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Soirée de clôture des Veillées du Ramadan 2010
Entre musique, danse et dégustation, la soirée de clôture des Veillées du Ramadan 2010 a fait de l’aïd un moment festif et convivial mais aussi un moment de réflexion. Avec Natacha Atlas, Transglobal Underground, Héla Fattoumi, Amazigh Kateb et Fedayi Pacha.
Mondomix
Veillée poétique : De Majnoun Layla au Fou d’Elsa
La dernière veillée à l’Institut des Cultures d’Islam fait la part belle à la poésie. Au programme de ce vendredi 10 septembre, le musicien Abed Azrié, la chanteuse Jeanne Cherhal et l’écrivain Jean-Claude Carrière nous rappellent les ponts existants entre Orient et Occident à travers la poésie.

Sur les mélodies du oud de Wassim Ismaïl et de l’accordéon de Viviane Arnoux, les trois artistes déclament chacun leur tour de longues tirades. En arabe, Abed Azrié nous plonge dans le récit de Majnoun Layla (« fou de Layla »), l’histoire de Qays Ibn Al-Moullawah et de sa cousine Layla. Qays, éprit d’un amour fou pour elle, célèbre dans ses poèmes la tendresse de leurs sentiments. Mais la famille de Layla ne voit pas d’un bon œil cette idylle et la marie à un autre homme issu d’une tribu lointaine. Qays, par désespoir erre de tribu en tribu jusqu’à sa mort pour retrouver sa bien aimée.

Au « fou de Layla », récit constitutif du patrimoine littéraire musulman, répondent les vers du Fou d’Elsa d’Aragon, lus avec justesse et émotion par Jeanne Cheral et Jean-Claude Carrière. Le rapprochement de ces deux textes est né de l’envie de montrer l’étendue et l’influence de la littérature orientale. Si la correspondance entre Majnoun Layla et Le Fou d’Elsa transparaît clairement, la question se pose pour d’autres monuments de la littérature européenne comme Roméo et Juliette ou Tristan et Iseult.
Dans le public, le silence témoigne du charme qui opère. Le patio de l’ICI est plein, tout le monde ne voit pas la scène. Mais ce n’est pas là l’important. Il suffit de fermer les yeux et de se laisser embarquer par le récit de l’amour fou. Le tonnerre d’applaudissements qui clôt la soirée confirme que le voyage proposé ce soir-là a emmené la foule vers des horizons lointains.


Pas besoin de voir pour écouter...
Bienvenue à bord du Transglobal Underground
Imaginez que Roots Manuva rencontre sur scène Ravi Shankar... et vous aurez déjà une petite idée du phénomène Transglobal Underground (TGU). Non, ça ne suffit pas, il faudrait y ajouter sans doute les sonorités et l'énergie déployées par des groupes comme Prodigy et Asian Dub Foundation pour pénétrer l'ambiance diffusée par le collectif londonien.
Jeudi 9 septembre à l'Institut des Cultures d'Islam, l'atmosphère festive atteignait son paroxysme. Dans une cour noire de monde, le public était largement conquis par le dynamisme implacable du groupe.
En embrassant la culture orientale, du Maghreb jusqu'à l'Inde, qu'il mêle avec les sons électroniques, dub et hip hop, le collectif donne la possibilité à chacun de retrouver des rythmes familiers alors même que la production globale reste inouie.
Islam, Europe et mondialisation
Pour la deuxième partie de soirée, "Restons éveillés" laissant la place à un débat, l'ICI proposait de réfléchir sur les thèmes de l'Islam et de la mondialisation.
Autour de l'animateur de l'émission Islam sur France2 Abderrahim Hafidi, étaient invités à se prononcer sur la question, le président de l'ICI Hakim El Karoui, le directeur général et fondateur de Mondomix Marc Benaïche, la directrice de Counterpoint Catherine Fieschi, Abderrahman Bouzid, chef de projet "Halal et Saveurs du Maghreb" Groupe Casino, l'anthropologue Raphaël Liogier et, le politologue et auteur Patrick Haenni.
Comment l'Europe mondialisée accepte-t-elle l'Islam? Les invités se sont proposés de donner à voir des perceptions variées d'une menace pourtant jugée commune à l'Europe, dues à des histoires nationales différentes.
De l'affaire Salman Rushdie en Angleterre au référendum sur les minarets en Suisse, en passant par la débat sur l'identité nationale en France, les participants au débat ont pointé du doigt la tendance européenne qui vise à déterminer un ennemi, non plus extérieur mais intérieur, pour son processus de construction.
Une soirée élévatrice d'âme..
Jihane Bensouda
Spiritualité avec l’Ensemble Soufi NESIDU-I-HUDA
Mardi 7 septembre, l'Institut des Cultures d'Islam accueillait l'Ensemble Soufi Nesidu-I-Huda. D'origine bosniaque, l'Ensemble est composé de11 hommes.
La thématique mise en avant dans le cadre des Veillées du Ramadan ce soir là était celle de l'Islam en Europe. L'Ensemble Nesidu-I-Huda, originaire de Sarajevo, fait partie de la confrérie Nakshibandi, une des plus anciennes de Bosnie-Herzégovine.
Dans la plus pure tradition soufie, Nesidu-I-Huda s'est livré au rituel du Dhikr. Cette pratique, bien que commune à tous les musulmans puisque recommandée par le Coran, consiste à invoquer Dieu, en répétant son nom ou encore en récitant des versets du Coran.
Chez les Soufis, le dhikr participe aussi à l'état d'extase. Le mouvement qui consiste à se pencher de droite à gauche contribuerait à accéder à cet état de transe.
Recommandé toute l'année et quelle que soit la période, l'exercice du dhikr prend une signification autrement symbolique les dix derniers jours du mois de Ramadan car pendant ces dix jours, "le ciel est ouvert aux croyants". C'est d'ailleurs, pendant ces dix derniers jours que se situe la Nuit du Destin.
En scandant des versets du Coran et en déclamant des poèmes mystiques musulmans, l'Ensemble Nesidu-I-Huda a offert au public de l'ICI une soirée en parfaite adéquation avec le thème général de l'événement.
Le mysticisme brûlant qui émanait des chants polyphoniques de l'Ensemble, humblement accompagné par des tambours a, comme par thaumaturgie, transformé le lieu culturel en lieu cultuel.
Jihane Bensouda
Islam et Europe : duel ou duo?
C’est sous un ciel nuageux que débute cette cinquième soirée des Veillées du Ramadan. Avant le film qui doit nous être présenté, les chefs de la « boulettologie moderne » proposent un repas placé sous le signe de la pauvreté. Le menu est tout de même bien riche : jus de racine, bouillon, semoule accompagnée de viande et banane braisée pour le dessert.
Nous devions assister à l’avant-première de Shahada (« profession de foi » en arabe), premier long-métrage du germano-afghan Burhan Qurbani qui aborde la vie de jeunes allemands de confession musulmane. C’était sans compter sur un petit problème technique qui n’a pu être résolu. Les organisateurs aillant plus d’un DVD dans leurs sacs, nous proposent alors une autre projection.
Bande-annonce de Shahada
London River, réalisation de Rachid Bouchareb (Indigènes, Hors-la-loi) est une fiction qui a pour point de départ les attentats qui ont touché la capitale anglaise en juillet 2005. Elisabeth (Brenda Blethyn) apprenant le drame à la télévision décide d’aller à Londres chercher sa fille dont elle n’a pas de nouvelles. Sur son chemin elle va croiser Ousmane (magistralement interprété par Sotigui Kouyaté, décédé il y a quelque temps), un africain venu lui aussi retrouver son fils. Une rencontre improbable qui permet d’interroger les relations entre les communautés et les nationalités au-delà des préjugés. Ces deux êtres que tout sépare vont se retrouver dans la douleur, vont allier leurs forces et leurs espoirs malgré leurs différences pour aboutir dans leurs recherches. Pas de pathos, ni d’emphase dans le traitement des sentiments mais une pudeur bien dosée derrière laquelle transparaît la tendresse.
Bande-annonce de London River
Sur les tapis du patio, le public est absorbé par l’écran mais il est un peu dérangé lorsque la pluie s’invite à l’ICI.

En deuxième partie de soirée, le débat a pour thème « Identité musulmane, citoyenneté européenne ». On retrouve Frédéric Taddeï aux commandes accompagné de Tarek Oubrou, imam de Bordeaux et président de l’Association des Imams de France, de l’anthropologue Dounia Bouzar, de Pierre Joxe ancien ministre de l’Intérieur, de l’islamologue Ghaleb Bencheickh, de Françoise Duthu ancienne députée européenne et enfin de Hamou Bouakkaz, adjoint au maire de Paris chargé de la démocratie locale et de la vie associative.

L’islam un corps étranger à l’Europe ? Les valeurs musulmanes peuvent-elles être en adéquation avec la notion de citoyenneté ? D’ailleurs, que sont les valeurs musulmanes ? Et l’identité musulmane est-elle définie ? Ces questions résument les problématiques abordées aux cours des échanges. Pas de grandes oppositions, un peu d’humour pour un débat intéressant qui a aussi rappelé que si l’Islam fait peur c’est en grande partie du fait de l’ignorance.
L'Islam un corps étranger à l'Europe? Interventions de Pierre Joxe et Dounia Bouzar
Sara Taleb



28.09.10 12:38:00,