de chez STAX, accompagne son protégé Arthur Conley à Muscle Shoals qui y obtient l'année suivante un succès avec Sweet soul music. En janvier 1967, l'étoile montante de la soul américaine, Aretha Franklin, accompagnée de son mari et de Wexler, vient enregistrer chez FAME.

Dès son entrée en studio, la puissance émotionnelle que dégage la voix d'Aretha galvanise les musiciens qui excellent sur le premier morceau, I never loved a man. Pourtant, en dépit de cette réussite totale, les esprits s'échauffent rapidement dans le studio. Hall, habitué à tout superviser, supporte mal le dirigisme de Wexler. Rapidement les insultes fusent, provoquant l'annulation de la séance et le départ précipité de la chanteuse.

Jamais plus Wexler ne mettra les pieds dans les Shoals, même s'il reste convaincu du talent des musiciens de FAME. Le roué directeur artistique parvient à attirer le groupe à New York sous le prétexte d'enregistrer un album du saxophoniste King Curtis. Or, une fois cet enregistrement terminé, il en profite pour terminer celui de l'album d'Aretha Franklin et c'est un Hall furieux qui apprend que ses hommes ont servi à asseoir  la notoriété de la chanteuse.

 

Si la rupture est belle et bien consommée entre Wexler et Hall, leurs intérêts bien compris les incitent néanmoins à poursuivre une collaboration à distance. Pour quelques mois encore, les artistes Atlantic se rendent chez FAME, sans leur mentor, qui y est désormais persona non grata. Dans le même temps, la compagnie new yorkaise distribue Clarence Carter, un chanteur compositeur aveugle qui enchaîne les succès tout au long de l'année 1968.

 

 

L'immense succès remporté par Aretha Frankin avec l'album I never loved a man (sur lequel figure entre autres Respect, Do right woman, do right man) confirme la magie de Fame et décide d'autres patrons de maisons de disques à y envoyer leurs artistes.


Stan Lewis, patron de Jewel / Paula/ Ronn y mène ses chanteurs soul à l'instar des Wallace brothers, de Ted Taylor ou encore de Toussaint McCall...

De même, les frères Chess de Chicago, à la tête d'un des labels de référence dans le domaine du rythm & blues, signent un contrat avec Hall. Le studio d'Alabama accueille alors Laura Lee, la merveilleuse chanteuse louisianaise Irma Thomas, le duo Maurice & Mac, Kip Anderson et surtout Etta James.

 

 

 

 

Celle-ci débarque dans les Shoals à la fin août 1967. Son arrivée, à la tête de plusieurs caniches et d'une collection de manteaux de fourrure bien inutiles à cette saison en Alabama, suscite les moqueries de l'équipe FAME,tout du moins jusqu'à ce qu'elle chante.

Etta James enregistre chez FAME une série de morceaux sublimes, en particulier I'd rather go blind, une ballade soul portée par sa magnifique voix et des cuivres étincelants.

 

Or, de nouveau, Hall doit faire face à une défection brutale de ses musiciens, le 20 mars 1969. Cette fronde semble avoir encore une fois pour origine la maigreur des cachets touchés ceux qui restent les artisans essentiels du succès du label. Décidés à enfin voler de leurs propres ailes, Jimmy Johnson (guitare), Roger Hawkins (batterie) , David Hood (basse) et Barry Beckett (clavier) rachètent un studio de musique country. Ce cube de brique sis au 3614 Jackson Highway à Sheffield, devient le Muscle Shoals Sound studio, nouvelle usine à tube dont nous reparlerons bientôt.

Au bout du compte, si la  fréquence des changements de personnels chez FAME s'avère préjudiciable sur le long terme, elle permet toutefois à de nouveaux talents de percer. Par exemple, Hall recrute en 1968 Duane Allman, un jeune prodige de la guitare qui se distingue, entre autres, par un solo de guitare d'anthologie sur Hey Jude des Beatles repris par Wilson Pickett.

 

 

Hall réussit sans peine à réunir une nouvelle section rythmique, le Fame Gang, dont il s'assure l'exclusivité des services. (4) Pour compléter son équipe, il recrute une section de cuivres appelée les Muscle Shoals Horns. Enfin, un accord de production et de distribution signé avec Capitol contribue au regain d'activité de FAME records. Aussi, le succès se maintient grâce à l'enregistrement de pointures soul telles que Spencer Wiggins, Willie Hightower, Bettye Swann ou Candi Staton.

Pourtant, au début des années 1970, le studio ne semble plus si irrémédiablement lié à la soul. D'une part, Hall entend diversifier sa ligne éditoriale et n'hésite plus à multiplier les incursions dans l'univers de la country (Bobbie Gentry), du rock (Eddy Mitchell), de la variété-pop (Tom Jones, Paul Anka, Osmonds). (5)  D'autre part, à partir de 1975, Rick Hall, malade, décide de lever le pied et réduit considérablement son activité (passant de 15 albums enregistrés annuellement à un seul).

 

 

Une question reste posée: comment expliquer que ce coin paumé du nord de l'Alabama se soit imposé la Mecque de la soul sudiste et une véritable usine à tubes entre la fin des années 1960 et le début des années 1970?

 

Si il n'y a aucun déterminisme géographique dans ce succès, force est de constater qu'un son parfaitement unique a été produit au cours de cette période à Muscle Shoals, un son comparable par son originalité, à ceux de la Motown à Detroit ou de Stax à Memphis.

 

Plusieurs éléments d'explication semblent pouvoir être avancés. Soulignons d'abord l'extraordinaire densité de musiciens talentueux dans ce secteur; de jeunes blancs fascinés par les musiques noires en dépit de la stricte ségrégation qui règne alors dans l'AlabamaDepuis leurs plus jeunes années, Rick Hall, Dan Penn ou encore Jimmy Johnson se sont amourachés du rythmn and blues qu'ils entendent sur les ondes locales. Tous aspirent à produire une musique s'en approchant.

Bref, si les lieux n'ont rien de magique, on ne peut attribuer la qualité des productions FAME qu'à l'alchimie touvée par les principaux protagonistes du studio: des dizaines de musiciens talentueux (Jimmy Johnson, Duane Allman, Bobby Womack...), des auteurs surdoués (Dan Penn, Spooner Oldham, George Jackson...), des voix exceptionnelles venues chanter dans les micros du studio (Wilson Pickett, Etta James, Candi Staton pour n'en citer que quelques uns), enfin Rick Hall.

Certes, ce patron est un tyran qui paye au lance-pierre ses collaborateurs, mais il possède aussi une excellente intuition et une oreille très sûre. En dépit de son autoritarisme, sa direction artistique procède d'un processus collégial. Meneur d'homme extrêmement exigeant, il sait, en contrepartie, tirer le meilleur de ses musiciens. Enfin, sa volonté de fer lui a permis de toujours rebondir (comme lors des départs successifs de ses sections rythmiques) et de mener à bien son entreprise.

 

Au fond, le soulman chicagoan Jerry Butler est peut-être celui qui identifie le mieux ce qui fit la force du Muscle Shoals sound: "Que vous soyez noir ou blanc, si vous étiez du Sud, ces chansons vous parlaient. C'est le pouvoir universel de la musique. Ceux qui entendaient les enregistrements d'Aretha Franklin réalisés à Muscle Shoals n'avaient pas la moindre idée que ses accompagnateurs étaient blancs. Ils s'en fichaient. L'important était la grâce divine. ça n'avait rien à voir avec la couleur de peau. Seul le groove comptait."

 

Ainsi, par l'entremise de FAME, la paisible bourgade de l'Alabama se transforma au cours de cette poignée d'années en un riche creuset qui permit à l'évidente collusion musicale entre Afro-américains et poor Whites de s'épanouir pleinement.

 

* Repères discographiques.

 

 

 

Les enregistrements réalisés dans le studio FAME font l'objet ces derniers mois de somptueuses rééditions. Le label Kent a sorti récemment des disques consacrés à Jimmy Hughes, Spencer Wiggins, George Jackson et Candi Staton. Le volume réservée à cette chanteuse formée à l'école du gospel est de toute beauté. Elle y excelle sur toutes les faces gravées, en particulier les ballades lentes.

Enfin, le coffret The Fame Studios story 1931-1973 résume en 75 morceaux les plus belles années du label. Le copieux livret en retrace les grandes heures.  

 

 

 

Notes:

1. David Briggs au piano, Jerry Carigan batterie, Terry Thompson et Peanut Montgomery à la guitare

2. Jerry Carrigan, Norbert Putnam, David Briggs, Terry Thompson.

3. Sam McClain rapporte par exemple: "Dieu sait que Muscle Shoals et Florence sont des nids de rednecks, mais ce n'était pas le cas en studio. En revanche, il suffisait de sortir du studio et d'aller chercher à manger pour s'apercevoir que dehors, c'était une autre histoire."

4. Les guitaristes Travis Wammack, Junior Lowe, le batteur Freeman Brown, le bassiste Jesse Boyce, le claviériste Clayton Ivez, tous placé sous la direction de l'arrangeur Mickey Buckins.

5. Ce groupe composé de 5 frères d'une famille mormone de l'Utah connaissent un succès inouï. Une Osmondmania gagne ainsi les Etats-Unis au début des années 1970.

 

 

Pour terminer, une sélection de quelques morceaux enregistrés chez FAME.

 

 

 

1. Candi Staton: "That's how strong my love is"

2. Wilson Pickett: "Hey Jude"

La célèbre reprise du standard des Beatles avec le solo de guitare lumineux de Duane Allman.

3. Etta James: "Fire"

4. Irma Thomas: "A woman will do wrong"

5. Arthur Conley: "Let nothing separate us"

6. Unknown female: "Another man's woman, another woman's man"

7. Willie Hightower: "Back road into town"

8. Laura Lee: "Dirty man"

9. Aretha Franklin: "I never loved a man the way I love you"

 

 

Sources:

- Sebastian Danchin: "Muscle Shoals. Capitale secrète du rock et de la soul", les cahiers du rock, Ed. autour du livre, 2007.

- Sebastian Danchin, "Encyclopédie du rhythm & blues et de la soul", Fayard, Paris, 2002.

- Peter Guralnick, "Sweet soul music, rhythm & blues et rêve sudiste de liberté", Allia, Paris, 2004

- Michka Assayas: "Dictionnaire du rock", t.2 de M à Z, coll° Bouquin, Robert Laffont, 2003.

 

 

X-Mas Jam (Augmix #15)

par Aug Email

Pour achever l'année, je vous propose quelques titres, anciens ou récents, qui ont bercé mes oreilles en 2010. Faute de temps, je ne vous les présente pas en détail comme d'habitude... Retrouvez tous les titres à écouter en fin d'article. Enjoy !

 

 Laissons les faire leur entrée....

 

 

....Puis un détour par le Mali avec Amadou et Mariam....

 

 

 Avant de revenir sur le continent américain et les "cousins éloignés" (distant relatives) de Jamaïque et de Queensbridge à New York : Nas et Damian Marley.

 

 L'un des plus fameux diss de l'histoire du Hip-Hop fut clos par ce titre de Boogie Down Productions "The Bridge Is Over". L'enjeu de la dispute : l'origine du rap. Bronx ou Brooklyn ? Marley Marl plié en quelques mesures par les représentants du Bronx, DJ Scott La Rock (décédé peu après) et KRS-One (samples de Sly & Robbie et Billy Joel):

 

 

Et l'un des meilleurs titres du "Teacher" : KRS-One : "MC's Act Like They Don't Know" (1995), avec DJ Premier aux manettes... (sample de "The Breaks" de Kurtis Blow

 

 

 

 Vous connaissez sans doute la Danse Hongroise n°5 de Brahms....

 

....Peut être grâce au Dictateur de Chaplin...

 

 

... J'aime beaucoup cette utilisation par le rappeur anglais Professor Green :

 

L'un des meilleurs titres de Gangstarr "Who's Gonna Take th Weight". "Guru is the Mike and Premier is the anchor.." (samples de Maceo & the Macks, Kool and the Gang et LL Cool J):

 

 

Assassin, l'un des groupes emblématiques du rap français des années 1990 :

 

Une version un peu plus pêchue ici

 

 Petite visite de Philadelphie avec l'un des premiers titres du groupe The Roots. "Hé, Black Thought et ?uestlove, vous me passez un peu de popcorn ?" :

 

 

Que faire quand on ne perce pas véritablement dans le rapgame et qu'on a du groove et une belle voix comme Aloe Blacc ? De la soul ! "If I share with you my story, will you share your dollar with me?" :

 

 

"T'aimer me tue..."

 

Soul toujours avec Ben L'oncle Soul :

 

 

 

Quand Raphaël se confie à Jeanne d'Arc :

 

 

Oxmo pour terminer  :

 

Découvrez la playlist Augmix fifteen avec Boogie Down Productions

 

Retrouvez également la sélection de novembre de Blot

 

Toute l'équipe de Samarra vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d'année !

 

 

Willie Mitchell (1928-2010).

par blot Email


 

Trompettiste de formation, Willie Mitchell est avant tout reconnu en tant que producteur et arrangeur. C'est en tant qu'artiste qu'il intègre Hi records, dont il reprend rapidement les rênes. Il y produit durant les années 1970 une soul particulièrement originale autour de quelques artistes phares tels que le sensuel Al Green et sa voix surnaturelle, le son plus rugueux teinté de blues de Syl Johnson, Ann Peebles ou encore O.V. Wright. Tous s'appuient sur un groupe de musiciens hors-pairs: le Hi- rythm.

Mitchell vient de disparaître, mais l'alchimie musicale qu'il a su créer lui survivra longtemps.

 

Liens:

- un portrait du génial producteur (en anglais) et quelques uns de ses morceaux.

- Ses morceaux furent largement utilisés par la crême des artistes hip hop tels que les membres du Wu Tang Clan: la preuve ici.

- Une petite sélection du meilleur de Hi Records. Que de la très bonne musique!

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